mai 2012

Cuivre de Florence

Reprise des marchés

Par Correy Baldwin

Le projet d'extraction de cuivre de Florence est situé sur une ceinture cuprifère qui traverse l'Arizona et qui héberge plusieurs mines. Plusieurs de ces sites ont utilisé une technique de récupération in situ du cuivre comme technique auxiliaire d'exploitation à ciel ouvert afin de récupérer du cuivre supplémentaire de la paroi des fosses – notamment les mines Miami East et San Manuel de BHP Billiton et Cyprus Tohono de Freeport-McMoRan. « La différence par rapport à ces autres projets, selon McPhie, est que Florence est un projet indépendant de lixiviation in situ, contrairement à d'autres projets qui utilisent une combinaison de techniques traditionnelles et de lixiviation in situ ».

« Florence est une très belle occasion, car ses sédiments sont très fracturés », déclare Dan Johnson, vice-président des services environnementaux et techniques. « Dame nature a été très gentille pour nous, car la région présente beaucoup de failles géologiques, ce qui a occasionné de nombreuses fractures. » Le cuivre se présente sous forme de minéralisation à grains fins sur les fractures des rochers; leur nombre fait en sorte que l'emplacement est un endroit idéal pour des activités de lixiviation in situ.

 

Un sol bien couvert

La première entreprise à montrer son intérêt pour le site a été Conoco, qui comptait y développer un projet d'exploitation à ciel ouvert dans les années 70. Les représentants de la société ont toutefois constaté qu'il y avait trop d'eau dans le sol. Selon Johnson : « Un substrat rocheux d'oxyde aussi fracturé et près des grands réseaux hydrographiques de l'Arizona occasionne une grande circulation d'eau à proximité des sédiments, soit 30 000 gallons (113 000 litres) ou plus par minute. »

À cette époque, Magma Copper exploitait un vaste projet de récupération in situ de cuivre près de sa mine de San Manuel. Elle produisait annuellement entre 15 et 20 millions de livres (entre 6 800 et 9 000 tonnes) de cuivre de son exploitation in situ avant la fermeture du site à la fin des années 90. « San Manuel était un site d'exploitation à ciel ouvert, souligne McPhie, mais les opérateurs ont également exploité beaucoup de métaux oxydés souterrains avec des techniques de lixiviation semblables à celles que nous proposons. Magma Copper avait établi que les coûts d'exploitation des techniques de lixiviation in situ ne présenteraient qu'une fraction des coûts d'exploitation à ciel ouvert. À ce moment, récupérer le cuivre dans le sol coûtait entre 0,40  et 0,45 $/livre (0,90 et 1,00 $/kg) à l'entreprise, ce qui représentait environ le tiers ou la moitié des coûts de récupération des techniques traditionnelles. »

Magma a fait l'acquisition de Florence en 1992. Elle a par la suite réalisé une étude de faisabilité et des analyses techniques détaillées pour l'extraction in situ de cuivre par solvant et par électrolyse (SX/EW). BHP a fait l'acquisition de Magma en 1996; elle a continué de développer le site, a obtenu les permis nécessaires pour l'exploitation et a mené, entre 1997 et 1998, un essai pilote de récupération in situ de cuivre avec 24 puits.

Mais à ce moment-là, le cours du cuivre avait chuté à 1,30 $/kg. BHP a elle même laissé tomber l'exploitation. « Il s'agissait d'une période difficile pour les marchés, se rappelle McPhie, en particulier pour les produits à base de métaux, et le cuivre était une fraction de ce qu'il est aujourd'hui. »

Quand Curis a été fondée en 2008, elle avait déjà l'intention d'acquérir la propriété de Florence, ce qu'elle a réalisé en décembre 2009. Curis est désormais une société cotée en bourse partageant des relations étroites avec Hunter-Dickinson (HDI). HDI a tout d'abord soutenu Curis alors que cette dernière était encore une entreprise privée. HDI demeure aujourd'hui l'actionnaire principal de Curis avec 24 pour cent des actions. « Nous collaborons avec HDI de manière très étroite », affirme McPhie. « Nous sommes une entreprise indépendante, mais nous partageons beaucoup de ressources et de professionnels avec HDI (ingénierie, environnement, comptabilité, marketing et relations avec les investisseurs). »

 

Maintenant que Curis a fait l'acquisition du site de Florence, nous pouvons récolter les fruits des développements antérieurs de BHP. Il y a déjà beaucoup d'infrastructures en place, nommément des routes et des systèmes de source d'énergie et d'eau, un bassin d'eau, un champ de captage, des bâtiments pour l'administration et les laboratoires ainsi qu'un garage et des installations pour la mécanique des véhicules.

« BHP a investi plus de 60 millions pour ce projet en quatre ou cinq ans », souligne McPhie. « Ainsi, notre point de départ consistait en un énorme catalogue d'information et d'essais. Nous avons donc fait l'acquisition d'un projet passablement avancé : préétude de faisabilité réalisée, permis en règle et projet pilote en cours attestant sa rentabilité. »

Les permis ont été conservés, et Curis s'active maintenant à les améliorer et à les mettre à jour, ce qui devrait prendre 18 mois. Le tout devrait être terminé en 2012, en même temps que l'étude de faisabilité. En outre, étant donné que les essais des techniques de lixiviation de minerais de BHP n'ont duré que 100 jours, Curis mène ses propres essais pilotes pour la cueillette de données exigée par les organismes de réglementation. Le projet consiste en 24 nouveaux puits qui, cette fois, ciblent une partie plus profonde des sédiments. « Nous allons obtenir une quantité importante d'information de ces essais, car nous nous attaquons à une partie difficile de notre corps minéralisé », explique Johnson.

D'après les données de Curis, le site de Florence contient 429 millions de tonnes d'oxyde de cuivre dont la teneur en cuivre est de 0,331 pour cent, ce qui représente 1,28 million de tonnes de cuivre. Selon Johnson, « les sédiments commencent à 400 pieds (120 mètres) de profondeur et peuvent atteindre 600 pieds (180 mètres) dans la partie est et 1 200 pieds (365 mètres) dans la partie ouest. Toutefois, leur profondeur moyenne est de 500 pieds [150 mètres]. » Une production commerciale à plein régime est prévue pour le milieu de 2014.

Le processus :

Le cuivre se présente sous une forme facilement soluble par des solutions d'acide sulfurique; environ 99,7 pour cent d'eau et un pH près de 2. La solution sera pompée dans les sédiments par un système de puits composé d'un puits d'injection central entouré de quatre puits d'extraction ou de récupération. Le tout formera un écoulement hydraulique de fluides dans les fractures de cuivre.

 

Curis utilisera l'eau déjà présente dans les substrats rocheux de sédiment, qui sera extraite à partir des nouveaux puits. Après l'ajout d'acide sulfurique, la solution sera réinjectée dans les sédiments à forte pression dans le but d'extraire le cuivre des fractures des rochers. La solution sera ensuite ramenée à la surface par les puits de récupération et pompée aux installations SX/EW à des fins de traitement.

Le processus a quelque peu été modifié depuis les essais de BHP. « Le tout est relativement simple », constate McPhie. « Il y a eu un certain nombre d'améliorations apportées aux systèmes de régulation et de surveillance et à la construction des puits qui sont assez novatrices. Cependant, les techniques d'injection et de récupération sont celles utilisées depuis des décennies ».

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