juin/juillet 2008

Une traversée historique

Réinstallation de la pelle à benne traînante de la mine Genesee

Par D. Zlotnikov

Déplacer des équipements miniers peut être extrêmement compliqué en raison de leurs dimensions démesurées; ils ne se plient pas pour rangement facile. La pelle à benne traînante de Prairie Mines and Royalties pèse 8,5 millions de livres. Il est difficile de s’imaginer un tel poids. Un Boeing 747 ne pèse que 380 000 livres; il en faudrait 22 pour égaler le poids de la pelle.

« La décision de déménager la pelle a été prise il y a quelques années; cela faisait partie de notre plan décennal », explique Ken Martens, directeur de l’ingénierie pour la mine Genesee. Le site original d’extraction, exploité depuis 1988, était épuisé et il fallait déménager l’exploitation de l’autre côté de la route, une artère principale, pour atteindre de nouveaux filons.

« Nous avons beaucoup d’expérience dans le déplacement d’équipements lourds », dit M. Martens. Cependant, le processus se trouvait compliqué par la présence d’un pipeline de gaz à haute pression enfoui à une profondeur de 1,5 mètre. Traverser la route demandait des mesures de protection extraordinaires.

« Nous avons demandé à ATCO Gas, propriétaire du pipeline, de fermer le gaz durant la traversée », dit M. Martens. « La compagnie nous a signalé que le pipeline desservait plusieurs usines et résidences et qu’il ne pouvait être fermé. » Toute proposition de déplacement devait donc démontrer sans l’ombre d’un doute qu’elle était sécuritaire.

Genesee a demandé à Golder Associés de calculer la quantité de matériel nécessaire pour étaler la charge. Il en aurait fallu de cinq à sept mètres d’épaisseur. Cette idée a donc été rejetée. Une nouvelle conception proposait 2,4 mètres de matériel avec des plates-formes modulaires fréquemment utilisées dans l’industrie du gaz et du pétrole. Il s’agit de poutres en « I » remplies de madriers laminés de 6 pouces; elles servent au déplacement de la machinerie lourde sur des terrains boueux ou marécageux. Cependant elles ne pouvaient répartir la charge adéquatement. Le pipeline a donc été découvert sur une distance de 90 mètres et les plates-formes ont servi de pont par-dessus le pipeline.

Malgré tous les obstacles logistiques, le plus gros défi n’était pas l’aspect technique mais bien l’aspect légal. « Nos autres préoccupations étaient les assurances et le besoin potentiel d’une couverture supplémentaire pour le déplacement », ajoute M. Martens. Selon le pire scénario – et contre lequel nous devions être assurés – la pelle défonçait le pipeline et le gaz prenait feu. En plus de la fermeture de la route cela entraînerait un manque de combustible pour les résidences, alors qu’en Alberta les températures baissent à -30ºC en février. Il y avait aussi la question de nos engagements à produire du charbon. Considérant ce scénario, peu probable mais potentiellement désastreux, l’équipe d’ingénierie devait assurer une traversée sécuritaire.

Une fois tout vérifié, la traversée a été presque rapide – un terme rarement utilisé pour décrire une vitesse de 8 pieds par minute. La pelle a été inspectée puis fermée à 19 heures, le vendredi 22 février, en même temps que la route. La traversée de la route proprement dite a duré une heure et demie. Le processus complet, avec la protection de la route, le retrait et la remise des lignes d’électricité n’a demandé que 36 heures.

« Nous avons appris à planifier le déménagement d’équipements énormes. Nous étions probablement plus sécuritaires que strictement nécessaire, mais le coût était négligeable par rapport aux conséquences d’un accident », dit M. Martens. « Notre record de 20 ans sans accident avec perte de temps est demeuré intact.»

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