déc '14/jan '15

Le vent tourne favorablement pour les énergies renouvelables

Les sources d’énergie de substitution occupent une place grandissante dans les stratégies des sociétés minières

Par Kelsey Rolfe

Le congrès Renewables and Mining Summit and Exhibition n’en est qu’à sa deuxième édition, mais avec la mise en place cette année de projets de production d’énergie renouvelable sur plusieurs sites miniers, l’événement a pris une nouvelle tangente.

Tandis que le congrès de 2013 portait principalement sur la pertinence d’implanter des solutions d’énergie de substitution comme les parcs éoliens et solaires, les centrales au gaz naturel et les piles à combustible, cette année « plus personne n’en doute », a déclaré la directrice de l’évènement dans ses observations préliminaires lors du gala d’ouverture de l’évènement, qui s’est tenu en octobre à Toronto.

Les sociétés minières ont démontré que de tels projets sont réalisables et profitables – en particulier pour les mines en régions éloignées – et ils sont de plus en plus nombreux. La question centrale aujourd’hui, selon Mme Baker, est de savoir quelle place occuperont les énergies renouvelables dans le bouquet énergétique d’un site minier et quel en sera le coût de production.

Les porte-parole de Mine Raglan – filiale de Glencore – (exploitant de mines de nickel et de cuivre au nord du Québec) et de leur partenaire Tugliq Energy ont expliqué que l’installation de trois éoliennes et d’un système de stockage à pile à hydrogène permettra à la société de réduire de 2,5 millions de litres sa consommation annuelle de diesel de à 60 millions de litres par année. (La mine, qui n’a pas accès à un réseau électrique ou de gaz naturel, est le plus gros utilisateur de diesel de l’Arctique.) Une première éolienne de trois mégawatts a été installée en fin août.

Le coût des énergies renouvelables est de plus en plus concurrentiel, et dans certaines régions retirées d’Afrique par exemple, là où l’accès au réseau électrique s’avère impossible ou trop dispendieux, les parcs solaires et éoliens sont reconnus comme les options les plus viables.

Ron Halas, vice-président à la commercialisation d’Iamgold en Amérique du Sud, a souligné les avantages du nouveau méga parc solaire installé sur le site de la mine d’or à ciel ouvert Rosebel au Suriname. Le besoin énergétique de plus en plus important nécessaire à l’exploitation du minerai à plus faible teneur et la capacité hydroélectrique limitée du Suriname a incité Iamgold à s’associer avec le gouvernement pour construire un parc solaire de 5 MW sur le site. Le projet a été achevé en dessous du budget, soit un peu moins de 12 millions de dollars, et il est opérationnel depuis juillet.

Le parc comprend plus de 16 000 panneaux, mais il ne fournit qu’une fraction des besoins énergétiques de la mine; des 38 MW utilisés par jour, le parc en fournit 1,4 MW. « Je mentirais si je disais que c’est notre principale source d’énergie », a déclaré le vice-président, tout en ajoutant que « c’est un projet écoénergétique important et il nous permet de réduire nos coûts ». Iamgold prévoit mettre en place une solution similaire à sa mine d’or d’Essakane, au Burkina Faso. La société s’est fixé comme objectif d’utiliser les énergies renouvelables à hauteur de 15 % de son bouquet énergétique mondial d’ici trois à cinq ans.

Plusieurs conférenciers ont fait remarquer que l’intégration des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique des sociétés minières se heurte à deux aspects financiers importants. Le premier concerne la mise de fonds initiale. Par exemple, Glencore prévoit que les coûts totaux du projet pilote de Raglan se chiffreront à 22,6 millions de dollars.

« Je dis souvent que l’énergie renouvelable est gratuite... une fois qu’on a payé les coûts du projet », a plaisanté Robert Lydan, directeur des énergies solaire et éolienne chez Hatch, lors de son exposé sur l’intégration des énergies renouvelables. M. Lydan et plusieurs autres conférenciers ont souligné que la plupart des sociétés préféreraient investir directement dans leurs activités minières plutôt que dans un projet d’approvisionnement d’énergie comportant un investissement initial majeur.

Le deuxième défi financier porte sur l’inadéquation entre la vie de la mine et la vie du projet d’approvisionnement énergétique. Avec des vies utiles de plus de 20 ans, les parcs éoliens et solaires peuvent survivre, et de beaucoup, à bon nombre de mines, réduisant d’autant la rentabilité de tels projets, surtout lorsque la mine est le seul utilisateur de l’installation.

Pour certains conférenciers, la signature d’accords d’achat d’énergie (AAÉ) pourrait s’avérer une solution innovatrice. À titre d’exemple, on a mentionné au cours du congrès qu’un accord entre Rame Energy et Mandalay Ressources prévoyait le rachat par cette dernière de trois éoliennes recyclées de 600 kilowatts pour aider à réduire la dépendance au diesel de la mine Cerro Bayo au sud du Chili. (Ces éoliennes avaient déjà été utilisées en Europe, mais elles étaient encore en assez bonne condition pour être remises en service au Chili.) La production de la mine Cerro Bayo est estimée à cinq ans, tandis que le parc éolien devrait en durer 20. Mandalay a signé un contrat avec Rame pour l’achat d’énergie à prix fixe pour cinq ans, avec une option de renouvellement. Si la mine ne se prévaut pas de l’option de renouvellement, Rame démantèlera les éoliennes.

D’autres voient dans ces projets d’énergie renouvelable une occasion de léguer un héritage positif à des communautés isolées qui auparavant ne pouvait se raccorder à aucun réseau électrique. « Au sein de ces communautés isolées, l’approvisionnement énergétique est, en soi, un problème », a déclaré Robert Lydan. « Le fait que ces énergies renouvelables puissent profiter aux communautés à proximité des sites miniers est extrêmement important. »

Traduit par CNW


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