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Mettre les mines du Canada sur une carte

La base de données créée par Mme Beneteau couvre plus de 14 000 mines exploitées depuis les années 1700 jusqu’à aujourd’hui.

Après presque une décennie de travail, une base de données exhaustive sur l’histoire de l’industrie minière du Canada vient d’être publiée et mise à disposition du monde entier

L’industrie minière du Canada a une histoire qui remonte à une période antérieure à la formation du pays. Des milliers de mines ont existé, beaucoup d’autres ont fermé leurs portes. Ainsi, se demandait Donna Beneteau, professeure adjointe du département de génie civil, de géologie appliquée et de génie environnemental de l’université de Saskatchewan (USask), comment se fait-il qu’il n’existe toujours pas de liste exhaustive des mines canadiennes, anciennes et actuelles ?

En 2013, elle a commencé à réunir des données pour un projet qu’elle qualifie de passe-temps, traquant des informations concernant ces mines.

« Tout a commencé lorsque je me suis mise à la recherche d’informations. Je n’en trouvais aucune », déclarait-elle. « Il m’a fallu un certain temps pour en dénicher, je m’amusais à chercher où se cachaient toutes ces données sur l’emplacement des mines. J’ai construit cette grande base de données toute seule. »

Aujourd’hui, la base de données compte plus de 90 000 entrées couvrant 14 000 mines. D’après les données, les premières mines au Canada ont été documentées dans les années 1970, le pic dans le nombre de mines se situait vers 1930 et depuis les années 1990, on observe un déclin de leur nombre.

Le gouvernement a refusé à deux reprises de lui accorder une subvention pour financer ses travaux. Ainsi, elle a contacté la société d’exploitation minière souterraine (SEMS) de l’ICM, dont elle était présidente à l’époque. Avec l’aide du groupe, elle a pu embaucher un stagiaire d’été pour valider les données qu’elle avait recueillies. Le projet bénéficie maintenant du soutien de la faculté de génie de l’USask, et du Canadian Hub for Applied and Social Research (CHASR, le centre canadien pour la recherche sociale et appliquée), à l’USask également.

Un article de novembre 2019 du CIM Magazine présentait son périple tout au long de ce travail en cours. Aujourd’hui, le projet s’est concrétisé grâce aux travaux acharnés de Mme Beneteau pour acquérir des données sur les régions du pays qu’elle n’avait pas finalisées (en 2019, elle travaillait encore sur une partie de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, de l’Ontario et de Québec), et des talents de l’équipe dirigée par Tayyab Shah, directeur de la recherche géospatiale au CHASR à l’USask, qui a développé les cartes.

« C’était très prenant au début », expliquait M. Shah. « Il nous a fallu trois ou quatre mois de remue-méninges pour concevoir ce projet. »

Après des mois de conceptualisation, l’équipe devait choisir une plateforme. Elle a hésité entre Tableau (une plateforme d’analytique détenue par Salesforce), Power BI de Microsoft et Shiny (un progiciel en langage R pour développer des applications interactives pour le Web) avant d’opter pour ArcGIS, un produit de cartographie et d’analytique d’ESRI.

Ces efforts se sont traduits par la création de l’Historical Canadian Mines Data Hub and Visualization Centre (le Hub, la plateforme et le centre de visualisation de données sur les mines canadiennes historiques), qui permet d’accéder à des informations sur les mines du Canada depuis le début de leur histoire jusqu’à aujourd’hui, de les stocker, de les visualiser et de continuer à recueillir des informations. Ce Hub donne accès à des informations sur l’emplacement des mines, ainsi que des détails sur l’exploitation et la production dans les mines en service au Canada depuis 1774. À l’aide des onglets et des filtres proposés sur la carte, les utilisateurs peuvent visualiser les tendances en matière d’exploitation minière dans le pays au fil du temps, observer où ont été découvertes certaines ressources, consulter des détails sur des mines spécifiques présentant un intérêt pour eux, ou explorer de nombreuses facettes de l’exploitation minière.

« C’est un grand [projet], selon moi. C’est un outil que beaucoup de jeunes aimeraient utiliser pour découvrir où se passent les choses », indiquait l’ingénieur minier George Darling, président de la SEMS. « [Mme Beneteau] nous a demandé un financement pour pouvoir créer cette base de données et la mettre au point. Nous avons bien entendu accepté, car c’est un projet solide. Cette base de données constituera désormais un outil formidable réunissant toutes les exploitations minières passées et actuelles. » Selon lui, les jeunes ou les personnes en recherche d’emploi l’utiliseront pour déterminer quels minéraux sont exploités, où et par qui. Ils l’utiliseront également comme référence dans leurs articles. Les sociétés à la recherche de fusions et acquisitions peuvent également s’en servir pour étudier le contexte local.

D’autres fonctionnalités seront bientôt ajoutées, indiquait Mme Beneteau, par exemple la possibilité de joindre un fichier contenant des données supplémentaires pour chacune des mines sur la carte. Elle espère également ajouter une couche supplémentaire localisant les musées et les expositions dédiés à l’exploitation minière, ainsi qu’une fonctionnalité dédiée aux inventions minières importantes, de manière à ce que les personnes consultant la carte découvrent ce domaine. Elle demande aujourd’hui à l’industrie d’apporter ses contributions.

« Je ne sais pas ce qu’il va advenir de ce projet », indiquait-elle. « C’était un rêve. Je suis prête à assurer la maintenance de la carte et à la développer, mais je souhaite qu’elle appartienne à l’ICM, à notre communauté. Je ne veux pas que l’on s’y réfère comme étant la base de données de Mme Beneteau, car nous allons avoir besoin des contributions de l’ensemble de l’industrie. »

Vous pouvez accéder à la base de données via le site Internet de l’ICM (CIM.org/the-hub). Si vous avez des questions et/ou souhaitez obtenir des informations sur le sujet, envoyez un courriel à : minesdatabase@cim.org.