déc '15/jan '16

L'industrie en bref

Par Kate Sheridan et Katelyn Spidle

Lorena Tere (palette 21), une ingénieure chimique en formation, fait une offre lors de la vente aux enchères de l'organisation Women Who Rock (WWR) aux côtés de sa sœur Konstanca Tere (à gauche de la palette 21), étudiante en génie chimique à l'université Ryerson. Parrainées par Pear Tree Securities, les deux sœurs ont remporté une heure d'accompagnement professionnel avec David Garofalo, président et chef de la direction de Hudbay Minerals | Avec l'aimable autorisation de Women Who Rock

Quelle est la valeur d'une conversation d'une heure avec le président et chef de la direction d'une société minière ? Nous avons demandé à ces 23 jeunes femmes en début de carrière de donner leur prix au titre d'une enchère portant sur une heure d'accompagnement professionnel avec l'un des 13 membres des plus hauts niveaux de direction de sociétés minières prenant part au deuxième événement d'accompagnement Auction for Action de l'organisation Women Who Rock (WWR), qui s'est tenu le 28 octobre 2015 à l'hôtel Fairmont Royal York à Toronto, en Ontario.


Cette année, Carol Banducci, directrice financière d'IAMGOLD, Rob McEwen, président et chef de la direction de McEwen Mining et David Garofalo, président et chef de la direction de Hudbay Minerals, faisaient partie des 13 personnes proposant leurs conseils. L'organisation cherche à recruter en priorité des conseillères (trois ont participé cette année), mais Elena Mayer, présidente et fondatrice de WWR, rappelait que les hommes ont aussi leur part à jouer pour renforcer la place des femmes dans l'industrie.   


« Nous sommes convaincus que pour parvenir à un dialogue constructif, nous avons autant besoin de chefs de file hommes que femmes », indiquait-elle. « Notre industrie affiche encore une prédominance masculine, aussi nous devons nous assurer que nos parties prenantes hommes participent également au dialogue. »


Sandra Meng, l'une des vainqueurs de la vente aux enchères de l'année dernière, était convaincue que cet accompagnement l'aiderait à réussir. « En tant que femme, j'ai le sentiment que trop souvent, nous ne prenons pas assez d'initiatives pour rechercher un conseiller. Je tiens à remercier WWR de m'avoir donné la possibilité de découvrir l'industrie minière, et de rencontrer et m'entretenir avec une personne aussi brillante que Paul Rollinson [le président et chef de la direction de Kinross]. » Lors de l'événement l'année dernière, Mme Meng était étudiante à la Schulich School of Business (l'école de commerce Schulich) de l'université de York. M. Rollinson était de nouveau présent cette année pour partager son expérience avec une autre jeune professionnelle de l'industrie minière.

Parmi les enchérisseuses (à l'avant et au centre) figuraient six étudiantes de part et d'autre du Canada qui ont remporté un concours de rédaction leur permettant d'obtenir le parrainage de sociétés pour leurs offres relatives à l'accompagnement.


Tous les profits réalisés durant la vente aux enchères ont été reversés à l'association des femmes autochtones du Canada (AFAC), sélectionnée en raison du soutien au développement économique préconisé par le gouvernement fédéral envers les femmes autochtones dans l'industrie minière.


L'ICM a fait équipe avec la WWR pour soutenir l'événement et a fait don de copies de l'ouvrage Women of Impact (publié par l'ICM), qui trace le portrait de 18 femmes étant parvenues à une grande notoriété dans les domaines des matériaux, de la métallurgie et des mines.


– Kate Sheridan


Vale fait l'objet d'une enquête concernant des écoulements de produits toxiques à Sudbury depuis des décennies


Le 8 octobre dernier, Environnement Canada et la gendarmerie royale du Canada (GRC) ont saisi des documents et des informations dans les bureaux de Vale, à Sudbury, dans le cadre d'une enquête en cours sur une fuite présumée de la fonderie de la société. Les chefs d'accusation formulés dans le cadre du mandat de perquisition déposé auprès du tribunal de l'Ontario indiquent notamment que depuis des décennies, des déchets toxiques s'écoulent du site de Vale dans des cours d'eau de la région, et que la société est au courant de ces écoulements depuis 1997.


« Nous avons examiné les documents présentés au titre du mandat déposé auprès du tribunal par Environnement Canada et ne sommes pas d'accord avec ces allégations », pouvait-on lire dans un communiqué de presse de Vale.


D'après les allégations contenues dans le mandat, une personne vivant dans les environs de l'usine de Vale à Sudbury a déclaré en 2012 la présence d'un ruissellement vert provenant du site dans une rivière à proximité, ce qui a poussé Environnement Canada à enquêter. D'après une déclaration récente publiée par le ministère de l'environnement et de l'action en matière de changement climatique de l'Ontario, des mesures ont plus tard révélé que les écoulements contenaient des niveaux élevés de nickel et de cuivre.


Le ministère de la province a précisé qu'en 2012, il avait demandé à Vale de moderniser son système de collecte des eaux d'infiltration, de manière à rediriger tous les déchets de la fonderie vers une station d'épuration des eaux avant de les déverser dans la nature. « Le ministère continue de surveiller les activités du site et est en mesure de confirmer que la station d'épuration est totalement conforme aux normes qu'il préconise », écrivait Lindsay Davidson, attachée de presse auprès du ministère de l'environnement dans une déclaration au CIM Magazine.


« Vale a très rapidement pris les mesures nécessaires pour faire face à ce problème dont nous avons été informés en 2012 ; en outre, la communauté n'a jamais été mise en danger étant donné que les écoulements ne sont à aucun moment entrés en contact avec les sources d'eau potable de la ville », lisait-on dans la déclaration de Vale.


On trouve du nickel et du cuivre à l'état naturel dans l'environnement, mais la présence de ces métaux à des niveaux élevés peut avoir des répercussions négatives sur les végétaux et les animaux, indiquait Natalie Huneault, porte-parole d'Environnement Canada. « Par exemple, il est prouvé que des concentrations excessives de cuivre et de nickel dans l'eau ou le sol peuvent nuire à la croissance des plantes et des algues, réduire la durée de vie des organismes tels que les crustacés, et affecter le développement des poissons et amphibiens durant les premières étapes de leur vie. »


L'enquête se poursuit, aussi Environnement Canada n'a pas souhaité révéler si le ministère avait vérifié les mesures prises par Vale en 2012 pour réparer la fuite, ni évoquer les prochaines dispositions du ministère pour confirmer que le problème était définitivement résolu.


– K. Sheridan


Créer une situation gagnant-gagnant


D'après une étude menée par l'institut C.D. Howe publiée en octobre, les traités modernes semblent faciliter l'élaboration de contrats entre les sociétés minières et les Premières Nations, ce qui accélère le développement de projets sur les terres relevant de ces traités.


Le rapport, intitulé The Effect of First Nations Modern Treaties on Local Income (l'effet des traités modernes conclus avec les Premières Nations sur les sources de revenus locales), révèle que ces traités ont permis une augmentation du revenu réel des Premières Nations de 17 %, et des revenus des employés de l'industrie extractive de 40 %. Par revenu réel, on entend le revenu net après ajustement en fonction des changements en termes de coût de la vie.


« Parce qu'ils clarifient la question des droits de propriété, les traités réduisent les coûts des transactions pour les industries extractives telles que l'exploitation minière, et facilitent leur développement », écrivait Fernando M. Aragón, auteur du rapport. « Ces clarifications ouvrent la voie au développement de davantage de projets miniers qui pourraient augmenter la demande de travailleurs au niveau local. »


L'étude portait sur 15 traités modernes mis en œuvre depuis 1990 par 27 Premières Nations en Colombie-Britannique, dans les Territoires du Nord-Ouest et dans le Yukon.


D'après l'étude, les Premières Nations disposant d'un traité moderne sont plus susceptibles de détenir un contrat minier. En 2012, on comptait en moyenne un contrat minier détenu par une Première Nation visée par un traité, contre 0,2 pour les Premières Nations non visées par un traité. Le rapport indique aussi que, malgré la croissance du nombre global d'accords miniers conclus avec les Premières Nations depuis le milieu des années 1990, ce nombre a augmenté bien plus vite au sein des Premières Nations visées par un traité.


La Première Nation Nisga'a Lisims du nord de la Colombie-Britannique, dont il est notamment question dans l'étude, n'a pas mené d'analyse officielle quant à l'impact économique du traité. Cependant, son porte-parole et président H. Mitchell Stevens a confirmé que la relation de la Première Nation avec le secteur minier s'était considérablement améliorée depuis la mise en œuvre de l'entente définitive avec les Nisga'a conclue en 2000.


« Notre traité comporte un chapitre dédié à l'environnement qui fixe des obligations juridiques en plus des législations provinciale et fédérale, lequel nous a permis de nous assurer que nous pouvons accepter des projets tout en protégeant nos habitats humains et marins », indiquait M. Stevens. Il ajoutait que l'entente définitive conclue avec les Nisga'a a permis de négocier des contrats avec Avanti Mining, Seabridge Gold et Pretium Resources, dont les exploitations couvriront collectivement quelque 26 000 kilomètres carrés de terres Nisga'a.


– Katelyn Spidle


Des étudiants de l'université de Toronto décrochent la première place du concours mondial du secteur minier

World Mining Competition winners photo

Matthew Hart, Daryl Li, Seung Young Baek et Peter Miszkiel (de gauche à droite) posent avec le prix qui leur a été attribué au titre du concours mondial du secteur minier | Avec l'aimable autorisation de David Stobbe, World Mining Competition

Imaginons que le projet d'une petite société minière attire l'attention du directeur d'une grande société minière, mais que le développement du site requiert la construction d'un barrage et la dérivation d'une rivière. La société doit-elle envisager d'acheter ce site ? La dérivation de la rivière est-elle inévitable pour développer ce site ? Quelle est la meilleure solution ?


Ces questions ont été traitées par 13 équipes de quatre étudiants au titre du quatrième Annual World Mining Competition (le concours mondial annuel d'étude de cas à l'intention des étudiants de premier cycle du secteur minier), qui s'est tenu le 1er novembre à Saskatoon. C'est l'équipe du Lassonde Institute of Mining (l'institut Lassonde de l'exploitation minière) de l'université de Toronto, composée de Peter Miszkiel, Daryl Li, Matthew Hart et Seung Young Baek, qui a remporté la médaille d'or en rejetant l'offre et en choisissant de ne rien faire.


« Nous avons envisagé plusieurs cas de figure en tenant compte de l'atmosphère générale qui plane dans l'industrie minière quant à des projets impliquant la dérivation de cours d'eau, ainsi que des impacts environnementaux et sociaux », indiquait M. Li. « Les questions relatives à la [responsabilité sociale des entreprises] et au permis social d'exploitation ont beaucoup pesé dans notre décision. »


Les équipes des universités de Waterloo et Queen's sont arrivées en deuxième et troisième places respectivement.


Il s'agit du premier concours d'étude de cas à l'intention des étudiants de premier cycle dans le secteur minier au Canada. Le nom de l'événement a changé cette année ; le concours national du secteur minier est devenu concours mondial du secteur minier dans l'optique de refléter la participation de quatre équipes internationales de l'école des mines et de la technologie de Freiberg, en Allemagne, de l'université de l'Exeter en Angleterre et de l'institut indien de technologie de Kharagpur.


Un panel d'experts composé de sept directeurs, dont certains de K+S Potash et de Cameco, était chargé d'évaluer les propositions des équipes.


C'est la convergence des préoccupations sociales, économiques et techniques qui rend ce concours si spécial, indiquait Ben Copeland, président du concours et étudiant à l'université de la Saskatchewan, où s'est tenu l'événement. « C'est le seul concours dont j'ai connaissance qui réunit les aspects techniques et commerciaux de l'industrie minière. »


Arriver en tête de ce genre de concours d'étude de cas permet de renforcer la visibilité des programmes étudiants, expliquait Brent Sleep, directeur de l'institut Lassonde. C'est également une référence précieuse pour les étudiants, car cela montrera « non seulement que ces étudiants ont les compétences nécessaires pour participer, mais qu'ils possèdent aussi les qualifications pour se classer en tête », indiquait-il. « C'est un excellent atout dans un curriculum vitae. »


– K. Sheridan

Deux mines australiennes optent pour un parc de camions autonomes

Komatsu trucks

Rio Tinto remplace une grande partie de ses camions par des camions autonomes Komatsu. Le minerai des mines de fer Nammuldi et Yandicoogina est exclusivement transporté par ces camions sans conducteurs | Avec l'aimable autorisation de Rio Tinto

Chaque mois, plus de 20 millions de tonnes de matériaux des exploitations australiennes de minerai de fer de Rio Tinto sont transportées par camion ; mais dans deux de ces mines, on n'a plus vu de conducteur derrière le volant depuis octobre.


La société dispose d'un parc de 69 camions autonomes Komatsu dans trois exploitations. Nammuldi et Yandicoogina, toutes deux situées dans la ceinture du Pilbara d'Australie-Occidentale, sont les deux premières mines au monde à n'utiliser que des camions autonomes. La mine Hope Downs 4, qui se trouve également dans le Pilbara, comprend une combinaison de camions autonomes et avec conducteurs. La société est propriétaire de 15 mines dans la région du Pilbara, où la plupart de la main-d'œuvre fait la navette entre la mine et son lieu de vie.


Comme l'indiquait James Petty, directeur général de la gestion du parc de véhicules et de la technologie de la section Minerai de fer de Rio Tinto, cette initiative s'inscrit dans le cadre du programme Mine of the Future (la mine du futur) de la société. Les camions sont gérés à partir d'un centre d'exploitation basé à Perth, à environ 1 500 kilomètres.


La société utilisent ces camions depuis le commencement des projets pilotes en décembre 2008. Depuis, d'après Rio Tinto, la productivité a augmenté de 12 %, et les coûts d'exploitation liés au chargement et au transport des matériaux ont diminué d'environ 13 %. Au cours des trois années à venir, la société prévoit d'économiser 200 millions $ US par an en ajoutant à son parc d'autres machines automatisées dans le cadre du programme Mine of the Future, notamment des foreuses et des trains sans conducteurs.

Rio Tinto est le plus grand propriétaire et exploitant de systèmes de transport autonomes au monde, indiquait M. Petty, mais la société prévoit cependant d'agrandir son parc. Ces camions deviendront la norme dans d'autres sites de la ceinture du Pilbara dans les années à venir.


– K. Sheridan

Au moins onze morts après la rupture catastrophique d'une digue à stériles au Brésil

Samarco mine dam failure

La rupture du barrage de stériles miniers de l'exploitation de Samarco dans l'État brésilien de Minas Gerais a engendré une coulée de boue qui s'est répandue dans 11 communautés
| Antônio Cruz/Agência Brasil via Wikimedia Commons

Les chiffres décrivant la rupture de la digue à stériles de la mine de fer Germano exploitée par Samarco Mineração le 5 novembre dernier montrent clairement les répercussions sociales, environnementales et financières qui vont découler de cette catastrophe. Au moment de la publication, au moins 11 personnes avaient trouvé la mort et 600 habitants avaient été déplacés après le déversement de 62 millions de mètres cubes de résidus sur 440 kilomètres en aval, dévastant sur leur passage 11 communautés locales pour atteindre la côte brésilienne fin novembre. En comparaison, la brèche dans le bassin de décantation des résidus de la mine Mount Polley avait entraîné le déversement de 17 millions de mètres cubes d'eau et de 8 millions de mètres cubes de résidus.


L'ampleur des dégâts est moins claire, tout comme les mesures que comptent prendre le gouvernement brésilien, Samarco et ses sociétés mères, Vale et BHP Billiton.


Le complexe de la digue à résidus en question était un système à trois niveaux. D'après un communiqué de presse publié par BHP Billiton quelques jours après l'accident, l'un des barrages a totalement lâché, et un autre a été « touché ». Les sociétés surveillent le troisième barrage depuis l'accident.


Dans les jours qui ont suivi la rupture, le gouvernement brésilien a révoqué le permis d'exploitation minière de Samarco et a contraint la société à envoyer sur place les hélicoptères nécessaires aux opérations de sauvetage et de recherche des personnes se trouvant encore dans la zone dévastée. Le gouvernement a également annoncé que Samarco serait passable d'amendes de 250 millions $ BRL (environ 88 millions $ CA) face à l'impact environnemental de cette catastrophe. La société placera en outre un milliard $ BRL (environ 350 millions $ CA) dans un fonds d'urgence qui servira à couvrir les compensations, à trouver des solutions à la rupture et à couvrir les futurs problèmes possibles ainsi que d'autres dépenses. Le 26 novembre au plus tard, la société devait avoir versé 500 millions $ BRL (environ 176 millions $ CA). Vale et BHP Billiton se sont engagées à aider Samarco à créer un fonds d'urgence pour les familles, les communautés et les infrastructures affectées.


Un plan visant à gérer l'impact environnemental de la catastrophe est également en cours d'élaboration. D'après BHP Billiton, les résidus sont inertes mais les matières solides suspendues des résidus se sont répandues dans le fleuve Rio Doce et ont rendu inutilisables les sources d'eau potable et celles destinées à l'industrie. Andrew Mackenzie, président et chef de la direction de BHP Billiton, a informé les analystes et les investisseurs que la société ne savait pas encore combien de temps il allait falloir pour améliorer la qualité de l'eau.


« Nous sommes terriblement navrés et présentons nos plus plates excuses à tous ceux et celles qui ont souffert ou sont amenés à souffrir de cette terrible tragédie », déclarait M. Mackenzie lors d'une conférence de presse au Brésil. « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider Samarco à faire face à cette catastrophe et redoublerons d'efforts pour rétablir la situation. »


– K. Sheridan

FinnMinn adopte l'initiative Vers le développement minier durable de l'AMC


L'association minière de la Finlande (FinnMin) a annoncé son adoption de l'initiative Vers le développement minier durable (VDMD) de l'association minière du Canada (AMC) le 3 novembre dernier. Le programme a été adopté suite à un dialogue national mené par FinnMin, encourageant une plus grande acceptation sociale de l'industrie minière.


Markus Ekberg, président de FinnMin, expliquait que l'organisation avait décidé de mettre en œuvre l'initiative VDMD car cette dernière avait « prouvé son efficacité » au Canada. « Nous sommes convaincus qu'elle aidera grandement les sociétés minières finlandaises à développer leurs rapports de durabilité à l'avenir », indiquait-il.


Créée en 2004, l'initiative VDMD présente six protocoles, constitués d'un ensemble d'indicateurs d'évaluation de la performance des sociétés minières quant à leurs systèmes de gestion des installations. Les sociétés minières canadiennes sont tenues de divulguer leurs résultats au public dans des rapports d'avancement annuels au titre de l'initiative VDMD afin de conserver leur qualité de membres de l'AMC. Tous les trois ans, les sociétés participantes font l'objet d'une vérification par des tiers qui déterminent si les évaluations de la performance divulguées par les sociétés sont correctes.


L'initiative VDMD a été développée dans un contexte canadien ; ainsi, Ben Chalmers, qui dirige le programme pour l'AMC, indiquait que la Finlande devra adapter l'initiative à ses besoins. Jusqu'ici, la Finlande a développé des protocoles relatifs à la gestion de l'eau et à la fermeture des mines, deux aspects qui font défaut à la VDMD.


« À mesure que le programme se développe, nous allons nous rendre compte de son évolution et pourrons tirer parti des réussites et des progrès réalisés par chaque pays », expliquait M. Chalmers.


Il confirmait également que la Norvège, la Suède et le Danemark ont exprimé leur intérêt dans l'adoption de l'initiative VDMD, après avoir récemment entamé la discussion avec l'AMC. D'après l'association, le Botswana suit aussi ses lignes directrices, de manière non officielle.


– K. Spidle

Des changements tardifs ébranlent le plan d'aménagement du bassin hydrographique de la rivière Peel

Hart River

Le bassin hydrologique de la rivière Peel et les cours d'eau qu'il abrite, tels que la rivière Hart (ci-dessus), font l'objet d'un procès entre le gouvernement territorial du Yukon et les groupes des Premières Nations qui souhaitent protéger le bassin des autres travaux d'aménagement prévus | Avec l'aimable autorisation de Marten Berkman, Canadian Parks and Wilderness Society

La cour d'appel du Yukon a ordonné au gouvernement territorial de reprendre une partie du processus d'aménagement du bassin versant de la rivière Peel. Le tribunal a maintenu le jugement rendu par la Cour suprême du Yukon en décembre 2014 car « le Yukon n'a pas agi conformément à la lettre et l'esprit des obligations énoncées dans le traité », pouvait-on lire dans la décision de la cour d'appel publiée le 4 novembre dernier.


La Cour suprême et la cour d'appel ont donné raison aux parties demanderesses dans le procès initial intenté en janvier 2014. La section Yukon de la société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), la Yukon Conservation Society (la société de conservation du Yukon) et les Premières Nations Na-Cho Nyäk Dun, Tr'ondëk Hwëch'in et Vuntut Gwitchin prétendaient que le gouvernement territorial les avait privé du rôle qui leur revenait en matière d'aménagement du territoire. Les ententes conclues avec le territoire donnaient aux Premières Nations le droit de prendre connaissance du dossier concernant le processus d'aménagement du territoire par le biais d'une commission de planification indépendante.


La région du bassin versant de la rivière Peel compte environ 9 000 concessions minières. D'après le gouvernement territorial, 47 millions $ ont été investis dans l'exploration depuis 2002.


D'après la commission géologique du Yukon, diverses sociétés ont investi entre 700 et 750 millions $ au total dans l'exploration, et 500 millions $ dans le développement dans la région du Yukon entre 2010 et 2014.

Durant les dernières étapes du processus de planification, le gouvernement a réduit la somme réservée à la conservation de 80 % à environ 30 %, ce que la cour d'appel a qualifié de « nouvelles modifications importantes qui ont eu lieu sans avoir consulté la commission [indépendante d'aménagement régional du bassin versant de la rivière Peel] et sans les lui avoir présentées ».


Ainsi, toute décision prise après février 2011, dont certaines consultations, devra être réexaminée.


« Le gouvernement du Yukon réévaluera la décision du tribunal et tiendra compte de ses implications dans le jugement d'aujourd'hui. De l'évaluation initiale du gouvernement, il ressort que nous sommes satisfaits de la direction que prend la décision du tribunal de revenir à une étape antérieure du processus d'aménagement », indiquait le gouvernement dans un communiqué de presse.


Certaines des parties demanderesses ont exprimé leurs préoccupations quant au fait que la décision ne se traduirait pas par davantage d'espaces protégés ; au contraire, elle permettrait au gouvernement de réitérer son processus de consultation en appliquant son plan préféré. « La décision de la cour d'appel soutient nos droits constitutionnels conformément à l'accord-cadre définitif, mais ne fait pas grand chose pour s'assurer que le gouvernement du Yukon écoute et respecte ce que nous avons à lui dire », déclarait dans un communiqué de presse Simon Mervyn, chef de la Première Nation Na-Cho Nyäk Dun. « Cette décision représente une violation importante de notre confiance et nous avions espéré que le tribunal tranche plus fermement en notre faveur. »


– K. Sheridan

Traduit par Karen Rolland

Une nouvelle chaire universitaire se consacre à la restauration des sites miniers dans le nord du Québec


Retour à la table des matières | Article de fond : 2016, L'année à venir | Profil de projet : La crème de la crème du Devon | Technologie : Modélisation en 3D | À la une : Informatique

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF