sept/oct 2008

À pleine vapeur

Suncor utilise des méthodes novatrices de technologie et de recrutement pour son projet Firebag

Par D. Zlotnikov

Site Firebag au coucher du soleil

Suncor n’est pas le dernier venu des sables bitumineux. Au cours des années, la compagnie a encaissé les hauts et les bas des marchés pétroliers. Avec ses 300 000 barils de bitume extraits chaque jour, Suncor est le deuxième plus grand exploitant de sables bitumineux et, grâce aux 35 000 barils produits par jour (b/j) au site Firebag, la compagnie est aussi le plus gros exploitant in situ.

Selon Mike MacSween, vice-président des activités de récupération in situ, Firebag commencera à produire par étapes. Les étapes Firebag 1 et 2 sont opérationnelles et l’étape 3 est complétée à 30 % environ. Au total, neuf milliards de dollars sont prévus pour les stages 3 à 6. Le jeu en vaut la chandelle puisque le complexe Firebag produira 370 000 barils de bitume par jour.

L’installation de valorisation Voyageur, la troisième pour Suncor, sera construite tout juste à l’ouest de l’usine de base. Firebag et Voyageur produiront ensemble plus de 200 000 b/j de pétrole brut, dont 85 % sera transformé en pétrole brut non corrosif et en diesel.

L’étape 3 devrait commencer à produire de la vapeur vers la fin de 2009. Après le traitement des puits avec de vapeur – un processus qui prend habituellement trois mois – la production de pétrole pourra débuter en 2010.

Un agrandissement de cette taille demande de gérer non seulement les travaux d’ingénierie et de logistique mais aussi le processus complexe de demande de permis. Une installation in situ demande plus d’énergie qu’une exploitation à ciel ouvert. En 2007, alors que les émissions de soufre de Firebag ont dépassé les niveaux permis, les autorités albertaines ont plafonné la production à 42 000 b/j. Les améliorations récentes ont permis de lever cette limite en juillet dernier.

L’installation aura cinq unités de cogénération alimentées au gaz, produisant chacune environ 85 mégawatts d’électri­cité. Elles alimenteront les installations et généreront de la vapeur pour la récupération in situ.

Le procédé in situ produit de la vapeur et du méthane ; la vapeur est refroidie pour condenser l’eau et le méthane est récupéré. L’eau et le méthane sont réacheminés aux unités de génération de vapeur. Le soufre, sous forme d’hydrogène sulfuré, est un autre sous-produit
extrait de la vapeur; il est vendu sur les marchés libres. M. MacSween estime que plus de 90 % de l’eau nécessaire pour la génération de la vapeur est obtenue par recyclage.

Bien que Suncor ait les mêmes problèmes de pénurie de main-d’œuvre que les autres compagnies minières canadiennes, ses défis sont quelque peu uniques. « Notre secteur est relativement jeune, tout comme nos employés, et l’extraction in situ est une technologie nouvelle », explique M. MacSween. « Nous recrutons de manière proactive, en créant des postes de stages coopératifs. Nous avons établi des partenariats avec le Northern Alberta Institute of Technology et le Keyano College à Fort McMurray.

Suncor construit aussi le village Firebag, un camp permanent pour 1500 personnes. « Nous sommes dans une région éloignée mais nous voulons créer une communauté, un sentiment d’appartenance. »

Comme cela peut prendre des années pour former des travailleurs dans certains postes, Suncor ne veut embaucher que les bonnes personnes au départ.

Firebag demeure la clé pour l’atteinte de l’objectif de Suncor de produire 550 000 b/j en 2012. Avec beaucoup de travail, un peu de chance et de l’ingéniosité, Firebag espère pouvoir continuer à fournir du pétrole pour des années à venir.

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