mars/avril 2014

L'industrie en bref

Par Peter Braul, Tom DiNardo and Herb Mathisen

Taseko déterminée à se battre pour le projet New Prosperity

Après que le gouvernement ait rejeté pour la deuxième fois le projet New Prosperity, la direction de Taseko Mines a annoncé qu'elle continuerait sa bataille juridique contre Ottawa concernant la validité de la preuve fournie par Ressources naturelles Canada, une preuve qui a motivé la décision du gouvernement. « Tout cela se retrouvera devant les tribunaux un jour », déclarait Brian Battison, vice-président des affaires générales de Taseko.

Le premier ministre Stephen Harper, lors de son passage à la PDAC en mars, a décrit l'évaluation environnementale comme « extrêmement négative » et a ajouté que des revendications territoriales non résolues avec les Premières Nations de la région avaient aussi joué un rôle dans la décision. M. Harper a aussi cherché à rassurer les sociétés minières sur le fait que son gouvernement était en général un allié de l'industrie, et a indiqué que Taseko pouvait soumettre une troisième demande de permis pour son projet de mine d'or et de cuivre en Colombie-Britannique, accompagnée de plans modifiés.

En attendant, le PDG de Taseko, Russ Hallbauer, a déclaré dans un communiqué que l'entreprise « étudierait d'autres possibilités pour accroître la valeur actionnariale ». Les analystes ont émis des hypothèses quant aux acquisitions que pourrait faire l'entreprise de Vancouver. Jackie Przybylowski, analyste à Valeurs mobilières Desjardins, mentionne Curis Resources, une autre entreprise de HDI, tandis que Christopher Chang, analyste à la Banque Laurentienne, est d'avis que Yellowhead Mining est un autre candidat possible.

– Peter Braul

Le ministre Flaherty maintient le crédit d'impôt pour l'exploration

Mis en place pour la première fois par les Libéraux en 2000 à titre de projet sur cinq ans, le crédit d'impôt pour l'exploration minière a été prolongé d'un an dans chacun des budgets de l'ancien ministre des finances Jim Flaherty depuis 2006. En février, son budget comptait à nouveau ce crédit de 15 % destiné aux détenteurs d'actions accréditives pour un travail d'exploration précis effectué par des petites sociétés minières. Le gouvernement estime que le crédit a aidé ces petites sociétés à obtenir 5 milliards $ depuis 2006. En comparaison, les revenus gouvernementaux perdus en raison de ce crédit devraient être d'environ 45 millions $ cette année. Alors que le gouvernement continue à chercher les avantages du crédit d'impôt pour l'exploration minière, il refuse encore d'en faire une mesure permanente, même s'il l'a prolongé durant la flambée des prix des matières premières et les fléchissements du marché. « La nature temporaire du crédit d'impôt pour l'exploration minière permet au gouvernement d'examiner régulièrement la mesure et de veiller à ce qu'elle demeure pertinente à la lumière des conditions changeantes », écrivait David Barnabe, porte-parole du ministère des finances. Le ministère a toutefois refusé de révéler les critères déterminant la prolongation du crédit. Lors du congrès de la PDAC, on a demandé au premier ministre Stephen Harper si le crédit pourrait devenir permanent, et il a répondu en plaisantant qu'il « ne jugerait jamais de façon précoce les actions » du ministre Flaherty.

– Herb Mathisen

Midway Gold se prépare à la production

Midway Gold Corporation a commencé la mise en œuvre de son projet Pan Gold en janvier, et comme la construction devrait durer de six à neuf mois, la société pense qu'elle pourrait commencer à exploiter la mine du Nevada au quatrième trimestre de cette année.

La durée d'exploitation présumée de cette mine à ciel ouvert par lixiviation en tas est d'environ 9 ans, avec des réserves prouvées et probables de 48,3 millions de tonnes, une teneur de 0,56 gramme par tonne et une production moyenne annuelle visée de 81 000 onces. « Une ligne de transport d'électricité et une route qui doit être élargie sont déjà reliées au site », déclarait Jaime Wells, analyste chargé des relations avec les investisseurs à Midway. Il ne reste que de petites installations à bâtir, ainsi que l'usine d'adsorption-désorption et de raffinage.

M. Wells affirme que compte tenu de l'amélioration récente des prix de l'or, il est optimiste quant à la rentabilité du projet Pan Gold : « Midway a bien réagi à la relance, et nous espérons que cette tendance se poursuive en 2014 ». Selon une étude de faisabilité de 2011, le taux de rentabilité interne au prix de 1 200 $ l'once est de 32 %. Au moment de mettre sous presse, le prix de l'or était d'environ 1 340 $ l'once. Même si le prix de l'or se stabilise, on pourra tout de même étendre le projet. « Nous avons intentionnellement freiné le forage à un million d'onces à Pan afin de ne pas utiliser nos capitaux propres », expliquait M. Wells, « mais nous avons une preuve interne suffisante qu'il pourrait être doublé, et nous avons par ailleurs obtenu des permis qui nous permettent d'exploiter la mine pour le double de sa durée d'exploitation. » Midway a aussi mené des activités de forage entre les deux mines planifiées, illustrant ainsi qu'un développement est possible.

– Tom DiNardo

Un nouveau groupe souhaite attirer les femmes vers le secteur minier du nord de l'Ontario

Un nouvel organisme à but non lucratif du nord de l'Ontario espère que les efforts de ses membres permettront de combler la pénurie imminente de travailleurs dans le secteur minier grâce à un segment sous-représenté de la population. L'organisation Women in Mining Northern Ontario (WIMNO) a tenu sa première réunion en janvier et a comme objectif d'aborder la question de la pénurie de femmes dans cette industrie, expliquait la présidente, Charmaine Gazdic.

D'après le rapport sur les tendances du marché du travail de 2013 du Conseil des ressources humaines de l'industrie minière (RHiM), les femmes représentent 16 % des effectifs de l'industrie minière. Étant donné que l'on prévoit des pénuries imminentes dans l'industrie au cours de la prochaine décennie, Mme Gazdic expliquait : « Nous cherchons à combler la pénurie dans le secteur en faisant appel aux femmes et aux autochtones ».

Le nord de l'Ontario est le lieu idéal pour réaliser ce travail, car il compte une importante collectivité minière, expliquait-elle. WIMNO prévoit de faire la promotion des possibilités qu'offre actuellement l'industrie auprès des étudiants et des jeunes professionnels de la région au moyen d'événements de mise en réseau, de perfectionnement personnel et professionnel, et de conférences sur le leadership. En juin, l'organisation organisera un événement de mise en réseau à McLean Engineering et lancera en septembre une section étudiante à l'université Laurentienne.

– T.D.

Le secteur des petites sociétés minières reste optimiste avant l'arrivée de l'été

Que leur enthousiasme et optimisme soit justifié ou non, les sociétés d'exploration et les entrepreneurs qui soutiennent leur industrie n'ont pas hésité à en faire preuve lors du congrès Roundup de l'AME BC à la fin janvier. Bien que le secteur de l'exploration soit en plein bouleversement, plus de 6 500 participants de 37 pays ont trouvé les fonds nécessaires pour prendre part au congrès qui s'est tenu à Vancouver cette année.

Pour la plupart, l'événement annuel était l'occasion d'établir des contacts et de parler travail, et non de s'inquiéter au sujet du financement. « Nous maîtrisons ce qui peut être maîtrisé », expliquait Adam Travis, chef de la direction de Colorado Resources, qui a récemment connu un grand succès lors du forage de sa propriété de cuivre et d'or de North ROK, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique. « Si nous n'étions pas d'éternels optimistes, nous ne travaillerions pas dans ce domaine. Cette année, j'ai constaté chez les gens un enthousiasme renouvelé, au congrès Roundup mais aussi au salon commercial (de Vancouver Resource Investment) de Cambridge. »

Mike Ball, directeur des ventes commerciales à Weatherhaven, dont l'entreprise fournit des abris, des campements et des systèmes portables pour les sites reculés, expliquait que les fournisseurs en exploration ont tous souffert à des degrés variables de la récente accalmie. « Pour survivre dans ce marché, mieux vaut ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier », déclarait M. Ball, ajoutant que Weatherhaven est aussi entrepreneur d'un contrat de défense, et par conséquent moins exposé au cycle baissier des petites sociétés minières.

Les foreurs ont toutefois moins d'options. « Presque tous les entrepreneurs en forage ont une capacité non utilisée », indiquait Geoff Newton, géologue principal de projet à Kaminak Gold. Plus à l'aise financièrement que la plupart des autres sociétés, son entreprise réserve 10 millions $ en fonds de roulement pour poursuivre l'exploration cette année. « La plupart des gens seraient capables de mettre sur pied des installations de forage assez rapidement », ajoutait-il.

La chute des prix des métaux n'est qu'une seule des raisons qui incitent les investisseurs à fuir les petites sociétés minières. Selon M. Ball, même si les prix des marchandises sont beaucoup plus élevés qu'il y a dix ans, les frais de la réglementation sont responsables des problèmes récents. « Le simple fait de garder un titre coté en bourse constitue un fardeau énorme. J'ai entendu dire qu'il en coûtait 160 000 $ à 250 000 $ uniquement pour conserver un titre à la bourse de croissance TSX. Ce n'est pas un gros montant si l'on perçoit des millions, mais c'est beaucoup d'argent quand on dilue ses actions de 30 % pour obtenir 30 000 $. C'est un problème très épineux. »

L'élan positif s'est poursuivi en mars : le congrès annuel de la PDAC n'a pas constaté de baisse importante du nombre de participants, les inscriptions de cette année se classant au quatrième rang des plus importantes participations de son histoire.

– P.B.

Cliffs ferme la mine Wabush – l'avenir est incertain

En février, la société Cliffs Natural Resources de Cleveland a fermé la mine de fer Wabush située à Terre-Neuve. « Notre évaluation a déterminé que la structure de coûts et les besoins en capitaux à Wabush Scully n'étaient pas rentables », déclarait la directrice des communications mondiales, Patricia Persico. Elle ajoutait que l'avenir de la mine était incertain. « La société réfléchit à toutes les options, y compris la vente du site. »

La mine de fer Wabush était le chantier le plus coûteux de Cliffs et fonctionnait à perte. Durant le quatrième trimestre de 2013, les coûts directs étaient de 143 $ US par tonne. D'autres facteurs ont mené au ralentissement de la mine, dont une incapacité à atteindre le rendement opérationnel visé alors que les coûts continuaient à augmenter et que les marges sur les ventes diminuaient. Les efforts consacrés à l'amélioration de la productivité mis en place l'an dernier, dont un investissement de 66 millions $ (40 millions $ pour des appareils mobiles), n'ont pas abouti.

Les compressions budgétaires ne s'arrêteront peut-être pas à Wabush. Cliffs a annoncé en février qu'elle réduirait les dépenses de développement et de capitaux à sa mine de Bloom Lake en raison des perspectives du prix du fer. Pour l'instant, Mme Persico affirme que Bloom Lake est en service, mais que la situation pourrait changer si les prix diminuent considérablement durant une période prolongée. « Par exemple, si le prix de Platts demeure sous 100 $ US par tonne pour une période prolongée », indiquait-elle. « Il nous faut agir, car la situation actuelle [à Bloom Lake] est inacceptable, et un changement est nécessaire. La première étape consiste à supprimer tous les capitaux de croissance et d'expansion, ce qui a été fait. La prochaine étape est d'étudier nos options, et nous y travaillons actuellement. »

– T.D.

Une ligne de transport d'électricité propulse le projet Kami

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a annoncé en février qu'il construirait une ligne de transport d'électricité de Churchill Falls à Labrador Ouest, ce qui représente une importante avancée pour le projet de mine de fer Kami d'Alderon. La ligne fournira l'électricité nécessaire à la construction et à la production du projet phare de l'entreprise. « C'est un catalyseur pour les activités, et c'est aussi important pour le financement de notre projet, car on sait que ce système manque de capacité de transmission », expliquait Tayfun Eldem, président et directeur général d'Alderon. Alderon demande la mise à niveau du réseau électrique dans la région depuis septembre 2011.

Alderon devra payer 65 millions $ pour sa part d'utilisation de la nouvelle ligne de transport. La société a annoncé à la fin du mois de février qu'elle avait obtenu un prêt de 22 millions $ de Liberty Metals & Mining pour couvrir le premier dépôt de garantie. Alderon appartient à 14,5 % à Liberty Metals & Mining. En fonction du besoin de la prochaine phase de travail, Alderon pourrait utiliser ses propres fonds ou de nouveau emprunter à Liberty pour payer le reste de son accès, selon M. Tayfun.

« La prochaine étape pour le projet Kami est de compléter notre financement afin de pouvoir commencer la construction », déclarait Eldem Tayfun. « Le projet a reçu l'autorisation des organismes de réglementation, et nous nous chargeons maintenant d'obtenir tous les permis propres à la construction, mais nous ne commencerons pas la construction avant que le financement complet soit en place. » La construction pourrait commencer dès cet été et durerait environ deux ans.

– T.D.

Prisonniers d'une mine de potasse, les mineurs trouvent un abri

Un incendie qui s'est déclaré dans le bloc nord de la mine de potasse Agrium de Vanscoy en Saskatchewan a coincé sous terre 54 travailleurs miniers pendant la nuit du 14 février. Le feu a forcé les mineurs à évacuer le bloc nord et à chercher refuge dans les abris d'urgence souterrains afin d'éviter d'inhaler la fumée. Une équipe d'intervention d'urgence s'est rendue à la mine et a éteint l'incendie ayant débuté vers 21h45. La mine a été aérée pour éliminer la fumée, et les mineurs ont retrouvé leur liberté une fois la situation jugée suffisamment sûre. La production a été temporairement touchée par l'incident, qui a entraîné la mise en veille des activités souterraines du début de l'incendie, vendredi soir, jusqu'à dimanche soir.

Le directeur général, Mike Dirham, a précisé que le feu s'était déclenché dans une benne à godet et avait pris de l'ampleur alors que le système d'extinction du véhicule ne parvenait pas à l'éteindre. La cause de l'incendie fait actuellement l'objet d'une enquête. M. Dirham a indiqué qu'Agrium collaborait avec les autorités provinciales et les experts judiciaires pour déterminer ce qui s'était produit et éviter que ce genre d'incident ne se reproduise.

– T.D.


Accueil | Suivant

Traduit par SDL

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF