novembre 2015

L'industrie en bref

Par Kelsey Rolfe et Kate Sheridan

L’Association charbonnière incite à l’optimisme lors de son congrès annuel

Paul Vining
Paul Vining, chef de la direction de Cutlass Collieries, société établie en Floride, a pris la parole dans le cadre du Congrès de l’Association charbonnière du Canada de 2015 tenu à Vancouver en septembre. Sa présentation portait sur les débouchés offerts à de nouvelles mines de charbon au Canada, en mettant l’accent sur son propre projet en Nouvelle Écosse. | Avec l'aimable autorisation de l’Association charbonnière du Canada

Ces derniers temps, les nouvelles étaient plutôt sombres pour les producteurs de charbon partout dans le monde, mais Ann Marie Hann, présidente de l’Association charbonnière du Canada, a déclaré qu’elle était convaincue de la reprise des marchés du charbon – et que ce n’était qu’une question de temps. « L’industrie du charbon est une industrie cyclique qui a déjà traversé des crises, puis a bien rebondi », a-t-elle déclaré après le Congrès de 2015 de l’Association qui s’est tenu à Vancouver les 17 et 18 septembre. « Nous devrons être prêts pour le moment où les marchés se redresseront. »

Plus de 200 personnes venant de 16 pays ont participé à l’événement pour discuter de la façon dont les sociétés charbonnières peuvent commencer à « se préparer patiemment pour la reprise », ce qui était le thème du congrès de cette année.

Les cinq séances générales du congrès étaient axées sur les stratégies à adopter pour construire et investir pour l’avenir. Des analystes financiers et des spécialistes ont fait des exposés sur les débouchés pour le charbon sur les marchés mondiaux, y compris ceux qui émergent en Inde et en Chine, où l’économie a ralenti.

Pour la première fois, des présentations techniques ont eu lieu dans le cadre du congrès. La première séance était consacrée aux nouvelles technologies comme le procédé appelé Wave liquefactionMC, et une approche holistique combinée pour traiter le charbon. La deuxième séance se penchait sur les sujets d’actualité que sont le contrôle environnemental et les mesures d’atténuation, y compris la technologie de filtration du sélénium et la réaction à l’incident survenu en 2013 à la mine Obed en Alberta, où l’eau utilisée pour le traitement du charbon avait fui accidentellement d’un bassin de stockage dans la rivière Athabasca.

Au banquet de clôture du congrès, l’Association a remis un Prix de reconnaissance spéciale en environnement et innovation à SaskPower pour sa centrale thermique de Boundary Dam qui utilise la technologie de capture et de séquestration du carbone pour réduire ses émissions de 90 %, selon un communiqué de presse annonçant la remise de ce prix.

L’Association a également décerné son Prix d’excellence à David Fawcett pour son rôle dans l’acquisition et la mise en valeur de propriétés de charbon en Colombie‑Britannique pendant les 20 dernières années, et notamment pour son travail dans le cadre des projets de Willow Creek, Belcourt, Wolverine, Burnt River/Brule, Wapiti/Echo Hill et Horizon. « Sa participation à un si grand nombre de projets a laissé un solide héritage pour l’avenir de la région et de la province », a déclaré Mme Hann.

Le congrès de 2016 se tiendra à Vancouver du 8 au 10 juin. 

– Kate Sheridan

Le Conseil RHiM annonce un programme pilote de reconnaissance professionnelle pour trois nouvelles normes professionnelles

Le Conseil des ressources humaines de l’industrie minière (RHiM) dirigera un programme de reconnaissance professionnelle pour trois nouvelles normes professionnelles nationales au début de l’année prochaine.

Début octobre, le Conseil RHiM a annoncé l’élaboration de normes pour les superviseurs de premier niveau, les opérateurs de treuil et les formateurs.

Les superviseurs de premier niveau jouent un rôle « essentiel » dans le bon déroulement des activités minières, a déclaré le directeur général Ryan Montpellier. Cependant, en raison de la main-d’œuvre vieillissante, ce poste devient l’un des plus difficiles à pourvoir, selon le sondage réalisé en 2015 par le Conseil RHiM sur la situation nationale de la main-d’œuvre. Quant aux formateurs, leurs compétences peuvent grandement varier d’un endroit à l’autre, et les opérateurs de treuil jouent un rôle spécialisé et hautement technique.

Les nouvelles reconnaissances professionnelles relèveront du Programme de reconnaissance professionnelle de l’industrie minière (PRPIMC) du RHiM, lequel a accordé depuis 2012 une reconnaissance aux personnes occupant des « postes non désignés » : mineurs de fond, mineurs de surface, opérateurs dans le traitement du minerai et foreurs au diamant. Ces emplois ne sont pas considérés comme des métiers spécialisés, mais demandent cependant d’effectuer des tâches propres à ces emplois.

M. Montpellier a déclaré que le programme vise à reconnaître les compétences de personnes occupant déjà des postes où elles les utilisent, mais peut aussi encourager des mineurs à  postuler pour des postes de superviseurs de premier niveau.

« Nous savons que les jeunes d’aujourd’hui sont à la recherche d’une carrière et pas juste d’un emploi », a-t-il expliqué. « Depuis de nombreuses années, les emplois du secteur minier qui n’étaient pas considérés comme des métiers spécialisés ne bénéficiaient pas de la reconnaissance requise pour qu’on veuille continuer à les exercer. Le programme de reconnaissance professionnelle le fait. »

Les nouvelles normes seront prêtes à être examinées cet automne et seront lancées officiellement l’an prochain. Les projets pilotes de reconnaissance nationale pour ces normes commenceront à peu près en même temps. Le Conseil RHiM espère recruter une centaine de mineurs qui travaillent actuellement sur le terrain afin qu’ils participent au processus de reconnaissance professionnelle pour les trois emplois nouvellement ajoutés.

– K.S.

Kaminak reçoit un coup de pouce

Kaminak-Coffee-Gold
Le projet aurifère Coffee de Kaminak, situé dans le Yukon, comprend quatre gisements (identifiés ci-dessus), dont le plus important est le gisement Supremo. Selon l’estimation des ressources minérales de la société en septembre 2015, le projet recèle 2 968 000 onces de ressources indiquées. | Avec l'aimable autorisation de Kaminak
 

Kaminak Gold a attiré un autre investisseur notable : le 28 septembre, la société, qui fait avancer son projet aurifère Coffee au Yukon, a annoncé avoir reçu 22,5 millions de dollars dans le cadre d’une entente de placement privé sans courtier avec Electrum Strategic Opportunities Fund LP. Ce financement permettra à Kaminak de poursuivre ses activités d’exploration sur le site de son projet vedette.

Le fonds est un instrument d’investissement du cabinet de conseil en gestion d’entreprise Electrum Group, établi à Vancouver. Le fonds détient à présent plus de 10 % de Kaminak. D’autres parts du placement ont été octroyées aux actionnaires existants comprenant Ross Beaty et Zebra Holdings and Investments S.à.r.l., Luxembourg. Les deux investisseurs détiennent à présent 8,29 % chacun. Vanguard Precious Metals and Mining Fund reste le plus important actionnaire après ce placement, avec une participation de 16,83 %.

« Kaminak est très heureuse d’accueillir Electrum à titre de nouvel actionnaire important en lien avec un financement qui renouvelle et renforce le soutien de notre base d’actionnaires actuelle », a déclaré Eira Thomas, présidente et chef de la direction de Kaminak, dans un communiqué.

Dans une évaluation économique préliminaire de 2014, la société a estimé que le projet proposé de mine à ciel ouvert exploitée par lixiviation en tas pourrait produire près de 1,86 million d’onces pendant la durée de vie proposée de la mine qui est de 11 ans.

Kaminak a pour objectif de commencer la construction en 2018, et la production devrait suivre en 2019, selon le communiqué. Une étude de faisabilité est entièrement financée et est attendue au début de 2016. 

– K.S.

Le travail reprend sur un gisement de l’Ontario après le règlement d’une action en justice engagée depuis 24 ans

Richmond-Minerals
Quelques signes d’activité sont apparus cet automne sur le site du projet aurifère Swayze de Richmond Minerals dans le nord de l’Ontario. Les forages au diamant ont repris en septembre après qu’une action en justice engagée il y a 24 ans eut été résolue en janvier 2014 | Avec l'aimable autorisation de Richmond Minerals
 

Après une interruption de 26 ans en raison d’un litige en cours, la petite société minière Richmond Minerals a repris ses opérations de forage au diamant le 21 septembre au projet aurifère de Ridley Lake, dans le nord de l’Ontario, pour lequel elle détient tous les permis nécessaires. Les derniers travaux d’exploration importants sur le site s’inscrivaient dans le cadre d’un programme de forage au diamant de 13 trous réalisé en 1989.

Les travaux avaient été interrompus à cause d’une poursuite intentée en 1990 par Jacobus Hanemaayer contre Robert Platt, l’ancien président de la société devenue Richmond Minerals. M. Hanemaayer prétendait que M. Platt avait affecté les fonds qu’il avait investis dans un projet de kaolin sur les basses terres de la baie James au lieu de les affecter au site non apparenté de Ridley Lake, dénommé dans l’action en justice comme la concession Swayze.

La concession est située dans la ceinture de roches vertes de Swayze, dans la même région que le projet aurifère Borden Lake de Goldcorp, qu’elle a obtenu dans le cadre de l’acquisition de Probe Mines pour près d’un demi-milliard de dollars plus tôt cette année.

Quand le procès s’est ouvert en 2013, on a estimé que l’affaire était le plus ancien litige civil en attente dans la province. Le délai écoulé entre les premiers ordres d’arrêt des travaux et le début du procès s’explique par d’autres questions de droit qui sont intervenues, a déclaré le directeur de l’exploration à Richmond Minerals, Warren Hawkins.

La Cour supérieure de justice de l’Ontario a rendu sa décision en janvier 2014. Elle déclarait que M. Hanemaayer ne détenait aucune participation dans la concession où est situé le projet de Ridley Lake. En outre, M. Hanemaayer n’avait pas droit à un crédit d’impôt pour des investissements dans des projets d'exploration minière fondé sur des dépenses engagées à la concession Swayze, car il n’existait pas de preuve que ses fonds avaient été utilisés pour ce site.

Comme le litige a été résolu, la société a recueilli 638 000 dollars et signé des protocoles d’entente avec les Premières Nations de la région.

Le plan de forage de cette année commencera par six trous et sera réévalué d’ici là. « Je suis d’un optimisme prudent », a déclaré M. Hawkins. « Les chances de notre société sont certainement largement différentes, dans le sens positif à présent, de ce qu’elles étaient il y a quelques années. »

– K.S.

Reprise du traitement du minerai aurifère sur le site d’une mine d’Argentine

Barrick a repris ses activités de traitement normal sur le site de sa mine d’or à ciel ouvert de Veladero, en Argentine, après le retrait, le 24 septembre, d’une restriction qui empêchait l’ajout de nouveau cyanure au circuit de lixiviation. La restriction avait été mise en place le 16 septembre après la découverte par des travailleurs d’une vanne déficiente qui a causé une fuite de la solution contenant du cyanure dans la rivière Potrerillos trois jours plus tôt. Le circuit a continué de fonctionner pendant la restriction.

Avant d’être autorisée à reprendre ses activités normales, Barrick a reçu une ordonnance d’un tribunal argentin lui demandant de démontrer qu’elle avait mis en place des mesures préventives additionnelles. Se conformant à l’ordonnance rendue par le juge, Barrick a augmenté la fréquence d’inspection des vannes, installé de nouveaux matériaux d’isolation et de réchauffage sur les vannes des conduites, et mis en œuvre des exigences supplémentaires de surveillance de l’eau, a déclaré Andy Lloyd, premier vice-président, Communications, chez Barrick.

Barrick est un signataire du Code du cyanure, une stratégie de gestion des produits chimiques utilisés dans la lixiviation de l’or élaborée en 2005 par le Code de gestion international du cyanure qui comprend un protocole portant sur les réponses d’urgence en cas d’incident avec du cyanure ainsi que sur l’information du public et la participation des parties prenantes.

La société et les autorités locales mènent actuellement une enquête sur les causes possibles de l’incident.

Barrick a estimé que 1 072 m3 (plus d’un million de litres) de solution de traitement s’étaient échappés. Cependant, le cyanure ne représentait qu’une modeste fraction du volume total. « Les résultats des analyses de l’eau faites en amont indiquent que le niveau de cyanure n’avait jamais dépassé la limite légale permise pour l’eau potable », a affirmé Andy Lloyd. Néanmoins, Barrick et les municipalités locales ont travaillé ensemble pour distribuer de l’eau potable.

Le gisement de Veladero renferme 4 737 000 onces de réserves prouvées et probables et devrait produire jusqu’à 625 000 onces cette année.         

– K.S.

L’industrie minière à la traîne en matière de diversité des genres dans les conseils d’administration et aux postes de direction : l’étude

Environ 65 % des sociétés minières inscrites à la Bourse de Toronto n’ont pas de femmes dans leur conseil d’administration. C’est ce que révèle une étude menée par la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario. Les autorités de réglementation des valeurs mobilières de 10 provinces et territoires ont participé à l’étude portant sur une évaluation de la diversité des genres au sein des conseils d’administration et des cadres de direction de 722 sociétés inscrites à la Bourse de Toronto. Publiée fin septembre, l’étude se penchait sur l’adoption par ces sociétés d’objectifs précis en matière de diversité des genres, et sur leurs renseignements au sujet du nombre de femmes siégeant à leur conseil d’administration et faisant partie de leur équipe de direction, comme l’exige la réglementation « se conformer ou s’expliquer » instaurée récemment. Des sociétés, au nombre de 164, dont la date de fin d’exercice n’était ni le 31 décembre 2014 ni le 31 mars 2015, ont été exclues de l’étude. Dans l’ensemble, 49 % des émetteurs évalués avaient au moins une femme dans leur conseil d’administration, et 60 % en avaient au moins une à un poste de direction. Le secteur minier affichait la plus forte proportion de sociétés n’ayant pas de femme dans leur conseil d’administration, suivi de près par le secteur des technologies et le secteur pétrolier et gazier. Ces trois industries ainsi que le secteur de la biotechnologie détenaient aussi les plus mauvais dossiers en terme de proportion de sociétés n’ayant aucune femme aux postes de direction, soit autour de 50 %. Voici des résultats pour le secteur minier :

– Kelsey Rolfe

 

Cinq nouveaux membres seront intronisés au Temple de la renommée du secteur minier canadien

 Stewart L. Blusson  Robert M. Friedland  Louis Gignac  Keith Brimacombe  Harold Williams

Il a été annoncé que Stewart L. Blusson, Robert M. Friedland, Louis Gignac, J. Keith Brimacombe et Harold Williams (de gauche à droite) seront en 2016 de nouveaux membres du Temple de la renommée du secteur minier canadien. | Avec l'aimable autorisation de le Temple de la renommée du secteur minier canadien

Le 14 janvier, cinq hommes, ayant joué un rôle considérable dans l’industrie minière, seront intronisés au Temple de la renommée du secteur minier canadien pendant une cérémonie qui se tiendra à l’hôtel The Fairmont Royal York, à Toronto. Stewart L. Blusson, Robert M. Friedland, Louis Gignac, J. Keith Brimacombe et Harold (Hank) Williams sont les lauréats de 2016.

Stewart L. Blusson, entrepreneur et philanthrope, est surtout connu pour sa participation à la découverte de ce qui est devenu la mine Ekati au début des années 1990, le premier projet diamantifère au Canada, actuelle propriété de Dominion Diamond.

Robert M. Friedland est le fondateur de Ivanhoe Capital Corporation et de Ivanhoe Mines qui réalise actuellement des projets en République démocratique du Congo et en Afrique du Sud. « Cet honneur est partagé avec fierté avec les membres brillants et dévoués de plusieurs équipes dont les efforts exceptionnels ont contribué au cours des trois dernières décennies à un certain nombre de découvertes remarquables », a-t-il déclaré.

Louis Gignac a également reconnu que ses réalisations à titre de président et de chef de la direction de la société Cambior établie au Québec depuis 20 ans sont le fruit d’un travail d’équipe. « Cette nomination a été totalement inattendue et extrêmement gratifiante après une carrière intense de 45 années dans l’industrie minière », a-t-il souligné. M. Gignac a dirigé plus de 20 projets au cours des trois dernières décennies. « Je dois cette nomination aux milliers de personnes qui nous ont aidés à réaliser de nombreux rêves et à relever bien des défis. »

J. Keith Brimacombe et Harold Williams seront intronisés à titre posthume. M. Brimacombe a été professeur et il est le fondateur du Centre for Metallurgical Process Engineering de l’Université de la Colombie-Britannique. Ses travaux de recherche en génie métallurgique ont mené à l’élaboration de procédés métallurgiques améliorés et à des progrès en matière de traitement. « C’est un grand honneur et mon père en aurait été si heureux », a déclaré la fille de M. Brimacombe, Kathryn Brimacombe Alvarez.

Harold Williams a été professeur à l’Université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador. Il a fait progresser la théorie de la tectonique des plaques, en défendant la théorie de la collision de supercontinents. Ses travaux ont orienté la façon dont les nouvelles explorations sont faites aujourd’hui, selon Steve Piercey, professeur à l’Université Memorial et membre du groupe qui a proposé la candidature de M.Williams. « Ses travaux ont mené à une nouvelle façon de réfléchir sur les ceintures montagneuses et ont permis aux géologues d’exploration d’utiliser ses cartes et ses concepts pour prédire où les futures ressources peuvent se trouver. »

La cérémonie d’intronisation est organisée avec l’appui de Hecla Mining, commanditaire diamant, de Hatch, commanditaire, vin du souper, ainsi que de Barrick Gold, Franco-Nevada, Goldcorp, Magris Resources et SNC-Lavalin, commanditaires platine.  

– K.S.

Mining Hall of Fame sponsor logos

Traduit par CNW

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