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John Rhind Interview

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Croissance, durabilité et le prochain siècle de l'industrie minière

l'équipe de l'ICM - 17 août 2026

John Rhind, président de l'ICM, s’exprime sur les avantages concurrentiels méconnus du Canada, l’établissement de relations stratégiques et la préparation de la main-d’œuvre à un avenir durable.

Lors du CIM CONNECT, l’enthousiasme entourant l’avenir de l’industrie minière canadienne était indéniable, propulsé non seulement par une croissance rapide, mais aussi par un engagement inébranlable envers des activités durables. Alors que le monde se tourne vers le Canada pour s’approvisionner en minéraux critiques à la transition mondiale, l’industrie est confrontée à des questions cruciales concernant les atouts de sa chaîne d’approvisionnement, le développement des talents et son leadership mondial.

Dans cette entrevue, John Rhind, président de l’ICM, revient sur les forces clés qui positionnent le Canada sur la scène mondiale, de sa situation géographique stratégique jusqu'à une nouvelle synergie entre le milieu universitaire, les gouvernements et le public. Il partage des conseils pratiques destinés aux professionnels en début de carrière, décrit le rôle de l’ICM dans l’exportation des meilleures pratiques en matière de développement durable à l’échelle internationale, et détaille ses principales priorités pour son mandat de président — notamment une toute nouvelle stratégie éducative conçue pour préparer tant les diplômés que les professionnels en milieu de carrière à l’avenir technologique de l'industrie minière.

ICM : En quoi les discussions menées cette année à CIM CONNECT sont-elles différentes?

Rhind : Il y a six mois à un an, nous pensions que l'industrie pourrait connaître de la croissance. Mais cette année, la croissance se profile clairement devant nous. Ce qui a changé par rapport aux années précédentes, c'est que face à cette croissance aujourd'hui, les gens parlent de croissance durable.

Je pense que c’est vraiment important, car si on ne réfléchit pas à la façon de croître de manière durable, devinez quoi? On ne va pas croître très longtemps. Donc, oui, je dirais qu’on est très optimistes. On se dit vraiment : « Allons-y, développons nos activités! », mais on a des discussions sur la manière de croître de façon durable, ce qui est selon moi la bonne voie à suivre.

ICM : Lorsque vous observez aujourd’hui les jeunes membres de votre équipe, quelle est la leçon durement apprise que vous aimeriez leur éviter d’avoir à retenir à leurs dépens?

Rhind : S’il y a une chose qui me tient vraiment, vraiment à cœur, parce que je n’étais pas doué pour ça, et que je dois encore me le rappeler aujourd’hui : c'est qu'il est essentiel de se faire des alliés avant d’en avoir besoin.

Ce que je veux dire par là, c’est que si vous venez de terminer vos études universitaires ou professionnelles, et que vous commencez à travailler dans une entreprise ou une organisation, c’est une excellente habitude de créer des liens avec les gens. Si vous devez collaborer avec quelqu’un ou demander de l’aide, c’est beaucoup plus facile si la relation existe déjà.

Souvent, nous sommes confrontés à de gros défis, et la seule façon de les surmonter, c'est de recevoir de l'aide. Demander cette aide aux gens est beaucoup plus facile lorsque vous vous connaissez déjà. Alors, créez des liens avant d’en avoir besoin.

ICM : Le monde entier se tourne vers le Canada pour ses minéraux critiques. Selon vous, quel est l’avantage concurrentiel dont nous disposons et dont on ne parle pas assez?

Rhind : Ce que la plupart des Canadiens ignorent à propos du Canada, c’est notre situation géographique par rapport aux grands marchés mondiaux. Nous sommes le pays expéditeur le plus proche de l’Asie. Beaucoup de gens ne s’en rendent pas compte du côté de la côte du Pacifique, et quand on pense à la côte de l'Atlantique, nous sommes extrêmement près de l'Europe.

Nous sommes donc très bien situés, du point de vue de la chaîne d’approvisionnement, par rapport à nos principaux clients à travers le monde. C’est l’un de nos atouts. Sur le plan de la chaîne d'approvisionnement, nous sommes donc très bien positionnés par rapport à nos principaux clients à travers le monde. C'est un premier avantage que nous possédons.

L'autre avantage, c'est que le potentiel géologique de notre pays est incroyable. Je pense que la plupart des gens le savent maintenant, mais ce qui joue en notre faveur aujourd'hui, c'est que le public, la classe politique et le milieu universitaire comprennent tous à quel point la mise en valeur de nos ressources est essentielle pour répondre aux besoins de la planète.

ICM : Alors que nous célébrons les 100 ans centenaire de l'Expo de l'ICM, quel héritage souhaitez-vous que votre projet actuel ou votre mandat de président laisse aux mineurs de 2126?

Rhind : Je suis vraiment enthousiaste à l’idée d’assumer le rôle de président cette année, et il y a deux ou trois choses que j’ai très hâte de concrétiser.

Mais avant d’en parler, j’aimerais souligner que j’apprécie beaucoup la trajectoire que l’ICM a suivie au cours des dernières années. Je pense que nous gagnons en pertinence, et que nos parties prenantes sont de plus en plus nombreuses à assister et à participer aux conférences que nous organisons.

Il y a deux éléments qui me semblent importants :

  1. Continuer de gagner en pertinence auprès de nos parties prenantes : Nous visons à attirer davantage d’exploitants miniers à nos conférences, car, en fin de compte, ce sont eux qui mettent en œuvre les technologies, les procédés et les systèmes qui font tourner le monde. Je tiens vraiment à m’assurer que nous restons toujours pertinents pour les exploitants.
  2. Développer la main-d’œuvre : À l’échelle du pays, nous allons développer le secteur minier, et nous devons nous assurer de disposer de la main-d’œuvre nécessaire pour répondre à la demande future. Nous allons mettre sur pied un groupe de travail sur la stratégie éducative, dont l’objectif sera d’attirer et de former la relève, tout en veillant à ce que les diplômés — qu’ils proviennent d’universités ou d’écoles de métiers — possèdent les compétences requises pour être opérationnels dès le premier jour. Alors que nous continuons d’investir dans des domaines tels que la décarbonation, l’électrification et la numérisation, nous devons aider les professionnels à mi-carrière à apprivoiser ces nouvelles technologies afin qu’ils puissent les déployer sur le terrain.

ICM : Comment l’ICM contribue-t-il à présenter l’industrie minière comme un modèle de responsabilité à l'échelle internationale?

Rhind : L'ICM rassemble les intervenants afin qu’ils collaborent sur les meilleures pratiques, les systèmes et même les technologies. Nous le faisons d’une manière à répondre aux besoins de croissance, tout en nous inscrivant dans une démarche durable.

L'ICM diffuse ensuite ces informations au moyen de ses conférences, de ses webinaires et de ses publications. La portée de ce travail ne se limite pas au Canada; elle est internationale. Cela nous permet d’être des chefs de file dans l'élaboration de systèmes, de procédés et de technologies axés sur le développement durable.

ICM : Quelle est l'ambiance qui règne dans l'industrie et, selon vous, quelle direction allons-nous prendre?

Rhind : L’ambiance est à l’optimisme. Le sentiment général est que nous allons croître, et que nous allons croître rapidement. L’industrie affiche beaucoup plus d'enthousiasme qu’il y a un an.

Ce qui me plaît dans ces discussions, c’est l’idée suivante : « Développons-nous, et développons-nous rapidement, mais faisons-le de manière durable. » C’est ce que j’entends à ce congrès, et c’est assez unique. Au cours des dernières décennies, lorsque la croissance était au rendez-vous, les gens oubliaient souvent de parler de développement durable. Mais je ne perçois pas du tout cela ici. Ce que je vois, c'est une volonté de croissance qui va de pair avec des pratiques durables.

Visionner l'entrevue (en anglais seulement)

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