mars/avril 2013

L’information amène l’investissement

Les collectivités du nord de l’Île de Vancouver s’appuient sur un projet de géosciences pour promouvoir leurs ressources

Par Herb Mathisen

 L’été dernier, Geoscience BC a effectué un relevé complet du mat-mousse et des sédiments alluviaux sur le nord de l’Île de Vancouver et a procédé à un relevé aérien de plus de 4 204 kilomètres carrés de la zone nord-ouest de l’île. Les résultats de ce relevé aéromagnétique ont été publiés en février, tandis que ceux de l’étude géochimique sont attendus en avril | Courtoisie de Geoscience BC


Un nouveau projet de relevé de Geoscience BC, financé en partie par les collectivités du nord de l’Île de Vancouver, vise à augmenter l’investissement dans l’industrie minière autrefois prospère de la région. Geoscience BC, un organisme à but non lucratif voué à encourager l’investissement en exploration dans la province, a récemment publié des relevés aéromagnétiques de haute résolution de plus de 4 204 kilomètres carrés de la zone nord-ouest de l’Île de Vancouver.

Le relevé aérien est le premier de deux ensembles de données que Geoscience BC rendra publics dans le cadre du projet d’exploration Northern Vancouver Island Exploration Geoscience. Les résultats d’un important relevé géochimique sont attendus en avril, selon ’Lyn Anglin, chef de la direction de l’organisme. « À la lecture des données statistiques, il nous semblait que les dépenses d’exploration dans l’Île de Vancouver étaient sous-représentées par rapport aux autres régions de la Colombie-Britannique », indique-t-elle.

En 2010, Mme Anglin a rencontré Bev Parnham, mairesse de Port Hardy, et quelques conseillers municipaux au cours d’un dîner à la conférence de l’Association of Vancouver Island and Coastal Communities à Powell River. Le conseil municipal a manifesté son intérêt à collaborer avec Geoscience BC pour revitaliser l’intérêt pour le potentiel minier de la région. Mme Parnham est membre du conseil de la fiducie Island Coastal Economic Trust (ICET), un groupe qui investit dans des occasions économiques sur l’île du nord et qui a offert une contribution de 400 000 $ pour le projet, somme à laquelle Geoscience BC a ajouté 530 000 $.

« Nous voulions vraiment essayer de dissiper toutes les idées selon lesquelles nous ne sommes pas intéressés à faire des affaires sur l’Île de Vancouver », précise Mme Parnham. La portion nord de l’île, peu peuplée, est le domaine des secteurs de la foresterie et de la pêche, de certaines carrières et de la mine de charbon Quinsam de Hillsborough Resources. La mine de cuivre-zinc Myra Falls, située au sud-ouest de la rivière Campbell, est en exploitation depuis 1966 et, il n’y a pas si longtemps, la mine de cuivre Island Copper de BHP était un moteur économique important dans la région. La mine à ciel ouvert a produit plus de 1,3 million de tonnes de cuivre en 24 ans, jusqu’à sa fermeture en 1995. « Nous connaissons les avantages des mines pour la collectivité », souligne Mme Parnham. « Nous l’avons vécu. C’est dans notre histoire et nous voulions le rappeler à tous. »

Dallas Smith, président de la Nanwakolas Council Society, qui représente directement 10 des 16 Premières Nations dont les terres ont fait l’objet du relevé, ajoute qu’avec le déclin de l’industrie forestière et de la pêche, une relance du secteur minier offrirait de belles occasions aux résidents. « Les Premières Nations de la région recherchent précisément des occasions de développement économique durables pour l’environnement et leur culture pour assurer leur avenir », indique-t-il.

Les données du relevé aéromagnétique ont été recueillies l’été dernier par Geo Data Solutions de Laval, au Québec, à 80 mètres d’altitude et à 250 mètres d’espacement. Ce nouveau relevé offre des données de plus haute résolution que les études précédentes datant de 1962 et 1971, effectuées à 805 mètres d’espacement. Avant ce travail, Geoscience BC avait analysé 480 échantillons de till recueillis dans les années 1990, dans l’espoir d’identifier 53 éléments différents à l’aide d’un ensemble de spectrométrie de masse ultra-trace ICP à digestion d’eau régale. Ce projet de seconde analyse a suscité une vague de demandes de concessions dans la région, indique Mme Anglin. Les géochimistes ont aussi recueilli plus de 700 nouveaux échantillons de mat-mousse et de sédiments alluviaux pour les analyser, dans l’espoir d’y trouver 51 métaux.

Ensemble, ces nouvelles données pourraient faciliter la tâche des prospecteurs qui tâcheront de trouver des anomalies dans cette région reconnue pour ses buissons épais et son terrain difficile. Del Ferguson, professeur en sciences de la terre à l’université Vancouver Island et président d’Aztec Geoscience, souligne que l’île offre plusieurs cibles d’exploration intéressantes comme d’importants dépôts de sulfures, de porphyre de cuivre, de charbon, ainsi que des dépôts de skarn riches en or et en magnétite.

NorthIsle Copper and Gold est une petite société d’exploration qui dispose de concessions près de l’ancienne mine Island Copper, comme le site Hushamu titrant des ressources indiquées de 1,4 milliard de livres de cuivre, 2,8 millions d’onces d’or et 65,7 millions de livres de molybdène. Son chef de la direction, Jack McClintock, précise que NorthIsle a déjà effectué ses propres relevés aéromagnétiques, tout en ajoutant que l’entreprise qui détenait ces propriétés par le passé a procédé à un échantillonnage géochimique des alluvions au début des années 1970, à la recherche d’anomalies « de cuivre, de molybdène, de plomb, de zinc et d’argent ». Il a hâte de connaître les autres éléments dont le nouveau relevé géochimique révèlera la présence.

M. McClintock indique que le projet de Geoscience BC a attiré l’attention sur la région et sur son entreprise. « Ici, en Colombie-Britannique du moins, on a toujours cru que l’Île de Vancouver est un endroit difficile à explorer », rappelle-t-il. « Mais le fait que même les municipalités participent montre à tous qu’en effet, la zone nord de l’Île est bien différente de la portion sud en ce que son économie se base sur ses ressources. »

Geoscience BC annoncera bientôt une nouvelle initiative de relevés dans l’intérieur de la Colombie-Britannique, mais si les données de l’Île de Vancouver sont bien reçues, l’organisme pourrait y revenir. Si Mme Parnham admet qu’il est difficile de mesurer le succès immédiat du projet, M me Anglin sait que le véritable critère sera de voir dans quelle mesure l’intérêt se traduit en investissement. « La vraie mesure de notre influence sera de voir si l’on dépensera plus d’argent sur l’île dans les prochaines années », conclut-elle.

Traduit par SDL

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