mars/avril 2008

Le jeu de l`offre de la demande

Expliquer et prévoir le prix du nickel

Par D. Zlotnikov

Carottage, First Nickel


Tous sont d’accord que la demande mondiale pour le nickel est élevée actuellement.Cela dit, les opinions diffèrent sur la signification de cette demande pour l’avenir des prix et de la production. Dave Constable, vice-président des relations avec les investisseurs à la Canadian FNX Mining Company, croit que le prix demeurera élevé et que la demande dépassera l’offre. Il se base sur sa formation de géologue pour expliquer : « Les gisements de nickel sont sous forme de sulfures et de latérites; ces dernières contiennent environ 70 % des réserves mondiales mais seulement 40 % de la production actuelle. »

Les latérites – la nouvelle frontière pour le nickel

Les latérites proviennent de l’altération des sulfures mais elles sont beaucoup plus difficiles à exploiter que les sulfures. Les prix de 3 $ à 3,50 $ par livre étaient alors basés sur des gisements de sulfures; cependant ces prix ont servi de base pour évaluer les nouveaux gisements de latérites, entraînant des retards et des dépassements de budget.

L’emplacement est la clé!

M. Constable reconnaît l’ampleur des défis. Les gisements de latérites se retrouvent surtout au niveau de l’équateur, dans des pays relativement sous-développés avec peu d’infrastructures. Cela signifie des coûts d’investissement plus élevés et des délais plus longs, avant même l’extraction de la première tonne.

Les gisements latéritiques comportent une couche supérieure de limonite pour laquelle différents procédés d’extraction compliquent la situation. Le choix du bon procédé peut être très long. La couche sous-jacente est la saprolithe; pour en extraire le nickel, le procédé pyrométallurgique demande de la chaleur intense et de hautes pressions.

L’économie de l’offre

Malgré les problèmes d’offre, quelques projets, dont celui de Koniambo, devraient voir le jour sous peu.Antérieurement un projet Falconbridge-Province du Nord de la Nouvelle-Calédonie,la part de 49 % de Falconbridge appartient maintenant à Xstrata. Selon Dominique Dionne, vice-président des affaires corporatives, Xstrata, ce projet de 3,8 milliards de dollars devrait commencer à produire en 2011, avec une production initiale de 60 000 tonnes/année.

À plus court terme toutefois, M. Constable estime qu’il y a un manque d’exploration et que peu de gisements sont gardés en réserve pour palier les manques. Selon Markus Moll, analyste principal, Steel & Metals Market Research – une firme autrichienne ciblant les industries d’acier spécialisé – ce manque d’offre ne sera pas un problème au-delà du court terme. « Selon les sources, les stocks de la Bourse des métaux de Londres (LME - London Metal Exchange) ont atteint 50 000 tonnes;cependant, les stocks non LME ont aussi crû. »

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