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Healthy role model Courtney Gendron

DEVENIR MEMBRE

Un modèle de rôle inspirant

Maria Olaguera et Michele Beacom - 03 novembre 2026

Courtney Gendron est considérée comme l’une des personnes ayant le plus contribué au domaine de l’hygiène industrielle au sein de la communauté minière nationale et internationale. Forte de huit ans d’expérience en tant que gestionnaire de l’environnement, de la santé et de la sécurité, actuellement au sein de la division Mines et métaux de WSP, Mme Gendron a mis à profit son expertise pour formuler des recommandations concernant les limites d’exposition professionnelle (LEP) aux terres rares pour les mineurs. Ses recommandations sont devenues une ressource fiable pour l’American Conference of Governmental Industrial Hygienists, l’American Industrial Hygiene Association et l’International Occupational Hygiene Association. De plus, elle s’est faite la porte-parole de la santé reproductive des femmes dans l’industrie minière et s’est également imposée comme une autorité en matière de radioprotection dans le secteur minier.

L’ICM s’est entretenu avec Mme Gendron au sujet de son engagement à déterminer, évaluer et contrôler les risques professionnels dans le secteur minier, ainsi que de sa reconnaissance en tant que jeune leader de l’industrie minière.

ICM : Quelle innovation ou changement dans le domaine de l’hygiène du travail avez-vous observé qui contribue à améliorer la sécurité au travail?

Mme Gendron : L’une des innovations les plus prometteuses est l’importance croissante accordée à l’intégration de mesures de contrôle de la santé dès la phase de planification des nouveaux projets. Plutôt que d’adapter après coup des mines existantes — ce qui est coûteux et suscite rarement l’enthousiasme des parties prenantes —, l’industrie est de plus en plus désireuse d’estimer les risques potentiels pour la santé à long terme des travailleurs et d’intégrer de manière proactive ces connaissances dans la conception des mines, y compris les systèmes de ventilation, avant même que la construction ne commence. Cet engagement dès les premières étapes marque un virage vers la priorisation de la santé des travailleurs dès le départ, offrant ainsi le plus grand avantage à long terme et suscitant un enthousiasme pour les progrès en matière de santé des travailleurs.

ICM : Comment votre travail ici au Canada en matière d’hygiène du travail — plus précisément votre intérêt pour la santé reproductive et les issues de grossesse pour les femmes de l’industrie minière — s’inscrit-il dans le contexte minier mondial?

Mme Gendron : L’exploitation minière est reconnue comme un secteur à haut risque pour les problèmes de santé chroniques, et la sensibilisation faite au Canada impulse les efforts continus visant à remédier aux conditions de travail inéquitables et aux maladies professionnelles.

L’un des résultats concrets est la création de ressources telles que le « Guide pour des grossesses en santé dans le milieu de travail minier » — un document élaboré par des experts et des institutions du Canada — sur lequel mon équipe s’appuie pour évaluer les risques reproductifs chez les femmes. De tels outils sont essentiels pour garantir des chances égales et des soins proactifs aux femmes dans des milieux de travail à prédominance masculine.

L’industrie minière a la responsabilité de faire preuve de leadership en aidant financièrement la recherche pour élaborer des LEP et des lignes directrices pour les femmes enceintes et allaitantes, et en intégrant ces éléments dans les politiques en milieu de travail. Cela permet non seulement de démontrer un engagement envers les travailleurs canadiens, mais aussi de créer un précédent pour l’établissement de normes mondiales. En favorisant la prise de conscience et en mettant en œuvre des politiques cohérentes et inclusives, l’industrie minière pourrait devenir un modèle de responsabilité à l’échelle mondiale, en montrant comment un secteur peut soutenir la santé, l’équité et l’avancement des femmes partout dans le monde.

ICM : Vous agissez à titre de mentore auprès de jeunes femmes et de jeunes hommes de votre domaine. Quelles leçons importantes essayez-vous de leur transmettre?

Mme Gendron : En début de carrière, il est facile de se laisser déstabiliser par des erreurs mineures — qu’il s’agisse de notes imparfaites, d’une observation manquée ou du fait de ne pas avoir prélevé le nombre exact d’échantillons requis. J’encourage mes mentorés à rester sereins et à se concentrer sur la vision d’ensemble : quel est l’objectif de notre travail, et comment pouvons-nous avoir une incidence positive, surtout lorsque nous sommes sur un site minier? Il est essentiel de garder les yeux rivés sur l’objectif final : protéger la santé et le bien-être des travailleurs et défendre leurs intérêts.

J’incite également le personnel à chercher des moyens d’améliorer les pratiques de notre équipe, en accueillant favorablement les idées novatrices et les innovations qu’ils apportent de leurs études ou de leurs expériences passées.

Par exemple, l’intégration de l’automatisation et des données massives nous a permis de générer automatiquement des lettres personnalisées d’exposition pour les travailleurs, leur donnant les moyens de comprendre les risques pour leur santé et les encourageant à participer davantage à nos tests. Ces solutions créatives renforcent non seulement la confiance des employés juniors, mais soulignent également comment les tâches quotidiennes contribuent à notre mission ultime : améliorer la santé et le bien-être des travailleurs sur le terrain.

ICM : Quel héritage souhaitez-vous laisser aux futurs travailleurs miniers?

Mme Gendron : Ma vision est celle d’une culture où les maladies professionnelles chroniques — comme celles causées par les rayonnements — ne sont plus négligées simplement parce que leurs effets ne sont pas immédiatement visibles. Trop souvent, la nature spectaculaire des accidents de travail aigus éclipse le bilan silencieux et à long terme des maladies professionnelles, même si ces maladies représentent la grande majorité des décès liés au travail à l’échelle mondiale.

Je souhaite que mes contributions permettent de faire évoluer ce paradigme en intégrant des pratiques rigoureuses d’hygiène du travail et de sensibilisation à tous les niveaux des activités minières. Cela signifie veiller à ce que les systèmes de gestion, les contrôles essentiels et les indicateurs clés de rendement tiennent spécifiquement compte des risques pour la santé au travail, et que l’ensemble du personnel soit outillé pour reconnaître ces dangers et agir en conséquence. En sensibilisant aux répercussions à long terme des maladies chroniques et en soulignant l’importance d’anticiper l’avenir, j’espère que les futures générations de mineurs travailleront dans des environnements où leur santé à long terme sera protégée avec autant de rigueur que leur sécurité immédiate. J’aimerais voir les dirigeants du secteur minier adopter une vision à long terme, en s’inspirant des modes de savoir autochtones, en particulier de la philosophie des « Sept Générations ». Cette approche nous encourage à réfléchir à la manière dont les décisions d’aujourd’hui auront des répercussions non seulement sur les travailleurs actuels, mais aussi sur les générations futures, les collectivités et les écosystèmes. En déplaçant l’accent mis sur la prévention réactive des accidents vers la protection de la santé tout au long de la vie, nous pouvons éliminer les obstacles qui ont historiquement empêché de donner la priorité au bien-être global des travailleurs et des collectivités. Il s’agit d’assumer la responsabilité des maladies futures, de la contamination environnementale et des répercussions sur la santé en aval, en veillant à ce que l’industrie devienne un chef de file en matière de gouvernance durable et globale de la santé pour tous.

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