sept/oct 2012

Prêt pour un gros plan

Prêt pour un gros plan – Premières cartes hyperspectrales de l’Afghanistan à grande échelle publiées par USGS – Par Anna Reitman

Par Anne Reitman

 

En juillet, le U.S. Geological Survey (USGS) a publié les premières cartes de données hyperspectrales produites à l’échelle d’un pays, ce qui procure à l’industrie minière une vue d’ensemble de l’étendue minéralogique en Afghanistan.

Pour créer la carte, les données ont été recueillies en 2007 au moyen d’un avion de la NASA (un WB-57 piloté par des anciens commandants de la navette spatiale), sur laquelle on a posé un capteur HyMap hyperspectral détenu par l’entreprise australienne HyVista Corporation. Le gouvernement afghan a initié la collaboration en approchant le USGS avec un financement de 8,86 millions $US destiné à des levés hyperspectral, gravimétrique et magnétique pour la prospection de pétrole et de gaz. Les autorités afghanes travaillent fort pour attirer les investisseurs et les petites sociétés d’exploitation minière dans la région et le

ministère des mines du pays utilise maintenant ces cartes dans des trousses d’information sur les appels d’offres.

« C’était l’occasion pour l’Afghanistan de rajeunir le secteur minier pour la revitalisation de l’économie et le USGS avait la tâche de recueillir les données », a déclaré Trude King, chef de projet de collecte de données hyperspectrales du USGS, en ajoutant que le manque d’humidité et le paysage désertique du pays est l’environnement parfait pour la technologie. Environ 70 pour cent de la surface de l’Afghanistan est maintenant cartographié.

Ce qui démarque ces technologies des études géophysiques traditionnelles, explique King, c’est que les données recueillies montrent les actions internes au niveau de l’électron des minéraux, ce qui permet d’identifier les mineraux particuliers et les assemblages de minéraux.

Le capteur hyperspectral utilisé pour créer des cartes mesure la signature spectrale unique des différents minéraux, qui sont associés à la base de données du USGS. Un utilisateur pouvait, par exemple, repérer différents types de matériaux de construction ou de minéraux et établir la quantité qui pourrait être présente dans une zone d’intérêt.

à l’extrémité des ondes courtes du spectre, l’équipe du USGS examine la variation des cations dans la structure minérale. Ils examinent les caractéristiques d’absorption résultant des harmoniques des vibrations fondamentales de la structure cristallographique des minéraux sur les plus grandes longueurs d’ondes.

« Lorsque nous regardons ces données, nous pouvons déterminer les subtilités de la composition et ainsi révéler plusieurs variations importantes dans les processus de récolte de minerais, indique King. Les assemblages de minéraux sont identifiés et il est ainsi possible de déterminer quel type de matériau se trouve à cet endroit; il pourrait par exemple s’agir d’un gisement d’or, de porphyre de cuivre ou d’un gisement de fer. »

Si la majeure partie de l’Afghanistan était cartographiée, et les données mises à la disposition du public, cela pourrait réduire les coûts d’accès à la région pour les petites sociétés de prospection. Terry Cocks, directeur général de HyVista, affirme que malgré les nombreuses autres applications à cette technologie, comme la surveillance des forêts ou des changements dans les résidus miniers, les activités quotidiennes de l’entreprise sont dominées par les compagnies minières. La plupart des travaux de l’entreprise effectués en Australie se font dans les domaines de la cartographie géologique et de l’exploration minière pour les petites sociétés d’exportation

Les coûts de la cartographie hyperspectrale ne sont normalement pas très élevés et cette technologie présente des avantages majeurs pour les prospecteurs. Pour une zone de 500 kilomètres carrés à une hauteur de vol de 1,4 km, Lithex Resources de l’Australie de l’Ouest a mis environ deux mois et dépensé 40 000 $AU pour repérer le premier groupe de cibles d’exploration sur le site de son projet de Shaw River. Brendan Borg, directeur de l’exploration de Lithex, explique que les méthodes géophysiques traditionnelles étaient inadéquates pour obtenir les résultats recherchés par l’entreprise.

« Nous ne pouvions utiliser aucun autre type d’études, il s’agissait d’une si grande zone que nous aurions pu prendre jusqu’à trois ou quatre mois pour marcher au sol en essayant de repérer des cibles, affirme-t-il. Cela nous a permis de préciser la recherche, voilà pourquoi il s’agit pour nous d’une proposition de bonne valeur. »

En comparaison, la zone balayée par le USGS (plus de 450 000 kilomètres carrés) et près de 1 000 fois la grandeur de la zone relevée par Lithex. Cocks, de HyVista, explique que les prix des levés peut varier largement et dépend de l’emplacement, de la taille et de la portée des données acquises, ainsi que du niveau cartographique nécessaire pour satisfaire les objectifs d’exploration du client. Pour l’exploration minière, les régions semi-arides sont les plus appropriées à ce type de levés.

« Le capteur doit pouvoir voir les roches ou les sols et la végétation dense rend cela impossible, affirme Cocks. Mais il est tout de même possible de réaliser des levés adéquats en présence d’une certaine végétation, disons jusqu’à environ 30 à 40 pour cent de couverture, ce qui signifie souvent qu’il faut réaliser un levé pendant la saison sèche.

Hormis les petites sociétés, HyVista a également mené des projets de cartographie minéralogique pour d’autres levés géologiques fédéraux et étatiques. Plus tôt cette année, l’entreprise a réalisé le levé d’environ 11 000 kilomètres carrés pour ONHYM [Geological Survey of Morocco] et, depuis 2004, a travaillé avec le Geological Survey de Namibia à plusieurs reprises.

À savoir si d’autres juridictions collecteront des données et les mettront à disposition à la même échelle que l’Afghanistan demeure à déterminer, mais les avantages potentiels en matière de recherche et d’investissements sont clairs.?

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