déc '12/jan '13

Exploitation

En faire plus avec moins

Par Herb Mathisen

À la mine Copper Mountain, la maintenance accrue des routes a permis de réduire les coûts de pneu | Courtoisie de Copper Mountain Mining


Réduire les coûts d’exploitation et dépenser avec parcimonie : voilà le mot d’ordre, alors que le secteur se prépare à affronter une année tumultueuse. Que ce soit pour mieux se protéger des marchés des produits de base volatils ou simplement par précaution, de nombreuses entreprises se remettent en question et se serrent la ceinture. Barrick Gold a entrepris un examen de son portefeuille à l’échelle de l’entreprise et s’est engagée à réduire les coûts, ce qui comprend l’offre de vente de ses parts dans Barrick Gold (Afrique) à China Gold. Teck Resources a quant à elle annoncé en octobre non seulement qu’elle remettait à plus tard des dépenses en capital de plus de 1,5 milliard de dollars, mais qu’elle tenterait également de réduire de 200 millions de dollars ses coûts d’exploitation annuels.

Également cet automne, le directeur financier du géant brésilien Vale, Luciano Siani, a dit que la société allait réévaluer ses activités « à faible valeur ajoutée » et pourrait suspendre les activités des mines qui ne rapportent pas ou s’en départir. « Il s’agit d’une approche différente; en effet, dans le passé, nous avons privilégié le volume par rapport à la valeur, nous ne faisions pas ce genre d’analyse détaillée pour tenter de comprendre quels actifs en particulier apportaient une valeur pour nos actionnaires, a-t-il déclaré lors d’une conférence téléphonique avec les investisseurs. Mais maintenant, nous nous engageons à ne pas exploiter les actifs qui n’apportent pas de valeur ajoutée. »

S’attaquer aux coûts sous tous les angles

« Nous avons traversé une période de flambée des prix des produits de base, ce qui a probablement accordé un peu de répit aux entreprises, mais nous savons que cela ne durera pas », dit Otto Schumacher, consultant spécialisé dans les coûts dans le secteur minier depuis 30 ans et directeur d’InfoMine aux États-Unis.

Il n’existe pas de formule magique pour faire chuter les coûts d’exploitation : en effet, les dépenses varient d’une mine à l’autre. Mais en général, entre un tiers et la moitié des coûts sont liés au personnel, dit Schumacher. Et tandis que les ressources humaines représentent souvent la part la plus importante des dépenses d’une mine, il s’agit d’un domaine où il s’avère difficile de réduire les coûts étant donné que la main-d’œuvre s’est faite plus rare au cours des dix à quinze dernières années. De plus, une stratégie judicieuse de maintien des effectifs est essentielle pour réduire les frais de recrutement et de formation initiale lorsque la conjoncture deviendra plus favorable. Schumacher affirme que les coûts d’exploitation de l’équipement, y compris le carburant, l’entretien et les pièces, représentent la deuxième plus grande part des dépenses, à savoir environ 25 %, à laquelle s’ajoutent les coûts liés aux opérateurs. Schumacher souligne l’importance d’une gestion des dépenses d’entretien et d’une répartition du personnel judicieuses si l’on souhaite accroître la productivité.

Les entreprises se penchent de plus en plus sur ce point dans le but de diminuer le temps d’indisponibilité du matériel et de faciliter l’exploitation. À sa mine en Colombie-Britannique qui est entrée en service l’année dernière, la Copper Mountain Mining Corporation a adopté une approche centrée sur l’entretien. Le PDG de l’entreprise, Jim O’Rourke, a expliqué que les fonds habituellement alloués à l’achat de pneus de camions-remorques avaient été utilisés à la place pour l’entretien des routes, ce qui a par la suite conduit à une réduction des coûts destinés à l’achat de pneus.

Pour réduire sa facture énergétique, évaluée à deux millions de dollars par mois par O’Rourke, la société a établi un partenariat avec BC Hydro et son programme Éner Sage. Un ingénieur électricien travaille maintenant sur place à plein temps afin d’étudier les pertes d’efficacité dans les installations et les processus. O’Rourke dit que la mine va bientôt modifier son broyeur à boulets afin de réduire sa consommation d’énergie.

Pour Taseko Mines Limited, il s’agit d’un objectif permanent à sa mine de cuivre-molybdène Gibraltar, ouverte en 1971, dans le centre-sud de la Colombie-Britannique.

« Dans les années 1970, l’efficacité énergétique n’était pas vraiment au cœur de la conception », déclare Rob Rotzinger, directeur général des projets à Taseko. En 2009, dans le cadre d’un processus de mise à niveau, l’entreprise a remplacé son broyeur à boulets traditionnel par un broyeur Vertimill de Metso qui a permis de réduire la consommation d’énergie d’environ 4 millions de kilowattheures par an, diminuant les besoins en énergie du circuit de broyage de 35 %.

De plus, BC Hydro octroie des fonds à Taseko afin que celle-ci emploie un gestionnaire d’énergie sur place dont le mandat est d’examiner les installations et les processus afin d’en améliorer l’efficacité.

Les services publics provinciaux du Québec, de l’Ontario, du Manitoba et d’autres provinces offrent des partenariats similaires en matière de conservation de l’énergie aux mines reliées à leurs réseaux.

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