déc '12/jan '13

L’évolution technologique révolutionnaire

L’évolution technologique révolutionnaire

Par Eavan Moore

La salle de commande du broyeur de la mine Copper Mountain | Courtoisie de Copper Mountain Mining


Cette année, Rio Tinto a mis en service les dix premiers camions lourds de la flotte prévue de 150 camions de transport autonomes Komatsu, dans ses sites d’exploitation de minerai de fer en Australie-Occidentale. À la dernière exposition Minexpo à Las Vegas, Caterpillar a dévoilé son propre camion de transport autonome, une autre étape vers des centres d’exploitation dirigeant à distance les opérations sans équipage, du roc jusqu’aux rails. Cette vision ambitieuse, dont l’objectif est de repenser la mine moderne, permettrait de tirer une valeur accrue du minerai et de repenser le rôle de la minière.

Pour les mines déjà exploitées, les avancées technologiques dans l’automatisation ne permettront pas de transformer entièrement les opérations, mais elles pourront certainement les raffiner, en éliminant la nécessité de faire appel à des personnes pour les tâches répétitives à haut risque ou encore en mettant en place plus de mesures de contrôle dans les déplacements de minerai et dans d’autres aspects critiques de la production.

Sécurité et prévisibilité

Aaron Carter, conseiller en chef chez Improvement Resources Pty Ltd., prévoit qu’à court terme, l’adoption des technologies d’automatisation se produira sur deux fronts : premièrement, l’élimination de la nécessité de faire appel à des personnes pour les tâches risquées et répétitives comme l’échantillonnage du minerai et le remplacement des rouleaux du convoyeur, et deuxièmement, le contrôle de la variation de la production là où la certitude du résultat est critique à l’entreprise. « C’est dans ces applications que nous verrons le développement et la mise en œuvre de l’automatisation dans les mines », explique Aaron Carter.

Les conseillers comme Aaron Carter et Jonathan Peck, propriétaire de Peck Tech Consulting, travaillent avec les entreprises minières pour déterminer quelles technologies peuvent répondre à leurs besoins opérationnels. Selon Jonathan Peck, la plupart des clients ne recherchent pas des solutions d’automatisation complètes, mais plutôt un moyen d’accroître l’efficacité des interactions entre les gens et l’équipement existant. « Au lieu d’éliminer l’opérateur d’une tâche, se demande Jonathan Peck, comment pouvons-nous augmenter ses capacités à l’aide d’outils lui permettant de mieux identifier les minéraux extraits et de s’assurer du bon acheminement des différents minéraux? C’est la tendance actuelle pour la majorité des opérations, bien plus que la réalisation d’une mine entièrement autonome. »

Toute résistance est futile

Avant d’inonder leur site de nouvelles technologies, les minières doivent souvent tirer le plein potentiel des technologies déjà en place. Selon Mark Baker, propriétaire de CheckMark Consulting, la capacité des systèmes de répartition à automatiser le flux de données et à aider le processus de prise de décisions augmente d’année en année, mais « la plupart des systèmes de gestion des mines dans le monde ne sont utilisés que comme des calculatrices dispendieuses, alors que très peu d’algorithmes des systèmes sont utilisés pour améliorer l’efficacité des processus d’exploitation. On travaille encore avec l’idée qu’une personne peut faire un meilleur travail qu’un ordinateur ».

Cette aversion à l’idée de céder le contrôle aux ordinateurs a inspiré le design de l’équipement, souligne Eric Hsieh, chef des produits technologiques chez Joy Global. Par exemple, les contrôles adaptatifs sur la nouvelle pelle d’extraction 4800XPC de Joy Global font appel à la vitesse de réaction d’un moteur c.a. pour réagir rapidement dans des situations de risque potentiel. Quand ils détectent une décélération soudaine, les contrôles « réduisent progressivement l’inertie du système, peu importe les commandes données par l’opérateur », explique le directeur de projet de pelle, Pat Singleton. Ces contrôles agissent de façon transparente. En fait, les opérateurs disent à Joy Global que la pelle d’extraction répond mieux à leurs commandes.

Le changement de génération et l’acceptation accrue de l’automatisation au quotidien dans d’autres secteurs, comme dans l’industrie automobile, ont mené à un changement de culture au cours des dernières années et continueront de le faire à l’avenir. « Quand on regarde l’industrie de l’automobile et la manière dont les gens sont de plus en plus à l’aise avec le concept d’opérations assistées, on comprend que l’automatisation est acceptée et qu’elle fait partie du quotidien », affirme Daniel Robertson, directeur du développement des entreprises chez Siemens Industry.

Et si l’automatisation est généralement synonyme d’élimination de tâches humaines, les gens devront développer de nouvelles aptitudes pour travailler dans un environnement minier moderne. Selon Jonathan Peck, les mines embaucheront plus de directeurs technologiques, par exemple, afin de sélectionner et d’intégrer plus méthodiquement les bonnes technologies dans les processus opérationnels.

Page 1 de 2 Suivant
Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF