février 2014

Le mystère de l'ancienne mine de cuivre du Lac Supérieur

Par Correy Baldwin

Lake_Superior_ancient_copper_mining_mystery Durant l'été 1952, Donald Baldwin, alors âgé de 13 ans, s'amusait à creuser dans une vieille carrière de graviers près d'Oconto, dans le Wisconsin, lorsqu'il découvrit un tas d'os humains. Heureusement, ce sont des archéologues qui vinrent constater la découverte et non la police locale, car le jeune Donald venait de trouver un ancien cimetière. Les squelettes, enfouis au milieu d'objets en cuivre, constituaient la première preuve d'une ancienne culture commerçante très étendue reposant énormément sur le cuivre exploité dans la péninsule de Keweenaw et l'Île royale le long des côtes du Lac Supérieur.

Depuis, des hypothèses historiques extravagantes ont tenté de révéler qui exploitait ce cuivre, et comment. D'après certains historiens amateurs, le cuivre du Lac Supérieur a été exploité durant la même période que l'âge du bronze en Europe, et ils estiment qu'environ 1,5 milliard de livres de cuivre ont été exploités dans cette région, bien plus que ce que n'auraient utilisé les autochtones.

Les Européens de cette époque ancienne pourraient-ils être venus en Amérique du Nord exploiter ce cuivre et le ramener en Europe ? Imaginez les Phéniciens et les rois scandinaves traversant l'Atlantique en flottilles pliant sous le poids du cuivre du Nouveau Monde.

D'après un conte des Menominee du Wisconsin, des hommes à peaux claires exploitaient le cuivre aux alentours du Lac Supérieur. Plus au nord près de Peterborough, en Ontario, on aurait trouvé sur une grande roche plate des gravures d'un alphabet pré-runique apparemment utilisé par les anciens peuples scandinaves. Serait-ce la preuve que le roi scandinave Woden Lithi, qui d'après certaines sources se serait rendu en Amérique du Nord en 1700 avant J.C., aurait établi un commerce du cuivre ?

Les navires baltes et celtes auraient-ils également fait des traversées non répertoriées ? Des explorateurs anglais auraient soit disant rencontré une tribu amérindienne aux yeux bleus et cheveux blonds qui parlaient une langue ressemblant étrangement au gaélique. Étaient-ils des descendants de Madoc, prince et explorateur gallois qui, d'après des légendes populaires, aurait traversé l'Atlantique en direction de l'Amérique en 1170 avant J.C. ?

Pas même les Ojibwés ne savent qui a exploré le cuivre pour la première fois sur leur territoire, ce qui ne fait qu'alimenter les suppositions. Les Ojibwés se sont installés dans la région bien après l'arrêt supposé de l'exploitation minière, et ont découvert les puits de cuivre abandonnés lorsqu'ils sont arrivés sur les lieux.

Mais qui donc était « cette race inconnue » qui a initialement exploité les gisements de cuivre ? Pourrait-ce être les premiers Européens ? Si vous posiez cette question à un archéologue professionnel, il ou elle vous donnerait une réponse très succincte : non.

Aucun archéologue n'a jamais mis en relation les hiéroglyphes trouvés sur ces roches avec une langue nordique ; il n'y a aucune trace de tribu aux cheveux blonds et aux yeux bleus, et cette « race inconnue » était sans doute un autre groupe d'autochtones en migration. En réalité, il n'existe aucune preuve de la présence d'anciens Européens (scandinaves, phéniciens ou autres) sur un site archéologique d'Amérique du Nord. Pour ce qui est des anciennes mines de cuivre, des estimations plus précises suggèrent que moins de 1,5 milliard de livres de cuivre ont été exploités et que les activités minières ont cessé 2000 ans avant l'âge du bronze en Europe, qui a commencé il y a environ 5000 ans.

Ceci ne fait cependant que rendre plus impressionnante l'assiduité des anciens exploitants miniers d'Amérique du Nord. Ils auraient extrait, à l'aide de casse-pierres et de haches en pierre, suffisamment de tonnes de cuivre pour soutenir un réseau de commerce qui s'est développé sur la majeure partie du continent. On a trouvé du cuivre provenant du Lac Supérieur à l'ouest dans les Rocheuses, au nord en Arctique et au sud en Louisiane.

Le cuivre de cette région était presque entièrement pur, ce qui confirme la possibilité d'une extraction préindustrielle. Les anciens exploitants miniers avaient creusé environ 5 000 fosses avec des puits de cinq mètres de profondeur qui comprenaient des tunnels. Nos connaissances sur les anciennes techniques minières sont cependant très restreintes, car la plupart des sites ont été détruits lorsque les développeurs modernes de mines se sont servis des anciens puits pour déterminer les meilleurs sites où construire leurs exploitations.

Les anciens mineurs taillaient principalement des pépites, préférant des fragments suffisamment petits plus faciles à tailler avec un casse-pierres. Les autres fragments étaient aplatis en feuilles par un martèlement répété. Le cuivre était rendu plus malléable lorsqu'on le plaçait au-dessus d'une source de chaleur. Ils façonnaient les pépites en divers outils et armes tels que des couteaux, des fers de lance, des hameçons, des ciseaux à fendre, des coins à refendre, des alènes et des fermoirs, ainsi que des objets décoratifs tels que des colliers, des bracelets et des bagues. Le cuivre avait également une signification spirituelle, et les Ojibwés, qui utilisaient aussi le cuivre pour la chasse et la pêche, ont toujours révéré les gisements de métaux et de minerai.

De nombreuses questions persistent quant au mystère de l'exploitation minière préhistorique du cuivre au Lac Supérieur, mais c'est une histoire d'ingéniosité ancienne qui mérite d'être admirée à notre époque.

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