sept/oct 2010

Les deux aspects du charbon

L’incertitude – une perspective commune pour les charbons métallurgique et thermique

Par Dan Zlotnikov

Les vastes réserves de l’Ouest canadien et les capacités de transport augurent bien pour l’avenir | Photo courtoisie de Teck


À première vue, il est facile de confondre le charbon métallurgique et le charbon thermique. Bien que les deux soient produits sensiblement de la même manière, quand vient le moment de la vente, l’un ira à l’autre bout du monde et l’autre sera souvent consommé tout près d’où il a été extrait.

Comme son nom le suggère, le charbon thermique est prisé pour ses capacités de génération de chaleur. Alec Kodatsky, un analyste chez CIBC, explique que ce charbon est un produit peu coûteux et ce sont les frais de transport qui constituent la grande partie du prix final.

« Au Canada le gros du charbon thermique est envoyé presque ‘de l’autre côté de la rue’ et est brûlé dans une centrale. Cela dit, il existe des indices que le marché d’exportation du charbon thermique est en hausse. »

Le charbon métallurgique est essentiel aux aciéristes mondiaux. Puisque les producteurs d’acier sont prêts à payer leur charbon beaucoup plus cher et qu’il est bien moins abondant, ce type de produit voyage souvent de très grandes distances vers les hauts fourneaux.

Les facteurs influençant le prix de ces deux charbons sont aussi très différents. Le prix du charbon thermique est essentiellement déterminé par les clients des centrales et par le prix du pétrole.

Le vice-président de Sherritt Coal, Mark Plamondon, explique : « une centrale au charbon fournit typiquement de l’électricité pour la charge de base, laquelle demeure stable durant les cycles économiques. »

La situation est plus volatile pour le charbon métallurgique dont la demande est directement reliée à la demande pour les produits d’acier. Les principales utilisations de l’acier, la construction et l’industrie automobile, sont à leur tour très sensibles à l’état général de l’économie.

Au cours des 18 derniers mois, la crise mondiale du crédit a mis un frein à la croissance économique globale et les producteurs d’acier ont vu chuter la demande. Les producteurs de charbon métallurgique ont aussi connu une baisse de la demande et ont vu les prix au comptant tomber de plus de 250 $/tonne à moins de 130 $/tonne. Dans son rapport annuel 2009, le géant international Teck a décrit l’année comme étant « la pire année pour l’industrie mondiale de l’acier en plus de 70 ans. »

En route vers l’Asie

Malgré la situation difficile pour certains, la Chine est devenue, au début de 2008, un importateur net de charbon cokéfiable, dit M. Kodatsky. « Historiquement, la Chine était un exportateur de charbon cokéfiable. Son taux de croissance et son industrie de l’acier demandant plus que sa production interne font qu’elle doit importer du charbon. »

Une compagnie à en bénéficier a été Teck, le deuxième exportateur mondial de charbon. Bob Bell, principal délégué commercial et vice-président de Teck Coal, dit qu’en 2008, près de la moitié de la production de charbon métallurgique de la compagnie était expédiée vers l’Asie du Nord. En 2009, la Chine a même acheté 20 pour cent de la production de 19 millions de tonnes de Teck.

Pour l’avenir, M. Bell s’attend à une reprise de la demande européenne, mais l’Asie du Nord continuera de représenter plus de la moitié des ventes de charbon de Teck. « En 2010, lorsque nos clients européens traditionnels ont demandé plus de nos produits, nos ventes à ces pays ont repris; cependant, une bonne portion de notre production allait vers les marchés chinois et nous ne pouvions pas retourner aux niveaux européens traditionnels. »

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