mai 2016

L'industrie en bref

Par Ryan Bergen, David Chen, Kelsey Rolfe, Kate Sheridan, Kylie Williams

SME plenary crowd shot
Plus de 6 300 personnes étaient présentes à la conférence de la SME, qui portait sur le potentiel de l'analyse des données | Avec l'aimable autorisation de la SME

Du tri dans les données

À l'occasion de sa conférence intitulée The future for mining in a data-driven world (l'avenir de l'exploitation minière dans un monde dirigé par les données), la Society for Mining, Metallurgy and Exploration (SME, la société des mines, de la métallurgie et de l'exploration) a choisi comme thème central de sa conférence et son salon commercial de 2016 l'énorme potentiel que représentent la capture et l'analyse des données pour le secteur.

L'événement a eu lieu au centre des congrès de Phœnix du 21 au 24 février dernier ; la programmation technique de trois jours rassemblait une quantité astronomique de données. Elle comprenait des présentations réparties entre au moins 24 volets différents chaque jour.

Pour engager la procédure, le président de la SME Steven Gardner a mis en lumière le point sans doute le plus prometteur en matière de données.« L'année passée », déclarait-il à la foule présente pour son discours liminaire, « a marqué un tournant dans l'histoire de l'industrie minière en matière de sécurité dans les mines aux États-Unis ». Le pays n'a enregistré que 27 accidents miniers en 2015, par rapport à 45 l'année précédente, et 8 accidents de moins que l'année la moins meurtrière, en 2009.

Parmi une série de questions auxquelles ont répondu les intervenants sur le thème de la science des données figurait la façon dont l'analyse d'une quantité croissante de données relatives à un site minier pouvait améliorer l'historique de sécurité de l'industrie en aidant à identifier les pratiques ou les tendances permettant de prévoir les performances en matière de sécurité.

Les présentations portaient notamment sur des études de cas, dont celle de Leonardo Avila de Wenco International Mining Systems qui expliquait en détail que les logiciels de régulation de l'avitaillement en carburant avaient contribué à améliorer la productivité des camions de transport dans une mine de sables bitumineux de 9 600 heures ; elles portaient également sur des débats plus ouverts quant à la façon de consigner les travaux des arpenteurs-géomètres, des géologues et des ingénieurs sur les sites miniers pour l'analyse de données. Un certain nombre de présentations avaient pour thème les « données massives », et suggéraient que les sciences informatiques peuvent donner naissance à une nouvelle ère d'activités plus sûres, efficaces et productives.

Les intervenants ont cependant modéré l'enthousiasme. « Un recours spontané à l'automatisation et aux algorithmes s'accompagnera inéluctablement de vérifications », prévenait Ted Branscombe, directeur de l'innovation et de la technologie chez Modular Mining Systems. « Avec de grands ensembles de données, vous trouverez presque toujours quelque chose qui a l'air important, mais qui pourrait ne pas l'être. » Ne sous-estimez pas l'expérience et le bon sens dans le royaume de l'analytique des données, insistait-il. « Vous aurez besoin de quelqu'un qui connaît l'équipement et les procédés pour juger de ce qui est vraiment important. »

D'après la SME, plus de 6 300 personnes ont participé à l'événement. L'année prochaine, la conférence aura lieu du 19 au 22 février à Denver, dans le Colorado.

– Ryan Bergen

La Colombie-Britannique modifie sa loi sur les mines

Près d'un an et demi après la rupture de la digue à résidus miniers à Mount Polley, la Colombie-Britannique (C.-B.) étend ses pouvoirs pour mettre en application ses règles en matière de santé et de sécurité dans le domaine de l'exploitation minière. Fin février, Bill Bennett, premier ministre de l'énergie et des mines, a présenté ses modifications à la loi sur les mines, lesquelles donneront la possibilité à son ministère d'appliquer des sanctions financières aux sociétés responsables sans avoir à passer par un jugement. Actuellement, le seul recours du gouvernement est de suspendre les activités d'une mine ou de révoquer les permis des sociétés ne se conformant pas aux exigences prévues par la loi.

M. Bennett indiquait à l'équipe du CIM Magazine que ces modifications mettront l'industrie minière au même régime que d'autres secteurs de la province.

« La loi sur la gestion environnementale, la loi sur les forêts ou encore la loi sur les activités pétrolières et gazières prévoient toutes des sanctions administratives », indiquait-il. « Ces dispositions nous donnent simplement la flexibilité nécessaire et nous permettent de contrôler plus rapidement que tout le monde se conforme à la loi. »

Cette modification permettra aux tribunaux d'imposer des sanctions financières plus sévères allant jusqu'à 1 million $ ainsi que des peines de prison atteignant trois ans, en comparaison des dispositions actuelles qui prévoient une peine de 100 000 $ et une année de prison.

La C.-B. passe actuellement en revue son code de santé et de sécurité pour l'industrie minière afin de déterminer la façon de mettre en œuvre les recommandations établies dans les rapports du groupe d'experts indépendants et par Al Hoffman, inspecteur en chef des mines du gouvernement de la Colombie-Britannique, dans l'affaire de Mount Polley.

Ce n'est pas la première fois que la province modifie son code après un accident dans une mine ; en 2007, le code avait été révisé après que quatre personnes aient trouvé la mort par manque d'oxygène dans un hangar à pompe sur le site désaffecté de la mine Sullivan, à Kimberley.

M. Bennett s'est engagé à mettre en œuvre les recommandations du groupe d'experts indépendants. L'une des recommandations exige des sociétés minières qu'elles prouvent qu'elles ont étudié toutes les options possibles de stockage de leurs résidus afin de trouver la solution la plus adaptée à leurs sites. Jusqu'à présent, il leur suffisait de présenter des informations sur le bassin à résidus qu'elles décidaient de construire. Une autre recommandation exige qu'un comité d'examen indépendant étudie en détail les conceptions techniques dans toutes les mines dotées d'un parc à résidus miniers.

D'après Karina Briño, présidente et directrice générale de la Mining Association of British Columbia (MABC, l'association minière de la Colombie-Britannique), l'industrie savait que le gouvernement envisageait depuis décembre des changements. « Nous avons été informés de ces changements par la publication de l'inspecteur en chef [des mines] suivant l'enquête concernant la catastrophe de Mount Polley », indiquait-elle.

Mme Briño expliquait que les réglementations actuelles sont déjà très strictes, mais l'industrie souhaite « prendre part au débat » concernant la sécurité et la mise à jour des réglementations de manière à ce que le public ait toute confiance dans l'industrie minière.

« Notre pays dépend de l'industrie minière, tout comme la province de Colombie-Britannique, aussi il est important pour nous d'entretenir de bonnes relations avec le grand public. »

– David Chen

Des projets miniers en bonne position dans le concours Génome Canada

Quatre propositions visant à améliorer l'impact de l'industrie minière en exploitant le potentiel énorme des processus biologiques sont passées au niveau supérieur du concours Génome Canada, qui offre un financement de 26 millions $.

La prochaine étape pour les participants (qui font concurrence à 21 équipes de divers secteurs) consistera à préparer une candidature finale et à la présenter au comité d'examen de Génome Canada. Entre 10 et 12 projets recevront un financement pour une durée maximale de quatre ans. Les candidatures finales doivent être envoyées d'ici la mi-avril et Génome Canada annoncera les récipiendaires du financement fin juin. La tâche de cette organisation financée par le gouvernement fédéral est de susciter la création de technologies fondées sur les informations génétiques auxquelles la science moderne a facilement accès.

Une équipe de l'université Laval et de COREM, dont font partie les chercheurs Alain Garnier et Philippe Gagnon, souhaite utiliser des outils de protéomique pour trouver, développer et tester de nouveaux réactifs de flottation à base de protéines pour en remplacer d'autres toxiques dans l'eau, notamment le xanthate. Le coût total du projet s'élèverait à environ 4 millions $.

Shawn Mansfield et son équipe de l'université de la Colombie-Britannique (UBC), le centre de sylviculture de Ressources naturelles Canada et l'université Queen's souhaitent établir la séquence des génomes de 800 arbres afin de déterminer quelle signature génétique pourrait rendre certains arbres particulièrement adaptés à la restauration des sites miniers, par exemple pour séquestrer des polluants tels que les métaux lourds. Des généticiens forestiers spécialisés pourraient se servir de ces informations pour faire pousser des arbres spécifiquement conçus pour restaurer le sol entourant les sites miniers fermés. « C'est un peu comme l'élevage de chiens destinés à des concours », expliquait M. Mansfield. Ce projet, intitulé TerraTrees, pourrait coûter environ 9 millions $.

Grâce à la technique d'amplification et de détection de l'ADN, baptisée qPCR, et à l'aide de 10 millions $, le projet PROAQUA, mené par Caren Helbing de l'université de Victoria permettra d'évaluer les répercussions des sites miniers sur les populations locales de grenouilles et de poissons. Ce projet pourrait aussi aider les sociétés à détecter des espèces en voie de disparition dans l'environnement en pratiquant des tests de leur ADN dans l'eau, accordant aux sociétés minières une plus grande certitude quant à leur impact sur les écosystèmes locaux.

Lesley Warren de l'université de Toronto pourrait utiliser 4 millions $ pour découvrir la réaction des bactéries dans les eaux usées d'une mine. « Les sites miniers sont riches en bactéries », expliquait-elle, mais la génétique des bactéries est encore mal comprise. En la comprenant mieux, on pourra trouver de nouveaux traitements ou même découvrir les impacts bénéfiques des bactéries.

Des partenaires de l'industrie ont également exprimé leur intérêt dans ces projets. Goldcorp fournit à M. Mansfield des résidus de la mine Porcupine à Timmins, en Ontario, et de la mine Equity, maintenant fermée, de Colombie-Britannique. Mme Helbing se trouvera également à proximité d'Equity pour l'une de ses quatre études de cas sur les sites ; Imperial Metals mettra des sites miniers à disposition pour les études de cas « afin d'obtenir des résultats applicables en situation réelle », indiquait Mme Helbing. Glencore et Hudbay Minerals aideront Mme Warren et lui donneront à elle et à son équipe l'accès au site ainsi qu'à des échantillons ; en outre, ces deux sociétés siègent au comité consultatif du projet.

– Kate Sheridan

Le président et directeur général de Rio Tinto Sam Walsh prend sa retraite

Jean-Sébastien Jacques
M. Jacques a joué un rôle majeur dans les négociations avec le gouvernement mongolien concernant la mine Oyu Tolgoi et a supervisé la livraison de la première expédition de cuivre | Avec l'aimable autorisation de Rio Tinto

Après trois années difficiles à la tête du géant minier Rio Tinto, Sam Walsh quittera bientôt son poste de président et directeur général. Il sera remplacé par Jean-Sébastien Jacques en juillet.

Le mandat de M. Walsh au sein de la seconde plus grosse société minière au monde a commencé en janvier 2013, après le départ de son prédécesseur Tom Albanese, peu de temps après que Rio Tinto ait enregistré sa première perte annuelle depuis des décennies.

D'après Jan du Plessis, président de Rio Tinto, M. Walsh est parvenu à transformer l'entreprise dans un contexte économique instable. Durant son mandat au poste de directeur général, M. Walsh et son équipe ont réduit de 6 milliards $ les coûts de la société, laissant Rio Tinto dans une situation plus forte que lorsqu'il a commencé son mandat.

« J'ai eu la grande chance de diriger l'une des meilleures sociétés au monde. Après 25 années stimulantes au sein de Rio Tinto, il est temps de passer le relais à Jean-Sébastien », déclarait M. Walsh dans un communiqué de presse le 17 mars dernier.

Le président et directeur général entrant a rejoint Rio Tinto en 2011 après plus de 15 années à avoir occupé des postes au sein de l'industrie de l'aluminium, de la bauxite et de l'acier. M. Jacques a rapidement fait ses preuves au sein de Rio Tinto et selon M. Walsh, « affiche des performances exceptionnelles », ces derniers temps notamment en sa qualité de directeur général du portefeuille important de cuivre et de charbon de la société.

L'accomplissement le plus remarquable de M. Jacques ces dernières années a été son rôle important dans les négociations avec le gouvernement mongolien concernant la mine Oyu Tolgoi. C'est lui qui a supervisé la première expédition de cuivre de la mine Oyu Tolgoi et qui a signé en mai 2015 le plan de développement de la mine souterraine et de financement, ouvrant la voie au développement plus poussé de l'un des plus grands gisements d'or et de cuivre connus au monde.

– Kylie Williams

Le tribunal de l'Ontario donne son accord pour la construction de la route menant au Cercle de feu

Une route menant au gisement de chromite de la région du Cercle de feu, dans le nord de l'Ontario, pourrait être construite au dessus des concessions d'une société minière sans obtenir son consentement ; c'est ce qui ressort de la décision du 25 février de la cour d'appel de l'Ontario.

La cour a confirmé sa décision de permettre à une société à dénomination numérique en propriété exclusive de Noront Resources de construire une route vers le nord allant jusqu'au gisement de chromite Big Daddy dans la région du Cercle de feu, à condition que le commissaire aux mines et aux terres de l'Ontario approuve cette décision.

D'après la décision d'appel, cette route pourrait être construite sur 108 concessions minières de Canada Chrome Corporation sans obtenir l'autorisation de la société.

Canada Chrome Corporation est une filiale entièrement détenue par la société de Toronto KWG Resources, qui est propriétaire à 30 % du projet Big Daddy et avait jalonné la chaîne de concessions menant au gisement pour renforcer les chances d'avancement du projet. Noront détient les 70 % restant, et est également l'actionnaire principal de KWG Resources. Noront a hérité de ce procès lorsqu'elle a acheté les propriétés de chromite de Cliffs Natural Resources en avril 2015.

Dans la décision de la cour, le juge George R. Strathy citait l'ouvrage The Romance of Mining de T.A. Ricard : An unprofitable mine is fit only for the [tomb] of a dead mule (une mine non rentable est juste bonne à être la [tombe] d'un mulet mort). D'après M. Strathy, « il en va de même pour une mine inaccessible ».

Selon le tribunal, rien ne vient prouver qu'une route pourrait contrecarrer les projets futurs d'exploration et d'exploitation des concessions dont il est question ; cependant, Maurice Lavigne, vice-président de l'exploration et du développement chez KWG, expliquait que ces concessions n'ont jamais été destinées à des activités minières directes. « Lorsque nous avons jalonné ces concessions minières, nous envisagions d'y construire l'infrastructure nécessaire pour rejoindre la mine », indiquait-il (KWG avait l'intention de construire une voie ferroviaire menant à son site ; d'après M. Lavigne, la surface n'est pas suffisamment étendue pour construire une voie ferrée et une route).

Big Daddy est cependant restée en fin de liste dans les priorités de Noront dans la région du Cercle de feu. Le projet phare de la société dans cette région est sa mine Eagle's Nest de nickel, de cuivre et d'ÉGP (éléments du groupe du platine). La société développe également le projet Black Thor près du gisement Big Daddy. Alan Coutts, président et chef de la direction de Noront, déclarait à l'équipe du CIM Magazine que si la société a hérité de ce procès vers la fin de la procédure, ses options restent ouvertes pour de possibles projets de développement de chromite. M. Coutts indiquait que la société s'intéresse particulièrement à la mine Eagle's Nest, qui ne requiert pas de couloir d'accès passant par ces concessions.

Le gouvernement de l'Ontario a réservé 1 milliard $ de son budget 2016 pour des projets d'infrastructure dans la région du Cercle de feu. Jusqu'ici, la province a investi au moins 78 millions $ pour préparer les communautés dans la région où sont prévus d'éventuels développements. Le gouvernement fédéral est également intervenu dans la région et a collaboré avec les autorités provinciales pour financer une étude de 785 000 $ consacrée aux options de développement de couloirs d'accès pour quatre communautés des Premières Nations Matawa. Le ministère des mines de la province a contribué au projet à hauteur de 23 millions $.

– K. Sheridan

Un optimisme inépuisable au congrès de la PDAC

Rod Thomas
Rod Thomas, ancien président de la PDAC, indiquait que l'ambiance au congrès cette année était « véritablement plus optimiste » que l'année dernière | Avec l'aimable autorisation de la PDAC

Le nombre de participants a certes diminué cette année, mais l'ambiance était au beau fixe au congrès et salon commercial de la Prospectors and Developers Association of Canada (PDAC, l'association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs). Cet événement a réuni 22 000 personnes (un peu moins que l'année dernière, où 23 500 personnes avaient participé) au palais des congrès du Toronto métropolitain où, malgré la déroute constante des matières premières, l'humeur était joyeuse et optimiste pour l'avenir.

« L'année dernière, le climat était plus pessimiste. Cette année, les participants étaient indéniablement plus optimistes, le changement d'attitude était clair », indiquait Rod Thomas, ancien président de la PDAC. « L'année dernière, on pensait avoir touché le fond [du ralentissement économique] ; cette année, on sait qu'on l'a vraiment touché et on commence à voir une lumière au bout du tunnel. »

Malgré l'élan d'optimisme dont ont fait preuve les participants, les intervenants ont plutôt eu tendance à présenter leurs visions obscures pour l'année à venir. Paul Robinson, l'un des directeurs du groupe CRU, expliquait que les baisses de l'offre actuelles ne suffiront pas à rétablir une confiance suffisante pour relancer la demande, et il prévoit une année 2016 encore difficile pour les sociétés minières. « 2016 restera, selon nous, une année sombre pour le secteur des matières premières...en raison d'une faible demande et de baisses limitées de l'offre », indiquait-il.

L'exploration était également au cœur du sujet pour les intervenants et les participants. Mark Bristow, président et chef de la direction de Randgold Resources, accusait l'industrie dans une présentation de « souffrir d'une pathologie systémique de vision à court terme » et de constamment réduire le financement dédié à l'exploration. « L'exploration est le seul moyen sûr de générer de la valeur dans une industrie extractive telle que l'exploitation minière », indiquait-il.

James Carr, ministre des ressources naturelles, participait à la conférence et assurait que le gouvernement du Canada aiderait l'industrie, soulignant que ses quatre priorités étaient d'investir dans l'innovation, la stabilité réglementaire, l'engagement auprès des communautés autochtones et le soutien à l'exploration minière. « Toutes sont liées par un objectif : consolider le secteur minier fort et dynamique dont nous jouissons au Canada », déclarait M. Carr dans son discours d'ouverture.

Cette année, la conférence a marqué la fin du mandat de deux ans de M. Thomas au poste de président de la PDAC. C'est Robert Schafer, ancien premier vice-président de l'association, qui le remplacera.

« Je prends toujours beaucoup de plaisir à faire ce que je fais », indiquait M. Schafer en parlant de son futur poste à haute responsabilité à la PDAC. « C'est un grand défi pour moi, mais je me sens suffisamment à l'aise face à ce qui m'attend, car je suis entouré d'amis ici. »

L'année prochaine, la conférence aura lieu du 5 au 8 mars.

– Kelsey Rolfe

Le GMSG publie ses lignes directrices sur l'efficacité de l'index de Bond

Le Global Mining Standards and Guidelines Group (GMSG, le groupe sur les normes et les directives mondiales en matière d'exploitation minière) a pris les premières mesures pour normaliser la façon dont est calculée l'efficacité d'un circuit de broyage en publiant ses toutes dernières lignes directrices au début du mois de mars. Ces lignes directrices, intitulées Determining the Bond Efficiency of industrial grinding circuits (déterminer l'efficacité de l'indice de Bond dans les circuits de broyage industriels), ont été rédigées par le sous-comité dédié à l'indice de broyabilité de Bond, dirigé par Rob McIvor, métallurgiste en chef des systèmes de broyage chez Metcom Technologies. 

Ces lignes directrices sont « extrêmement importantes » pour réduire la consommation énergétique et réaliser des économies dans l'industrie minière, indiquait M. McIvor.

« Environ 10 % des coûts de production des métaux, avant qu'ils ne soient traités pour devenir une substance utile, sont attribuables à la réduction de la taille des minerais », ajoutait-il. « Une usine classique de taille moyenne dépensera des millions de dollars chaque année dans l'énergie nécessaire au broyage. Il faut pouvoir mesurer l'efficacité ; il faut savoir où l'on en est. On ne peut améliorer ce que l'on ne peut mesurer. »

L'efficacité est calculée en établissant le rapport entre la quantité optimale d'énergie nécessaire pour décomposer le matériau, sur la base des mesures en laboratoire, et la quantité réelle d'énergie qu'il faut à un concentrateur pour le broyer. La mesure standard de l'énergie nécessaire au broyage est appelée indice de Bond, dérivé de l'équation de Bond.

Cette équation, ainsi que la façon dont est mathématiquement calculée l'efficacité, existent depuis des années, mais on constate de grandes différences dans la manière dont sont menés les travaux en laboratoire et dont sont mesurés les concentrateurs. Ces nouvelles lignes directrices ont pour objectif de normaliser les procédures dans l'industrie. M. McIvor expliquait que la prochaine étape consistera à calibrer les essais en laboratoire et à créer une base de données de comparaison pour que l'industrie puisse disposer d'une référence.

Le GMSG publiera bientôt deux autres lignes directrices dédiées à la comminution, à savoir Methods to survey and sample grinding circuits for determining energy efficiency (des méthodes pour examiner et échantillonner les circuits de broyage afin de déterminer l'efficacité énergétique) et Morrell Method for determining comminution circuit specific energy and assessing energy utilization efficiency of existing circuits (la méthode Morrell pour déterminer l'énergie spécifique nécessaire à un circuit de comminution et évaluer l'efficacité de l'utilisation énergétique des circuits existants). 

– D. Chen

Des travaux de recherche sur la géochimie de l'exploration à l'UBC obtiennent un financement bienvenu

Peter Winterburn
D'après Peter Winterburn, chercheur à l'UBC, cette initiative est importante car l'exploration devient de plus en plus difficile | Avec l'aimable autorisation du département des sciences de la Terre, de l'océan et atmosphériques de l'UBC

À la fin de l'année dernière, le gouvernement a accordé un financement à un programme de recherche à l'initiative de l'industrie, mené dans l'unité de recherche dédiée aux gisements minéraux de l'université de la Colombie-Britannique (UBC). Cette initiative vise à revigorer la recherche en matière de géochimie de l'exploration, un domaine dans lequel très peu de recherches ont été menées au sein des universités canadiennes et dans le monde ces dernières années.

La moitié du financement attribué à ce programme de 5 ans (2,5 millions $) a été fourni par le laboratoire d'essais sur les minéraux AcmeLabs, lequel a été racheté en 2011 par les laboratoires Bureau Veritas Minerals. Le conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) a fourni l'autre moitié du financement à la fin de l'année après avoir approuvé la procédure de soumission du programme en juin. Les recherches avaient déjà commencé à l'automne 2014 en anticipation du financement du gouvernement fédéral.

Peter Winterburn, chercheur à l'UBC qui occupe maintenant le poste de chaire de recherche industrielle du CRSNG/AcmeLabs/Bureau Minerals en géochimie de l'exploration, expliquait à quel point cette initiative est importante car l'exploration dans le secteur minier devient de plus en plus difficile.

« L'un des grands problèmes de cette industrie est que les gisements présentant des affleurements ont été en grande partie découverts », indiquait-il. « La prochaine série de gisements que nous découvrirons seront ceux qui sont enfouis sous d'autres matériaux. »

M. Winterburn, qui était géochimiste à l'international chez Vale avant d'obtenir son poste à l'UBC, espère que ce programme posera les bases de méthodes pratiques de développement pouvant être appliquées à l'exploration commerciale.

« Notre intention est de pouvoir distinguer, à l'aide de la géochimie, les [différents] types de cibles à une étape relativement précoce et d'accorder une plus grande importance à la décision de " broyer ou ne pas broyer ", ce qui nous permettrait bien évidemment de réaliser de grandes économies », concluait-il.        

– D. Chen

Traduit par Karen Rolland

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