Inscrivez-vous

Peter Bradshaw

2018

Éminents Conférenciers de l'ICM

Pendant plus de 40 ans, Peter Bradshaw a servi avec distinction l'industrie minière en tant que spécialiste en découvertes de mines, fondateur de sociétés et partisan de la collaboration dans le domaine de la recherche entre l'industrie et le monde universitaire. Il a également énormément collaboré avec les populations locales et autochtones. Il est titulaire d'un baccalauréat ès sciences de l'université de Carleton et d'un doctorat de l'université de Durham, en Angleterre. M. Bradshaw est intronisé au Temple de la renommée du secteur minier canadien (TRSMC).

Sa carrière débute au sein de la société de renom Barringer Research, qui lui confère une perspective mondiale de l'exploration minérale. En 1979, il rejoint Placer, où il est responsable du projet de mine Porgera, en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) ; il y lance un programme d'exploration peu coûteux qui mènera à la découverte de la zone VII à très haute teneur. À ce jour, la mine Porgera a produit plus de 20 millions d'onces d'or. Toujours au sein de Placer, M. Bradshaw joue également un rôle important dans l'exploitation des mines Kidston et Big Bell en Australie, de la mine Misima en PNG et de la mine Omai en Guyane, qui sont toutes devenues d'importants producteurs. Après ses années à Placer, M. Bradshaw travaille avec de petites sociétés minières, notamment Orvana Minerals, qui a mis en valeur le gisement or-argent-cuivre de Don Mario, en Bolivie. Par la suite, en tant que cofondateur et président de FPX Nickel, il contribue à la découverte et à l'identification de l'importance commerciale d'un nouveau type de nickel se présentant sous la forme d'un alliage de nickel et de fer, l'awaruite. En 1989, il cofonde et devient le premier président de la Mineral Deposit Research Unit (MDRU, l'unité de recherche sur les gisements minéraux), une collaboration de recherche fructueuse entre l'industrie et l'UBC portant sur l'exploration minérale.

Résumés de conférence

X

L’awaruite, une nouvelle ressource de nickel de calibre mondial avec une faible incidence environnementale

Le Decar Nickel District, en Colombie-Britannique, au Canada, représente un nouveau modèle du gisement de nickel. Le nickel y est présent, car l’awaruite à grains fins (Ni3Fe) largement répandue s’est formée pendant la serpentinisation des roches ultrabasiques. Au cours de la serpentinisation, le nickel présent dans l’olivine est libéré et, avec une basse fugacité de soufre et d’oxygène, l’awaruite se forme. Il s’agit d’un processus isochimique pour le nickel qui ne se mobilise que sur de petites distances. Par conséquent, l’awaruite est très largement répandue et les teneurs sont uniformes sur plusieurs centaines de mètres La formation d’awaruite au Decar District serait générée par les eaux météoriques et la méthode de formation métamorphique qui ont empêché une concentration élevée d’éléments nocifs tels que l’As, le Sb, le Se, le Hg, le Cd et le S.

Jusqu’à ce jour, l’exploration minérale s’est surtout axée sur le gisement Baptiste qui est maintenant l’une des trois plus grandes ressources de nickel inexploitées au monde. Le gisement Baptiste contient 2,03 milliards de tonnes de ressources présumées et indiquées de 0,124 % Davis Tube Recoverable Ni (DTR Ni). Cette base de ressources est en pleine expansion en raison de forages supplémentaires. Une évaluation économique préliminaire a révélé la présence de 925 millions de tonnes à 0,119 % DTR Ni de ressources diluées présumées et indiquées, totalisant 1,7 milliard de livres dans une fosse à ciel ouvert. Au Decar District, nous retrouvons trois occurrences de plus.

L’awaruite est à la fois extrêmement magnétique et plutôt dense (8,2 g/cm3) ce qui le rend apte au traitement métallurgique mécanique simple tel que le concassage grossier – séparation magnétique – ou le concassage fin – concentration à alimentation par gravité pour produire un concentré de nickel et de fer.

Les résidus de Decar contiendront entre 0 et 10 % de brucite typique (Mg(OH)2). La recherche en laboratoire actuelle à l’Université de Colombie-Britannique a prouvé que la brucite capturera le CO2 et pourrait en même temps stabiliser les résidus en produisant du carbonate de magnésium externe superficiel et interstitiel mineur. Le travail en cours vise à adapter les essais de laboratoire pour les effectuer sur le terrain.

Développement des ressources et résolution des conflits avec les peuples autochtones

L’attitude des peuples autochtones, de la population locale et des ONG envers le développement des ressources a changé de manière considérable au cours des dernières décennies. En conséquence, de nombreuses initiatives ont vu le jour, telles que la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, la Global Reporting Initiative (GRI), le E3+ de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs, pour n’en citer que quelques-unes. Pourtant, lorsque nous sommes confrontés à une situation particulière sur le terrain, il n’est souvent pas évident de savoir comment appliquer les divers principes établis dans ces documents. Le présent document présente plusieurs cas d’histoires de conflits et la manière dont ils ont été résolus. Les conflits portaient principalement sur l’exploration, mais aussi sur les décisions prises pendant l’exploration des exploitations et lors de la fermeture des mines. Il est fait mention du besoin impératif d’une « chaîne de traçabilité sociale » dont on ne tient généralement pas compte en raison du changement des entreprises et du personnel, particulièrement pendant l’exploration et le développement. Des raisons sont données pour privilégier l’utilisation du terme « responsabilité sociale intégrée » plutôt que « responsabilité sociale des entreprises ».

Cette présentation sera interactive. Pendant la présentation des cas et avant leur conclusion, on demandera aux participants ce qu’ils auraient fait dans de telles circonstances. Ils pourront également discuter de la façon dont chaque situation aurait pu être mieux gérée.

La lutte pour la découverte du gisement d’or géant de Porgera, en Papouasie–Nouvelle-Guinée

C’est John Black, un patrouilleur gouvernemental qui effectuait un premier contact avec les Autochtones, qui a découvert pour la première fois en 1939 de l’or dans la Porgera River. Dans son journal, à la page du 26 mars cette année-là, il rapporte : « En bas de la Porgera dans un gouffre rocheux, 4 900 pieds d’altitude, schiste bleu. De l’or à bord rugueux et aux couleurs en aplats dans toutes les batées. Le meilleur prospect aurifère que j’ai jamais vu et encore moins découvert. » À cause de la Seconde Guerre mondiale et de l’emplacement géographique éloigné, l’exploration de la roche dure n’a pas commencé avant 1964 à Porgera. Entre 1964 et décembre 1982, six différentes entreprises (Placer étant la dernière) ont creusé des dizaines de milliers de mètres de tranchées, foré plus de 200 trous, creusé trois galeries d’accès et trouvé plus de quatre millions d’onces d’or. Ce n’était pas rentable à l’époque en raison de l’emplacement éloigné et de problèmes géotechniques, de métallurgie et autre. Le présent document présente l’histoire de l’exploration et les défis sur les plans de la métallurgie et de l’ingénierie et du point de vue social, y compris les raisons qui ont poussé cinq entreprises à abandonner leurs projets. Il explique également pourquoi Placer et ses partenaires ont sérieusement envisagé d’abandonner la propriété à trois reprises pour différentes raisons et comment ces obstacles ont été surmontés, ce qui a permis la découverte de la Zone VII, difficile à atteindre et à forte teneur.