février 2016

L'industrie en bref

Par David Chen, Kate Sheridan, Katelyn Spidle

Malgré la décision favorable rendue par la plus haute instance administrative de Grèce en janvier, Eldorado a annoncé que la mine Skouries serait mise en mode de soin et maintenance | Avec l'aimable autorisation d'Eldorado

Eldorado prévoit de déprécier la valeur de ses actifs grecs

D'après le rapport préliminaire de 2016 publié par la société à la fin janvier, Eldorado Gold prévoit une dépréciation de la valeur de ses actifs grecs de 1,2 à 1,6 milliards $ US. Cette annonce vient à peine une semaine après que la plus haute instance administrative de Grèce ait annulé une décision du gouvernement visant à révoquer le permis d'exploitation minière d'Eldorado dans le nord de la Grèce.

Malgré cette victoire, la société a confirmé dans son rapport que son projet de Skouries, dans la région de la Chalcidique, avait été placé en mode de soin et maintenance, affectant malheureusement la plupart des 688 employés du site.

Lors d'une conférence de presse à la mi-janvier, Paul Wright, président et chef de la direction d'Eldorado, indiquait qu'il ne souhaitait pas développer ses activités sur la base d'actions judiciaires, et ajoutait que la société avait besoin de l'appui du gouvernement.

 « Je ne souhaite pas reprendre les activités avec l'ensemble de la main-d'œuvre tant que nous n'aurons pas une idée précise de la tournure que vont prendre les choses », déclarait M. Wright aux journalistes. « La décision du conseil d'État qui nous donne accès au permis de construire ne nous suffit pas pour reprendre les activités et réembaucher l'intégralité de nos employés à Skouries. »

Eldorado a cependant réservé 155 millions $ US pour son projet d'Olympias, également dans la région de la Chalcidique. Après avoir annoncé la fermeture de Skouries à la mi-janvier, Eldorado avait également menacé de définitivement clôturer le projet d'Olympias d'ici la fin mars, supprimant ainsi 500 autres emplois, si la société ne recevait pas du gouvernement le permis d'installation en suspens. La société a également placé ses projets de Perama Hill et Sapes, dans la région de Thrace, en mode de soin et maintenance après avoir attendu pendant plus de deux années l'agrément environnemental et le permis de forage.

Panos Skourletis, ministre grec de l'environnement et de l'énergie, a accusé Eldorado de « lancer des ultimatums et de faire du chantage » lors d'un entretien diffusé sur la radio locale. Il a ajouté que, si le gouvernement est en faveur des investissements dans la région de la Chalcidique, il souhaite que cela se fasse conformément aux lois grecques.

Les annonces d'Eldorado et la décision du tribunal viennent conclure une longue série de désaccords entre la société et le gouvernement grec. Eldorado a obtenu le feu vert en 2011 pour développer ses projets, mais depuis 2012, la société a rencontré toute une série d'obstacles, notamment de grands retards dans l'obtention des permis. L'année dernière, le gouvernement a révoqué un permis de construire essentiel au projet de Skouries.

Les développements dans cette région sont en outre très controversés ; de nombreux habitants de Chalcidique sont convaincus que les activités minières auront des répercussions négatives sur l'environnement et le tourisme. 

– David Chen

Deux dirigeants de Samarco prennent un congé pour se préparer au procès pénal

Deux dirigeants de Samarco Mineração SA, la société minière responsable de ce que le gouvernement brésilien qualifie de « la pire catastrophe environnementale dans l'histoire du pays », se mettent en congé.

D'après Samarco, le président directeur général Ricardo Vescovi et le chef de l'exploitation Kleber Terra se retirent momentanément pour préparer leur défense contre les accusations criminelles lancées par la police fédérale brésilienne. Ces deux personnes ainsi que d'autres dirigeants et ingénieurs de la société ont été accusés de crimes contre l'environnement après la rupture de deux digues de retenue des résidus miniers, qui a entraîné la mort de plusieurs personnes à l'exploitation à ciel ouvert de minerai de fer de Samarco, dans la province Minas Gerais du sud-est du pays. Les accusations officielles n'ont pas encore été déposées.

Depuis la catastrophe, beaucoup s'interrogent quant aux possibilités connexes de mauvaise gestion. Le doute le plus récent a émergé d'un document non publié du gouvernement obtenu par la chaîne de télévision brésilienne TV Globo, qui montre des experts-conseils auprès de Samarco prévenant la société de la sécurité compromise du barrage en 2013.

Samarco, sa société de conseils techniques Vogbr et la société Vale SA établie au Brésil ont également été accusées dans le cadre de l'enquête en cours. Samarco est une entreprise commune entre Vale et la société australienne BHP Billiton, qui détiennent chacune une participation de 50 %.

La rupture du barrage a eu lieu le 5 novembre dernier ; elle a entraîné la mort d'au moins 17 personnes, deux personnes sont encore portées disparues et des centaines d'habitants de la région ont perdu leurs maisons. Cette rupture a également entraîné une coulée de boue et le déversement de résidus miniers dans le fleuve Rio Doce, qui s'étend sur 800 kilomètres dans deux États et va rejoindre l'océan Atlantique. Les premières estimations portaient le volume des déversements de résidus miniers à environ 60 millions de mètres cubes (m3), lesquelles estimations ont été revues à la baisse en janvier et sont maintenant portées à 32 millions de m3 par l'évaluation satellite de Samarco.

Le gouvernement brésilien poursuit la société en justice et réclame la somme de 20 milliards de réaux brésiliens (l'équivalent de 7 milliards $) en dommages et intérêts pour la catastrophe. Un juge fédéral a bloqué les actifs brésiliens de BHP Billiton et de Vale en décembre, indiquant que d'après les poursuites judiciaires, les fonds dont dispose Samarco sont à peine suffisants pour couvrir la moitié des dégâts engendrés.

Vale indiquait que Samarco est une entité légale indépendante et une société suffisamment importante pour être considérée seule responsable de cette catastrophe, et qu'elle devrait par conséquent gérer seule les amendes et dégâts résultant. Le juge Marcelo Aguiar Machado a cependant stipulé que les deux sociétés, en leur qualité de régulatrices de Samarco, seraient également tenues responsables de l'accident.

– D. Chen

Pas d'inculpations contre Imperial Metals dans l'affaire de la rupture de la digue de retenue des résidus miniers de Mount Polley

La Colombie-Britannique (C.-B.) a annoncé en décembre qu'elle n'engagerait pas de poursuites contre Imperial Metals dans l'affaire concernant la rupture de la digue de retenue des résidus miniers de sa mine Mount Polley. Suite à cette annonce, la société pointe le gouvernement du doigt.

Steve Robertson, vice-président aux affaires générales de la société Imperial Metals, expliquait que le niveau élevé de l'eau dans le parc à résidus miniers était le fait du gouvernement provincial qui n'avait pas donné l'autorisation à la société d'évacuer ces eaux à temps. Il ajoutait que la qualité de l'eau était très proche de celle requise pour l'eau potable et qualifiait ce retard d'« inexcusable ». 

Au moment de l'annonce du ministère de l'énergie et des mines de la Colombie-Britannique à la mi-décembre, lors de la publication d'un rapport sur les résultats d'une enquête qui a duré 16 mois, Al Hoffman, inspecteur en chef des mines du gouvernement de la C.-B. a conclu que la catastrophe d'août 2014 était le résultat de sols glaciaires peu stables non détectés en dessous des fondations du barrage. Cependant, il a aussi condamné la conception et les pratiques peu responsables de la société qui ont laissé une très faible marge de risque, ce qu'Imperial Metals réfute.

« De manière générale, l'exploitation du parc à résidus miniers et de la mine était conforme aux normes les plus rigoureuses », déclarait M. Robertson au CIM Magazine. « Je ne vois pas bien ce que l'on peut faire pour réduire le niveau d'eau si l'on n'obtient pas les autorisations nécessaires pour évacuer ces eaux du site. »

D'après Bill Bennett, ministre des mines et de l'énergie de la Colombie-Britannique, le rapport reconnaît que Mount Polley a attendu longtemps avant d'obtenir un permis. Cependant, il trouvait les faits relatés par Imperial Metals « quelque peu trompeurs ».

« C'est un peu fort de la part de la société de laisser entendre que l'une des raisons de cet accident est que le gouvernement ne lui a pas délivré le permis d'évacuation des eaux à temps », indiquait M. Bennett. « Pour obtenir un permis d'évacuation des eaux, il convient de fournir bon nombre d'informations valides au ministère de l'environnement. »

« J'ai cru comprendre que la société ne répondait pas aux normes. »

D'après le porte-parole du ministère de l'environnement de la Colombie-Britannique, Mount Polley a pour la première fois demandé à évacuer ses eaux en 2009, et a obtenu l'autorisation de le faire en 2012. Une demande ultérieure concernant une nouvelle évacuation des eaux a été déposée en 2014, laquelle demande était en cours de traitement lors de la rupture du barrage. Le ministère a indiqué qu'il allait revoir son processus de délivrance de permis afin d'améliorer l'intégration réglementaire tel que le préconise l'inspecteur en chef des mines. 

Le rapport a également présenté en détail 18 autres changements réglementaires recommandés qui, selon M. Bennett, réduiront à l'avenir le risque de rupture de digues de retenue des résidus miniers. L'un de ces changements implique que chaque mine équipée d'un parc à résidus miniers désigne désormais un responsable de la sécurité et forme un comité d'examen indépendant pour être encore plus rigoureux au niveau de la conception et de l'exploitation des barrages.

M. Bennet indiquait également qu'il prévoit d'étendre la portée des programmes de conformité et d'application de la loi du gouvernement par le biais de modifications législatives. Il n'a pas souhaité entrer dans les détails mais indiquait qu'il espère présenter ces changements à l'assemblée législative d'ici le printemps après que l'examen du code de la santé et la sécurité de la C.-B. pour les mines lui ait été rendu fin janvier. 

– D. Chen

David Garofalo remplace Chuck Jeannes au poste de chef de la direction de Goldcorp

David Garofalo, ancien président et chef de la direction de Hudbay Minerals, commencera au mois d'avril son nouveau poste chez Goldcorp après le départ à la retraite de l'actuel chef de la direction, Chuck Jeannes. M. Jeannes travaillait à la petite société minière Glamis Gold jusqu'à ce qu'elle soit rachetée par Goldcorp en 2006 ; il s'est ensuite frayé un chemin jusqu'à ce poste à haute responsabilité fin 2008.

« [M. Jeannes] est un élément infatigable de notre industrie et il a joué un rôle important dans la croissance de Goldcorp durant une période critique du développement de la société », expliquait Ian Telfer, président du conseil d'administration de Goldcorp dans un communiqué de presse. Dans ses derniers développements, la mine Éléonore de la société, située au Québec, a atteint le stade de la production commerciale depuis avril dernier. La mine était censée produire entre 250 000 et 270 000 onces d'or en 2015. En août, la société a créé une nouvelle entreprise commune en associant son projet chilien El Morro de cuivre et d'or avec le projet voisin Relincho de cuivre et de molybdène de Teck. Les coûts de construction pour ce nouveau projet, baptisé Projet Corridor, sont estimés à 3,5 milliards $ US.

« J'ai eu la chance de travailler avec un groupe exceptionnel de chefs de file alors que nous posions les bases de la réussite de Goldcorp, notamment sur deux nouvelle mines importantes qui régiront une production intense et à bas prix pendant de nombreuses années », déclarait M. Jeannes.

Alan Hair, directeur de l'exploitation chez Hudbay depuis 2012, a succédé à M. Garofalo au poste de président et de chef de la direction depuis le 1er janvier. M. Garofalo, qui est actuellement en déplacement pour visiter les sites miniers de Goldcorp, était chef de la direction chez Hudbay depuis 2010 ; il était auparavant directeur financier chez Agnico Eagle. La production de cuivre de Hudbay a augmenté durant le mandat de M. Garofalo, notamment grâce au rachat de Norsemont Mining et de Constancia, son projet de cuivre au Pérou, en 2011. La production commerciale à la mine a commencé en avril 2015. « Je suis très fier de tout ce que nous avons pu accomplir, et la culture exceptionnelle que nous avons développée à Hudbay va beaucoup me manquer », indiquait M. Garofalo dans un communiqué de presse publié par Hudbay. « Je suis convaincu que le succès de la société se poursuivra sous la direction d'Alan Hair et de l'équipe très efficace de Hudbay. »                             

– Kate Sheridan

Des associations industrielles s'engagent à améliorer la gestion des résidus miniers

Un examen indépendant des directives concernant la gestion des résidus miniers de l'initiative Vers le développement minier durable (VDMD) de l'association minière du Canada (AMC) recommande de soumettre les sociétés minières à des vérifications et des évaluations plus strictes, entre autres changements.

Le rapport a été présenté en décembre par un groupe de travail indépendant mandaté par l'AMC en mars dernier, suite à la diffusion d'un rapport d'enquête demandé par le gouvernement de la Colombie-Britannique (C.-B.) après la rupture de la digue de retenue des résidus miniers de 2014 à Mount Polley.

D'après Jessica Draker, porte-parole de l'AMC, le groupe de travail a étudié le protocole et les principes directeurs présentés par la VDMD pour publier ses 29 recommandations. Créée en 2004, l'initiative VDMD comprend six protocoles, constitués d'un ensemble d'indicateurs permettant aux sociétés minières d'évaluer la performance de leurs systèmes de gestion des installations.

D'après Mme Draker, l'une des recommandations impliquerait que l'AMC établisse de nouveaux critères pour l'échelle d'évaluation de la gestion des résidus miniers définie par l'initiative VDMD, notamment des vérifications et des évaluations internes et externes plus rigoureuses pour les sociétés disposant de systèmes établis de gestion des résidus. Une autre recommandation suggère qu'une échéance soit fixée pour toutes les sociétés participant afin d'obtenir des normes de référence plus strictes pour leurs installations de gestion des résidus.

Mme Draker a également mis en avant une recommandation qui impliquerait la création d'un indicateur distinct pour l'engagement des sociétés envers les communautés autochtones et d'autres collectivités affectées par la gestion des parcs à résidus miniers.

Une quatrième recommandation proposait la formulation de principes directeurs quant à des mécanismes d'examen indépendant et une gestion adéquate des parcs à résidus miniers.

Mme Draker expliquait que l'AMC se montre « très favorable » envers ces recommandations, et prévoit de toutes les intégrer dans le guide de gestion des parcs à résidus miniers.

Pour s'assurer que l'association soit fidèle à ses engagements, Mme Draker a annoncé que cette dernière collaborerait avec les membres du groupe de travail indépendant et consulterait une société civile et les parties prenantes de l'industrie, notamment son comité consultatif communautaire indépendant composé de groupes autochtones, d'organisations non gouvernementales (ONG) pour la protection de l'environnement, d'organismes financiers et de syndicats, entre autres. Elle sera également tenue de consulter l'association canadienne des barrages (ACB).

L'International Council on Mining and Metals (ICMM, le conseil international des mines et métaux) a annoncé en décembre qu'il entamerait un examen à l'échelle mondiale des normes relatives aux installations de stockage des résidus et de la gestion des risques individuels à la santé et la sécurité au sein de ses sociétés membres. Cette annonce est arrivée à la suite de la rupture du barrage de retenue des résidus miniers de Samarco au Brésil en novembre dernier.

« Notre objectif premier est d'améliorer les normes de performance de l'industrie en tirant les leçons des expériences antérieures et en partageant les meilleures pratiques », écrivait Tom Butler, président et directeur général de l'ICMM dans un courriel. « Cet examen arrive à point nommé, mais il s'inscrit également dans nos efforts continus visant à soutenir nos membres. »

L'examen de l'ICMM, qui selon M. Butler prendra fin vers le milieu de l'année 2016, se concentrera sur les façons d'aider les sociétés à répondre aux normes de l'industrie, à identifier les risques en matière de santé et de sécurité sur les sites miniers et à éviter les catastrophes.

L'examen évaluera par ailleurs la gouvernance des sociétés et leur niveau de préparation aux situations d'urgence. D'après M. Butler, cet examen s'appuiera sur les connaissances techniques de ses membres et experts, et il ajoutait que l'ICMM consultera le rapport du groupe de travail de l'AMC durant son examen.

– Katelyn Spidle

Industry associations commit to improving tailings management

An independent review of MAC’s Towards Sustainable Mining (TSM) tailings management guidelines recommends miners be subject to more stringent audits and assessments, among other changes.

The report was tabled in December by an independent task force MAC commissioned last March, following the release of a British Columbia government-commissioned investigation into the 2014 Mount Polley tailings breach.

According to MAC spokeswoman Jessica Draker, the task force studied TSM’s protocol and guides to produce 29 recommendations. TSM, created in 2004, has six protocols – each with a set of indicators – that offer mining companies a framework to evaluate the performance of facility-level management systems.

According to Draker, one recommendation would see MAC create new criteria for TSM’s tailings management rating scale, including more stringent internal and external audits and assessments for companies with established tailings management systems. Another recommendation calls for a deadline to be set for all participating companies to achieve a more stringent baseline for their tailings management facilities.

She also highlighted a recommendation which would create a separate indicator for company engagement with indigenous and other communities affected by tailings facility management.

A fourth recommendation proposed developing guidance on independent review mechanisms and proper management of tailings facilities.

Draker said MAC’s board was “very supportive” of the recommendations, and intends to incorporate all of them into the tailings management guide.

To ensure the association sticks to its word, Draker said it will work with members of the independent task force, as well as consult civil society and industry stakeholders, including its independent community advisory panel, comprised of indigenous groups, environmental NGOs, financial and labour organizations and others. It will also consult the Canadian Dam Association.

The International Council on Mining and Metals (ICMM) announced in December it would also begin a global review of tailings storage facility standards and the management of individual health and safety risks among its member companies. The announcement came on the heels of the Samarco tailings dam failure in Brazil in November.

“Our constant aim is to raise the performance standards of the industry by learning from past experiences and sharing best practice,” ICMM CEO Tom Butler wrote in an email. “While this review is timely, it is also part of our ongoing work to support members.”

ICMM’s review, which Butler projects will be completed by mid-2016, will focus on helping companies meet industry standards, identify health and safety risks at their mine sites and prevent catastrophes.

The review will also evaluate member companies’ governance and emergency preparedness. Butler said it will draw upon the technical expertise of its members and experts, and added that ICMM will consult MAC’s task force report during its review.

– Katelyn Spidle

Planetary Resources met à notre portée les métaux venus de l'espace

Meteorite Avec l'aimable autorisation de Planetary Resources

La prochaine étape en matière d'extraction des ressources, l'exploitation minière spatiale, pourrait bien arriver plus tôt que prévu. En janvier dernier, à l'occasion du 2016 Consumer Electronic Show (CES, le grand salon de l'électronique), qui se tient chaque année à Las Vegas, la société minière américaine Planetary Resources, qui a pour ambition de parvenir à exploiter les astéroïdes, a dévoilé le tout premier objet imprimé en 3D à partir de poudres métalliques venues de l'espace.

Pour le président et chef de la direction de la société Chris Lewicki, qui était auparavant ingénieur aérospatial à la NASA, cet objet symbolise l'expansion de l'économie humaine au-delà de la planète Terre. 

« Nos activités ne visent pas nécessairement à changer la phase de l'exploitation minière, mais plutôt à la développer et la poursuivre », déclarait M. Lewicki. « Nous associons les mondes de l'espace et des mines dans ce que nous percevons comme l'une des occasions les plus exceptionnelles dans le domaine des ressources que l'humanité ait jamais connue. »

Ce petit objet géométrique de forme irrégulière vise à montrer que les métaux sources peuvent être modelés en matériaux de construction et ce à quoi peuvent ressembler les structures si on les construit en s'affranchissant des contraintes liées à la gravité. Il est composé de fer, de nickel et de cobalt extraits de l'impact d'une météorite sur le site Campo del Cielo en Argentine, qui serait tombé sur la planète Terre il y a plus de quatre milliers d'années. Les métaux utilisés dans ce projet ont été fusionnés sous vide et transformés en poudres métalliques pour l'impression en 3D.

D'après M. Lewicki, les développements en matière d'exploitation minière des astéroïdes commenceront d'ici une dizaine d'années.             

– D. Chen

Teck teste le GNL sur ses camions de transport à Fording River

En décembre, Teck a annoncé le lancement de son projet pilote de six mois à Fording River, une mine de charbon spécialisée dans l'affinage de l'acier située dans le sud-est de la Colombie-Britannique (C.-B.) afin de déterminer si le gaz naturel liquéfié (GNL) pouvait servir de source de carburant de substitution. C'est la première fois qu'une société minière canadienne utilisera du GNL pour alimenter ses camions de transport.

Sur les 50 véhicules utilisés sur le site de Fording River, six seront soumis à des tests dans le cadre du projet pilote. « Les camions utilisent un mélange de GNL et de diesel », expliquait Chris Stannell, porte-parole de Teck. « Ces camions sont équipés d'un kit de conversion qui nous permet de nous servir des moteurs de camions existants en procédant à une modification, plutôt que d'avoir à utiliser un tout nouveau moteur. »

Pour préparer la phase pilote, Teck a fait équipe avec le fournisseur et distributeur d'électricité FortisBC afin de moderniser l'atelier d'entretien des camions de son exploitation, d'acheter des kits de conversion pour les moteurs et de développer des installations d'avitaillement en carburant. La société a également mis en œuvre un programme dédié à la sécurité, qui s'articule autour de nouvelles politiques et de la planification des interventions d'urgence, de manière à assurer que le personnel de la mine soit totalement formé et qualifié pour manipuler en toute sécurité le GNL. La majeure partie des travaux préparatoires ont commencé en juin l'an dernier, et le projet pilote devrait se poursuivre jusqu'en juin 2016.

 LNG vs Diesel
Avec l'aimable autorisation de Teck
 

Il s'agit là de l'une des mesures que prend la société pour réduire de 450 000 tonnes ses émissions annuelles de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2030. D'après M. Stannell, Teck pense pouvoir éliminer environ 35 000 tonnes d'émissions de GES chaque année et réduire ses coûts de transport de plus de 20 millions $ en adoptant un système de carburant hybride fonctionnant au GNL et au diesel dans ses six mines de charbon. « C'est un projet passionnant », indiquait M. Stannell. « Il nous permettra de mieux apprécier les avantages d'une utilisation à plus large échelle. »

Deux autres sociétés minières canadiennes sont en phase d'adopter le GNL. Western Copper and Gold prévoit de transporter du GNL de Fort Nelson, en C.-B., pour la production d'électricité sur son site Casino, dans la région centre du territoire du Yukon. Stornoway Diamonds, quant à elle, a publié une étude de faisabilité positive en 2013 qui examinait l'utilisation du GNL pour alimenter son projet Renard au Québec. Le projet de centrale au GNL est en cours de développement et elle devrait être opérationnelle d'ici cet été ; elle sera équipée de groupes électrogènes diesel qui permettront de faire face aux périodes de demande importante. Chieftain Metals envisage également d'équiper de groupes électrogènes hybrides fonctionnant au GNL et au diesel son futur projet Tulsequah Chief, situé dans le nord-ouest de la C.-B.

– K. Spidle

L'intérêt du congrès de la PDAC à l'international

Lauréats des prix de la PDAC 2016
Prix Bill Dennis Robert Cudney, Stephen Roman et John Whitton de l'équipe de Bruce Channel Discovery
Prix pour des services remarquables Patricia Pat Sheahan
Prix pour la responsabilité sociale et environnementale Lucara Diamond Corp.
Prix Skookum Jim Darrell Beaulieu, Denendeh Investments
Prix pour des contributions spéciales La famille Bjorkman
Prix Thayer Lindsley Équipe de découverte de Cukaru Peki
Prix Viola R. MacMillan Silver Wheaton Corp.

Malgré le ralentissement économique dans l'industrie minière, le salon commercial et congrès annuel de la Prospectors and Developers Association of Canada (PDAC, l'association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs) sera de retour dans le vaste espace qu'il occupe ces deux dernières années au centre des congrès de Metro Toronto.

Rod Thomas, président de la PDAC, s'attend à une participation importante, notamment en raison de la réputation internationale de ce salon.

« L'industrie traverse une période difficile. Nous nous attendons à une baisse du nombre de participants par rapport à l'année dernière », déclarait-il au CIM Magazine. « Mais ce qui sauve le congrès est la réputation internationale exceptionnelle dont jouit la PDAC. »

« Le premier indicateur est le nombre d'inscriptions à l'international. »

La conférence, qui se tiendra du 6 au 9 mars prochain, présentera de nouveau cette année ses sessions classiques dédiées aux marchés des capitaux, ainsi que les programmes techniques et de sensibilisation aux autochtones. James Carr, le nouveau ministre des ressources naturelles du Canada, s'exprimera lors de la session d'ouverture, intitulée 2026, the future of exploration and development (2026, l'avenir de l'exploration et du développement).

La finale du concours Ruée vers l'or d'Integra Gold, qui aura lieu le 6 mars, est également très attendue. Ce concours d'externalisation ouverte, annoncé l'année dernière en septembre, a donné aux participants l'accès à 75 années de données brutes dans l'espoir de découvrir un trésor caché dans deux mines d'or inexploitées à Val-d'Or, au Québec. Les cinq premiers finalistes se retrouveront face aux chefs de file de l'industrie dans une finale digne de l'émission télévisée Dragon's Den pour décrocher des prix allant jusqu'à 1 million $.

Brent Cook d'Exploration Insights ; Chantal Gosselin, l'une des directrices de Silver Wheaton ; Rob McEwen, président et chef de la direction de McEwen Mining ; Sean Roosen, chef de la direction de Redevances Aurifères Osisko Ltée ; et Randy Smallwood de Silver Wheaton composeront le jury chargé d'évaluer les propositions des finalistes.

Cette année, la collection Kirwin de minéraux du Musée royal de l'Ontario sera présentée lors du salon commercial. La berline modèle S de Tesla sera également exposée à la bourse des investisseurs pour montrer le nombre de produits issus de l'exploitation minière utilisés dans cette voiture électrique populaire. 

– D. Chen

De Beers met sa mine de diamants Snap Lake au placard

Snap Lake
Après la fermeture de Snap Lake, De Beers a annoncé en décembre la fermeture ou la réduction de la production dans deux de ses mines de diamants du Botswana | Avec l'aimable autorisation de De Beers

La mine de diamants Snap Lake de De Beers, dans les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), a été placée en mode de soin et maintenance, a annoncé la société le 4 décembre dernier.

Chute du prix des diamants, dollar américain fort rendant les diamants plus chers pour les acheteurs étrangers, faible disponibilité des crédits pour les tailleurs et polisseurs de diamants et consommation réduite de produits de luxe ; il s'agit là de certaines des difficultés qui affectent le marché et ont forcé De Beers à envisager la fermeture de Snap Lake, confirmait le porte-parole de la société Tom Ormsby. 

Snap Lake est la seule mine de diamants totalement souterraine au Canada, et la première mine de diamants de De Beers non située sur le continent africain. Mais cette mine n'avait apporté aucun profit depuis son ouverture en 2008, et les changements au sein du marché ont anéanti toute possibilité pour Snap Lake de devenir rentable dans un délai gérable pour la société (environ trois ans, d'après M. Ormsby).

La durée de vie estimée de Snap Lake était d'environ 20 ans lorsqu'elle a ouvert ses portes. La mine a produit 1,2 million de carats en 2014, pour un coût de construction et d'exploitation qui s'élevait à quelque 2,2 milliards $ au 31 décembre 2014, comme l'indiquait le site Internet de la société.

Les employés de Snap Lake ont commencé à préparer la mine à une fermeture imminente, bien qu'il faudra sans doute compter jusqu'à neuf mois pour suspendre certaines activités. La société réévaluera le marché et ses options pour Snap Lake d'ici la fin de l'année 2016. 

Jusqu'à 100 employés pourraient être transférés à la mine Gahcho Kué de De Beers, également située dans les Territoires du Nord-Ouest ; plus de 400 employés ont été licenciés. Les répercussions économiques dans le territoire pourraient se révéler dramatiques ; en effet, la société avait investi 1,5 milliard $ dans l'économie locale dans le cadre de la construction et de l'exploitation de la mine Snap Lake, et il était prévu qu'elle investisse 1 milliard $ supplémentaire durant la durée de vie de la mine.

M. Ormsby indiquait que la société évalue actuellement les dynamiques du marché qui l'ont poussé à fermer Snap Lake dans le cadre d'une stratégie plus vaste. Quelques semaines après la divulgation au public des projets de De Beers concernant Snap Lake, des rapports de la presse locale indiquaient que la société avait annoncé son intention de fermer deux autres mines de diamants au Botswana détenues à parts égales par le gouvernement du Botswana et la société, ou d'y réduire la production.

« Nos actions sont le fruit de la conjoncture économique mondiale », expliquait M. Ormsby. « Chacune de nos unités fonctionnelles partout dans le monde a dû s'adapter au déclin des ventes et à la chute des prix. » 

– K. Sheridan


Le charbon en Chine

Traduit par Karen Rolland

Alors que les prix des marchandises atteignent leur niveau de 2002, les sociétés minières réduisent
leurs dividendes, licencient leurs employés et se débarrassent de leurs actifs

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