sept/oct 2009

Matière noire à avenir brilliant

De nouvelles réalités économiques et démographiques redéfinissent l’industrie canadienne du charbon

Par R. Bergen

Camion de transport à la mine Coal Moutain


Les sommets abrupts et les vallées cachées des montagnes de la Colombie-Britannique et de l’Alberta contiennent la plus grande partie du charbon métallurgique du Canada; ce paysage est à l’image des fortunes de ceux qui l’extraient. Vers l’est, sur les plaines du centre-ouest du Canada, qui contiennent le charbon thermique, le relief est plus estompé mais permet de voir plus loin.

Le charbon métallurgique, connu aussi comme charbon cokéfiable, possède une faible teneur en soufre et en phosphore; il sert de carburant pour les haut-fourneaux des aciéries. Il représente environ 40 pour cent des 68 millions de tonnes de charbon extraites au Canada et la plus grande partie du charbon exporté.

La demande stable pour l’électricité produite par le charbon thermique le protège un peu contre le climat économique mondial morose. Ce charbon représente 20 pour cent des exportations canadiennes de charbon; il sert dans les fours à ciment et autres applications industrielles.

« L’année fiscale 2008 a été exceptionnelle pour le charbon, métallurgique et thermique », dit Ernie Lalonde, analyste du charbon et vice-président principal de l’agence de cotation DBRS. « Le charbon métallurgique a brisé tous les records. La croissance sans précédent, la demande de la Chine, tout y a contribué. »

Les aciéristes chinois magasinent de nouveau pour des aubaines. « L’année 2009 verra une hausse de l’activité des marchés au contant pour les exportations de charbon métallurgique vers la Chine », déclare Robert Stan, président de Grande Cache Coal. « Cela représentera une manne pour plusieurs producteurs de charbon métallurgique. »

« La Chine est le seul pays au monde où l’aide financière peut être rapidement mis au travail. Les fournisseurs de biens de base regardent tous la Chine et se demandent combien de temps cela va durer. Pour le charbon métallurgique, l’impact a été impressionnant au cours des six derniers mois », dit Boyd Payne, PDG de Teck Coal, le deuxième plus grand fournisseur de charbon métallurgique à l’industrie mondiale de l’acier.

Pour Grande Cache, le revirement a été surprenant. La compagnie rapportait des ventes de seulement 110 000 tonnes dans les trois premiers mois de l’année. « C’était notre pire trimestre depuis que nous avons commencé à produire », dit M. Stan. Le trimestre suivant, malgré des prix abaissés de plus de 200 $, les ventes ont augmenté pour atteindre un peu plus d’un demi-million de tonnes.

« C’est sans contredit les marchés au comptant avec la Chine qui nous ont fait atteindre ce sommet. Est-ce que cela signifie que la Chine deviendra un importateur net plutôt qu’un exportateur net? Les marchés ne connaissent pas encore la réponse. »

Le défi actuel est de continuer sur notre lancée et de maintenir le pas avec les économies en développement, plus lentes mais stables. « Nous faisons affaire avec la Chine dont le taux de croissance est de 7 à 8 pour cent par année », explique Pierre Gratton, président de la Mining Association of British Columbia.

« Bien qu’il ne s’agisse plus de 11 à 12 pour cent, c’est quand même phénoménal. Les bases pour une croissance à long terme dans le secteur du charbon métallurgique sont excellentes. La Chine s’industrialise rapidement et elle ne peut s’arrêter; l’Inde et le Brésil suivent de près. »

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