sept/oct 2009

Parlons-en

Qu’est-ce que l’Initiative mines vertes?

Par L. Laverdure

 

Recherche de la source d'un effluent 


Ressources naturelles Canada a lancé l’Initiative mines vertes (IMV) afin de réduire les répercussions environnementales ainsi que les coûts d’exploitation et de fermeture des sites miniers. L’initiative est axée sur la réduction de l’empreinte écologique, l’innovation en gestion des résidus, la gestion des risques pour les écosystèmes ainsi que la fermeture et la restauration des sites.

Pourquoi maintenant ?

Même en période d’incertitude économique, le niveau d’attente des citoyens et des groupes écologistes vis-à-vis l’impact environnemental du secteur minier est très élevé. En fait, ces attentes nécessitent la proposition de techniques de remplacement relatives à l’élimination des résidus, à l’utilisation de l’eau et à la qualité de l’air. La population canadienne est préoccupée par l’impact qu’ont sur la santé les émissions atmosphériques industrielles, la qualité de l’eau et les changements climatiques, ainsi que par la production d’énergies propres. Pour aborder ces préoccupations grandissantes rattachées à l’exploitation des ressources minérales et à l’empreinte laissée, il faut trouver de nouvelles solutions technologiques dynamiques permettant d’atteindre les objectifs suivants :

  • favoriser une exploitation minière durable; 
  • répondre à des normes et à des règlements environnementaux plus stricts; 
  • réduire les coûts; 
  • accroître la valeur ajoutée; 
  • protéger les travailleurs et le public.

Bienfaits attendus

La réduction au minimum des résidus, la conception de techniques de traitement et de gestion plus efficaces et l’approfondissement des connaissances sur le comportement des métaux dans l’air, l’eau et les sols amélioreront consi­dérablement la performance environnementale de l’industrie et sa réputation auprès du public. L’IMV visera le développement de techniques et de technologies pour :

  • réduire le fardeau environnemental des générations à venir; 
  • promouvoir un rendement économique qui aidera l’industrie minière à continuer de soutenir des collectivités durables; 
  • appliquer des principes scientifiques éprouvés préalables à une réglementation efficace; 
  • développer un savoir-faire et concevoir des équipements qui viseront à stimuler les exportations canadiennes;
  • établir un leadership en matière de techniques écologiques, de protection environnementale et de développement durable des ressources au Canada et à l’étranger.

L’IMV se fera en collaboration avec l’industrie minière et les instances fédérales, les gouvernements provinciaux et territoriaux, les organismes de réglementation, les universités et les organismes non gouvernementaux, dont le Conseil canadien de l’innovation minière (CCIM).

Thématiques de recherche et d’innovation

L’IMV se divise en quatre thématiques de recherche et d’innovation.

Réduction de l’empreinte L’exploitation minière produit une grande quantité de résidus, dont la manutention et l’entreposage sont coûteux et qui ont d’importantes répercussions environnementales. En produisant moins de roches stériles, les exploitants réduisent les besoins et les répercussions rattachés à l’entreposage des résidus, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ainsi que leurs coûts d’exploitation. Cette mesure contribuerait à la réduction des résidus toxiques et des métaux liés au procédé de traitement des minéraux. Les coûts d’entreposage et d’exploitation peuvent aussi être réduits grâce à l’adoption d’une stratégie qui vise la production de remblais inertes et d’une eau propre, ainsi que la diminution des particules émises par les fonderies et des émissions de GES associées aux procédés de broyage du minerai. On pourra en profiter aussi pour mettre en valeur des sous-produits minéraux à valeur ajoutée.

Innovation en gestion des résidus -  L’entreposage de millions de tonnes de résidus s’avère extrêmement coûteux et pose des problèmes de volumes, d’espace et de stabilité. Le perfectionnement des méthodes de traitement, de gestion et d’entreposage des résidus permettrait de réduire les coûts d’exploitation et de fermeture et ceux liés aux responsabilités civiles et au fardeau environnemental.

Gestion des risques pour les écosystèmes Il y a des lacunes scientifiques concernant les données de risques pour les écosystèmes. Notamment, les connaissances sont sporadiques en ce qui a trait à l’évaluation des dangers et des risques posés par les métaux, à la mobilité et à la mobilisation des métaux dans l’environnement, à certains aspects de la toxicologie des métaux et à la surveillance des impacts environnementaux.

En particulier, une meilleure connaissance du comportement des métaux est essentielle à une sélection judicieuse des méthodes de gestion des résidus. On pourra ainsi réduire les impacts environnementaux, améliorer les méthodes de fermeture et de restauration des sites et réduire les coûts pour les secteurs privés et publics.

Fermeture et restauration des sites Le Canada compte actuellement des milliers de sites miniers orphelins ou abandonnés. Les répercussions pour les générations à venir et les responsabilités liées aux coûts de restauration des mines abandonnées, orphelines ou en exploitation au Canada se chiffrent en milliards de dollars. C’est pourquoi il faut élaborer des techniques et des méthodes de fermeture plus efficaces.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur l’IMV, prière de s’adresser à : canmet-lmsm@rncan.gc.ca.


Diplômée en ingénierie de l’École Polytechnique en 1980, Louise Laverdure a obtenu un doctorat en géophysique de l’université de Montréal en 1990. Louise a entrepris sa carrière au sein de Ressources naturelles Canada à Elliot Lake en 1991, comme chercheur scientifique en sismologie minière, en travaillant sur le projet ‘Coup de Toit’. En 1999, elle s’est jointe au groupe responsable du développement commercial des Laboratoires des mines et des sciences minérales de CANMET. Depuis 2004, elle a occupé le poste de directrice de recherche minière puis directrice en procédés métallurgiques et environnement. Elle est présentement directrice générale intérimaire à CANMET-LMSM.

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