Maria Olaguera and Michele Beacom - 02 juillet 2026
Rencontre avec Ryan Weymark
Ryan Weymark a été extrêmement occupé ces trois dernières années et demie. Cet ingénieur minier, qui travaille dans l’exploitation minière et le développement de projets au sein de diverses entreprises depuis l’obtention de son diplôme de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) en 2009, a cofondé Fuse Advisors, un cabinet de conseil en développement de projets récemment acquis par SLR Consulting. Au cours de cette période, il a également cofondé trois nouvelles sociétés ouvertes — West Red Lake Gold Mines, Nations Royalty et Selkirk Copper Mines — qui affichent aujourd’hui une capitalisation boursière collective de plus de 500 millions de dollars.
M. Weymark a intégré la responsabilité sociale à chaque étape de son travail. Par l’entremise de Nations Royalty et de Selkirk Copper, il a fait œuvre de pionnier en concevant des modèles de propriété et de gouvernance autochtones qui garantissent des retombées durables et à long terme pour les communautés locales. Ces projets redéfinissent la manière dont l'industrie minière canadienne aborde l'inclusion et l'équité.
L'ICM l'a rencontré lors du congrès CIM CONNECT 2026, qui s'est tenu à Vancouver en mai.
ICM : Par l’entremise de Nations Royalty et Selkirk Copper, vous faites la promotion d'un modèle de propriété autochtone. Quel est l’avantage concurrentiel d’adopter ces modèles d’équité et d'inclusion?
M. Weymark : Je pense que les modèles de participation que nous avons mis en place avec Nations Royalty et Selkirk Copper créent une structure où toutes les parties sont, pour l’essentiel, sur la même longueur d’onde. Historiquement, nous avons vu des entreprises et des communautés se retrouver de part et d’autre de la table de négociation, les communautés ne manifestant généralement que très peu d’intérêt pour le projet. Elles ne percevaient que les conséquences négatives potentielles. Le fait que les intérêts soient pleinement alignés permet véritablement au projet d’avancer de la manière la plus efficace qui soit.
Et nous estimons qu’il y a un énorme avantage concurrentiel à aligner [ces intérêts]. Cela permet d’accélérer les échéanciers et d’offrir une plus grande certitude quant aux résultats.
ICM : Vous avez mené Fuse Advisors jusqu’à son rachat en seulement trois ans et demi. Quelle leçon de leadership tirée de cette croissance rapide aimeriez-vous pouvoir partager avec le jeune homme que vous étiez?
M. Weymark : Je lui dirais de prendre plus de risques, et plus tôt. Lorsque l’on débute, on manque de cette confiance en soi que seule l’expérience permet d’acquérir. Et je pense que le premier réflexe de beaucoup d’ingénieurs est d’être prudent. Cela conduit souvent les gens à sous-estimer leurs propres compétences et leur capacité à créer une entreprise comme celle-ci.
ICM : Quelle est votre stratégie la plus efficace pour que les membres de votre équipe se sentent intégrés à une communauté permanence plutôt que considérés comme du personnel temporaire affecté à un projet?
M. Weymark : Je dirais que l’un des éléments clés pour veiller à ce que tous les membres de l’équipe se sentent membres à part entière d’une véritable communauté a été l'établissement d'un ensemble de valeurs. Celle qui a vraiment trouvé un écho auprès de nombreux jeunes, c'est l’honnêteté. Il s’agit d’offrir aux gens une totale transparence sur la façon de gérer l'entreprise, sur la manière dont nous générons des revenus et sur le rôle qu'ils y jouent, sans aucun secret.
Je crois que cela a permis d’instaurer un climat de confiance chez nos employés, ce qui leur permet de nous percevoir davantage comme une communauté plutôt que comme une simple entreprise qui les emploie.
ICM : D’après votre expérience au sein du comité consultatif de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), qu’observez-vous chez les étudiants d’aujourd’hui qui était moins courant dans votre propre génération?
M. Weymark : Une chose que je remarque chez une grande partie de la jeune génération, c’est une réelle volonté — en fait, plus qu’une simple volonté, une véritable impulsion — à adopter les nouvelles technologies. C’est un élément qui, selon moi, jouera un rôle majeur dans l’évolution de notre industrie : leurs connaissances et leur détermination à en faire un pilier de nos activités futures.
ICM : En quoi la réflexion sur l’histoire nous aide-t-elle à mieux promouvoir l’image de marque du Canada et notre responsabilité mondiale moderne?
M. Weymark : Je pense que l’histoire fait partie intégrante de notre parcours, et je ne pense pas que nous puissions aller de l’avant sans y réfléchir. Vous savez, même lorsque le passé comporte des aspects négatifs, il est crucial de comprendre pourquoi les choses se sont passées ainsi pour pouvoir progresser dans la bonne direction. Ignorer notre passé n’apporte absolument rien. Se remettre en question et chercher constamment à s’améliorer, c’est ce qui est extrêmement important pour notre avenir.
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