juin/juillet 2016

L'industrie en bref

Par Vince Morello, Kelsey Rolfe, Kate Sheridan, Kylie Williams

L'industrie du diamant des Territoires du Nord-Ouest en pleine expansion à l'approche du 25e anniversaire de la découverte d'Ekati

Ekati
La découverte de diamants par MM. Chuck Fipke et Stewart Blusson dans les Territoires du Nord-Ouest a posé les bases du développement de la mine Ekati | Avec l'aimable autorisation de Dominion Diamond Corporation

À l'aube du 25e anniversaire de la découverte historique de diamants dans les Territoires du Nord-Ouest (T.N-O.) par MM. Chuck Fipke et Stewart Blusson à l'automne 1991, qui a marqué le fondement de la mine de diamant Ekati et le lancement de l'industrie d'extraction des diamants dans cette province, l'expansion de Dominion Diamond dans la cheminée de kimberlite Jay de sa propriété Ekati a marqué l'achèvement d'une autre étape réglementaire.

Le gouvernement territorial a approuvé la recommandation de l'Office d'examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie concernant le projet d'expansion de la canalisation Jay. Le comité d'examen a exigé que quelques mesures supplémentaires soient prises pour atténuer les préoccupations du public et les éventuelles répercussions négatives sur l'environnement, notamment une organisation de cette expansion qui minimisera les désagréments dus aux routes et à la poussière pour les populations locales de caribous ; une amélioration de la stratégie proposée pour l'embauche de personnel féminin ; et le recours aux connaissances traditionnelles des populations autochtones pour concevoir et exploiter la mine.

La dernière étape du processus d'évaluation environnementale consistera à déposer des demandes de permis d'utilisation des eaux et des terres. Dominion Diamond, qui détient une participation majoritaire dans la mine Ekati, déclarait dans un communiqué de presse du mois de mai que ces demandes seraient « bientôt » déposées. Le projet Jay permettrait de prolonger la durée de vie de la mine Ekati de 10 à 11 ans.

Ekati n'est pas la seule exploitation en pleine expansion dans les T.N.-O. Mountain Province Diamonds, copropriétaire de la mine à ciel ouvert Gahcho Kué, a annoncé au début du mois de mai que le projet était terminé à 94 % et que la production commencerait comme prévu à compter du second semestre de l'année (De Beers est propriétaire de 51 % de la mine.)

Gahcho Kué devrait produire en moyenne 4,5 millions de carats par an. Sur les 12 années de la durée de vie prévue de la mine, la production devrait atteindre 55,5 millions de carats à partir d'une réserve prouvée de 35,4 millions de tonnes. Également en mai, la mine Diavik Diamond a atteint l'étape des 100 millions de carats. L'exploitation a commencé en 2003 et les travaux de développement d'une quatrième cheminée de kimberlite sur la propriété seront lancés l'année prochaine.

« Les Territoires du Nord-Ouest ont eu un impact considérable sur l'industrie mondiale d'extraction des diamants ces 25 dernières années, et De Beers s'est engagée à maintenir notre présence dans ce secteur sur le long terme avec l'ouverture de Gahcho Kué d'ici la fin de l'année », expliquait Tom Ormsby, porte-parole pour De Beers qui exploite également la mine de diamants Snap Lake. « Étant donné les ressources prouvées des T.N.-O., le territoire est en bonne voie pour préserver sa place au sein de l'industrie diamantifère. »

D'après le rapport 2015 du gouvernement territorial concernant les répercussions sur la collectivité, cette industrie a eu un impact positif sur le territoire au cours des 25 dernières années (la collaboration avec le territoire en vue d'élaborer le rapport annuel est l'une des exigences dont les mines de diamants Ekati, Diavik et Snap Lake doivent s'acquitter pour pouvoir mener leurs opérations dans les T.N.-O.). Le rapport indiquait que moins de résidents de la province avaient recours à des programmes d'aide sociale et davantage pouvaient poursuivre leur éducation.

Au cours de la dernière année d'imposition, les mines de diamants ont payé 44 millions $ au titre des impôts sur le revenu des sociétés, des taxes sur les carburants et foncières ainsi que des cotisations sociales. Ceci représente environ un tiers des revenus fiscaux totaux du territoire et une augmentation de 11 % par rapport à l'année précédente. Un huitième des recettes de l'exploitation des ressources dans le territoire est envoyé à des organisations autochtones.

– Kate Sheridan

Goldcorp victime de cyberextorsion

Goldcorp a été victime d'une infraction à la sécurité, confirmait la société en avril dernier ; des pirates informatiques ont en effet obtenu l'accès aux informations confidentielles de la société et les ont publiées en ligne.

D'après Christine Marks, porte-parole de Goldcorp, cette attaque est totalement aléatoire. David Garofalo, président et chef de la direction de Goldcorp, a confirmé à Bloomberg que les pirates ont tenté de soutirer de l'argent à la société en échange des données dérobées.

« D'après moi, ces pirates ciblent plusieurs sociétés », indiquait M. Garofalo. « Ils agissent au nom de l'argent. Dans ce cas, la réponse est claire pour moi - on ne paye pas les criminels et on prévient la police. »

D'après Stephan Jou, scientifique des données et expert en sécurité à la société de cybersécurité Interset, les sociétés minières sont plus vulnérables que, par exemple, des banques ou des sociétés du secteur financier car elles sont généralement moins ciblées que ces institutions et sont donc plus faciles à pirater. « Alors, pourquoi ne pas s'attaquer à elles ? », déclarait M. Jou.

Cette infraction a permis aux pirates d'accéder à 14,8 giga-octets d'informations, notamment des documents confidentiels concernant les budgets, des informations concernant les salaires, des courriels, ainsi que les numéros de téléphone, adresses électroniques et postales des employés, entre autres données, comme le confirmait Daily Dot.

« La portée de cette atteinte à la protection des données n'est pas dramatique à nos yeux, car nous sommes une société publique et tout ce qui est d'ordre matériel doit quoi qu'il en soit, en vertu de la loi, relever du domaine public. Ainsi, nous n'avons pas vraiment d'informations d'ordre matériel non divulguées », expliquait M. Garofalo à Bloomberg.

Les activités quotidiennes n'ont pas été affectées par l'infraction, mais Goldcorp a déployé des équipes de sécurité pour qu'elles modifient la sécurité des procédés informatiques et des réseaux afin que de telles tentatives d'infraction ne se reproduisent plus à l'avenir.

D'après le rapport annuel du système SecureWorks de Dell sur le marché des pirates informatiques clandestins, ces derniers peuvent vendre les courriels d'entreprises pour la somme d'environ 500 $ par boîtes de réception.

« On peut facilement comprendre la motivation à l'origine de ces infractions ; les sommes d'argent que peuvent récupérer les pirates sont considérables », indiquait M. Jou.

Cet incident est maintenant inscrit dans une enquête en cours menée par les services de police de Vancouver et un « groupe de travail conjoint représenté par diverses agences », indiquait Mme Marks.

Goldcorp n'est pas la première société minière canadienne à avoir été victime d'un piratage de ses systèmes informatiques ces dernières années. L'année dernière, Detour Gold a aussi été victime de pirates informatiques qui prétendaient être basés en Russie. À ce jour, on ne sait pas si Goldcorp a été attaquée par le même groupe.     

– Vince Morello  

La police et le ministère du travail accusent Detour Gold du décès de l'un de ses employés

Fin mai, le ministère du travail de l'Ontario a accusé la société minière Detour Gold de 15 violations de la loi de la province sur la santé et la sécurité au travail suite au décès par empoisonnement au cyanure de Denis Millette, employé de 52 ans de la société. Trois superviseurs de Detour Gold ont également été reconnus coupables de deux chefs d'accusation. Il y a un mois, la police provinciale a accusé la société de négligence criminelle.

Le 3 juin 2015, alors qu'il réparait une pièce du réacteur de lixiviation (une machine utilisant du cyanure de sodium pour séparer l'or de la roche), une valve a cassé et a exposé M. Millette, non protégé, aux émanations de cyanure. Malgré l'intervention du personnel médical sur place, M. Millette est décédé d'une intoxication au cyanure.

Parmi les chefs d'accusation imputés à Detour Gold, la société est condamnée pour négligence envers l'entretien et le bon fonctionnement du réacteur de lixiviation sur lequel travaillait M. Millette au moment de sa mort, et pour ne pas s'être assurée de stocker l'antidote contre l'empoisonnement au cyanure à proximité de la zone de travail. La société a aussi été accusée de ne pas avoir informé les superviseurs et les employés des dangers associés à la manipulation du cyanure.

Les superviseurs ont été accusés de ne pas s'être assurés que M. Millette portait les vêtements adaptés à cette tâche, et de ne pas l'avoir surveillé ou lui avoir donné les instructions nécessaires sur le chantier.

En vertu des modifications apportées en 2004 au code criminel du Canada, une société peut faire l'objet d'accusations criminelles pour des accidents et des décès sur le lieu de travail et être condamnée si elle est déclarée coupable. Ces changements sont survenus suite à la catastrophe à la mine Westray en Nouvelle-Écosse il y a bientôt 25 ans, lorsqu'une explosion de méthane a coûté la vie à 26 mineurs travaillant sous terre à ce moment-là, et ce malgré les consignes répétées des inspecteurs du ministère du travail de la province.

D'après le centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST), huit sociétés, dont Detour, ont fait l'objet d'accusations criminelles pour des décès d'employés depuis l'entrée en vigueur de la loi. L'une d'elles, l'entreprise de pavage québécoise Transpave, a été accusée de négligence criminelle et condamnée à payer 100 000 $, plus une suramende compensatoire de 10 000 $ après que l'un de ses employés ait été écrasé par une machine d'emballage en 2008.

Detour Gold n'a pas souhaité répondre à la demande de commentaire de l'équipe du CIM Magazine, mais dans un communiqué de presse de la fin avril, le président et chef de la direction de la société Paul Martin déclarait que « nous coopérons pleinement et sommes disposés à continuer à coopérer avec la police et le ministère du travail de la province dans le cadre de leur enquête, et prenons très au sérieux ces condamnations. Nous souhaitons en attendant exprimer nos sincères condoléances à la famille ».      

– V. Morello

Enquête sur l'industrie minière en Colombie-Britannique : après la récession de 2015, la province remonte la pente  

Il n'est pas surprenant que l'enquête annuelle de PricewaterhouseCoopers (PwC) sur l'industrie minière qualifie 2015 d'« année difficile » pour les sociétés minières en Colombie-Britannique (C.-B.). Au vu des prix des matières premières, et notamment du charbon métallurgique et du cuivre qui affichent une tendance à la baisse pour la cinquième année consécutive, les chiffres d'affaires bruts de l'industrie minière pour la province sont passés de 8,2 milliards $ en 2014 à 7,7 milliards $ en 2015.

Les conditions difficiles du marché ont entraîné la mise en mode de soins et maintenance de sept mines de la province à la fin de l'année 2015 et d'une mine supplémentaire début 2016 ; cependant, l'optimisme est de mise car d'autres sociétés minières de C.-B. parviennent à collecter des fonds et à faire avancer leurs projets.

« L'industrie de l'exploration et de l'exploitation minières de la C.-B. continue de prouver sa résistance », déclarait Bill Bennett, ministre de l'énergie et des mines de la province. « L'un des meilleurs indicateurs du succès est de voir une découverte minérale obtenir les permis nécessaires pour procéder aux phases de construction et de production. »

Comme l'indiquait M. Bennett, cinq nouvelles mines sont entrées en phase de production en Colombie-Britannique depuis 2011 et deux sont en cours de construction. Il s'agit de la mine Silvertip de JDS Silver et de la mine d'or Brucejack de Pretium, laquelle apparaît dans le rapport comme « un exemple brillant de la force de l'industrie minière en C.-B. ».

Le rapport de PwC évoquait également l'importance de la stabilité et du soutien des régimes provincial et fédéral pour aider l'industrie minière à remonter la pente et à attirer de nouveaux investissements.

« La Colombie-Britannique, par l'intermédiaire de BC Hydro, a récemment mis en œuvre un programme autorisant les mines en exploitation à effectuer des paiements différés de leurs factures d'électricité jusqu'à ce que les prix des matières premières remontent », indiquait M. Bennett. Ce programme a été annoncé en février dernier afin de permettre à certaines exploitations minières de différer le paiement de jusqu'à 75 % de leurs factures d'électricité pendant deux ans.

Le rapport 2015 de PwC, publié à la mi-mai, est le 48e aperçu annuel de l'impact du secteur minier sur l'économie de la province. Les résultats sont recueillis dans une enquête approfondie menée auprès des sociétés minières établies en C.-B., laquelle enregistre des indicateurs tels que les chiffres d'affaires, l'investissement de capitaux, les dépenses, l'embauche et les paiements totaux au gouvernement.

L'enquête de cette année portait sur 27 participants, dont 14 mines en exploitation, 12 projets à l'étape de l'exploration ou du développement et une fonderie.      

– Kylie Williams   

Goldcorp rachète Kaminak Gold  

Kaminak
Le projet aurifère Coffee de Kaminak, dans le territoire du Yukon, affiche des ressources estimées à 5 millions d'onces d'or au sein de son site de 60 000 hectares | Avec l'aimable autorisation de Kaminak Gold

Goldcorp a racheté Kaminak Gold et son projet aurifère Coffee, situé à 130 kilomètres au sud de Dawson City dans le Yukon, pour la somme de 520 millions $, annonçait la société mi-mai. Il s'agit du premier développement de Goldcorp dans le Yukon.

« Kaminak a toujours considéré Coffee comme un projet que l'on pouvait développer nous-mêmes », déclarait Eira Thomas, présidente et chef de la direction de Kaminak, à l'équipe du CIM Magazine. « L'offre était si intéressante que nous n'avions pas de raison valable de ne pas vendre ce projet plutôt que d'avoir à assumer les trois années de risques d'exécution qui se présentaient à nous. »

En janvier dernier, Kaminak indiquait que son site de 60 000 hectares renfermait environ 5 millions d'onces d'or et indiquait qu'elle prévoyait l'extraction de 2,1 millions d'onces pendant la durée de vie de la mine, estimée à 10 ans. La société pensait commencer la construction mi-2018.

D'après Mme Thomas, la vente a été motivée par le fait que peu de projets de qualité se trouvent à l'étape du développement, en raison des « nombreuses difficultés que rencontre l'industrie ces trois dernières années ». 

En vertu de la convention d'achat, chaque action de Kaminak sera échangée à hauteur de 0,10896 d'une action de Goldcorp.

« Cette acquisition s'inscrit totalement dans notre stratégie de partenariat avec des petites sociétés minières afin d'identifier et de développer des districts miniers offrant un potentiel important d'exploration, qui devrait renforcer la valeur comptable de notre action », déclarait David Garofalo, président et chef de la direction de Goldcorp. Goldcorp a également acheté la petite société minière Probe Mines en mars 2015 dans le cadre d'une transaction de plus de 525 millions $. Probe Mines était propriétaire du projet Borden Gold, situé à 160 kilomètres à l'ouest de la mine Porcupine de Goldcorp.

Les prix de l'or ont augmenté de 16,5 % depuis le début de l'année. « Les grandes sociétés minières sont intéressées par l'achat de projets et recommencent à envisager une croissance possible pour la première fois depuis bien longtemps », indiquait Mme Thomas.

La vente a déjà été approuvée par les comités de direction des deux sociétés. Les actionnaires de Kaminak pourront voter jusqu'au 14 juillet, et la transaction devrait prendre fin le 15 août.

Goldcorp offrira des postes aux employés de Kaminak, précisait Mme Thomas, laquelle aidera à la transition mais ne prévoit pas de continuer à travailler sur le projet aurifère Coffee « indéfiniment ».

– V. Morello

Une tarte en plein visage... pour la bonne cause

Garth Kirkham Mining for Miracles pie throw
Karina Garth pie in face

Le 12 mai dernier, à l'occasion de l'événement annuel Teck Celebrity Pie Throw, le célèbre lancer de tartes dédié à la collecte de fonds pour la Fondation de l'hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique, Karina Briño, présidente et chef de la direction de la Mining Association of British Columbia (MABC, l'association minière de Colombie-Britannique) a lancé sur Garth Kirkham une tarte en plein visage. L'événement, qui s'inscrit dans la campagne Mining for Miracles, a permis de récolter 1 206 704 $ pour la Fondation de l'hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique, dépassant largement l'objectif initial de 600 000 $.

En vue de l'événement, 30 « célébrités » de l'industrie issues d'associations et de sociétés minières de la C.-B., dont Eira Thomas, présidente et chef de la direction de Kaminak, Robert Schafer, président de la Prospectors and Developers Association of Canada (PDAC, l'association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs) et Bill Bennett, ministre de l'énergie et des mines de la province, se sont confrontés dans une compétition face-à-face pour récolter des fonds pour l'hôpital. Les membres de chaque groupe récoltant la plus petite somme ont eu droit à un dessert (en plein visage) sur la place de la galerie d'art de Vancouver.

Les sommes récoltées dans le cadre de cet événement serviront à développer la clinique de recherche CAUSES de l'hôpital, qui diagnostique les enfants atteints de maladies génétiques rares et identifie les traitements les plus adaptés. La campagne Mining for Miracles s'est engagée à verser 3 millions $ à la clinique en 2016, et prévoit de collecter des fonds en organisant des événements tels que le Pie Throw ou le tournoi de softball Slo-Pitch.

– V. Morello

Cameo et Areva établissent un fonds fiduciaire de legs

Les producteurs d'uranium Cameco et Areva Resources Canada, aux côtés de chefs de file de la communauté de la Saskatchewan, ont établi un fonds fiduciaire de legs au profit des collectivités du nord de la Saskatchewan, annonçaient les deux sociétés à la mi-avril.

Baptisé Six Rivers Fund, ce fonds fiduciaire est une entreprise à but non lucratif qui soutiendra divers projets et activités communautaires dans le district administratif du nord de la province de la Saskatchewan. Ce district couvre environ la moitié de la masse terrestre de la province et abrite 45 communautés, principalement des Premières Nations. Il englobe également le bassin d'Athabasca, où Cameco et Areva mènent leurs activités.

« Nous espérons pouvoir offrir davantage en termes d'activités pour les jeunes », déclarait Victor Fern, président du conseil d'administration du Six Rivers Fund. « La modernisation des installations communautaires sera l'une de nos priorités. »

D'après Sean Willy, directeur de la responsabilité des entreprises chez Cameco, ces priorités comprendront notamment l'éducation, la culture et l'infrastructure communautaire.

Le fonds fiduciaire permettra de recueillir de l'argent provenant des intérêts des ventes d'uranium à la mine McArthur River/Key Lake exploitée par Cameco, dans laquelle Areva détient également une participation.

« Le nord de la Saskatchewan est une région très importante pour le projet d'uranium de Cameco et Areva, et ce fonds nous permet de réinvestir dans ces communautés », expliquait Veronique Loewen, directrice des communications chez Areva.

Les parts de fiducie du fonds sont actuellement de 200 000 $. La moitié sera dédiée à l'investissement dans des projets du nord de la Saskatchewan en 2016. L'objectif est d'atteindre 50 millions $ dans les décennies à venir.

La chute constante des prix de l'uranium, qui a atteint le 15 avril son niveau le plus bas en plus de dix années à 25,69 $ US/livre, pourrait avoir des répercussions sur le fonds fiduciaire.

« L'une des réalités dont a dû parler [le] groupe portait sur l'importance d'assujettir ce fonds au marché », expliquait M. Willy. « Nous espérons que le marché remonte la pente, mais pour l'instant, il est au plus bas. »

Toutes les décisions concernant le financement seront prises par un comité composé de quatre membres des communautés des Premières Nations voisines, à savoir Victor Fern de Fond du Lac ; Angie Merasty de Pelican Narrows ; Isidore Campbell, membre de la Première Nation d'English River de Beauval ; et William Dumais de Southend. Areva et Cameco sont des membres sans droit de vote du comité.

M. Fern expliquait que le comité examine actuellement des demandes. Les groupes ayant déposé des demandes de financement devront recueillir eux-mêmes 25 % des fonds afin de démontrer leur capacité à mener à bien le projet.

– V. Morello

Guide de l'OCDE sur l'engagement des parties prenantes dans les industries extractives

À l'occasion du congrès de l'ICM en mai dernier, l'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a présenté son nouveau guide sur le devoir de diligence pour l'engagement des parties prenantes dans les industries extractives, lequel préconise de s'axer davantage sur les parties prenantes les plus vulnérables et les plus touchées par les projets spécialisés dans les ressources.

Dans les grandes lignes, ce guide examine les manières de s'engager auprès de toutes les parties prenantes, mais souligne également l'importance de dialoguer avec quatre groupes spécifiques,  à savoir les peuples autochtones, les travailleurs et les syndicats, les femmes ainsi que les exploitations minières artisanales et à petite échelle (EMAPE). Barbara Bijelic, experte juridique de l'unité sur la conduite responsable des entreprises auprès de l'OCDE, expliquait que le guide adopte une approche « fondée sur les risques » envers l'engagement.

« Les parties prenantes sont souvent les mieux placées pour identifier les risques qui leur sont posés, et également pour formuler des stratégies sur la façon dont on peut les éviter ou les atténuer », expliquait-elle.

Comme l'indiquait Mme Bijelic, l'OCDE a spécifiquement orienté son guide sur les industries extractives car elle a constaté que plusieurs cas avaient été soumis à ses points de contact nationaux (PCN, des modérateurs se trouvant dans chaque pays membre de l'OCDE qui tiennent lieu de conciliateurs pour résoudre les éventuels problèmes pouvant se présenter entre les entreprises et les parties prenantes), notamment des cas relatifs à ce secteur et à l'engagement médiocre des parties prenantes.

« L'industrie extractive est l'un des secteurs les plus complexes sur lesquels nous travaillons. L'empreinte environnementale et sociale associée aux activités d'extraction est énorme », indiquait-elle.  « Aussi c'est un domaine qui, semble-t-il, nécessite davantage de conseils. »

Le guide, dont la version préliminaire est disponible en ligne en version anglaise, est en préparation depuis trois ans, dont deux années ont été consacrées au processus de rédaction, et a initialement été proposé par le gouvernement du Canada. Ce document a été conjointement rédigé par un groupe consultatif composé de 50 personnes représentant les gouvernements (dont ceux de Norvège, de France, des Pays-Bas et de Colombie), l'industrie, des groupes autochtones et des associations industrielles dont la Prospectors and Developers Association of Canada (PDAC, l'association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs) et l'association minière du Canada (AMC).

Ben Chalmers, vice-président du développement durable pour l'AMC, précisait que l'association considère ce document comme étant « très complémentaire » du protocole d'engagement communautaire de son initiative Vers le développement minier durable (VDMD).

Suivre les conseils de ce guide est une démarche volontaire, mais d'après M. Chalmers, les sociétés s'y référeront car « il expose réellement une opinion générale plurilatérale sur la façon de mener au mieux les activités d'engagement. »

Le document est en cours de traduction en versions française et espagnole, et l'OCDE collecte actuellement des fonds pour la mise en œuvre de ce guide. L'organisation espère mener un projet pilote avec quelques sociétés, et organiser des ateliers en partenariat avec les PCN.   

– Kelsey Rolfe

Le gouvernement de la Colombie-Britannique investit dans une étude géologique exhaustive

Geoscience BC, un organisme à but non lucratif dédié à la production et au partage de données publiques dans le domaine des sciences de la Terre en Colombie-Britannique (C.-B.), a bénéficié d'un nouvel investissement de 5 millions $ du gouvernement provincial en mai. Ce financement permettra de lancer plusieurs nouvelles initiatives dans le domaine des mines, de l'eau et de l'énergie dans la province, notamment des levés géophysiques, une cartographie géologique, des recherches sur l'énergie ainsi que des projets de surveillance de l'eau et de l'activité sismique qui contribueront à la découverte et la construction de nouvelles mines en C.-B.

« Lorsque je demande à des sociétés d'exploration et des prospecteurs ce qui fait de la Colombie-Britannique une province propice à l'investissement, on me répond souvent que cela tient à la qualité et la disponibilité des informations relatives aux sciences de la Terre », déclarait Bill Bennett, ministre de l'énergie et des mines dans un communiqué de presse.

Geoscience BC a été créée en 2005 pendant un ralentissement économique de l'industrie afin de stimuler l'exploration et l'exploitation minières dans la province. Durant les 11 années qui se sont depuis écoulées, cet organisme à but non lucratif a soutenu plus de 135 projets dédiés aux sciences de la Terre couvrant la moitié de la province.

Cette annonce du 18 mai concernait également le lancement du plus grand levé aéromagnétique de Geoscience BC, rendu possible grâce au financement de l'année dernière. Le projet Search Phase II couvrira une grille de 24 000 kilomètres carrés (km2) dans la région ouest-centre de la C.-B., entre Fort Fraser et Smithers, et sera lancé dans le courant de l'été 2016. Plusieurs mines et gisements connus se trouvent à proximité des limites couvertes par ce levé.

Bruce Madu, vice-président de Geoscience BC chargé des minéraux et de l'exploitation minière, expliquait que le nouveau levé sera plus détaillé et plus fiable que les précédents. Il couvre une zone plus vaste, mais les sociétés d'exploitation et d'exploration minières auront la possibilité d'examiner des sections minuscules (de la taille d'un timbre-poste) des données géophysiques à haute résolution à l'échelle de leur bail d'exploration ou de la mine « en toute confiance » et dans la plus grande précision.

« Le levé Search Phase II est une pièce importante du puzzle qui réduira l'écart entre le levé géophysique Search Phase I [mené entre Terrace et Kitimat, à l'ouest de Smithers] réalisé l'année dernière et le levé TREK [au sud de Vanderhoof et de Fraser Lake, à l'ouest de Quesnel] en 2013 », expliquait M. Madu. « Ensemble, ces trois projets contigus constitueront un levé constant moderne de données magnétiques de haute qualité couvrant une surface de 55 500 km2, l'équivalent de la Nouvelle-Écosse. »

Tous les rapports et les données générés par Geoscience BC seront mis à la disposition du public et pourront être téléchargés à partir du site Internet de l'organisme ainsi que sur Earth Science Viewer, un nouveau système électronique d'information géographique (SIG) développé par l'organisme.

– K. Williams

Des ententes sur les impacts et les avantages avec les groupes autochtones vont bientôt voir le jour

Traduit par Karen Rolland


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