mars/avril 2010

Perspectives à long terme pour les activités liées à la potasse dans le Prairies

Mosaic poursuit la mise en œuvre de ses plans d’expansion

Par D. Zlotnikov

L’opération Colonsay de la compagnie Mosaic


Quand on parle de mines de potasse, risque-t-on de voir trop grand? La question peut encore faire l’objet de discussions, selon Mosaic Co., l’un des principaux producteurs mondiaux de potasse. La mine Esterhazy de Mosaic, située près d’Esterhazy, en Saskatchewan, a une capacité annuelle de 5,3 millions de tonnes, ce qui en fait déjà la plus grande mine de potasse du monde. Mais en prévision de l’accroissement de la demande, Mosaic a entrepris une série de projets d’expansion de cette mine qui devrait atteindre d’autres niveaux records de production d’ici 2020.

Les projets d’expansion ne se limitent pas à Esterhazy. Mosaic possède deux autres mines de potasse en Saskatchewan : Belle Plaine et Colonsay. Des travaux additionnels de mise en valeur des trois mines ont été approuvés. Ils ont débuté en 2007 et entreront dans leur troisième saison dès que les conditions climatiques le permettront. Et tout cela, en dépit du fait que 2009 a été une année difficile, ce qui est peu dire, pour les producteurs de potasse. En fait, Norm Beug, premier vice-président, exploitation de la potasse, à Mosaic, décrit 2009 comme « la pire année jamais enregistrée, du moins pendant ma carrière ». Le ralentissement économique a fait mal aux agriculteurs, ce qui a entraîné une baisse des ventes de potasse et une chute des prix. L’année qui avait commencé par des prévisions de prix au comptant atteignant jusqu’à 1 000 $ US la tonne de minerai s’est terminée alors que les prix de vente tournaient autour de 350 $ US la tonne, soit environ un tiers du niveau qu’on attendait. Mosaic a pris conscience de la crise en janvier 2009 et a annoncé la mise à pied temporaire de 1 060 de ses 1 500 employés en Saskatchewan. La société a également nettement réduit ses objectifs de production pour l’année.

Cependant, malgré la crise, Mosaic prévoit dépenser plus d’un milliard de dollars pour mettre en œuvre ses plans d’expansion, et ce, en 2010 uniquement. Norm Beug voit dans la reprise du marché mondial des céréales et dans la demande en nutriments qui en découle, le signe d’une hausse attendue des prix, mais insiste sur ce qu’il estime être la pierre angulaire du développement de Mosaic : l’appétit d’une population mondiale en augmentation constante. « En fin de compte, nous faisons partie du secteur alimentaire et nous sommes un important maillon de la chaîne alimentaire. C’est ainsi que nous envisageons la situation », dit-il.

Le monde a besoin de manger

La croissance ne va pas être stimulée uniquement par la croissance démographique, explique Norm Beug. À mesure que les systèmes agricoles des pays en développement se modernisent, l’emploi de nutriments pour accroître les rendements sera incontournable. Dans l’autre partie de l’équation, la demande sera stimulée par deux facteurs clés sur lesquels Norm Beug met l’accent : le nombre croissant de personnes appartenant à la classe moyenne et la pression continue en faveur des biocarburants.

« Les gens sont partout les mêmes; ils veulent des aliments de meilleure qualité. Ils sont comme vous et moi. Nous aimons nous rendre dans un restaurant qui va nous servir des produits de bonne qualité, eux aussi. Ils veulent manger davantage de volaille, de porc, de bœuf, consommer du lait et des yogourts, tout comme nous. Nous voyons cela comme un important stimulateur pour nos activités. Le virage vers un régime alimentaire dans lequel la viande aura une plus large part aura une incidence notable sur la demande en potasse. »

Pour ce qui est des biocarburants, Norm Beug est d’avis qu’ils seront considérés comme une ressource très importante, en particulier dans des pays qui ont un accès limité aux réserves de pétrole et de gaz naturel. De plus, les efforts continus en faveur de la limitation des émissions de carbone peuvent être appuyés par un passage aux carburants à base d’éthanol. Étant donné que les sources d’éthanol qu’on utilise aujourd’hui pour produire du carburant sont végétales, Norm Beug y voit une aubaine pour les producteurs de potasse.

« Même avec l’éthanol cellulosique, si on y vient, on aura toujours besoin d’utiliser des nutriments pour faire pousser les plantes servant à fabriquer du biocarburant. »

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