Aug '13

L’industrie en bref

Par Ryan Bergen, Herb Mathisen, Alexandra Lopez-Pacheco and Anna Reitman

Un incendie de forêt force l’évacuation du site Éléonore de Goldcorp

Un énorme incendie de forêt dans le Nord du Québec qui menaçait les collectivités et a causé la fermeture de la route de la Baie James a aussi forcé la société Goldcorp à évacuer les 760 employés de son site Éléonore. Tous les employés, excepté 35 travailleurs de l’équipe des mesures d’urgence, ont été évacués par la voie des airs les 3 et 4 juillet derniers, alors que l’incendie n’était plus qu’à 100 km du site. Goldcorp construit présentement la mine Éléonore et espère commencer la production à la fin de 2014. Une période de pluie a aidé à éteindre le brasier, et les vents changeants ont éloigné la fumée du site, permettant une reprise de la livraison d’essence et des fournitures le 8 juillet. La société a indiqué que l’échéancier de construction ne serait pas touché.

– Herb Mathisen

Le Ghana met un frein à l’exploitation minière illégale

Lors d’une opération qui a duré 6 jours en juin, le Ghana a arrêté 168 citoyens chinois accusés d’exploitation illégale d’une mine d’or dans le but de combattre un problème qui, d’après les représentants ghanéens, avait pris des proportions alarmantes. Les arrestations ne sont pas arrivées entièrement sans avertissement. En mai, le président ghanéen John Dramani Mahama a parlé des efforts accrus de son pays pour répondre à ce problème. « J’ai envoyé un signal clair aux particuliers et aux groupes incriminés selon lequel le gouvernement ne permettra pas à leurs activités de causer un conflit, un bouleversement, une dégradation de l’environnement et du chômage quand, en fait, nos communautés et notre pays devraient plutôt bénéficier de ce secteur », a-t-il dit.

L’opération de juin, avec l’arrestation de 120 mineurs illégaux en mars, n’est en fait que la pointe de l’iceberg. Les médias chinois estiment que quelque 50 000 de ses citoyens ont afflué vers le Ghana, dans une ruée vers l’or qui a commencé en 2005. La plupart viennent de Shanglin, un comté pauvre de la province de Guangxi.

« Partout en Afrique de l’Ouest, le problème de l’exploitation illégale de mines artisanales et de mines à petite échelle peut être attribué à une réglementation minime et à une faible surveillance de la part des gouvernements », dit Avril Cole, un avocat de Toronto travaillant pour la firme Norton Rose Fulbright Canada LLP. « Les gouvernements de ces juridictions n’ont pas toujours les ressources financières ni la capacité administrative de surveiller l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, et ne peuvent pas financer les projets nécessaires pour combattre le problème des mines artisanales illégales. »

– Alexandra Lopez-Pacheco

Démission chez Cliffs : Joseph Carrabba se retire

Au début de juillet, Joseph Carrabba a annoncé qu’il quitterait son poste de président et directeur général de Cliffs Natural Resources le 31 décembre 2013. L’entreprise de Cleveland a révélé que Laurie Brlas avait aussi décidé de démissionner de son poste de vice-présidente et directrice financière, décision en vigueur immédiatement. Aucun successeur à monsieur Carrabba n’a été nommé. « Il s’agit d’une importante transition pour notre société, et le conseil croit qu’il est pertinent et dans l’intérêt de l’entreprise et de nos actionnaires de prendre le temps d’effectuer une recherche approfondie du meilleur candidat possible », a déclaré Jennifer Mihalcin, chargée des affaires publiques.

Carrabba s’est joint à Cliffs en tant que directeur de l’exploitation en avril 2005. Il dirige la société depuis septembre 2006, période comptant son acquisition de la Consolidated Thompson Iron Mines Ltd au coût de 4,9 milliards $ CA en 2011. La société a dû déprécier la valeur du projet de 1 milliard $ US plus tôt cette année et, à cause des prix stagnants du minerai de fer, a dû retarder l’expansion du projet, ce qui a entraîné la mise à pied de travailleurs de la mine de fer du lac Bloom, au Québec.

Plus récemment, Cliffs suspendait le travail d’évaluation environnementale de son gisement massif de chromite de la région du Cercle de feu en Ontario à cause des retards concernant d’importantes décisions du gouvernement provincial. Voir « Un long cheminement vers le cercle de feu » our plus de détails.

– H.M.

Orbite signe un accord de soutirage avec Glencore

Bien qu’Orbite Aluminae n’ait pas encore déterminé l’endroit où elle construira son usine proposée de traitement d’alumine pour électrolyse, l’entreprise du Québec a trouvé en Glencore International l’acheteur de l’éventuelle production de l’usine. Orbite planifie l’exploitation du minerai de son gisement d’argile alumineuse à Grande-Vallée dans la région de la Gaspésie, au Québec, en utilisant une technique d’extraction brevetée plutôt que le processus Bayer habituel. Ce procédé acide peut extraire l’alumine et aussi récupérer les oxydes, l’hématite et les terres rares qui en sont les sous-produits, sans produire de boue rouge. La filiale de GlencoreXstrata a accepté en juin d’acheter toute l’alumine pour électrolyse produite durant les dix premières années. Selon Orbite, l’accord est aussi le point de départ d’une négociation qui permettrait à Glencore d’acquérir une participation dans les installations de la fonderie proposée qui exploiterait 7 000 tonnes de minerai par jour.

En plus de mettre les pièces en place pour l’usine planifiée d’alumine pour électrolyse, l’entreprise est présentement à la recherche d’acheteurs éventuels pour l’alumine à haut degré de pureté (HPA) qu’elle produit à son usine près de Cap-Chat, au Québec. Toutefois, l’augmentation de la production de l’usine de HPA à trois tonnes par jour dès l’année prochaine, la construction de l’usine de traitement d’alumine pour électrolyse et l’avenir de la mine de Grande-Vallée dépendent de la capacité de l’entreprise à trouver des acheteurs intéressés à un produit d’alumine de haute gamme qui peut se vendre jusqu’à 300 $ le kilogramme.

– Ryan Bergen

Aucun PAPE dans l’industrie de la mine pour le 1er trimestre de 2013

Le premier trimestre de 2013 n’a vu aucun premier appel public à l’épargne (PAPE) de la part des sociétés minières canadiennes sur les bourses TSX et TSX-Venture; c’était la première fois que cela arrivait depuis l’acquisition de Venture Exchange par TMX Group en 2002, selon Carolyn Quick, directrice des communications de TMX Group. « Nous avons noté que les valeurs minières présentaient un rendement probablement équivalent à celui des autres actions du TSX, mais aux alentours du 22 janvier et par la suite, le rendement des valeurs minières s’est mis à ralentir ou à dégringoler », dit Jay Patel, associé chez Ernst and Young, à la publication du rapport trimestriel de la firme, Canadian Mining Eye. « Ce que nous voyons se produire dans ce genre de situation, c’est que les gens adoptent une attitude attentiste, a-t-il ajouté. Même si vous êtes prêt à faire un PAPE, vous pourriez décider de rester en coulisse et d’attendre pour voir comment les choses se déroulent. »

Malgré le manque de PAPE, monsieur Patel dit croire que les perspectives de l’industrie minière sont relativement positives. « L’exploitation minière est une affaire à long terme, et nous pensons que les bons actifs obtiendront du financement, dit-il. Il ne fait aucun doute que certaines des sociétés minières qui adoptent une vision à long terme et qui ont la capacité de supporter le marché actuel en retireront des bénéfices au bout du compte. »

– H.M. 

Centerra parle de partenariat avec le Kirghizistan

Réagissant à l’agitation de ce printemps à sa mine d’or de Kumtor, Centerra Gold est entrée en pourparlers avec le gouvernement du Kirghizistan afin de faire de la mine une coentreprise. Selon l’accord courant, le gouvernement, par sa filiale en propriété exclusive, possède une participation par action de 37,2 % dans le projet.

À la fin mai, des centaines de citoyens kirghizes – dont certains à cheval – ont pris d’assaut la mine d’or, certains exigeant sa nationalisation. Le 28 mai, la route vers la mine a été barricadée par les protestants. Deux jours plus tard, on coupait l’électricité, ce qui a causé la suspension des activités minières et entraîné des dommages de l’ordre de 4 millions $ US, d’après le gouvernement. Kumtor, qui selon l’entreprise de Toronto Centerra, est le plus important employeur privé de la république kirghize et le plus grand investissement étranger, a produit plus de 315 000 onces d’or en 2012. Plus tôt cette année, un décret parlementaire a demandé une renégociation de l’accord d’exploitation du projet pour augmenter les revenus du gouvernement. La société a aussi reçu une réclamation pour dommages environnementaux d’une valeur de 315 million $. Les discussions sont maintenant centrées sur la possibilité que le gouvernement kirghize vende ses parts actuelles dans la mine pour devenir un partenaire en coentreprise, ce qui, d’après les premiers rapports du gouvernement, pourrait doubler les flux de trésorerie dans le pays.

– H.M.

Teck nomme un nouveau vice-président directeur de l’exploitation

La société Teck Resources de Vancouver a nommé Ian Kilgour vice-président directeur de l’exploitation. Monsieur Kilgour entrera en fonction le 20 juin 2013. Il quitte ainsi le poste de vice-président principal à l’exploitation des mines de charbon, rôle qu’il occupait depuis deux ans, pour occuper ses nouvelles fonctions qui le mettent à la barre de toutes les exploitations minières et coentreprises des unités commerciales de charbon métallurgique, de cuivre et de zinc de Teck.

Monsieur Kilgour, un ingénieur métallurgiste qui détient une maîtrise ès Science de la Royal School of Mines de Londres et un baccalauréat en science appliquée de l’Université de Melbourne, a plus de 30 ans d’expérience dans le secteur minier. Il a occupé des postes de haute direction à la BHP (Billiton Mitsubishi Alliance), à la mine de Goonyella Riverside de BHP et à Minera Escondida. « Ian apporte une forte expérience dans la recherche et l’obtention constantes de résultats, une attention particulière à la gestion des coûts et une expérience globale du rôle de directeur des opérations », dit Don Lindsay, président et directeur général de Teck.

– A.L.P.

Coup d’État pour l’or

Le seul producteur d’or moderne d’Égypte est un expert dans l’art d’essuyer des tempêtes politiques. Pendant la période qui a immédiatement suivi l’intervention militaire du pays pour évincer le président Mohamed Morsi en juillet, les actions de Centamin ont augmenté de 11 %. La société devait se battre de façon régulière avec le gouvernement au sujet de la légalité de son permis d’exploiter la mine d’or de Sukari – son seul actif producteur de revenus. L’annonce de la bonne performance de Centamin au 2e trimestre a aidé sa cause. La production d’or totale a augmenté de 39 % d’année en année jusqu’à atteindre 93 624 onces, et les objectifs soulignés par les analystes ont été atteints à travers la tourmente politique. Le cabinet de courtage RFC Ambrian a écrit dans une note à un client que la volatilité du prix de l’action est toutefois probable durant l’agitation politique, et que le problème du permis de la société se déplace d’un tribunal à un autre.

Alexander Nubia, dont le siège social se trouve à Vancouver, fait de l’exploration dans le désert oriental, à 500 kilomètres au sud du Caire. Le directeur général Alexander Massoud a minimisé l’impact des perturbations sur l’exploitation en expliquant que la société n’est à l’étape du permis ou de la licence, et que les chauds mois d’été étaient de toute façon des mois de faible activité. « J’ai déjà vécu cette situation une fois. Je crois qu’un changement était attendu, parce qu’il y avait beaucoup d’insatisfaction et que ce sera bon pour le pays. »

Cependant, certaines activités d’exploration de l’or en Égypte ont été mises en veilleuse. SMW Gold détient deux permis au nord de Sudaki. Le directeur à l’exploitation Mohammed Hadi a déclaré que le retard était causé par la situation politique, mais qu’il s’attendait à ce que le travail reprenne d’ici deux à trois mois.

Le coup d’État n’a pas aidé la démocratie fragile de l’Égypte, selon Maarten-Jan Bakkum, stratège principal en marchés émergents chez ING Investment Management, et le risque d’une explosion politique a augmenté. Il a toutefois ajouté que dans le secteur des matières premières, les sociétés sont habituées à faire affaire dans des pays aux conditions politiques difficiles. La propriété des actifs, a-t-il dit, sera la priorité.

– Anna Reitman

Kinross quitte Fruta del Norte

Après plus de deux ans de négociations avec le gouvernement équatorien, Kinross Gold Corp. a cessé temporairement l’expansion de son projet aurifère Fruta del Norte, qu’elle avait acquis en 2008 pour 1,2 milliard $. Les deux parties se sont retrouvées dans une impasse au sujet du plan du gouvernement d’exiger un impôt exceptionnel de 70 % sur le revenu et de sa décision de ne pas reporter la date limite de fin des négociations au-delà du 1er août 2013. « Nous avons dit que nous exercerions une discipline stricte en matière de capital partout dans notre société, que nous affecterions notre capital seulement aux projets qui sont conformes à nos critères en investissement et que nous n’accepterions que les ententes qui protègent au mieux les intérêts de la société et de ses actionnaires », a déclaré le directeur général de Kinross, J. Paul Rollinson. « Après des efforts soutenus pour déboucher sur une entente mutuelle, il est malheureux de constater que les parties n’ont pas été capables d’arriver à un accord sur Fruta del Norte qui aurait satisfait à ces critères. »

En raison des ventes de Fruta del Norte soumises à l’approbation du gouvernement, et le gouvernement montrant son intention de ne pas soutenir les efforts de Kinross visant à trouver un nouveau partenaire possible ou un acheteur, Kinross a déclaré qu’elle aurait encouru une dépense d’environ 720 millions $ au second trimestre, dont 700 millions $ auraient été sans effet sur la trésorerie. « La négociation a été difficile, a dit monsieur Rollinson à Reuters. Parfois le meilleur accord est celui que vous ne signez pas, et ça semble être le cas ici ».

– A.L.P.

New Gold acquiert Rainy River Resources

Le 31 mai, New Gold et Rainy River Resources ont annoncé qu’elles avaient conclu un accord selon lequel New Gold fera l’acquisition de Rainy River à l’aide d’une offre publique d’achat amicale. L’offre représente une prime de 67 % sur le cours moyen pondéré en fonction du volume sur 20 jours des actions de Rainy River. New Gold reprend le projet aurifère de Rainy River à un stade avancé. Ce projet est situé dans le canton de Richardson, dans le nord-ouest de l’Ontario.

« L’acquisition de Rainy River est conforme à notre stratégie de détection des occasions de création de valeur pour nos actionnaires », dit le président exécutif de New Gold, Randall Oliphant. « Nous avons suivi Rainy River pendant un certain temps et avons trouvé qu’il s’agissait d’une période idéale pour ajouter ce très bon actif à notre portefeuille. Nous voyons la combinaison de l’emplacement idéal de Rainy River, sa réserve généreuse, son solide potentiel de production et son équipe expérimentée comme une occasion très attrayante. »

Dale Peniuk, un administrateur de Rainy River, décrit l’acquisition comme une bonne nouvelle pour les actionnaires de la société. « Pouvoir réaliser un profit substantiel tout en obtenant la capacité de se joindre au constructeur de mine bien établi qu’est New Gold est une situation où tout le monde gagne », dit-il.

– A.L.P.

Traduit par SDL

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