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Robert Gannicott, cofondateur de Dominion Diamond, décède à l'âge de 69 ans

Par Sara King-Abadi

Robert-Gannicott

L'influence canadienne sur l'industrie des diamants « n'aurait jamais été la même sans l'intervention de Bob », méditait Grenville Thomas, ancien partenaire commercial de M. Gannicott | Avec l'aimable autorisation de Dominion Diamond Corp.

Sans Robert Gannicott, il est fort possible que l'industrie canadienne de l'extraction des diamants, la troisième plus importante au monde, n'ait jamais compté de Canadiens parmi ses acteurs. M. Gannicott, géologue et ancien président et chef de la direction de Dominion Diamond, est décédé au Royaume-Uni le 4 août 2016 à l'âge de 69 ans après une bataille de deux années contre une leucémie. Geraldine Peacock, sa compagne, était à ses côtés jusqu'à la fin.

Son influence a été déterminante dans la destinée de Dominion, une petite société minière connue sous le nom d'Aber Resources à l'époque de la découverte de la mine Diavik en 1994, qui a ainsi pu rester entre les mains de Canadiens.

« [Il avait] suffisamment de bon sens pour s'assurer qu'Aber ne se fasse pas engloutir », déclarait la géologue Eira Thomas, fille de Grenville Thomas, fondateur d'Aber et partenaire commercial de longue date de M. Gannicott.

Né en Angleterre en 1947, M. Gannicott a émigré au Canada en 1967 à Yellowknife, où il a commencé à travailler dans une mine d'or. Il a obtenu son diplôme de géologie à l'université d'Ottawa en 1975.

Visionnaire hors du commun, certaines des décisions que M. Gannicott a pris durant ses 16 années à la direction de Dominion, entre 1999 et 2015, pourraient être perçues comme très controversées, comme par exemple l'acquisition de la joaillerie américaine Harry Winston en 2004.

« À plusieurs reprises, il a réinventé la manière de fonctionner de ce secteur », déclarait Brendan Bell, successeur de M. Gannicott au poste de président et chef de la direction de Dominion.

C'est la vente de Harry Winston qui a finalement permis à Dominion d'acquérir la part de BHP Billiton dans la mine de diamants Ekati en 2013 pour la somme de 500 millions $. C'était la première fois qu'une société canadienne détenait une participation majoritaire dans une mine de diamants.

« Le prix semblait correct, et nous avons ensuite pu la vendre pour une somme bien plus élevée que ce que nous avions déboursé pour l'acquérir », déclarait M. Grenville. « C'était peut-être fortuit, mais c'est bien ce qu'il s'est passé  et ce, grâce à Bob. »

« Nous souhaitons construire un projet dont la durée et la force lui permettront de tenir lieu d'acteur véritable dans le secteur, pas seulement dans les Territoires du Nord-Ouest mais dans l'industrie des diamants à l'échelle mondiale », avait déclaré M. Gannicott à CBC en 2013.

L'influence de Dominion s'est beaucoup fait ressentir sur l'économie des Territoires du Nord-Ouest et la vie des populations du nord.

« Les régions les plus pauvres ont subi une réelle transformation », déclarait Mme Thomas. « [MM. Gannicott et Grenville] ont eux-mêmes gagné beaucoup d'argent, mais ils ont toujours aspiré à profiter de ce succès pour faire évoluer le secteur. »

La majeure partie des biens de M. Gannicott seront reversés à des organismes caritatifs qui assurent le bien-être des populations des Territoires du Nord-Ouest, confirmait M. Bell.

M. Gannicott a consacré sa vie entière aux mines et aux Territoires du Nord-Ouest et ce, jusqu'à la fin de ses jours, où il dissimulait son téléphone Blackberry pour que le personnel hospitalier ne le lui confisque pas, se remémorait M. Bell. « Il a toujours accordé du temps à sa famille, mais également à tous ceux qui travaillaient avec lui et à ses amis. Il était entièrement dévoué à cette cause. »

« Nous avons créé une industrie d'extraction des diamants propre au Canada, qui n'aurait sans doute jamais vu le jour sans l'intervention de Bob », précisait M. Grenville. « C'est donc lui que nous devons remercier. C'était un grand homme. »

Traduit par Karen Rolland

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