août

L'industrie en bref

Imperial Metals prend pour cibles des sociétés d'ingénierie

Mount Polley
Imperial Metals a obtenu le feu vert pour reprendre ses activités normales à la mine Mount Polley à la fin du mois de juin, à condition d'utiliser ses parcs à résidus miniers réparés et modifiés | Avec l'aimable autorisation d'Imperial Metals

Imperial Metals poursuit Knight Piésold et Amec Foster Wheeler (anciennement AMEC) pour négligence et violation de contrat dans l'affaire de la rupture de la digue de retenue des résidus miniers à la mine Mount Polley en 2014, dans la région sud-centre de la Colombie-Britannique (C.-B.). Cette catastrophe a entraîné le déversement de 24 millions de mètres cubes (m3) d'eau, de résidus miniers et d'eau interstitielle dans les fleuves et cours d'eau environnants. La société exige une somme non divulguée en dommages et intérêts.

Dans le dossier qu'elle a déposé à la Cour suprême de Colombie-Britannique, la société Imperial Metals prétend « qu'aucun des accusés n'a pris les mesures nécessaires, adaptées et raisonnables pour mener une enquête quant aux conditions souterraines sur lesquelles reposait l'installation de stockage des résidus (ISR) avant et pendant sa construction et sa mise en activité par étapes ».

Imperial Metals n'a pas souhaité répondre à la demande de commentaire de l'équipe du CIM Magazine.

C'est Knight Piésold qui a conçu et supervisé la digue entre la fin des années 1980 et 2011, date à laquelle la surveillance de la digue a été placée entre les mains d'Amec Foster Wheeler jusqu'à sa rupture en 2014.

La poursuite allègue que la conception et la construction de l'ISR « ne prévoyaient pas de marge de sécurité adéquate tel que le préconisent les réglementations applicables et les pratiques d'ingénierie reconnues ».

Elle affirme par ailleurs que Knight Piésold n'a pas tenu compte des risques que posaient les conditions souterraines ni de l'effet qu'elles pourraient avoir sur la fondation lors de la conception de l'ISR. La poursuite allègue également que Knight Piésold « n'a pas pris en considération les recommandations sur la sécurité des digues de retenue ni le code de santé, de sécurité et de remise en état des mines dans la conception de l'ISR ».

Knight Piésold indiquait dans un courriel adressé à l'équipe du CIM Magazine que « des changements importants avaient été faits au niveau de la conception » après que la société ait quitté le projet, « aussi l'installation de stockage des résidus au moment de la rupture de la digue ne saurait être considérée comme une conception originelle de Knight Piésold ».

« Knight Piésold est persuadée que ses services techniques étaient adéquats et que la rupture n'aurait pas eu lieu si l'installation avait été développée et exploitée jusqu'à son terme conformément à ses plans initiaux », déclarait la société.

Le procès accuse Amec Foster Wheeler de ne pas avoir identifié et prévenu la société des défauts de conception de l'ISR créée par Knight Piésold, et d'avoir attesté de l'entière sécurité de la digue dans l'évaluation de la sécurité des digues de retenue d'AMEC de 2006.

Lauren Gallagher, porte-parole d'Amec Foster Wheeler, indiquait que la société ne souhaitait pas s'exprimer sur la question, mais qu'elle « poursuit ses travaux en collaboration avec des partenaires de l'industrie, des organismes professionnels et les autorités réglementaires afin de s'assurer que l'industrie minière de la Colombie-Britannique donne à l'avenir la priorité à la sécurité, la responsabilisation et la responsabilité environnementale ».

Le gouvernement de la province de Colombie-Britannique a refusé d'imputer la rupture de la digue de retenue des résidus miniers à Imperial Metals en décembre 2015 ; peu de temps après, un panel d'évaluation désigné par le gouvernement a constaté que la rupture de ladite digue résultait de sa conception initiale.

L'ISR a été clôturée depuis la rupture de la digue, mais le ministère de l'énergie et des mines ainsi que le ministère de l'environnement de la C.-B. ont donné leur feu vert pour que la mine Mount Polley reprenne ses activités normales à la fin du mois de juin, à condition qu'elle utilise son installation réparée et modifiée.

– Vince Morello

Traduit par Karen Rolland

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