février 2013

Les résidus disent la vérité

L’expert en fermeture de mine et blogueur émérite Jack Caldwell parle de laisser un héritage dont on peut être fier

Par Peter Braul

Courtoisie de Jack Caldwell


Jack Caldwell a un lien avec l’industrie minière depuis sa naissance. Mais contrairement à beaucoup de membres de l’industrie, il n’hésite pas à en parler – et même des moins bons côtés. Grandir sur une mine en Afrique du Sud a développé son intérêt pour l’industrie, et maintenant qu’il est en semi-retraite d’une fructueuse carrière en consultation dans l’industrie, Caldwell regorge d’opinions et d’expérience, et il rêve d’un avenir où l’on pourra quitter un site d’extraction la conscience tranquille et le portefeuille plein. Cet expert des résidus en lisse sèche accepte toujours des contrats avec Robertson Geoconsultants pour certains clients qui, dit-il, sont prêts à payer pour l’impliquer. Tout cela – ainsi que sa passion du brandy, de l’opéra et du cyclisme– alimente son blogue, Ithinkmining.com.


ICM : Beaucoup de monde dans l’industrie préfèrent garder le silence. Pourquoi cela vaut-il la peine pour vous d’avoir un blogue?

Caldwell : Il n’est pas nécessaire de partager son travail en tant que consultant professionnel pour avoir des opinions sur l’industrie minière. Je découvre des choses au hasard, et les gens m’envoient des idées : des rappels, des conseils, des suggestions. Et c’est bon de consigner tout cela par écrit. J’espère que mon blogue stimulera de nouvelles idées et de nouvelles discussions.

Je reçois des réponses très variées. Certaines personnes me respectent mais un bon nombre sont encore fâchés contre moi, ou ne sont pas du tout d’accord avec moi. C’est vraiment extraordinaire de voir la quantité de personnes qui m’écrivent personnellement pour me demander conseil, pour discuter et d’autres choses du genre. Pour être honnête, j’ai rencontré un bon nombre de gens très aimables grâce à mon blogue – mais bien sûr je n’y parle pas d’eux. Ces interactions m’ont offert une récompense personnelle.

ICM : L’univers des mines compte très peu de blogueurs. Pourquoi plus de gens ne prennent-ils pas modèle sur vous?

Caldwell : Je ne sais pas, mais j’aimerais que ça change. Les seules raisons que je puisse imaginer sont celles-ci :

1) Je me fais vieux, alors j’en ai vu beaucoup.

2) J’ai du temps, notamment parce que quand on vit seul, le soir, on n’est pas obligé de regarder la télévision en couple.

3) Andy Robertson et InfoMine me soutiennent et m’encourage, même s’il m’est arrivé souvent d’écrire des choses qu’eux-mêmes n’auraient pas écrites.

Je suis chanceux : je profite d’un environnement unique, d’une occasion unique, et j’en suis à un âge unique.

ICM : Investiriez-vous dans une mine qui laisse ses employés tenir un blogue sur leur emploi en toute liberté?

Caldwell : Si le blogue est intelligent, pas seulement esthétique, et s’il est un indicateur de saines pratiques de gestion, ce qui bien sûr se traduirait en revenus, alors oui, je le ferais. Le problème c’est qu’un directeur de mine y mettrait le holà. Je connais une société minière qui a essayé de développer un blogue pour faire parler d’elle, mais en bout de ligne, ses avocats ont évalué le projet et l’on refusé.

L’industrie fait face à un dilemme. Plusieurs ennemis et critiques ne demanderaient pas mieux que de sauter sur la moindre mention d’un échec. Alors, pour l’industrie, s’exposer à cœur ouvert, comme je le fais, serait difficile et dangereux. Même quand j’émets une critique, je réfléchis sérieusement à la façon dont je vais le faire, parce que je cours le risque de discréditer l’industrie. J’ai essayé de mentionner clairement le fait que quand je critique l’industrie, c’est parce que je crois à l’extraction minière : je crois qu’il est possible de faire preuve de droiture, même si je reconnais que tout n’est pas toujours bien fait. Et j’ai reçu beaucoup de critiques pour cette opinion.

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