mai 2012

Plaque tournante de l'industrie minière canadienne

L'ICM renonce à un partenariat stratégique en Afrique de l'Ouest

Par Dinah Zeldin

 

Le portrait de l'industrie minière a changé. Plus d'entreprises canadiennes s'associent avec les principaux acteurs internationaux, et mêmes les plus petites exploitations se concentrent de plus en plus sur des projets à l'étranger. Avec Iamgold, Kinross, Teranga Gold et Semafo qui sont présentes en Afrique de l'Ouest, les pays suivants deviennent des incontournables du marché de l'or, du minerai de fer, et de la bauxite : le Sénégal, la Guinée, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Mauritanie et le Mali. Et alors que les sociétés minières du Canada à la recherche de nouveaux développements tournent leur regard des montagnes du nord du Québec vers celles de l'Afrique de l'Ouest, l'occasion est de plus en plus belle pour l'ICM d'étendre ses activités vers ces nouvelles contrées.

« La portée de l'industrie minière est internationale de nature, » estime Jean Vavrek, chef de la direction de l'ICM. « Pour rester pertinent, l'ICM doit avoir une portée mondiale. »

Vavrek, qui figure parmi les instigateurs du développement de la stratégie internationale de l'ICM, précise que la région de l'Afrique de l'Ouest est l'une des priorités de l'organisme. Lors de sa première visite, à titre de conférencier du 3ème Forum de Dakar sur la RSE qui a eu lieu en mars 2011, Vavrek a nommé de nombreuses occasions de collaboration entre les entités locales et l'industrie minière du Canada. « Il est tout à fait logique pour nous d'être présents en Afrique de l'Ouest, puisque l'industrie minière canadienne est déjà présente, la région dispose du bureau de services d'un attaché commercial fiable, et grâce à la présence du français, » précise-t-il.

 

La présence de l'ICM en Afrique de l'Ouest ouvre de nouvelles occasions pour ses membres en amenant un nouveau marché pour les fournisseurs et établissements d'enseignement canadiens, tout en contribuant au progrès de l'industrie par la communication de pratiques d'excellence à une région minière émergente.

« Nous constatons un grand appétit pour l'expertise et l'expérience de l'ICM, » souligne Carlos Rojas-Arbulú, chef du programme de commerce et d'investissement pour l'Afrique de l'Ouest à l'ambassade du Canada au Sénégal. Selon lui, le Canada est très bien placé pour répondre aux besoins du secteur de l'extraction en Afrique de l'Ouest : « Nous n'avons pas de passé colonisateur, ce qui fait que nous sommes bien reçus. Nous avons le niveau nécessaire d'expertise et de savoir-faire dans ce secteur, et nous comprenons le français. Cet ensemble de facteurs favorise des partenariats profitables. »

Soif de savoir

Les initiatives de l'industrie minière sont nombreuses en Afrique de l'Ouest, mais la main-d'œuvre qualifiée est rare. « Les investisseurs miniers canadiens nous disent souvent qu'ils ne trouvent pas assez d'employés qualifiés pour satisfaire à la demande provenant de leurs propres projets, » souligne Rojas-Arbulú. « Les entreprises souhaitent embaucher plus d'habitants de la région conformément à leurs valeurs de responsabilité sociale, et les gouvernements régionaux partagent cette volonté, mais malheureusement, la main-d'œuvre est rare dans de nombreuses zones rurales où se trouvent les projets miniers. » <</p>>

Conséquemment, les sociétés minières doivent amener des employés depuis la capitale, les pays voisins ou même un autre continent. Cette approche n'est pas viable à long terme car elle entraîne d'importantes dépenses pour les investisseurs Canadiens, elle ne correspond pas aux objectifs des gouvernements régionaux et elle crée un malaise auprès des populations qui s'attendent à ce que leurs collectivités récoltent une part importante des emplois créés.

« Le grand défi actuellement consiste à trouver des ouvriers qualifiés, » indique Mamoudou Diallo, directeur général de Semafo Guinée. « Avec tous ces lancements de projets miniers, les besoins en formation locale augmentent, l'objectif étant que la main-d'œuvre soit disponible à l'échelle locale lorsque les projets atteindront leur plein développement. Des conflits risquent de se développer si nous ne trouvons pas le moyen d'impliquer la population locale. »

L'ICM a déjà commencé à jouer un rôle actif dans le développement des aptitudes du secteur minier en Afrique de l'Ouest. En janvier 2012, l'Institut a signé un protocole d'entente avec le Centre Africain d'études Supérieures en Gestion, un établissement régional encadré par l'Union économique et Monétaire Ouest Africaine. Entre autres, l'ICM et le CESAG travailleront ensemble au développement de modules sur l'industrie minière et d'un programme d'études qui correspondront mieux aux besoins en main-d'œuvre qualifiée du secteur minier.

« Cette initiative pourrait être très importante pour l'ICM puisqu'elle a lieu dans une région francophone, » indique Nathan Stubina, vice-président international à l'ICM et directeur du Centre de technologie Barrick chez Barrick Gold.

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