sept/oct 2007

Le charbon au Canada

La production demeure forte dans l’Ouest

Par D. Zlotnikov

Daniel Wiener, Montreal, Quebec


« Au Canada, le charbon est produit dans l’Ouest, surtout en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique », dit Allen Wright, président et directeur général de l’Association canadienne du charbon. « Un autre projet qui débutera possiblement est le projet Donkin, au Cap Breton, une exploitation surtout de charbon thermique, mais les promoteurs sont optimistes quant aux perspectives de charbon métallurgique. »

En Saskatchewan, les mines, généralement à ciel ouvert, sont situées à proximité de centrales au charbon et la production de cette province est consommée à l’interne. La mine Bienfait alimente toutefois deux installations en Ontario. La situation est semblable en Alberta avec huit mines de charbon thermique et les propriétés Elk Valley et Grande Cache qui produisent du charbon métallurgique pour l’exportation.

La Colombie-Britannique, la province produisant le plus de charbon, extrait surtout du charbon métallurgique pour l’exportation, à partir de trois centres d’activité. Elk Valley, le principal producteur de cette province, possède cinq mines dans le secteur Sud-Est. Dans le Nord-Est, de plus petites compagnies cherchent à développer de nouvelles propriétés et agrandir les propriétés existantes. C’est dans ce secteur que se trouve l’exploitation Peace River Coal (une co-entreprise Anglo Canada, NEMI et Hillsborough Resources). Une mine souterraine – la mine Quinsam – propriété de Hillsborough, se trouve sur l’île de Vancouver; elle forme le troisième centre d’activité. La mine produit du charbon thermique qu’elle exporte aux États-Unis.

M.Wright mentionne aussi les projets de gazéification et les systèmes supercritiques. « Genesee 3, un projet de 450 MW, remplace deux installations existantes et permet de réduire les émissions de CO2 de 18 %. Keephills 3, un autre projet de combustion supercritique, devrait réduire les émissions de CO2 de 24 % en plus réduire les émissions de polluants tels que NOx et SOx, les particules et le mercure.

« Sherritt International planifie actuellement une installation de gazéification du charbon », dit M.Wright. Le but premier de l’installation sera de produire de l’hydrogène pour l’industrie des sables bitumineux; il servira pour traiter le bitume, en remplacement du gaz naturel. Saskatchewan Power étudie depuis longtemps les technologies de charbon propre. Cette compagnie est à étudier un projet supercritique avec capture et séquestration du CO2 émis. D’autres installations sont aussi au stade de planification, certains pour remplacer des installations vieillissantes, d’autres pour augmenter la capacité énergétique.

Selon George White, président du conseil d’administration de l’Association canadienne du charbon, « La consommation de charbon suit de près la production d’énergie. Le vent et l’hydroélectricité contribuent à la croissance de la production d’énergie mais la croissance de l’industrie du charbon thermique est très prévisible. »

La distinction entre les types de charbon est très claire, tout comme la distinction entre les récipiendaires éventuels. Le charbon métallurgique, connu en tant que charbon cokéfiable, est surtout exporté, le charbon thermique est principalement consommé au pays, presque uniquement pour produire de l’électricité. Les coûts relatifs sont la raison de cette distinc-tion; il faut aussi mentionner que le charbon entre dans la fabrication du ciment.

Chaque variété de charbon est jugée par un ensemble de propriétés, tout d’abord le contenu thermique du charbon – la quantité d’énergie produite par unité brûlée. Étant donné les faibles coûts d’extraction et de traitement, le prix du transport devient très significatif. Plus le contenu thermique du charbon est bas, plus la centrale devra en acheter, abaissant ainsi les bénéfices nets.

Il faut aussi tenir compte des impuretés dans le charbon. Le charbon canadien a une basse teneur en soufre, permettant de le vendre à meilleur prix. « Avec les nouvelles technologies, ce point est moins important de nos jours » dit M.White. « Les nouvelles usines ont des épurateurs qui enlèvent les particules d’anhydride sulfureux. Les compagnies ne sont donc pas tenues d’acheter du charbon à faible teneur en soufre puisque les épurateurs leur permettent de traiter le charbon à teneur élevée en soufre. »

Les propriétés de cokéfaction doivent aussi être considérées. Le coke est un résidu à haute teneur en carbone produit à partir de houille à basse teneur en soufre. Il est utilisé comme réducteur dans la production de l’acier.

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