mars/avril 2015

Sainte Barbe : la sainte patronne des mineurs

Par Correy Baldwin

Saint Barbara icon
Sainte Barbe a longtemps été invoquée par les mineurs du monde entier pour obtenir chance et protection | Wikimedia commons

Les mineurs allemands étaient connus pour se souhaiter mutuellement bonne chance en disant : « Glück auf! » littéralement « chance à l’ouverture », afin de souhaiter que la paroi rocheuse s’ouvre devant les mineurs et révèle son minerai. C’est une référence au conte de Sainte Barbe, la sainte patronne des mineurs, qui fut un jour protégée par une paroi rocheuse qui s’est ouverte pour lui servir de refuge.

Sainte Barbe a longtemps été invoquée pour obtenir protection et chance dans l’exercice d’un métier autrefois extrêmement dangereux. Son jour de fête correspond à la Journée internationale des mineurs, le 4 décembre, qui rend hommage aux personnes qui ont risqué leur vie en travaillant dans les mines.

L’histoire qui a mené à sa canonisation est courte, mais violente. Sainte Barbe était une jeune femme qui vivait aux alentours de 300 après J.-C. dans ce qui est aujourd’hui la Turquie. Son père était un noble païen du nom de Dioscorus qui surprotégeait sa fille et la gardait enfermée dans une tour pour ne pas l’exposer au monde extérieur. Il était particulièrement inquiet qu’elle puisse entendre parler d’une religion détestable appelée le christianisme et qui était proscrite à cette époque.

Pourtant, même enfermée dans sa tour elle découvrit l’existence, par l’intervention divine, de la foi chrétienne. Quand Barbe avoua à son père qu’elle s’était convertie, il était si furieux qu’il essaya de la tuer. Barbe réussit à s’échapper et à s’enfuir jusqu’aux collines avoisinantes. C’est là qu’une paroi rocheuse s’ouvrit pour lui permettre de se cacher dans une grotte.

Son père finit par la retrouver après avoir été informé de sa cachette par un berger, et la traîna devant le tribunal. Elle fut accusée d’hérésie, puis torturée et emprisonnée. Les blessures de Barbe guérirent miraculeusement au cours de la nuit, mais le lendemain elle fut condamnée à mort, puis décapitée par son propre père. Avant la fin de la journée cependant, le martyre de Barbe fut vengé : son père meurtrier mourut frappé par la foudre à son retour chez lui.

Dans certaines versions du conte, Barbe s’enfuit dans une mine où des mineurs la cachèrent et la protégèrent le plus longtemps qu’ils purent. Plus tard, alors que Barbe priait durant les heures qui précédèrent sa mort, elle adressa une prière particulière à tous les mineurs.

Toutefois, les mineurs ne sont pas les seuls à invoquer Sainte Barbe. Les architectes, les ingénieurs et les artisans l’ont également adoptée, attirés par l’image de la tour dans laquelle elle fut emprisonnée. Elle est également devenue la sainte patronne des géologues en raison de la montagne qui l’a abritée. En outre, son nom a longtemps été invoqué pour se protéger de la foudre et, par extension, des incendies, faisant d’elle la sainte vénérée par les pompiers.

Cet aspect de sa protection divine a été adapté et modernisé avec l’intervention de la poudre à canon et d’autres explosifs, qui rappellent la foudre qui a vengé sa mort. Sainte Barbe est alors devenue la sainte patronne des artilleurs, qui ont peint pendant des années son image sur leurs munitions. Quand des explosifs pénétraient dans les mines, les mineurs l’invoquaient de nouveau pour obtenir sa protection.

Bien que Sainte Barbe ait toujours été une sainte populaire, sa place dans les documents historiques est fortement remise en question. Elle ne figure dans aucun texte ou écrit paléochrétiens sur les saints et les martyrs, et les versions de son histoire varient grandement. Elle est très probablement le produit de mythes et de légendes. L’Église catholique romaine a reconnu ce fait en 1969, quand Elle a révisé son calendrier liturgique et en a retiré Sainte Barbe, bien qu’elle demeure dans Sa liste des saints. On ne connaît pas exactement la date de sa canonisation, mais cela a probablement eu lieu au cours du 7e siècle.

L’Église orthodoxe a peut-être un lien plus étroit avec la sainte. Des fragments de ses reliques ont tout d’abord été amenés à Constantinople, puis à Kiev en 1108. Dans les années 1950, ils ont de nouveau été déplacés, cette fois dans la cathédrale orthodoxe russe de Sainte Barbe, à Edmonton, en Alberta.

L’authenticité de l’histoire de Sainte Barbe peut être débattue, mais elle jouera toujours un rôle particulier dans la tradition et la mythologie de l’industrie minière.

Traduit par CNW


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