mai 2006

Changer l’économie d’une ville par la fermeture d’une mine

La fermeture de la mine Sullivan établit la référence pour les pratiques durables

. Par. H. Ednie

Après 92 années de production, la mine Sullivan de Teck Cominco a fermé le 21 décembre 2001. Durant sa vie, la mine a produit plus de 20 milliards de dollars de plomb, de zinc et d’argent; c’était le coeur de la vie de plus de quatre générations de mineurs et de la communauté de Kimberley, en Colombie- Britannique.

La mine Sullivan était une mine souterraine dont le gisement complexe comportait surtout des sulfures et des sulfures de fer. La nature de la mine la rendait propice au drainage minier acide (DMA); un des défis d’exploitation était la lixiviation des métaux dans les eaux avoisinantes. La longue histoire de la mine, bien avant les premiers jours de la gestion environnementale telle que nous la connaissons maintenant, laisse des enjeux qui doivent être adressés. La Ville de Kimberley, fondée dans les années 1930 en tant que ville minière de la compagnie, faisait face au véritable défi de rester en vie après la fermeture de la mine.

Teck Cominco s’est mérité une reconnaissance internationale pour son travail de réhabilitation proactive et de fermeture de la mine—à la fois du point de vue environnemental et en aidant la communauté à se refaire une image. En effet, la compagnie a tenu, de concert avec la Ville de Kimberley et la Banque mondiale, la Table Ronde Sullivan : un regroupement international d’experts et de représentants des communautés d’intérêts afin d’étudier l’héritage social, environnemental et économique de la mine Sullivan et d’autres projets miniers. Le but était de préparer la voie au développement de meilleures pratiques de durabilité.

Réhabilitation de la mine Sullivan

Les premiers programmes pour traiter les enjeux environnementaux à la mine Sullivan ont débuté dans les années 1960; ils ciblaient la décharge de rebuts dans les cours d’eau et la réhabilitation des secteurs d’élimination des résidus sur le terrain. La recherche sur la remise en végétation et la technologie des couvertures de sol pour remettre les sols perturbés en sites productifs a débuté en 1972.

Au milieu des années 1970, les parcs à résidus ont été améliorés et on a conçu et construit un système de drainage et un système de collecte et de traitement des effluents. La compagnie a été la première à développer un traitement pour l’eau des boues à haute densité; elle a installé la première usine opérationnelle au monde pour traiter le drainage minier acide. À la fin de cette décennie, l’usine a démarré et ainsi mis fin à l’envoi d’eau de drainage contaminée dans le ruisseau Mark et de l’effluent des résidus aux ruisseaux Cow et James.

Au début des années 1990, sachant que la vie de la mine finirait un jour, la compagnie a développé un plan de fermeture et de réhabilitation. Elle a fait des essais d’îlots de végétation et a travaillé à empêcher des effets négatifs des sites de résidus et de rebuts. En 1991, les plans de fermeture ont été soumis à l’examen public et le Comité de liaison publique de la mine Sullivan a été formé. Le plan de fermeture traitait des principaux enjeux, incluant le drainage minier acide, la protection des cours d’eau, la remise en état du terrain et la protection du public contre les dangers potentiels.

En 1995, le ministère de l’Énergie, des Mines et des Ressources pétrolières de la Colombie-Britannique a émis un permis modifiant la réhabilitation de la mine. Toutefois, deux ans plus tard, le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a émis ses Contaminated Site Regulations [Réglementations concernant les sites contaminés]; la mine Sullivan devait donc travailler avec deux ministères pour la fermeture et le déclassement du site.

« Le processus du ministère de l’Environnement était beaucoup plus directif », dit Bruce Dawson, Teck Cominco. « Il comportait de multiples niveaux d’investigation, de soumission et d’approbation de plans ainsi que des exigences d’examens publics. »

Finalement la province s’est aperçue que deux ministères s’occupaient d’un seul processus et la décision a été prise que le premier ministère à saisir le dossier avait priorité sur le « coeur » des activités minières. L’équipe de la mine Sullivan avait toutefois fait ses devoirs concernant l’eau souterraine, la contamination du sol et l’incorporation des métaux dans les plantes; elle était donc bien placée pour recueillir les informations requises par le ministère de l’Environnement. L’information était également disponible pour les nouvelles réglementations concernant les sites contaminés.

« Nous avons travaillé à rencontrer les exigences des deux ministères », explique M. Dawson. « Pour le ministère des Mines, nous mettrons en place cette année la couche de couverture technique finale de sol et nous aurons rencontré ses exigences. Nous ne pouvons cependant pas rencontrer les exigences du ministère de l’Environnement pour le sol. Le sol dans la région de Kimberley ne les rencontre pas en raison de la présence de la minéralisation naturelle et les résidus miniers dépassent les normes. Nous nous sommes plutôt servis des normes basées sur les risques afin de rencontrer les exigences de réhabilitation du ministère de l’Environnement. »

Page 1 de 3 Suivant
Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF