Aug '13

Route verte vers la Chine

Les politiques environnementales de la Chine créent des possibilités pour les fournisseurs canadiens

Par Ian Ewing

Une pression croissante pour une exploitation minière plus écologique en Chine stimule le côté vert de certains fournisseurs du secteur minier espérant percer le marché chinois. Plus tôt cette année, un atelier Canada-Chine sur l’innovation en matière d’exploitation minière écologique a reçu environ 50 délégués, dont 35 représentants chinois, qui se sont réunis à Toronto pour effectuer du réseautage et assister à des présentations de la part d’experts canadiens en exploitation minière écologique. De tels échanges sont essentiels pour stimuler la croissance des fournisseurs du secteur minier en Asie.

Cet atelier qui a eu lieu durant la conférence de l’ACPE a été organisé par Les Laboratoires des mines et des sciences minérales de CANMET, une division de Ressources naturelles Canada (RNCan), avec l’aide de l’Association minière de la Chine. « Nous espérons ouvrir un énorme marché pour les entreprises canadiennes », a dit Xavier Daignault-Simard, un analyste des politiques aux Laboratoires des mines et des sciences minérales de CANMET. « Nous savons que percer un marché étranger peut être difficile, donc si nous pouvons ouvrir le marché pour les fournisseurs canadiens et qu’ils peuvent en profiter, c’est avantageux pour nous tous. Nous créons essentiellement un avantage concurrentiel et une marque pour les entreprises canadiennes en présentant le pays comme un chef de file en exploitation minière écologique. »

Selon Spencer Ramshaw, directeur – information et communications à l’Association canadienne des exportateurs d’équipement et services miniers (CAMESE), la difficulté de percer le marché chinois est bien connue des fournisseurs canadiens. « La Chine est un marché extrêmement concurrentiel où plusieurs sociétés canadiennes et étrangères ne s’aventurent pas. Plusieurs entreprises se concentrent sur d’autres pays où leurs avantages concurrentiels sont mieux reconnus », explique-t-il.

Actuellement, les Chinois mettent toutefois l’accent sur les techniques écologiques d’exploitation minière, en partie en raison des préoccupations concernant une grave pollution généralisée de l’eau et de l’air dans ce pays. Le ministre chinois des Terres et des Ressources, conjointement à l’Association minière de Chine, a mis sur pied un programme officiel d’exploitation minière écologique pour contribuer à nettoyer le pays. Depuis le déploiement du programme en 2009, 462 mines chinoises ont été certifiées « vertes », y compris 150 exploitations non ferreuses, d’après Chris Twigge-Moleceyle, conseiller-cadre à Hatch. Les avantages de la certification comprennent l’accès à des terres et des intérêts réduits sur les prêts. Résultat : les sociétés minières sont de plus en plus intéressées aux solutions technologiques qui ne sont parfois pas offertes localement. « Il existe une énorme gamme de possibilités pour les fournisseurs canadiens d’équipement et de services, ajoute monsieur Twigge-Molecey. Les besoins sont gigantesques et vont de l’exploration à l’exploitation minière, en passant par le traitement, le nettoyage et la restauration à long terme. »

« Ils réalisent que le Canada possède l’expertise en matière d’exploitation minière écologique », fait remarquer monsieur Daignault-Simard. « Ils comprennent les problèmes environnementaux du secteur minier et désirent les résoudre en Chine. C’est pourquoi ils tentent d’explorer ce qui est offert et le genre de technologies qui pourrait servir à gérer les défis environnementaux. »

Cypher Environmental est une des entreprises qui espèrent en profiter. La compagnie de Winnipeg a fait une présentation dans le cadre de l’atelier de Toronto après avoir suscité l’intérêt d’un important distributeur chinois lors de la foire commerciale MINExpo à Las Vegas en septembre dernier. Plus tard cette année, l’entreprise fera une démonstration de son produit Dust Stop en Chine et formera les représentants du fournisseur local du produit, a dit le président de Cypher, Todd Burns.

« Là-bas, le marché est énorme et convient parfaitement à notre produit », a ajouté monsieur Burns. Dust Stop est un liant écologique vaporisé sur les routes non pavées pour garder la poussière au sol.

Pour Cypher, les conséquences d’une percée en Chine sont indéniables. « On s’attend à une importante augmentation du pourcentage de nos exportations mondiales en perçant ce marché, a indiqué monsieur Burns. Selon moi, on parle de 10 à 20 pour cent d’augmentation. »

L’atelier de mars à l’ACPE, coprésidé par Magdi Habib, directeur général des Laboratoires des mines et des sciences minérales de CANMET, et par Chen Xianda, secrétaire général de l’Association minière de Chine, a été perçu comme une étape positive vers une association entre les sociétés minières chinoises et les fournisseurs canadiens. « Selon nos observations, il y avait un intérêt certain de la part des délégués, a dit monsieur Daignault-Simard. [Monsieur Chen] a affirmé son appui. Il était plutôt satisfait de l’atelier et des technologies présentées. »

« Nous nous sommes [aussi] rendus en Chine après l’atelier, a-t-il ajouté, et l’Association de l’industrie non ferreuse de Chine a indiqué qu’elle était intéressée à une certaine entente de collaboration avec nous. »

Du côté chinois, on envisage déjà d’organiser des événements semblables. La mise sur pied d’une séance plus importante est en cours et ferait intervenir plus de fournisseurs, de sociétés minières et d’autres parties intéressées, soit à l’Association minière de Chine, lors d’une grande conférence se tenant à Tianjin, près de Beijing, en novembre, ou de nouveau à l’ACPE en mars prochain. L’intérêt des Chinois a été stimulé non seulement par Dust Stop de Cypher, mais aussi par d’autres produits canadiens, soit les véhicules hybrides souterrains au diésel, les technologies de ventilation sur demande et les produits brise-roche sans explosifs, selon monsieur Twigge-Molecey, qui a visité avec Magdi Habib la mine chinoise de plomb et de zinc de Fankou, une mine certifiée écologique.

Todd Burns, de Cypher, y voit une occasion pour d’autres fournisseurs canadiens de percer le marché chinois. « Particulièrement avec l’appui de RNCan, dit-il, nous avons une véritable occasion de collaborer et d’aider à présenter des technologies qui ont été utilisées ici au profit des mines canadiennes. Nous leur offrons des solutions qui sont présentement très recherchées. »

Traduit par SDL

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