février 2013

L’industrie en bref

Par Zoë Macintosh et Herb Mathisen

ArcelorMittala accepté de vendre 15 % des parts d'ArcelorMittal Mines Canada, ce qui inclue la mine de fer du Mont-Wright au Québec, à un groupe de sociétés asiatiques | Courtoisie de ArcelorMittala


ArcelorMittal vend 15 pour cent de sa filiale canadienne

Sous la direction de l’aciérie sud-coréenne Posco et de la China Steel Corporation (CSC) de Taïwan, un groupe d’entreprises s’est porté acquéreur de 15 pour cent d’ArcelorMittal Mines Canada pour 1,1 milliard $. L’entente comprend des accords d’enlèvement de minerai de fer pour les nouveaux partenaires contre la participation des entreprises dans la filiale d’ArcelorMittal. ArcelorMittal Mines Canada est propriétaire des mines de minerai de fer de Mont-Wright et Fire Lake dans la fosse du Labrador ainsi que d’une usine de boulette et d’installations portuaires à Port-Cartier, au Québec.

ArcelorMittal, qui conservera 85 pour cent de sa filiale, n’a pas fait de commentaires sur le contenu de l’entente, mais la société du Luxembourg a précisé qu’elle prévoit maintenir ses partenariats avec ses principaux clients. Elle espère que l’entente sera finalisée au deuxième trimestre de 2013, puisque le gouvernement de Taïwan, propriétaire de 20 pour cent de CSC, doit approuver l’acquisition. – Herb Mathisen

Une firme japonaise recherchera des terres rares dans la boue rouge de la Jamaïque

Le logiciel Eureka de Maptek permet aux géologues d’exploration de combiner différentes sources et formats de données. Le fournisseur japonais d’aluminium Nippon Light Metals construira une usine-pilote au coût de 3 milliards $ et conduira une étude de faisabilité commerciale sur l’extraction de terres rares des résidus d’alumine que l’on appelle la boue rouge. Le projet de la société a obtenu l’approbation de la National Environment and Planning Agency de Jamaïque.

Nippon a aussi demandé l’exclusivité des droits d’exploration de terres rares dans trois bassins de boue rouge produits par des usines d’alumine de Windalco, un partenariat de UC Rusal et du gouvernement de Jamaïque. Deux d’entre eux sont situés à Ste-Catherine et le troisième se trouve à Manchester, précise Clinton Thompson, commissaire des mines en Jamaïque.

Cette entreprise est la première au monde à demander un permis d’exploration de terres rares en Jamaïque, souligne Thompson. En vertu d’un protocole d’entente conclu en septembre 2012, toute quantité de terres rares produite pendant le projet pilote sera partagée entre la Nippon Light Metals et l’institut Jamaican Bauxite. – Zoë Macintosh

Le Groenland autorise le statut de travailleur temporaire

La Loi sur les exploitations à grande échelle du Groenland, ratifiée en décembre, permet aux entreprises d’importer des travailleurs pour les projets de construction dont les besoins dépassent la quantité de main-d’œuvre disponible et dont le coût est supérieur à 900 millions $.

Le nombre insuffisant de travailleurs qualifiés dans le domaine de la construction, et non seulement dans le domaine minier, a justifié la loi, précise Ove Karl Berthelsen, ministre de l’industrie et des ressources naturelles du Groenland. Il estime que les besoins pourraient atteindre 3 000 travailleurs par année « pour la phase de construction seulement » de la mine de fer d’Isua, près de Nuuk. « Si le projet débute, ces travailleurs pourraient provenir de sociétés de construction internationales qui feraient des offres de service concurrentielles pour des portions précises et spécialisées auxquelles les entreprises de construction locales ne sauraient répondre », souligne Xiaogang Hu, directeur de London Mining, la société qui gère le projet de mine. Selon Berthelsen, près de 700 Groenlandais pourront y travailler comme mineurs après sa construction.

Si les salaires du domaine de la construction ne doivent pas baisser en-deçà du salaire minimum du Groenland, qui se situe environ à 14,50 $ l’heure, les employeurs peuvent déduire jusqu’à 3 $ l’heure pour les repas et l’hébergement, ajoute-t-il.

Des conventions collectives négociées actuellement au Groenland assurent aux travailleurs de la construction de bien meilleurs salaires que ce plancher « politique », mentionne Catrine Søndergaard Byrne, associée principale du cabinet d’avocats Eversheds à Copenhague. Mais pour les travailleurs étrangers temporaires, les salaires seront liés aux conventions collectives en vigueur dans leur pays d’origine, ce qui permettrait aux employeurs d’offrir des salaires inférieurs aux normes du Groenland.

Puisque le Groenland fait partie du Royaume du Danemark, la loi devra être ratifiée par vote au Parlement danois en mars avant d’entrer en vigueur. – Z.M.

L’état récalcitrant approuve Keystone XL

Le gouvernement du Nebraska a récemment approuvé la révision d’itinéraire du pipeline Keystone de TransCanada, ce qui lève le dernier obstacle à la construction. TransCanada n’attend plus que la décision du département d’État des États-Unis, qui déterminera si le pipeline transfrontalier servirait les intérêts des États-Unis.

L’entreprise a travaillé avec les représentants et propriétaires fonciers du Nebraska pendant un an à effectuer les levés de terrain et aériens pour modifier le tracé original qui passait par la région Sand Hill du Nebraska.

En novembre 2011, le département d’État des États-Unis a ordonné à l’entreprise de réviser ses plans dans cette région à cause de la grande concentration de milieux humides et de nappes d’eau près de la surface.

En août dernier, TransCanada a déposé sa demande pour un nouveau tracé au Department of Environmental Quality du Nebraska, qui a déposé son rapport final et son approbation au gouverneur Dave Heineman au début de janvier cette année.

Shawn Howard, porte-parole de TransCanada, précise que plus de 9 000 travailleurs pourront démarrer la construction « dans quelques semaines » si l’entreprise obtient l’approbation du département d’État. « La seule information vraiment nouvelle qui doit être évaluée est celle qui provient du Nebraska, indique-t-il. Tout a été réglé dans les autres États. » – Z.M.

Le nouveau tracé du pipeline de Keystone XL (en rouge) comptera près de 50km de plus que l’ancien (en noir) | Courtoisie de Nebraska Department of Environmental Quality

Baffinland remet la construction à grand déploiement

Ayant mentionné des difficultés liées au financement de projets à grande échelle, Baffinland met de côté ses plans de construire un lien ferroviaire entre le site de son projet de mine à ciel ouvert sur l’Île de Baffin et un port qui n’est toujours pas construit et qui serait ouvert toute l’année.

L’entreprise a demandé à la Nunavut Impact Review Board (NIRB) de modifier le certificat d’approbation de projet qu’a émis la commission récemment pour permettre un développement par étapes de la mine de minerai de fer de Mary River. ArcelorMittal et Iron Ore Holdings, propriétaires à parts égales de Baffinland, désirent aller de l’avant avec une première phase « de revenus rapides ». Pendant cette période, 3,5 millions de tonnes de minerai seraient stockées et expédiées chaque année par le port actuel de Milne Inlet, pendant la saison de 90 jours au cours desquels l’eau n’est pas gelée. L’entreprise a toujours l’intention de construire un chemin de fer de 150 kilomètres vers le sud pour rejoindre un port de Steensby Inlet, depuis lequel elle espère pouvoir expédier au moins 18 millions de tonnes par année.

Ryan Barry, chef de la direction de la NIRB , indique que la commission a demandé les commentaires du public sur les modifications proposées au projet, qui comprendront l’expansion du port de Milne Inlet et de la route, et ce jusqu’au 4 février. Barry ajoute que la commission décidera probablement de rouvrir le certificat du projet, étant donné l’importance des changements proposés par Baffinland. La réouverture d’un certificat exige une consultation publique et une évaluation technique, et le projet devra de nouveau être approuvé par la commission et le Ministre des Affaires autochtones du Canada. – H.M.

Une nouvelle vie pour l’industrie de la coupe de diamants aux T.-N.-O.

Une entente entre le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et Deepak International Ltd. donne à l’entreprise accès aux diamants bruts des mines des Territoires du Nord-Ouest et les droits exclusifs sur la marque de commerce des diamants certifiés par le gouvernement du Canada.

Deepak Kumar, chef de la direction de l’entreprise, mentionne que la marque de commerce est très importante car les consommateurs veulent savoir d’où proviennent leurs diamants pour s’assurer qu’ils ont été extraits de manière responsable. Par une entente de suivi, le gouvernement territorial peut certifier que les diamants ont été extraits, coupés et polis dans les Territoires du Nord-Ouest.

Kumar ajoute que sa famille est engagée dans le traitement de diamants depuis des générations, lui-même ayant dirigé des usines en Inde avant d’immigrer au Canada. « Si je n’avais pas l’expérience, les connaissances et les aptitudes techniques requises, je ne risquerais pas tout comme je l’ai fait », mentionne-t-il.

Kumar finalise actuellement l’achat de deux concessions gouvernementales où il installera ses activités, lesquelles pourraient débuter au printemps. Il précise aussi que son entreprise embauchera 50 travailleurs à Yellowknife, ajoutant qu’il espère embaucher localement et offrir des occasions de formation payée à 15 habitants du grand nord chaque année.

Depuis 1999, cinq usines ont traité des diamants aux Territoires du Nord-Ouest, une industrie qui à son apogée employait 155 travailleurs. De nos jours, Crossworks Manufacturing Ltd. d’HRA, en affaires depuis 2008, est la seule entreprise de traitement de diamants du territoire.
– H.M.

Des militants colombiens kidnappent des prospecteurs de Braeval

Des insurgés politiques ont enlevé cinq travailleurs, dont un Canadien, embauchés par la société Braeval de Toronto, lors d’une embuscade au projet d’exploration de la petite société Snow Mine au nord de la Colombie, le 18 janvier dernier.

De 20 à 25 membres de l’Armée de libération nationale (ALN) ont organisé l’enlèvement quelques jours à peine après que Braeval ait diffusé ses plans d’exploration du site pour 2013.

Parmi les personnes enlevées, un Canadien et deux Colombiens travaillaient comme employés et deux étaient consultants péruviens, précise Chris Eby, porte-parole de Braeval. Le jour des enlèvements, un hélicoptère a évacué les 22 autres employés de Braeval de la propriété de Snow Mine ajoute-t-il.

Dans un article publié le 21 janvier sur son site Internet, l’ALN a revendiqué l’incident en précisant que 99 pour cent des activités minières dans la Serrania de San Lucas profite à des sociétés étrangères. Les autorités colombiennes ont capturé trois des membres de l’ALN impliqués dans l’affaire, mais les otages manquaient toujours à l’appel au moment de passer sous presse. « Le premier souci de l’entreprise est la sécurité et le bien-être de ses employés, et nous coopérons entièrement avec les autorités de Colombie et le gouvernement du Canada, dans l’espoir d’en arriver à un dénouement sécuritaire pour toutes les personnes impliquées dans cette situation », assure Eby, qui n’a pas identifié les personnes disparues.

Le projet a été abandonné depuis. – Z.M.

Uranium One est privatisée

La société Armz qui appartient à l’état russe, filiale de Rosatom, a accepté d’acheter toutes les parts restantes d’Uranium One, un producteur public d’uranium canadien, au prix de 1,3 milliard $. Les actionnaires minoritaires se sont vu offrir 2,86 $ par action, un prix qu’Armz estimait supérieur de 32 pour cent au prix du marché en se basant sur le cours du titre à la Bourse de Toronto, sur une période de 20 jours précédant l’annonce du 14 janvier.

Ken Williamson, président d’un comité indépendant de directeurs d’Uranium One, a qualifié la prime d’« importante » et a encouragé les actionnaires minoritaires à approuver l’entente lors d’un vote qui se tiendra en mars.

Armz a d’abord obtenu le contrôle d’Uranium One en 2010 par l’achat de 51,4 pour cent des actions ordinaires de l’entreprise. Tous les projets miniers d’Uranium One sont situés à l’extérieur du Canada.

Armz et Uranium One partageaient déjà six projets d’extraction d’uranium au Kazakhstan avant la conclusion de l’entente. Si le vote de mars est favorable, Armz acquerra le contrôle de la mine Willow Creek au Wyoming et du projet Honeymoon Uranium en Australie qui appartiennent exclusivement à Uranium One.

« Malgré les perspectives actuelles difficiles de l’industrie de l’uranium, Armz maintiendra sa stratégie de développement d’Uranium One pour en faire le premier producteur mondial d’uranium, a annoncé Vadim Jivov, président du conseil d’administration d’Armz. Avec l’évolution du marché actuel, il est désormais plus facile de réaliser [cet objectif] avec un véhicule privé. » – Z.M.

Annonce de 1,25 M $ pour la recherche sur les mines à ciel ouvert

Une dotation de 1,25 million $ à l’université Laurentian provenant d’Iamgold créera la première chaire de recherche sur l’extraction minière à ciel ouvert financée par l’industrie au pays. « [Diriger la chaire] sera un travail titanesque car la recherche se fera à l’échelle internationale », annonce Ramesh Subramanian, directeur de l’école d’ingénierie Bharti de l’université Laurentian. Il souhaite nommer une personne expérimentée à la fois en matière académique et sur le plan de l’industrie, d’ici le 1er juillet.

Le poste de cinq ans à 250 000 $ par année permettra de donner un coup de fouet à la recherche en techniques de réduction des coûts sur les cycles de vie des mines à ciel ouvert, sur leur conception, l’économie des minéraux, l’évaluation des ressources, l’optimisation du forage et du dynamitage et sur l’optimisation de la segmentation des roches.

Bien que la société ne participe pas à la décision d’embauche, Iamgold aura le premier droit de regard sur la propriété intellectuelle découlant de cette initiative. L’entreprise accordera probablement aux chercheurs un accès à ses sites d’exploitation du monde entier, ajoute Subramanian. – Z.M.

Deux travailleurs tués à la mine Escobal au Guatemala

Peu après minuit le 12 janvier dernier, deux gardiens de sécurité sous contrat ont été tués lors d’une attaque à la mine d’argent Escobal de Tahoe Resources Inc. au Guatemala. La presse locale a rapporté que des câbles électriques avaient été coupés et que des arbres avaient été abattus pour bloquer tout accès routier à la mine.

Des protestations ont causé de brefs délais dans les travaux à la principale mine de Tahoe au cours des six derniers mois, mais Ira Gostin, vice-président, relations avec les investisseurs, indique que cette toute dernière tragédie était très différente. « Des protestations, ça n’a pas lieu aux petites heures du matin, avec des armes automatiques », précise-t-il, ajoutant que rien ne laisse croire que les attaques soient liées aux protestations qui avaient eu lieu précédemment. Tahoe prête main forte à une enquête dirigée par le gouvernement pour tenter de trouver les responsables.

La sécurité a été renforcée sur le site, et le travail à la mine n’a pas été affecté. « Nous devons faire face à des problèmes de moral, mais tout le monde se concentre sur la construction de la mine », indique Gostin, ajoutant que 70 pour cent de la construction à Escobal est complétée. Tahoe Resources est en attente du permis final d’exploitation de la mine, qui était attendu en 2012. Selon Ron Clayton, chef des opérations de Tahoe, le président du Guatemala et le ministre des mines ont tous deux rassuré l’entreprise sur le fait que le permis serait délivré bientôt. La mine doit entrer en phase de production commerciale au début de l’année 2014. « À ce jour, nous respectons notre budget et notre échéancier », précise Gostin. – H.M.

Tom Albanese n’est plus chef de la direction de Rio Tinto

Après une dépréciation de 14 milliards $ USD d’actifs acquis récemment, Tom Albanese a démissionné de son poste de chef de la direction de Rio Tinto. Albanese dirigeait la société depuis le 1er mai 2007. Pendant son mandat, Rio Tinto a acquis le géant de l’aluminium Alcan pour 38,1 milliards $ USD en 2007, puis Riversdale Mining Ltd. et ses actifs de charbon au Mozambique en 2011. Mais depuis quelques années, Rio Tinto a dû déprécier la valeur de ces ententes, avec notamment une dévaluation de Rio Tinto Alcan estimée à 10,5 milliards $ USD et une dévaluation de 3 milliards $ USD de son entreprise Rio Tinto Coal Mozambique annoncées le mois dernier.

Sam Walsh, chef de la direction des activités de minerai de fer et de Rio Tinto Australie, a été désigné pour remplacer Albanese en date du 17 janvier 2013. Doug Ritchie, qui a dirigé la transaction d’acquisition des activités de charbon au Mozambique, a démissionné aussi. – H.M.

Des concessions de charbon en Alberta changent de mains

La société Riversdale Resources Limited d’Australie a acquis 35 000 acres d’actifs de charbon dans le sud de l’Alberta de Consol Energy et Devon Energy pour 49,5 millions $ USD. Parmi ces concessions figure le projet Grassy Mountain près de Coleman, en Alberta, qui contient 192 millions de tonnes de ressources de charbon et une réserve de 55 millions de tonnes, d’après Riversdale.

Riversdale mettra à jour une ancienne étude de faisabilité d’une exploitation de deux millions de tonnes par année sur le projet métallurgique principal de Grassy Mountain, pour voir s’il est possible de développer une mine de quatre millions de tonnes par année. Steve Mallyon, chef de la direction de Riversdale, indique que la société commencera le travail d’implication dans la collectivité en février. Il est difficile de prédire l’échéancier du projet Grassy Mountain avant que les études environnementale et sociale aient été complétées, précise Mallyon, mais « si l’on se fie aux précédents récents au Canada, comme le projet Vista de Coalspur, et d’après nos meilleures estimations, une mine pourrait être mise en service d’ici 2017. »

L’acquisition par Riversdale Resources suit de près la vente par Consol Energy des propriétés improductives de charbon à coke métallurgique Scurry Ram et Ram River à la société Ram River Coal Corp de Forbes & Manhattan Inc pour 105 millions $ USD. – H.M.

Traduit par SDL

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