mai 2015

Ressources minérales et réserves minérales

Le point sur l’harmonisation des normes de définition de l’ICM de 2014

Par Paul Bankes

Cet article est le premier d’une série en deux volets qui examine les changements apportés aux normes de définition de l’ICM.

Les normes de définition de l’ICM concernant les ressources et les réserves minérales ont été mises à jour en 2014 afin d’harmoniser les définitions canadiennes à celles des autres membres du CRIRSCO (Committee for Mineral Reserves International Reporting Standards). La norme canadienne révisée tient également compte des demandes de clarification et de lignes directrices de l’industrie, des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) et d’acteurs internationaux. Cette mise à jour est importante pour les personnes qualifiées déposant des rapports publics sur les ressources minérales et les réserves minérales. Le Comité permanent de l’ICM sur les définitions des réserves et des ressources minérales, que je préside, tient à jour les définitions de l’ICM citées en référence par le Règlement 43-101 (le « règlement ») sur l’information concernant les projets miniers et représente l’ICM au sein du CRIRSCO.

Au terme de vastes consultations avec des acteurs de l’industrie, les membres de l’ICM et le personnel des ACVM, des révisions ont été apportées aux normes de définition finales qui ont été approuvées par le conseil de l’ICM le 10 mai 2014.

Le CRIRSCO a été créé en 1994 sous les auspices du Conseil des instituts miniers et métallurgiques (CIMM) afin de représenter l’ICM et ses sept organisations partenaires responsables de l’élaboration de codes pour la présentation d’informations sur les ressources minérales et les réserves minérales : le Joint Ore Reserves Committee de l'Australasian Institute of Mining and Metallurgy, le National Committee établi au Chili, le Pan-European Reserves & Resources Reporting Committee de l'Europe, le Mongolian Professional Institute of Geosciences and Mining, le National Association for Subsoil Use Auditing de Russie, le South African Code for Reporting of Exploration Results, Mineral Resources and Mineral Reserves (SAMREC) d'Afrique du Sud, et la Society for Mining, Metallurgy and Exploration des États-Unis. Grâce à une exposition internationale accrue, les membres du CRIRSCO se sont entendus, en 2011, sur 13 définitions de base normalisées qui découlaient des définitions avalisées en 1997 dans le cadre de l’Accord de Denver.

Pour les intervenants internationaux présentant de l’information régie par de multiples codes et normes du CRIRSCO, les définitions de base des normes de définition de l’ICM de 2014 sont désormais harmonisées avec les définitions du CRIRSCO, en plus des codes de sept ou huit membres. Dans certains cas, les définitions de base sont suivies de codes nationaux ou de lignes directrices supplémentaires. Le SAMREC est censé intégrer les définitions de base du CRIRSCO en 2015. Les exemples suivants précisent les principales modifications apportées aux fins d’harmonisation qui ont une incidence sur les définitions canadiennes.

Ressources minérales

Les définitions de 2005 et de 2010 de l’ICM du terme « ressource minérale » différaient de celles des autres membres du CRIRSCO selon deux principaux aspects : l’inclusion de « matériau solide » et de « perspectives raisonnables d’une éventuelle extraction rentable ».

La définition canadienne a toujours compris le qualificatif « solide », mais les autres membres du CRIRSCO l’omettaient. En 2011, toutefois, tous les membres ont convenu d’inclure l’expression « matériau solide » dans leurs codes respectifs pour tenir compte de la récente présentation de saumures de lithium en tant que ressources minérales. Les membres du CRIRSCO ont conclu que la nature des estimations de saumures de lithium et le risque s’y rattachant seraient mieux reflétés par des définitions probabilistes, tenant compte de la porosité et de la perméabilité, que par les définitions plus déterministes du CRIRSCO.

De même, la définition de l’ICM a toujours exclu le terme « éventuelle » de la phrase « perspectives raisonnables d’une éventuelle extraction rentable » qui avait été adoptée par tous les autres membres du CRIRSCO. Le comité a ajouté le terme « éventuelle » à la définition canadienne et a fourni la ligne directrice suivante :

L’interprétation du terme « éventuelle » dans ce contexte peut varier selon le produit ou le minéral visé. Par exemple, pour certains gisements de charbon, de fer ou de potasse et d’autres minéraux ou matières premières en vrac, il serait raisonnable d’envisager une « éventuelle extraction rentable » pour couvrir des périodes de plus de 50 ans. Cependant, dans le cas de nombreux gisements aurifères, l’application du concept serait normalement restreinte à peut-être 10 ou 15 ans, et fréquemment à des périodes de temps beaucoup plus brèves.

Alors que le comité reconnaît que le terme « éventuelle » assouplit la définition en prolongeant la durée du projet au-delà du moment de la présentation d’informations, nous croyons que la nouvelle phraséologie est raisonnable et qu’elle reflète fidèlement les pratiques sectorielles actuelles. La nouvelle ligne directrice a été ajoutée afin de limiter la période de temps qui devrait être considérée par la personne qualifiée requise au moment de l’établissement des estimations des ressources minérales.

Réserves minérales

En 2012, le Groupe d’experts de la classification des ressources des Nations Unies a noté que le modèle de rapport sur les réserves minérales du CRIRSCO ne précisait pas de « point de référence ». Cet aspect est particulièrement important quand les réserves minérales sont signalées sous la forme d’un produit, comme pour le charbon propre, plutôt que comme l’approvisionnement d’une usine ou d’un concentrateur. Le texte qui suit a été ajouté à la nouvelle définition du CRIRSCO et de l’ICM :

« Le point de référence auquel les réserves minérales sont définies, généralement le point auquel le minerai est livré à l’usine de traitement, doit être précisé. Il est important que, dans toutes les situations où le point de référence est différent, comme dans le cas d’un produit vendable, un énoncé de clarification soit inclus… »

Le comité a ajouté la ligne directrice suivante aux normes de définition de l’ICM à l’intention du praticien :

Le « point de référence » a trait au point d’extraction ou de traitement auquel la personne qualifiée prépare des réserves minérales. Par exemple, dans le cas des gisements métalliques, la plupart des informations présentées sur les réserves minérales utilisent l’« approvisionnement de l’usine » comme point de référence. Dans ces cas, les informations sur les réserves se basent sur le minerai extrait livré à la mine et ne comprennent pas les réductions attribuées aux pertes d’usine anticipées. En revanche, les réserves de charbon ont toujours été présentées sous forme de tonnes de « charbon propre ». Dans cet exemple utilisant le charbon, le point de référence utilisé pour les réserves se base sur un « produit vendable » et comprend des réductions pour le rendement de l’usine (récupération). La personne qualifiée doit clairement indiquer le « point de référence » utilisé dans l’estimation des réserves minérales.

Mon prochain article portera sur l’harmonisation de la norme au Règlement 43-101 pour la présentation appropriée d’analyses économiques.

Paul_Bankes
Paul Bankes est géologue et a plus de 30 ans d’expérience à l’échelle nationale et internationale en développement de projets, en exploitation minière, en géostatistique, en conception minière et en développement des affaires. Il préside le comité permanent de l’ICM sur les définitions concernent les réserves minérales et les ressources minérales et représente l’ICM au CRIRSCO et au Groupe d’experts des Nations Unies sur la classification des ressources.

Traduit par CNW

Suivant : L’échantillonnage
Conception et exploitation d’usines de pâtes – l’importance d’utiliser les bonnes données


Retour à la table des matières | Article de fond : S’adapter à la vie au campement | Voyage : Stratoni, Grèce | Profil de projet : Le complexe de Kassandra

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF