mai 2012

Testé et prêt

Les méthodes d'extraction souterraine deviennent attrayantes à mesure que les mines à ciel ouvert disparaissent

Par Krystyna Lagowski

Il y a 35 projets d'exploitation minière par blocs à divers stades de développement ou d'étude partout dans le monde. Ce n'est toutefois que relativement récemment que cette méthode d'exploitation a réellement fait preuve de son potentiel. Jarek Jakubec, directeur des services miniers et de géologie de SRK Consulting, est un expert en exploitation par blocs. Il est d'ailleurs convaincu que la technique est maintenant prête à faire ses preuves. Selon lui, beaucoup d'attention a été portée à la mine de cuivre Palabora de Rio Tinto en Afrique du Sud lorsqu'elle a commencé, en 1990, à utiliser la technique d'exploitation par blocs pour la roche dure. « Depuis ce temps, il y a un intérêt constant pour les techniques d'exploitation par blocs, et son utilisation est de plus en plus fréquente », affirme-t-il.

Cet intérêt a été stimulé par la réduction des corps minéralisés qui peuvent se prêter à l'exploitation à ciel ouvert. Selon Jakubec, plusieurs entreprises se tournent maintenant vers les techniques d'exploitation par blocs lorsqu'elles ont besoin de passer à une exploitation qui nécessite de creuser davantage afin d'atteindre de vastes ressources en profondeur.

La technique

Jakubec définit les techniques d'exploitation par blocs comme une méthode qui repose sur le taillage de roche de manière à provoquer un effondrement.

Cette méthode peut être utilisée avec tout type de produit, car c'est surtout le contexte géologique qui est le facteur le plus important. Jakubec dit qu'il y a plusieurs paramètres à considérer, mais qu'en général, le corps minéralisé nécessite au moins 100 mètres pour être une technique économique. « La plupart des plans jusqu'à présent emploient des opérations de levage uniques de 300, 400, 500 mètres ou plus », déclare-t-il.

De plus, les taux de production augmentent. Jakubec donne l'exemple du projet El Teniente de Codelco au Chili. « Ce projet rassemble plusieurs sites d'exploitation et produit plus de 120 000 tonnes par jour », déclare-t-il. De plus, le projet Oyu Tolgoi est l'un des projets les plus avancés à l'extérieur de l'Amérique du Nord. Les deux projets sont des mines de porphyre de cuivre qui ont des corps minéralisés qui conviennent bien à ce type d'exploitation.

Jakubec précise que les gisements de minerai dont la superficie horizontale est de petite taille peuvent également être exploités de façon rentable s'ils ont une hauteur suffisante. Un bel exemple de ce type de mine est la mine North Parks en Australie.

Aspects économiques

Comme les mines à ciel ouvert, qui offrent un coût d'exploitation peu élevé, deviennent de plus en plus rares, l'exploitation des mines souterraines devient de plus en plus attrayante. Jakubec évalue que le coût d'exploitation d'une mine à ciel ouvert est de 2,50 $ à 3,50 $ la tonne et que celui d'une mine souterraine est d'environ 5,00 $ la tonne. À titre de comparaison, l'exploitation utilisant le foudroyage par sous-étages coûte environ 15,00 $ la tonne et celle utilisant les remblais cimentés coûte 50,00 $ la tonne ou plus. « Souvent, les importants gisements de minerai offrent une faible teneur. Par exemple, les gisements de minerai de porphyre de cuivre, actuellement exploités par foudroyage, contiennent généralement une teneur d'environ 0,7 à 1,2 pour cent de cuivre », explique Jakubec. « Le prix actuel du cuivre étant légèrement inférieur à 4 $ la livre, vous pouvez obtenir une valeur d'environ 60 à 100 $ par tonne de minerai. »

Le désavantage des mines souterraines est qu'elles exigent un important investissement initial. « Vous devez effectuer toute la préparation, l'accès au treuil d'extraction et les puits de ventilation, le sous-cavage et la mise en œuvre de l'extraction avant de pouvoir commencer à retirer de l'argent du projet », note-t-il.

L'énorme projet de la mine d'Oyu Tolgoi, qui devrait produire plus de 1,2 milliard de livres de cuivre et 650 000 onces d'or chaque année, n'est réalisé qu'à 73 pour cent. Sur huit ans, 5 milliards de dollars y ont été investis.

Jakubec note un autre désavantage des mines souterraines, soit la longueur du délai de démarrage; il s'écoule généralement de sept à dix ans entre les études du projet et sa mise en production.

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