l'équipe de l'ICM - 01 août 2026
Le président de la Conférence sur les ressources et les réserves minérales, Rodrigo Marinho, et la vice-présidente, Lucy Potter, ont été interviewés pendant CIM CONNECT 2026 en mai dernier au sujet de la vision stratégique sous-jacente au format à session unique de la conférence.
La conférence MRMR rassemble sous un même toit l’exploration, la finance et le développement durable afin de façonner le prochain siècle de développement responsable
Dans une industrie où la précision technique est primordiale, la plus grande valeur ne réside souvent pas au sein d'une seule discipline, mais plutôt à la croisée de plusieurs d'entre elles. Alors que les géologues, les ingénieurs et les professionnels de la finance ont historiquement évolué dans des silos distincts, les réalités du développement de projets modernes exigent désormais un front commun.
Du 3 au 6 novembre, la Conférence sur les ressources et les réserves minérales s’attaquera de front à ce défi sous le thème : « L’approche intégrée : collaborer pour un développement minéral responsable ». En brisant les frontières traditionnelles, cet événement réunira l’ensemble du cycle de vie minier — des études environnementales de base jusqu'à la fermeture définitive de la mine — au sein d'une seule et même discussion commune.
Le président de la conférence, Rodrigo Marinho, et la vice-présidente, Lucy Potter, ont été interviewés lors du congrès CIM CONNECT 2026 en mai dernier au sujet de la vision stratégique qui sous-tend le format en session unique de la conférence. Ils expliquent comment la proximité physique favorise les avancées multidisciplinaires, reviennent sur l’évolution continue des lignes directrices sur les meilleures pratiques de l'ICM, reconnues à l’échelle mondiale, et partagent l’héritage qu’ils espèrent laisser aux professionnels de l'industrie en 2126.
ICM : Le thème de la conférence MRMR de cette année est « L’approche intégrée : collaborer pour un développement minéral responsable ». Pourquoi était-il important pour la Société des ressources et des réserves minérales de l'ICM de regrouper l’ensemble du cycle de vie minier — de l’exploration jusqu'à la production de rapports — au sein d'un seul et même événement ciblé?
Mme Potter : Le comité d’organisation de la conférence MRMR a estimé que cela refléterait bien la réalité du terrain, dans la mesure où nous ne travaillons pas en silos. Il est en effet essentiel de souligner que, bien que les ressources et les réserves minérales soient des livrables techniques, elles reposent sur des données provenant d’un éventail très large d'activités tout au long du cycle de valeur minier — depuis les études sociales, environnementales et de base jusqu’à la fermeture et à la restauration des sites. Nous souhaitions que la conférence reflète ce portrait complet de l'industrie.
M. Marinho : En effet, le géologue d’exploration peut collaborer avec vous, en fonction des tâches ESG à remplir. À partir de là, tout le processus — de la modélisation géologique jusqu’à la fermeture de la mine, en passant par l’estimation des réserves minérales et la définition des procédés en termes de flux de travail et de feuilles de calcul — s’inscrit dans un même et unique cycle. C’est la raison pour laquelle nous réunissons ce concept, de l’exploration à la fermeture de la mine, au sein d’un seul et même événement.
ICM : On entend souvent dire que la valeur se crée à l’intersection des ressources minérales et des réserves minérales. Comment la conférence de cette année est-elle conçue pour amener les géologues, les ingénieurs et les investisseurs à dialoguer entre eux plutôt qu'à travailler en silos?
Mme Potter : L’organisation de l’événement est conçue de manière à réunir ingénieurs, géologues et professionnels de la finance dans une même salle. En 2020, nous avons reçu d’excellents commentaires de la part de participants qui avaient grandement apprécié cette formule à session unique et à discussion unique, qui permet de voir les choses sous l'angle d'autres professionnels plutôt que de rester cantonné dans son propre silo. Cela nous permet désormais de concevoir un programme qui met en valeur les perspectives de ces différentes disciplines.
M. Marinho : En plus de cela, nous organisons des débats et des tables rondes auxquels participeront des représentants de différentes disciplines. Tout se déroulera dans une grande salle afin que des personnes ayant des opinions et des expertises différentes puissent s'asseoir ensemble, faire émerger de nouvelles idées et les partager.
ICM : Alors que nous célébrons le centenaire du congrès CIM CONNECT, quel héritage souhaitez-vous laisser aux professionnels du secteur minier de 2126?
Mme Potter : Quel moment formidable pour faire le point sur notre héritage professionnel! Si nous pouvions nous adresser aux gens de 2126, j’aimerais qu’ils pensent que nous avons agi de manière responsable et que nous avons pensé à l'avenir à long terme dans certaines des décisions que nous prenons aujourd’hui, afin qu’ils ne nous perçoivent pas comme ayant une vision à court terme, mais qu’ils sachent que nous avons véritablement planifié cet avenir.
M. Marinho : Et nous, bien sûr, au cours de cette conférence, nous avons voulu encourager cette culture : celle selon laquelle nous devons tous apprendre les uns des autres, et nous ne pouvons pas partir du principe que chaque discipline va fonctionner de manière indépendante. Pour nous, l’avenir commence dès maintenant, et nous faisons un très bon premier pas. Je suis presque certain que dans 100 ans, on confirmera que nous avons pris un bon départ.
Et je ne sais pas ce qu'il en est pour toi, Rodrigo, mais plus j’avance dans ma carrière, plus je réalise à quel point j'en sais peu sur les autres disciplines. Le fait de me retrouver dans une même pièce avec ces autres professionnels — des gens de la finance, des gens du développement durable — m’aide à mieux comprendre mon propre rôle et, de façon générale, à quoi ressemble l'ensemble de l'écosystème.
M. Marinho : Et nous apprenons de chaque session à laquelle nous participons. De nouveaux éléments importants émergent, non seulement sur le plan environnemental dans nos procédés, mais aussi sur le plan financier. Nous apprenons chaque fois que nous avons la chance de discuter et de parfaire nos connaissances.
ICM : Comment l'ICM nous aide-t-il à présenter l’exploitation minière sous l’angle de la responsabilité mondiale?
Mme Potter : Eh bien, l’industrie minière est mondiale. Les gisements ne sont pas délimités par des frontières géographiques; nous devons donc les aborder de manière globale. Le Canada est un endroit exceptionnel qui définit notre façon de travailler, nos valeurs et le savoir-faire technique que nous avons développé au fil des siècles. Cela nous permet de partager ces connaissances et cette expérience par-delà les frontières, au bénéfice de tous.
M. Marinho : Toutes les entreprises qui s'activent à l’échelle mondiale doivent respecter certaines normes, et la majorité d’entre elles suivent les lignes directrices sur les meilleures pratiques de l'ICM. Les pratiques que nous avons établies comme norme ici — qui constituent des normes très élevées pour l’industrie minière — sont respectées dans de très nombreux pays où nous menons nos projets et nos activités.
Mme Potter : Et [le Règlement 43-101] fait d’ailleurs l’objet d’une révision en ce moment même. Il est vraiment important que nous recueillions les points de vue des différents professionnels de l'industrie afin de travailler ensemble et de veiller à ce que les règles que nous suivons demeurent adaptées à l'évolution du contexte.