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La Colombie-Britannique modifie son code minier

Par Sahar Fatima

Des changements radicaux au code minier de Colombie-Britannique ont été annoncés en juin dans ce que les experts décrivent comme une étape importante pour empêcher une nouvelle rupture catastrophique des digues de retenue des résidus miniers, telle que celle qui s'est produite à la mine Mount Polley.

Le ministère de l'énergie et des mines a approuvé 20 des 26 recommandations combinées présentées dans le rapport d'un groupe d'experts indépendants et de l'inspecteur en chef des mines du gouvernement de la Colombie-Britannique. Les modifications au code comprennent notamment la mise en œuvre de nouvelles normes de conception pour les installations de stockage des résidus adaptées aux conditions spécifiques au sein de la province ; en outre, elles exigent des mines qu'elles mettent en place une commission indépendante d'examen des résidus et qu'elles mènent d'autres évaluations. Le vérificateur général a également annoncé 17 recommandations qui seront traitées par le ministère d'ici la fin 2017.

« La catastrophe de la mine Mount Polley est sans précédent pour la Colombie-Britannique, mais elle s'est bel et bien produite. Nous avons maintenant pris les mesures nécessaires pour qu'un tel désastre ne se reproduise jamais », déclarait Bill Bennett, ministre de l'énergie et des mines, par l'intermédiaire d'un porte-parole.

En août 2014, une rupture colossale dans l'installation de stockage des résidus à la mine Mount Polley, dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, a entraîné le déversement de 24 millions de mètres cubes (m3) d'eau, de résidus miniers et d'eau interstitielle dans les fleuves et cours d'eau environnants. Un groupe d'experts créé pour enquêter sur la cause de cette rupture a tout d'abord rejeté la faute sur une couche d'argile peu solide sous la digue qui n'avait pas été prise en compte lors de la conception initiale.

Dirk van Zyl, professeur de génie minier à l'université de la Colombie-Britannique (UBC) et membre du groupe d'experts, indiquait que les modifications apportées au code minier, notamment les réglementations et principes directeurs relatifs à la caractérisation du site ainsi qu'au talus aval, auraient pu contribuer à réduire le risque d'une telle catastrophe.

« La surveillance et la responsabilité supplémentaires de la commission indépendante d'examen des résidus contribueraient à l'examen très actif et critique de la conception proposée », déclarait M. van Zyl.

Karina Briño, présidente et chef de la direction de l'association minière de la Colombie-Britannique, précisait que l'industrie accueille à bras ouverts ces changements et a pris part aux consultations tout au long de la procédure. « En matière de sécurité, on ne peut laisser place aux compromis », expliquait-elle.

Cependant, ajoutait-elle, les commissions indépendantes d'examen des résidus pourraient poser problème.

« Nous parlons depuis un moment du problème de la pénurie de personnes qualifiées et de talents dans l'industrie », déclarait-elle. « Ces commissions vont avoir besoin d'une expertise spécifique et elles vont être indépendantes, aussi nous devons encore vérifier la disponibilité de ces experts indépendants. »

Al Hoffman, inspecteur en chef des mines du gouvernement de la Colombie-Britannique, expliquait dans un courriel que les membres peuvent siéger au sein de plusieurs commissions à partir du moment où ils ne font pas partie de l'équipe d'ingénieurs du site minier. Ils peuvent en outre être originaires du monde entier.

Les mines existantes de Colombie-Britannique (C.-B.) ont jusqu'à la fin de l'année pour créer leurs commissions indépendantes d'examen des résidus ainsi que pour préparer des plans de gestion de l'eau et assurer la formation de tout le personnel travaillant en contact direct avec les résidus miniers. La plupart des autres exigences relevant de ce nouveau code sont entrées en vigueur immédiatement, et à l'avenir, toutes les nouvelles demandes de permis devront se conformer aux normes révisées.

Traduit par Karen Rolland

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