novembre 2015

Prêt(e)s à travailler

Depuis des années, une école groenlandaise prépare les mineurs à ce moment important

Par Kate Sheridan

Rapport Spécial : Groenland

 
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Cette école locale, qui a ouvert ses portes en 2008, propose des cours théoriques et une formation pratique sur l'équipement | Avec l'aimable autorisation de le Greenland School of Minerals and Petroleum/Tove Madsen

Les étudiant(e)s de la Greenland School of Minerals and Petroleum (l'école des minéraux et du pétrole du Groenland) à Sisimiut se préparent depuis quelques temps à une année comme celle-ci. À mesure que se concrétisent certains projets d'extraction des ressources tant attendus au Groenland, ces étudiant(e)s ont la chance de mettre leur formation à l'épreuve. 

Le projet Aappaluttoq Ruby de True North Gems arrive en phase de production, la mine White Mountain de Hudson Resources doit recevoir son permis d'exploitation d'ici peu et d'autres sites vont de l'avant ; ainsi, les diplômé(e)s de l'école pourront bientôt mettre leurs connaissances en pratique dans des exploitations de leur pays. 

« À chaque fois qu'une mine ouvre ses portes au Groenland, nous nous réjouissons pour nos étudiant(e)s », expliquait Hans Hinrichsen, directeur général de l'école, la seule au Groenland qui prépare les étudiant(e)s à une vie professionnelle dans l'industrie en pleine expansion de l'extraction des minéraux dans le pays. 

« Le Groenland compte environ 23 000 ouvriers/-ères non qualifié(e)s », indiquait M. Hinrichsen, « et le secteur minier a la capacité d'accueillir nombre de ces travailleurs/-ses. Cependant, il a également besoin d'une main-d'œuvre qualifiée. C'est la raison pour laquelle nous avons lancé ce programme d'apprentissage professionnel dédié aux mineurs et au fonctionnement des machines, qui permettra aux étudiant(e)s y prenant part d'accroître leurs qualifications et de potentiellement augmenter leur salaire ». 

L'été prochain, 15 étudiant(e)s seront diplômé(e)s du programme d'apprentissage sur quatre ans de l'école. Elle a ouvert ses portes en 2008, et 348 personnes ont depuis obtenu leur diplôme du tronc commun de 10 semaines. 

Ce programme enseigne des thèmes élémentaires relatifs au forage, à l'abattage à l'explosif et à la sécurité. D'autres cours couvrent le sondage au diamant, le fonctionnement des machines lourdes et leur modernisation ainsi que des thèmes plus approfondis sur l'abattage à l'explosif. Le programme d'apprentissage le plus long s'étale sur deux années de cours théoriques et deux années de formation technique. 

M. Hinrichsen expliquait que le programme prend exemple sur des normes et programmes de formation norvégiens, ce qui permet aux diplômé(e)s de suivre des formations plus poussées dans des pays scandinaves. Depuis 2013, l'école est certifiée conforme aux normes norvégiennes en matière de formation pour les opérateurs/-trices de machines.

« Il nous a fallu déployer beaucoup d'efforts pour développer une institution nouvelle adaptée à une industrie nouvelle pour le Groenland », indiquait M. Hinrichsen, « mais nous avons obtenu de l'aide ». Il a parcouru le monde pour rencontrer des partenaires susceptibles de contribuer au développement du programme, dont le Northern Centre for Advanced Technology (NORCAT, le centre des technologies avancées du Nord) à Sudbury, en Ontario. L'école a également collaboré avec le gouvernement du Nunavut.

Les étudiant(e)s apprennent bien plus qu'un simple métier dans cette école. Ils/elles y apprennent aussi l'anglais, la langue qu'ils/elles devront utiliser dans leur profession. Comme l'expliquait M. Hinrichsen, les travailleurs/-ses groenlandais(es) s'inscrivent dans une main-d'œuvre internationale plus vaste. 

M. Hinrichsen prévoit en outre une multitude de possibilités futures pour les étudiant(e)s de l'école. Le projet Citronen Fjord d'exploitation des ressources en zinc et plomb dans le nord du Groenland et le projet Kvanefjeld d'exploitation des éléments des terres rares dans le sud évoluent. L'étude de faisabilité du projet Citronen estime qu'il lui faudra environ 300 employé(e)s ; quant au projet Kvanefjeld, d'après la plus récente étude de faisabilité, il aura besoin de plus de 700 employé(e)s, dont environ 325 seront recruté(e)s au niveau local.

L'industrie minière a déjà eu un fort impact sur la main-d'œuvre locale. La société North American Nickel (NAN) a embauché quelques étudiant(e)s de l'école et prévoit d'en recruter d'autres pour son campement minier Maniitsoq l'année prochaine. 

Comme l'expliquait Bent Olsvig, directeur général de la filiale locale de la société True North Gems Greenland A/S, la main-d'œuvre préposée à la construction de True North Gems était entièrement composée de personnes de la région, et la société collaborera avec l'école dès que la production commencera. L'évaluation de l'impact social de la société faisait état de l'école et révélait également que « tous les postes (pour le projet) peuvent être attribués à des Groenlandais(es), à quelques exceptions près », après une formation élémentaire.

Le 24 septembre dernier, Hudson Resources et des représentants du gouvernement du Groenland se sont réunis à l'école pour signer l'entente sur les impacts et les avantages (EIA) relative au projet White Mountain. Le site est situé à environ 50 kilomètres de l'école. 

« [La signature de cette entente] est une grande nouvelle pour l'école », indiquait M. Hinrichsen. « La société devra construire la mine avant de commencer la production, mais nos étudiant(e)s contribueront assurément à ce projet. »

Traduit par Karen Rolland

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