juin/juillet 2012

La Mine Training Society tient le cap

Les partenaires préviennent la crise financière malgré la perte de financement.

Par Krystyna Lagowski

Depuis 2004, la société de formation sur les métiers reliés à l'industrie minière, la Mine Training Society (MTS), qui mène ses activités à Yellowknife, s'est associée à des gouvernements autochtones, des partenaires du secteur, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et le gouvernement fédéral pour former les Autochtones à des métiers reliés à l'industrie minière.

Elle a évalué 1 900 personnes issues des communautés autochtones au cours des huit dernières années, elle en a formé et conseillé 1 300 et a obtenu un emploi pour 737 d'entre eux. « Ces métiers vont du mineur de fond, au minéralurgiste, en passant par cuisinier de camp, opérateur de foreuse à couronne diamantée, gestionnaire de mine; pas des emplois de premier échelon », insiste Hilary Jones, directrice générale de MTS.

Des coupures dans le financement du fédéral

En mars 2012, lorsque le gouvernement fédéral a sabré une bonne partie du financement du programme Partenariat pour les compétences et l'emploi des autochtones (PCEA), madame Jones n'a pas paniqué. Elle savait qu'il était temps de faire preuve de créativité, et elle a commencé à chercher des solutions de rechange. Elle s'est engagée à maintenir le programme qui a remporté en 2012 le prix Récompense pour contribution exceptionnelle de l'Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs.

« À l'heure actuelle, je travaille à une proposition de Ressources humaines et Développement des compétences Canada (RHDCC) », raconte Hilary Jones. « Chaque projet de formation débouchant sur des emplois peut recevoir jusqu'à 10 millions de dollars [de RHDCC]; à l'heure actuelle, notre projet devrait coûter jusqu'à 16,5 millions de dollars, et nos partenaires nous accordent l'autre tranche de 7 millions de dollars. »

Parmi ces partenaires, on retrouve, BHP Billiton, Diavik, DeBeers Canada, Avalon Rare Metals et Tamerlane Ventures, de même que des gouvernements autochtones, notamment le Conseil tribal des Gwich'in, les Inuvialuit, l'Association inuite de Kitikmeot, l'Association Métis des T.N.-O., le gouvernement Tlicho et de l'Akaitcho.

Hilary Jones précise que le financement provenant du secteur et des partenaires gouvernementaux lui donne un sursis de deux ans, de sorte que la société de formation peut continuer ce qu'elle fait de mieux : former les personnes issues de communautés autochtones aux métiers liés aux activités minières. « On compte trois mines et six projets à une étape avancée [dans les TNO]; deux seront en construction l'année prochaine, donc nous aurons besoin de beaucoup de monde », ajoute-t-elle.

Elle dit qu'il est coûteux de former un mineur de fond, mais ces coûts sont largement compensés, car les personnes formées qui obtiennent leur diplôme trouvent des emplois importants auprès des mines, ce qui finance presque immédiatement la formation. Et en prime pour le gouvernement, « ils deviennent rapidement des contribuables ». Les coûts du programme s'élèvent à 53 000 $ par personne; la formation dure 32 semaines, et elle inclut une introduction de six semaines dans la communauté, 12 semaines à Yellowknife dans une installation de formation et 12 semaines de formation en milieu de travail. « Il faut compter plus de 1 000 dollars par semaine pour former une personne », explique madame Jones. « Ce sont des métiers qui exigent une formation pointue, il ne s'agit plus du travail au pic et à la pelle. Il y a manipulation d'ordinateurs et de camions qui peuvent valoir 6 millions de dollars. »

Elle ajoute que le taux de succès du programme de formation de mineur de fond est presque de 100 pour cent, et 90 des personnes formées ont une offre d'emploi à la fin de leur formation.

Une formation efficace

La société de formation adopte une approche holistique et globale. « Nous prodiguons des conseils en matière d'emploi pour nous assurer que les personnes réussissent », explique Hilary Jones. « Nous ne voulons pas placer les personnes en situation d'échec. » Si une personne ne se qualifie pas à un programme, la MTS travaille avec la partie intéressée pour cerner les lacunes au chapitre des compétences, et on la réfère à d'autres organismes voués, par exemple, à l'alphabétisation, voire à des services médicaux.

Le programme le plus populaire est le programme de mineur de fond pour lequel les candidats sont triés sur le volet. « Nous allons dans les communautés et faisons une présentation du métier de mineur de fond. Nous passons deux semaines dans la communauté à évaluer les compétences préparatoires à l'emploi et quatre semaines de formation minière sur des sujets comme la géologie et la sécurité », rajoute-t-elle.

Pour aider les familles à se préparer, la MTS fait participer les proches des étudiants pour améliorer leur compréhension des horaires miniers, notamment la rotation des quarts de travail. On discute également de la question de l'éloignement du partenaire deux semaines à la fois. « Il faut qu'il y ait une conversation franche et ouverte à propos de la personne qui reste sur place pour "garder le fort" et sur l'utilisation de l'argent gagné », explique madame Jones. « Avant la fin de la session de six semaines, ils peuvent faire des choix éclairés pour aller de l'avant ou non. »

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