octobre 2015

Lettre au rédacteur en chef

Ne sous-estimons pas les conséquences des contrôles tardifs en matière de sécurité des fluides

J'ai trouvé excellent et très à propos votre article « Levons le voile sur les mythes ! 10 mythes sur l'entretien » de l'édition de juin/juillet 2015. Le mythe numéro cinq, « Les systèmes hydrauliques ne constituent pas un danger important pour les préposé(e)s à l'entretien », touche un point très important, et pas seulement en raison de ses similarités avec la présentation que j'ai faite à l'occasion du congrès de l'ICM 2015, intitulée Improving Reliability, Cost and Safety with Fluid Power Systems (améliorer la fiabilité, le coût et la sécurité des systèmes de transmission d'énergie par fluide).

Lorsque j'ai commencé à m'intéresser à la sécurité des systèmes hydrauliques et aux incidents liés à l'injection de fluides, j'ai été effaré du manque de statistiques pertinentes. J'ai été également fort étonné, lors de mes échanges avec les personnes présentes au congrès de l'ICM 2015, du nombre important de mineurs chevronnés qui connaissaient quelqu'un ayant été victime d'un incident si tragique alors que si peu d'autres étaient au courant.

Les meilleures statistiques disponibles, bien que rares, sont révélatrices. Le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, s'est penché sur l'industrie minière en 2010 et a constaté que 1 186 incidents liés à la libération de fluides avaient eu lieu au cours des trois années précédentes, sachant que seulement 50 % des mines divulguent ce genre de données. Sur ces incidents, 152 ont été classés dans la catégorie « en contact direct » et 3,3 % ont entraîné une blessure grave ou la mort. Les incidents de catégorie « en contact direct » étaient en réalité trois fois plus fréquents que les décharges électriques ! En outre, en 2010, l'hôpital de Sydney et l'hôpital ophtalmologique de Sydney ont révélé 2 460 cas impliquant la libération de fluides à haute pression.

Je suis surpris que tant de sociétés minières n'accordent aucune importance à la sécurité des systèmes hydrauliques et, plus particulièrement, traitent les blessures liées aux injections de fluides comme de faux problèmes.

Des sociétés de renom reconnaissent une catégorie d'incidents qualifiés de « haute sévérité/faible probabilité ». En évaluant le risque, ces sociétés se demandent si ce genre d'incident est susceptible de se produire. Si la réponse est « oui, cela s'est déjà produit sur ce site » ou « oui, cela s'est déjà produit dans l'industrie », l'incident est qualifié de « probable » et est géré sur la base de sa gravité. Les blessures liées à une injection de fluides sont indéniablement très graves et elles se sont produites dans plusieurs mines dans tout le secteur. Consultez le site spectroline.com/fluidsafe-case-study et vous pourrez constater à quel point ces blessures sont courantes.

L'Australie est le chef de file mondial en matière de sécurité des systèmes hydrauliques dans l'industrie minière. En 2010, le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud a publié le document MDG-41 intitulé Guideline for Fluid Power System Safety at Mines (lignes directrices sur la sécurité des systèmes de transmission d'énergie par fluide dans les mines), lequel a été adopté dans tout le pays et au-delà. Un nombre croissant de mines australiennes ajoutent un colorant fluorescent conforme aux normes de sécurité à leurs fluides hydrauliques afin de minimiser l'impact des blessures liées aux injections de fluides.

La communauté minière australienne a résolu les mythes qui entourent la sécurité des systèmes hydrauliques et en voit les avantages. N'est-il pas grand temps que nous en fassions de même ?

Cordialement,
Timothy Ley
Spectronics Corporation

Traduit par Karen Rolland


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