sept/oct 2008

Le charbon canadien, c'est « hot »

Une étude de l'industrie houillère dynamique du Canada

Par D. Zlotnikov

Ingénieur géologue examinant un filon de charbon à la mine Fording River, C.-B.


Le Canada est l’un des plus grands producteurs de charbon au monde. En plus des ressources houillères, du climat politique stable et des excellentes infrastructures, les mineurs canadiens ont la formation et l’expérience nécessaires pour extraire le charbon de manière efficace tout en rencontrant, et même en dépassant, les lignes directrices environnementales.

La demande est forte pour le charbon thermique et le charbon métallurgique; les prix de ce dernier ont beaucoup grimpé en raison de la demande accrue des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Des problèmes logistiques et de température ont nui à l’Australie. Il en a résulté une hausse des prix – de moins de 100 $/tonne pour le charbon cokéfiable l’an dernier – à des sommets récents de plus de 300 $/tonne et, pour le charbon thermique, un doublement des prix, d’environ 50 $ à plus de 100 $/tonne.

Les défis sont toutefois familiers : coûts élevés, longs délais pour l’obtention des permis et réglementations environnementales de plus en plus exigeantes. Allen Wright, président et directeur général de l’Association charbonnière canadienne, signale qu’aucun nouveau projet n’est en cours, bien que plusieurs soient au stage de demande de permis. Cependant, même avec un permis, il peut subsister des risques et des pièges, dit Pierre Gratton, président et directeur général de la Mining Association of British Columbia.

Par exemple, le projet Galore Creek, développé par NovaGold Resources, a été mis sur la glace en raison des coûts croissants.

Obtention des permis : « Le gouvernement fédéral a créé un bureau de gestion des projets majeurs. Le but est de simplifier le processus de demande de permis et d’éviter les chevauchements entre les organismes de réglementation provinciaux et fédéral », dit M. Wright. Il espère que la rationalisation des procédures permettra l’obtention plus rapide des permis et que l’industrie pourra ainsi profiter des marchés avides de charbon.

Coûts : Les exploitations et les projets en construction ressentent l’effet des coûts élevés de l’énergie. Heureusement, le processus de production du charbon ne dépend pas trop des entrants énergétiques; une mine ne fermera pas en raison du coût du diesel. Cependant, l’énergie ne constitue qu’une variable touchant les coûts d’exploitation; un autre problème guette l’industrie – la pénurie de main-d’œuvre.

Main-d’œuvre : Ce n’est pas d’hier que les exploitations minières manquent de travailleurs qualifiés. La situation est particulièrement difficile en Alberta où les projets des sables bitumineux ciblent la même main-d’œuvre et proposent des salaires que peu d’autres peuvent offrir.

Le recrutement demande donc des approches innovatrices. « Nous recrutons dans les autres régions du Canada; nous avons eu un certain succès en Afrique du Sud et nous avons un ingénieur de la Nouvelle-Zélande », dit Bob Stan, président et directeur général de Grande Cache Coal.

La Western Canadian Coal Corporation passe plutôt par des contracteurs. Western a aussi formé des travailleurs du secteur forestier, lequel décline en Colombie-Britannique.

La plupart des compagnies établissent aussi des liens avec des institutions d’enseignement et offrent des stages à des étudiants universitaires ou des programmes de formation à des adultes qui désirent se joindre à l’industrie.

M. Gratton souligne aussi les efforts effectués auprès des groupes sous-représentés : les femmes, les nouveaux Canadiens et les communautés des Premières Nations. Un groupe de travail de la Mining Association of BC pousse le gouvernement à ajuster le budget provincial de 2009 pour faire avancer cette cause.

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