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Découvrir la voie vers l’avenir

La deuxième journée du CIMBC22 s’ouvre sur une diversité d’opinions

Par Carolyn Gruske

Le débat qui a marqué l’ouverture de la deuxième journée du CIMBC22 s’inspirait de la séance plénière de lundi. Présidé par John Thompson, professeur honoraire spécialisé dans les ressources responsables à l’université de Bristol, ce large débat portait sur la notion de « voie vers l’avenir ». Nalaine Morin, Nathan Monash, Calvin Helin, Aria Hahn et Ani Markova ont pris la parole, chacun(e) à leur tour. Ils ont évoqué les difficultés que rencontre l’industrie actuellement, ce à quoi ressemblera l’industrie en 2050 et les mesures à prendre dès maintenant pour pouvoir faire de cette vision une réalité.

Mme Morin, directrice d’ArrowBlade Consulting Services et membre de la nation Tahltan, envisageait l’avenir du point de vue de sa fille, qui sera encore sur cette planète dans 30 ans. Elle indiquait aux participants que la nation Tahltan renforce ses capacités (son aptitude à comprendre et à gérer des questions liées à la gestion et la gouvernance de l’exploitation minière), mais ajoutait que les Tahltans avaient derrière eux 10 000 ans d’histoire dans l’extraction de l’obsidienne.

Elle demandait également aux membres de l’industrie de reconnaître les véritables propriétaires et intendants des terres qu’ils explorent et exploitent.

« Les projets, les travaux que vous menez ont souvent lieu sur des terres autochtones, que ce soit en Colombie-Britannique, au Canada ou dans le monde. À l’avenir, les Premières Nations et les gouvernements autochtones auront leur place dans le processus décisionnel. Je le sais car les Tahltans travaillent actuellement sur l’un des premiers modèles de consentement dans la province de la Colombie-Britannique. Nous prendrons une décision quant au projet d’Eskay Creek. C’est comme cela que j’envisage l’avenir. »

M. Monash, vice-président de la durabilité à Lundin Gold, insistait sur le fait que l’industrie minière doit être transparente dans ses actions. Il soulignait également le besoin immédiat de prendre des mesures concrètes, et notamment de consolider et de prioriser les normes.

« Lorsqu’en 2050, je regarderai en arrière et reviendrai sur l’année 2022, la question que je me poserai sera de savoir si nous sommes parvenus à établir une vision commune sur le développement minier ». D’après lui, l’industrie doit créer « des groupes miniers où s’intègrent d’autres industries et d’autres entreprises dans la création de valeur qui vient du secteur minier. Pour ce qui est du développement des compétences, si l’on regardait en arrière, je pense que l’on pourrait dire qu’un effort concerté a été mené pour renforcer les compétences dans les communautés locales et pour créer des possibilités d’emploi. Enfin, nous aurons aussi atteint cet alignement sur des valeurs sociétales selon lesquelles l’exploitation minière est essentielle et fait partie de la solution aux grands problèmes que nous rencontrons. »

Membre de la nation Tsimshian, M. Helin est directeur d’INDsight Advisers, qui encourage les partenariats entre les entreprises et les communautés. S’il est optimiste quant à l’avenir, il n’en reste pas moins réaliste. Il admettait que la nécessité est mère de l’invention, et que l’industrie minière ne changera probablement que lorsqu’elle sera contrainte de s’adapter aux réalités du changement climatique.

  1. Helin est fermement convaincu que les sociétés minières doivent compléter leurs équipes en embauchant davantage de membres et d’organisations autochtones pour occuper des fonctions dans les domaines de l’environnement et des relations avec les Autochtones.

« Si l’on veut aligner nos intérêts, il faut partager le gâteau », déclarait-il. « Si elles souhaitent avoir un partenaire motivé, les sociétés qui investissent les territoires autochtones doivent leur accorder une participation dans leur société ouverte. Si la mine marche vraiment bien, leur bénéfice n’est pas fixe et cela présente un avantage pour eux. »

En tant que directrice générale et cofondatrice de Koonkie Canada, une société qui se sert des microbiomes (et des données les concernant) pour mener des activités de remédiation, Mme Hahn était considérée comme extérieure à l’industrie minière. Elle parlait de certaines des difficultés que rencontrent les nouveaux fournisseurs de technologie lorsqu’ils arrivent sur le marché minier.

« C’est très important de disposer d’une multitude de données. C’est ce qui me tient éveillée la nuit, récupérer ces données. Nous recevons des données de partout et devons trouver des personnes qui les partageront », indiquait-elle. « Nous avons besoin de plus de données. Nous avons besoin d’embaucher plus de personnes. C’est en disposant d’une multitude de données que nous pourrons parfaire nos technologies. J’hésite toujours à trop promettre et à ne pas atteindre l’objectif attendu. Nous avançons rapidement et développons cette plateforme grâce au soutien exceptionnel de l’industrie, mais il va nous falloir du temps. »

Mme Markova a approché les thèmes du débat du point de vue de la communauté de l’investissement. Elle est la cofondatrice d’Onyen, une société qui propose un logiciel de communication des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) fondée sur les normes, dans une perspective d’investissement. Mme Markova expliquait que les investisseurs et les jeunes consommateurs se soucient des questions ESG. Pour cette raison, il incombe aux sociétés minières d’envisager sérieusement les préoccupations relatives à ces questions et leur communication.

« En cette période de transition, les marchés des capitaux sont une indication réelle de la façon dont le capital envisage notre industrie. Certaines sociétés se négocient à cinq ou six fois l’EBITDA (résultat avant intérêts, impôts et amortissements). On compare ensuite cela à d’autres secteurs qui capturent l’imagination des investisseurs, notamment les véhicules électriques (VÉ), les batteries, les nouvelles technologies, qui se négocient à plus de 10 fois cette valeur. » Elle ajoutait que la déconnexion vient en partie du fait que l’industrie minière est complexe et difficile à comprendre. La communication des critères ESG peut aider à expliquer l’industrie aux investisseurs et à attirer des capitaux vers cette dernière, mais ce n’est que la première étape. « Les divulgations des critères ESG sont simplement un aperçu de notre situation actuelle. Nous devons nous efforcer d’améliorer ces données. »

« J’espère que dans 30 ans, on pourra parler de ce congrès qui s’était tenu en 2022, où certaines personnes avaient eu cette vision [de la direction que pouvait prendre l’industrie] et la comparer à la situation du moment », ajoutait M. Thompson pour clôturer le débat.