juin/juillet 2011

Un moment parfait pour un ancien producteur

Par Correy Baldwin

La flotte de camions de transport comprend 13 camions de 240 tonnes


En octobre 2008, la direction de Copper Mountain Mining Corporation (CMMC) a annoncé que la société allait reprendre l’exploitation de l’ancien complexe minier de Similco, 20 kilomètres au sud-ouest de la ville de Princeton, dans le sud de la Colombie-Britannique. Aujourd’hui, le projet de Copper Mountain est rendu à l’étape de préproduction, et le complexe devrait être pleinement opérationnel d’ici l’été, comme prévu.

Quand CMMC a pris le contrôle du complexe, cela a été un peu comme un retour au bercail pour le chef de la direction, Jim O’Rourke. M. O’Rourke est l’ancien président de Princeton Mining Corp., qui a exploité le complexe de Similco pendant une bonne partie des années 90 après l’avoir acheté de Newmont Mining Corporation en 1988.

Vers le milieu des années 90, le prix du cuivre a chuté à 2 090 $ US la tonne. En raison de la dégringolade du prix des métaux et de la hausse des coûts de production, ainsi que d’un besoin croissant en matière de réinvestissement, la mine a donc été forcée de fermer à la fin de 1996.

Un moment bien choisi

À l’heure actuelle, le prix du cuivre a grimpé à plus de 8 500 $ US la tonne, et la demande dépasse l’offre. Il s’agit donc d’un moment idéal pour lancer la production commerciale du projet de Copper Mountain.

« Un ralentissement économique est une période propice au début de travaux de construction pour une entreprise, car le coût de l’acier, des métaux et de la main d’œuvre est moins élevé », a affirmé Galina Meleger, responsable, Communications d’entreprise, Copper Mountain. « Cela se traduit par des économies considérables pour le projet. »

L’infrastructure existante associée à l’exploitation minière précédente avait été laissée sur le site. Cela a contribué à réduire les frais de démarrage (lesquels se sont chiffrés à un total relativement peu élevé de 438 millions de dollars) tout en aidant à ce que l’étape de construction se déroule sans heurt, dans l’ensemble. De nombreux anciens permis étaient encore en vigueur, notamment un permis en vertu de la loi Mines Act de la Colombie-Britannique, un permis conforme à la loi Waste Management Act, et un permis relatif à l’eau.

« Comme il s’agit d’un ancien complexe minier, la mine Copper Mountain profite d’une importante infrastructure actuellement en place soutenant l’exploitation minière à ciel ouvert », a affirmé Rod Shier, directeur des finances de CMMC. « Le site est également approvisionné en électricité et en eau. La propriété est reliée à un réseau électrique provincial par l’intermédiaire d’une ligne de transport d’énergie de 138 kV. L’ancien complexe minier utilisait de l’eau pompée dans la rivière Similkameen, et le permis d’exploitation hydraulique, qui demeure en vigueur, permettra de soutenir les activités minières à raison de 25 000 à 50 000 tonnes par jour. Par ailleurs, les données géologiques des années précédentes ont permis à Copper Mountain de progresser plus rapidement que la normale. Un des avantages importants liés au fait d’être un ancien producteur est qu’il n’y a que peu de surprises. »

Partenariats rétablis

Le 19 août 2009, Mitsubishi a signé une entente avec CMMC pour l’achat d’une participation de 25 % dans le projet, en contrepartie de 28,75 millions de dollars, et pour l’achat de la totalité du concentré de cuivre produit par la mine.

La relation avec Mitsubishi remonte à de nombreuses années, a expliqué M. O’Rourke. « Quand nous avons acheté Similco en 1988, je suis allé au Japon et j’ai confirmé à Mitsubishi Material que nous respecterions toutes les ententes relatives au concentré [qui existaient entre cette société et Newmont] et, en fin de compte, cela a été le début d’une bonne relation », a-t-il poursuivi.

Sur la voie d’une méga-mine

Peu de temps après l’achat du complexe en 2006, CMMC a commencé un programme d’exploration qui a donné d’excellents résultats, a précisé M. O’Rourke. « En janvier 2007 nous comptions des foreuses au diamant sur le site, et cette année-là, nous avons foré sur 40 000 mètres. Ces forages ont confirmé la continuité de la minéralisation entre les fosses, ce qui a représenté une importante percée pour nous. En nous fondant sur ces données, nous avons effectué une évaluation économique préliminaire, laquelle a été positive, ce qui nous a permis de passer directement à une étude de faisabilité au début de 2008. Parallèlement, nous avons effectué 60 000 mètres de forages supplémentaires, ce qui a accru nos ressources de quelque 45 %. »

Au total, 106 000 mètres ont été forés et, en avril 2009, CMMC a enregistré des ressources mises à jour de 358 050 000 tonnes (325 213 kilotonnes) contenant 2,9 milliards de livres (1,32 milliard de kilogrammes) de cuivre [ressources mesurées et indiquées de 256 610 000 tonnes (232 792 kilotonnes) à une teneur de 0,43 % de cuivre, et des ressources présumées de 101 440 000 tonnes (92 025 kilotonnes) à une teneur de 0,34 % de cuivre].

M. O’Rourke a expliqué : « Le processus pour la création d’une méga-mine comprend le forage d’une série d’approfondissements des fosses existantes ciblant des zones de minéraux plus profondes avec des ratios de recouvrement plus élevés. L’avantage relatif à une telle méthode d’exploitation minière est que cela permet de réduire les ratios de recouvrement initiaux et de cibler du minerai au taux de rentabilité plus élevé pour maximiser la valeur nette actuelle du projet. Le défi consiste à forer autour des fosses existantes, en tenant compte des largeurs de forage et de l’accès. Les activités d’approfondissement doivent être étudiées avec soin pour ne pas nuire à une exploitation future. »

Le programme de forage d’exploration n’a couvert qu’une petite partie de la propriété de 7 200 hectares, et CMMC prévoit poursuivre son exploration dans le cadre d’une campagne de forage dynamique.

Copper Mountain produira environ 48 000 tonnes de cuivre par année pour les douze premières années. La production dans le cadre de ce projet, laquelle s’étendra sur une durée prévue de 17 ans, est estimée à 682 000 tonnes, la quantité d’or à 450 000 onces et la quantité d’argent à 4,5 millions d’onces.

Dans le cadre de ce projet, on utilisera un parc de camions Komatsu d’une capacité de 13 240 tonnes, qui transporteront le minerai de la méga-mine jusqu’à un concasseur principal de 1,5 mètre. Le traitement sera effectué sur les lieux, dans un broyeur d’une capacité de 35 000 tonnes par jour. Le concentré de cuivre sera ensuite expédié au Japon par le port de Vancouver.

Il s’est écoulé près de 15 ans depuis la dernière fois où le site a été exploité. CMMC a bâti une nouvelle mine sur un ancien site minier.

Un succès local

En 2008, CMMC a annoncé que le site allait rouvrir, ce qui a été accueilli favorablement par les résidents de la région de Princeton. La fermeture de la mine de Similco en 1996 a été difficile pour la ville, et les pertes d’emploi et la dépendance subséquente à l’égard d’une seule industrie (l’industrie forestière) ont laissé la ville en situation précaire.

À l’heure actuelle, Princeton est de nouveau florissante. La mine de Copper Mountain insuffle déjà une vie nouvelle à la région, et promet de stimuler sa croissance économique pendant vingt ans.

« Nous avons réussi à embaucher la majeure partie de nos employés en ville et dans la région », a indiqué M. O’Rourke. « Le maire a été extrêmement coopératif. Il a déployé des efforts hors du commun pour faire tout ce qu’il pouvait pour nous aider dans le cadre de ce projet. » De nombreux travailleurs qui étaient employés par Similco par le passé sont revenus à Princeton. Quand Copper Mountain sera en pleine production, le projet fournira 270 emplois directs et au moins le double d’emplois indirects, selon la société.

CMMC travaille également avec les communautés autochtones locales, et elle a signé une entente sur les répercussions et les avantages avec la bande de la haute Similkameen en juillet 2010. L’entente établit entre autres des occasions de formation et d’emplois pour les membres de la bande.

La mine de Copper Mountain a profité d’une conjoncture économique favorable, d’un emplacement idéal déjà doté d’une infrastructure, et de solides relations d’affaires. Toutefois, quand M. O’Rourke s’est fait demander, dans le cadre d’une discussion à Vancouver, quels étaient les éléments clés pour réussir le lancement d’un projet de cette envergure, il a déclaré : « Les gens, les gens et les gens. »

« Nous avons été très privilégiés de pouvoir réunir une excellente équipe », a-t-il conclu.

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