mars/avril 2015

L’union fait la force

Un nouveau partenariat va faire redémarrer les contrats miniers

Par Chris Windeyer

Rapport spécial : L'Ontario

La Société minière des Premières Nations (SMPN) est un exemple d’un nouveau type de partenariat faisant progresser les intérêts des Autochtones dans le développement minier en Ontario. Localisée dans le nord de l’Ontario et lancée officiellement début 2014, la SMPN est une coentreprise regroupant quatre Premières Nations et trois poids lourds de l’industrie minière canadienne. Les Premières Nations de Lac Seul, Flying Post, Mattagami et Wahgoshig détiennent 51 % de la société immatriculée, SNC-Lavalin, Cementation Canada et le Groupe Morris ayant des participations minoritaires.

« Ce que nous avions envisagé pour la SMPN était une façon pour les communautés de participer activement à la construction, l’exploitation et la fermeture des mines », souligne Jason Batise, conseiller pour le développement économique et les services techniques auprès du Conseil tribal Wabun, qui représente les Premières Nations participantes.

Selon l’Ontario Mining Association, environ 1 personne sur 10 travaillant dans le secteur minier en Ontario est d’origine autochtone. Ce qui a changé, c’est que les communautés autochtones dépassent maintenant le stade de la participation par l’intermédiaire des ententes sur les répercussions et les avantages (ERA). Ces communautés créent des entreprises et concluent des partenariats conjoints qui visent à soutenir le développement minier.

Pour le Conseil tribal Wabun, l’exploitation minière existe depuis longtemps, explique M. Batise, dont le siège social se trouve à Timmins et où l’exploitation aurifère existe depuis plus d’un siècle. « Du point de vue des Autochtones, c’était une façon pour nous de développer nos capacités immédiatement », explique M. Batise. Si nous partons de zéro pour développer nos propres mines, cela pourrait nous prendre plusieurs décennies pour parvenir au niveau de développement déjà atteint par des sociétés comme SNC-Lavalin ou Cementation. »

C’est ici qu’entre en jeu une entreprise comme Cementation Canada. Ce poids lourd de la construction de mines offre de la formation générale de base dans le secteur minier ainsi que de la formation plus spécialisée aux employés autochtones. Eric Kohtakangas, vice-président, Exploitation, Cementation, explique que son entreprise a adapté son programme de formation, créé initialement pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée due à la flambée des prix des matières premières au début des années 2000. Ce programme de formation est maintenant destiné uniquement à la formation des travailleurs autochtones.

Le programme commence avec un cours de formation générale de six semaines, incluant trois semaines de formation théorique dans la communauté d’origine des participants, afin de préparer les nouvelles recrues à travailler dans les mines souterraines. C’est à ce moment-là qu’ils pourront occuper leur premier poste, puis, avec davantage de formation, pourront suivre une carrière plus spécialisée. « Lorsque vous avez un programme de formation, vous visez un taux de réussite de 100 % », explique M. Kohtakangas. « Vous voulez éviter de former 10 membres de la communauté pour vous retrouver avec deux travailleurs. »

Tandis que d’autres entreprises dirigées par des Autochtones, comme la

Nunavut Resource Corporation, se sont positionnées comme des investisseurs dans les projets actuellement en phase avancée de développement, M. Batise explique que l’objectif de la SMPN est plutôt de devenir un entrepreneur couvrant le cycle de vie complet, des travaux de la phase d’exploration à la remise en état et à la surveillance. « Nous voulons que notre société minière autochtone puisse offrir des solutions clés en main aux communautés et aux propriétaires qui veulent respecter leurs ententes sur les répercussions et les avantages », souligne-t-il.

M. Kohtakangas fait remarquer que même avec des ERA en place, les communautés plus petites peuvent avoir des difficultés à profiter des avantages procurés par des projets, simplement en raison du manque de capacités et de main-d’œuvre qualifiée. La SMPN peut commencer à collaborer avec des communautés à l’avance, pour les aider à se préparer à des projets. Tout ce travail préparatoire aide les propriétaires de mines à atteindre plus facilement les objectifs de rentabilité et de rendement des employés généralement compris dans la plupart des ERA.

« Bien entendu, nous allons nous mettre au travail et participer à la construction d’un projet de propriétaire de mine, mais en même temps, nous ferons en sorte de soutenir cet accord », ajoute-t-il.

Quel est l’avantage pour Cementation Canada? M. Kohtakangas fait remarquer que l’entreprise pourrait être plus concurrentielle, sans devoir ajouter de coûts supplémentaires aux projets, tout en soutenant fortement la participation des Premières Nations. « Il est avantageux pour tous les partenaires des projets, y compris pour les propriétaires de mines. En définitive, notre but est de réaliser davantage de projets comme celui-ci, avec la participation accrue des communautés des Premières Nations et des propriétaires de mines dans l’ensemble du nord. »

Toutefois, à long terme, nous ferons vraiment des affaires. Les partenaires ont un protocole d’entente en place et élaborent des ententes détaillées qui permettront au partenariat de commencer à répondre à des appels d’offres. « Plus il y aura d’intervenants, plus ce sera compliqué », souligne M. Batise. « On veut éviter les divergences, mais il faut que les gens soient à l’aise avec le poste qu’ils occupent dans l’entreprise. »

M. Batise conclut que l’objectif final de la SMPN est d’offrir un modèle pour les autres Premières Nations du nord de l’Ontario. Il souligne à ce titre le Cercle de Feu, où les communautés autochtones ont moins d’expérience minière applicable à leurs terres. « Si nous pouvons aider d’autres communautés autochtones en même temps, leur faire profiter de notre expérience et les faire participer au succès de la SMPN, tout le monde y gagnera. »

Traduit par CNW

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Profil de projet : Kirkland Lake | Article de fond : Sous haute tension 
Projets et Construction | Voyage : Sudbury, Ontario
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