mai 2015

L'industrie en bref

Par Ryan Bergen, Tom DiNardo, Sahar Fatima, Kelsey Rolfe, Katelyn Spidle, Michael Yang

Perspectives d’avenir

S’il est impossible de prédire l’avenir, cela n’a empêché personne de s’y essayer lors de la séance d’ouverture du Congrès 2015 de la Society for Mining, Metallurgy and Exploration où des sages de l’industrie se sont interrogés sur les difficultés et les opportunités auxquelles l’industrie doit s’attendre dans les années à venir. La discussion a marqué le lancement de cet événement annuel ayant réuni plus de 6 000 personnes qui ont participé à plus de 100 séances techniques et 670 sociétés exposantes au Palais des congrès du Colorado, à Denver, en février.

Tous les orateurs se sont entendus pour dire que la technologie serait le moteur de l’innovation dans la « mine du futur ». Cependant, le modérateur de la séance, Peter Bryant, agrégé supérieur auprès du Kellogg Innovation Network, a souligné que l’industrie minière y a relativement peu contribué. « L’industrie [minière] investit, selon la plupart des études, quelque chose comme ¼ % à ½ % dans la recherche et le développement », a-t-il précisé, alors que les sociétés industrielles y investissent de 1,5 % à 2 %, les sociétés pétrolières et gazières, 5 %, et les sociétés aérospatiales, de 8 % à 10 %.

Gwenne Henricks, vice-présidente de Caterpillar, responsable de la division Développement des produits et technologie mondiale, et directrice de la technologie, a mis l’accent sur le rôle de l’analyse des données et des mégadonnées dans l’innovation minière, tendance qui va se poursuivre croit-elle. « [La] croissance exponentielle en matière de puissance informatique et de stockage des données nous offre la possibilité de recueillir et d’analyser des données qui peuvent être utilisées pour assurer notre productivité au long de toute la chaîne de valeur », a-t-elle souligné. « Grâce aux capacités infinies de l’infonuagique, associées à l’émergence des réseaux de capteurs, les données peuvent être analysées et fournir une base en temps réel aux décisions prises à tous les niveaux, des responsables de la planification minière, à ceux de l’exploitation ou aux conducteurs d’équipement. »

Dean Gehring, président et chef de la direction de Rio Tinto Minerals, reconnaît aussi que les données joueront un rôle important, non seulement en matière de technologie, mais aussi dans les réglementations gouvernementales. Il prédit qu’un jour viendra où des quantités massives de données recueillies par les sociétés minières seront envoyées en temps réel aux organismes de réglementation. « Cela instaurera une transparence à un degré différent de celui auquel nous sommes habitués », a poursuivi M. Gehring.

Bryan Galli, coordinateur en chef et directeur du marketing à Peabody Energy, a souligné l’importance de constantes innovations dans le passé. « Depuis 1970, le charbon utilisé pour produire de l’électricité a augmenté de plus de 170 % alors que le PIB a doublé et que les principales émissions par kilowattheure ont diminué de presque 90 % », a-t-il dit, ajoutant que ces considérables améliorations résultent principalement d’initiatives et de technologies propres dans le secteur du charbon.

L’an prochain, le Congrès de la SME aura lieu du 21 au 24 février à Phoenix, en Arizona.

– Tom DiNardo

Nomination d’un conseiller en RSE par le gouvernement fédéral

CSR Counsellor
Jeffrey Davidson (ci-dessus), le nouveau conseiller en responsabilité sociale des
entreprises de l’industrie extractive du Canada | Avec l'aimable autorisation de
ministère des Affaires étrangères, commerce et développement Canada

Début mars, Jeffrey Davidson a été nommé conseiller en responsabilité sociale des entreprises (RSE) du Canada pour l’industrie extractive.

Le ministre du Commerce international, Ed Fast, en a fait l’annonce le jour de l’ouverture du Congrès de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (ACPE) de cette année, à Toronto.

« Je suis heureux à l’idée qu’une personne aussi hautement qualifiée et expérimentée que Jeffrey Davidson sera le nouveau conseiller en RSE », a déclaré le ministre Fast dans son annonce.

M. Davidson arrive au terme d’un contrat de cinq ans avec l’Université Queen’s dans le cadre duquel il dispense des cours sur l’économie de l’industrie des minéraux et sur la durabilité et assure la coordination du certificat d’études supérieures en relations communautaires pour les industries extractives, du département de génie minier.

M. Davidson a œuvré auparavant dans le domaine des relations communautaires pour la Banque mondiale et pour diverses sociétés minières, dont Rio Tinto. Il a également enseigné l’économie minière à l’Université McGill.

Tout au long de sa carrière, M. Davidson s’est attaché à travailler avec les communautés et les sociétés pour « trouver de meilleures façons de tenir compte des préoccupations sociales et environnementales des communautés et pour faire en sorte que les activités minières soient menées de façon responsable », a-t-il déclaré. « [Le poste] m’a semblé très intéressant, et j’ai pensé que je pourrai peut-être jouer un rôle positif. »

En novembre, le gouvernement fédéral a publié une version actualisée de la stratégie en RSE pour les sociétés minières œuvrant à l’étranger. Elle élargit les pouvoirs du bureau du conseiller en RSE pour y inclure une collaboration avec l’industrie extractive visant à encourager les sociétés minières à adopter des pratiques exemplaires en RSE et prévoit également repérer et résoudre dès le début les litiges entre les sociétés et les communautés avoisinantes. Le poste de conseiller était vacant depuis le mois d’octobre 2013 à la suite de la démission de Marketa Evans qui l’avait occupé pendant quatre ans.

M. Davidson commencera son mandat de trois ans à la mi-mai. 

– Kelsey Rolfe

Une association de l’industrie examine les lignes directrices sur la gestion des résidus miniers

Un groupe de travail indépendant mandaté par l’Association minière du Canada (AMC) pour examiner les exigences de cette dernière en matière de gestion des résidus miniers tiendra sa première réunion le 8 avril. L’initiative a été lancée dans la foulée d’une enquête de la Colombie-Britannique sur le bris de la digue à résidus de Mount Polley, qui a déversé 13,8 millions de mètres cubes de boue de forage dans le ruisseau Hazeltine se trouvant à proximité.

Le groupe de travail, dirigé par Doug Horswill, ancien président du conseil de l’AMC, examine les lignes directrices et les exigences de l’AMC en matière de gestion des résidus dans le cadre du programme intitulé Vers le développement minier durable (VDMD) et formulera des recommandations quant aux secteurs où les règles devraient être renforcées pour éviter un autre déversement à grande échelle. Imperial Metals, propriétaire de Mount Polley, est membre de l’AMC depuis la fin de 2012 et en est au début de l’implantation du programme VDMD, son premier profil d’entreprise ayant figuré dans le Rapport d’étapes VDMD 2014.

Les lignes directrices actuelles du programme VDMD sur la gestion des résidus mettent l’accent sur les pratiques exemplaires comprenant l’attribution de la responsabilité de la gestion des résidus à un haut dirigeant de l’entreprise qui mènera des inspections périodiques pour gérer les risques et qui mettra en œuvre des politiques solides pour assurer la conformité avec les lois et les lignes directrices de l’AMC.

« Certaines questions sur la conception et la construction ne sont pas couvertes dans les protocoles », a déclaré M. Horswill. « Je ne sais pas si elles peuvent l’être, mais nous devons déterminer si c’est faisable ou pas. »

Le groupe de travail étudie également le rapport et les recommandations déposés en janvier par le groupe de trois experts nommés par le gouvernement de la Colombie-Britannique pour enquêter sur la brèche de Mount Polley. Le rapport a mis en cause un défaut de conception dans la digue qui n’était pas associé à une instabilité des fondations.

« Aucun de nous ne se sent bien par rapport à l’événement qui s’est produit, ni aucun de nous ne voulait qu’il survienne », a affirmé M. Horswill. « C’est pourquoi nous devons comprendre, en fonction des données dont nous disposons actuellement […] s’il existe ou non des moyens d’améliorer les méthodes de gestion des résidus dans le programme VDMD. »

Les sept membres du groupe de travail de l’AMC comprennent Peter Lighthall, consultant indépendant ayant déjà travaillé pour AMEC et Klohn Crippen; John Sobkowicz, de Thurber Engineering; Nalaine Morin, de Tahltan Heritage Resources Environmental Assessment Team; Alan Young, de la Campagne internationale pour la conservation boréale et membre du Groupe consultatif des communautés d’intérêts de l’AMC; Craig Ford, de Corporate Responsibility Solutions; et Michael Davies, de Teck Resources Limited et président du Groupe de travail sur les résidus de l’AMC.

VDMD est un programme obligatoire lancé en 2004 pour toutes les sociétés membres de l’AMC afin de les inciter à travailler de manière plus responsable d’un point de vue social et environnemental. Le rendement des membres est évalué en fonction de 23 indicateurs et les résultats sont publiés chaque année dans des rapports d’étapes VDMD.

Dans un communiqué, Pierre Gratton, président et chef de la direction de l’AMC, a vanté le succès de l’initiative VDMD pour assurer une exploitation sécuritaire des parcs à résidus, mais a reconnu qu’il y a place à l’amélioration. « Nous sommes d’avis qu’il y a toujours de la place à l’amélioration et nous voulons apprendre de l’incident de Mount Polley afin de nous assurer que cela ne se reproduira plus », a-t-il déclaré.

Le groupe de travail présentera un rapport avec ses recommandations à l’AMC avant la fin de 2015, l’organisation décidera alors des mesures à prendre.

– Sahar Fatima

Une vive compétition aux Jeux miniers annuels

Canadian Mining Games 
Participants aux Jeux miniers canadiens | Avec l'aimable autorisation de Tanner Edwards

L’Université de la Saskatchewan a accueilli des équipes de 10 universités du pays en février à l’occasion des 24e Jeux miniers canadiens annuels.

Du 18 au 22 février, 150 étudiants se sont affrontés dans le cadre de 25 compétitions au cours desquelles ils ont été jugés par des représentants des nombreuses entreprises commanditaires des Jeux, dont PotashCorp, Cameco et Imperial Mines.

Les épreuves ont été conçues pour être difficiles, a expliqué le coprésident Tanner Edwards. Au cours de l’une d’elles, les équipes ont dû concevoir une mine en sept heures. « C’est une tâche pour ainsi dire impossible, mais il s’agissait d’évaluer ce qui pouvait être accompli », a-t-il poursuivi.

D’autres défis ont testé toute une gamme de compétences, non seulement celles touchant au génie, mais également des aptitudes telles que l’art de parler en public, les connaissances en finances et en mathématiques et la faculté de travailler sous pression. La plupart des épreuves étaient terminées au bout de trois heures.

Par le passé, les juges accordaient aux équipes une note en pourcentage pour leur performance au cours d’un événement donné. Cette année, cependant, des points entre 0 et 10 ont été attribués aux équipes afin de faciliter le choix du gagnant. Les résultats ont été annoncés lors du banquet de clôture. L’Université Queens s’est classée première, l’Université de Toronto, deuxième et l’École Polytechnique de Montréal, troisième.

Malgré le stress, ces jeux ont été des plus amusants cette année, selon M. Edwards. Un dîner-banquet suivi d’excursions dans les bistros avoisinants étaient au programme de chaque soirée. « La fin de semaine a été tout simplement fantastique », a résumé M. Edwards.

L’ICM était un commanditaire argent pour cet événement.

– Katelyn Spidle

Une petite société minière performante

Grâce au rendement affiché par ses actions en 2014, la société NioCorp a été classée en tête des sociétés minières les plus performantes dans le palmarès TSX Croissance 50 de la Bourse de croissance TSX.

Le 11 février, au moment de l'annonce de cette distinction par la société, ses actions étaient évaluées à 0,83 $, ce qui représente une progression de 25 % par rapport à la même journée l'an dernier. La société avait également une capitalisation boursière de 102,68 millions de dollars, en hausse comparativement à 24,1 millions de dollars le 14 février 2014. Plus tôt au cours du mois, NioCorp a annoncé avoir plus que triplé les ressources indiquées de pentoxyde de niobium à son projet Elk Creek, au Nebraska, lesquelles se chiffrent à 572 000 tonnes, par rapport à 177 000 tonnes.

Autre preuve de l'excellente performance de NioCorp, ses actions ordinaires ont été inscrites à la cote de la Bourse de Toronto le 9 mars.

Compilé par la Bourse de croissance TSX, le palmarès TSX Croissance 50 comprend dix sociétés de chacun des cinq secteurs d'activité suivants : mines, pétrole et gaz, technologie et sciences de la vie, industries diversifiées et technologies propres. Le classement est établi en fonction de la performance affichée dans quatre catégories : appréciation du cours de l'action, volume de négociation, couverture par les analystes et augmentation de la capitalisation boursière.

Voici les sociétés minières les plus performantes selon le palmarès TSX Croissance 50 de 2015 :

1. Niocorp Developments Ltd.

2. Excelsior Mining Corp.

3. Nevada Sunrise Gold Corporation

4. NexGen Energy Ltd.

5. Roxgold Inc.

6. Ascot Resources Ltd.

7. Bacanora Minerals Ltd.

8. Kaminak Gold Corporation

9. Red Eagle Mining Corporation

10. Columbus Gold Corporation

– Katelyn Spidle

Noront achète les actifs de Cliffs dans le Cercle de feu

La société minière américaine Cliffs Natural Resources a décidé de se retirer de la région du Cercle de feu. Noront Resources a annoncé en mars qu'elle rachetait les propriétés de chromite de Cliffs dans le Cercle de feu au vu de la décision de cette dernière de quitter cette région riche en ressources, bien que très isolée.

Cette transaction, d'une valeur de 20 millions $ US, devrait se conclure à la mi-avril, en fonction de la décision du tribunal autorisant Cliffs à restructurer ses exploitations de minerai de fer au Québec. La société Franco-Nevada Corporation prêtera 22,5 millions $ US à Noront à un taux d'intérêt de 7 % pour financer la transaction, en échange d'une faible part des redevances issues des propriétés du Cercle de feu acquises par la société.

« Cette acquisition vient consolider les découvertes de classe mondiale réalisées dans la région du Cercle de feu », déclarait Alan Coutts, président et directeur général de Noront. « Nous avons beaucoup investi dans le Cercle de feu et notre équipe est devenue une véritable experte de cette région des points de vue technique autant que social. »

Le Cercle de feu, une région en forme de croissant située au nord de Thunder Bay, présente un fort potentiel minier car elle renferme d'importants gisements de chromite, de platine, de nickel et d'autres métaux. Cependant, ce secteur n'est desservi par aucune route, d'où la décision de Cliffs en 2013 de suspendre ses activités dans la région.

Cette vente entraîne le transfert des droits de propriété d'environ 100 concessions minières à Noront, dont l'intégralité des gisements de chromite Black Thor et Black Label. La transaction comprend également une participation de 70 % dans le gisement de chromite Big Daddy et un droit de propriété de 85 % dans une ressource de cuivre et de zinc près du lac McFauld. Noront est déjà propriétaire du projet polymétallique Eagle's Nest dans la région et, d'après un communiqué de presse, détiendra désormais environ 65 % des terres comprises dans les concessions minières du Cercle de feu.

« La vente de ces actifs à Noront, une société minière qui possède une grande expérience dans la région du Cercle de feu et y détient des intérêts stratégiques, vient confirmer l'exécution de la stratégie de Cliffs qui implique de se séparer de ses actifs non essentiels et de se concentrer sur son rôle de fournisseur principal de boulettes de minerai de fer pour l'industrie de l'acier d'Amérique du Nord », pouvait-on lire dans un communiqué de presse de Cliffs.

En novembre dernier, Cliffs a annoncé qu'il étudiait ses options de désengagement de ses exploitations de minerai de fer dans l'est du Canada, notamment la mine Wabush Scully en Terre-Neuve-et-Labrador, qui a mis en œuvre un plan de fermeture permanente en novembre en raison de sa structure de coûts élevés, et la mine Bloom Lake au Québec, que Cliffs place sous la protection de la loi sur les faillites.

– Sahar Fatima

De meilleurs résultats grâce à la conception : Metallurgical Plant Design, un ouvrage visant à combler des lacunes sur le plan des connaissances

Book cove thumbnailChris Twigge-Molecey, ancien président de l’ICM et actuel conseiller principal chez Hatch, a donné un aperçu rapide de Metallurgical Plant Design (disponible en anglais seulement), un nouvel ouvrage auquel il a collaboré à la rédaction et à la mise en forme avec Rob Boom, Frank Wheeler et Jack Young, ingénieurs métallurgistes. Certains chapitres du livre ont été rédigés par 13 autres spécialistes en métallurgie du Japon, des États-Unis et d’Australie. « Il présente véritablement une vision d’ensemble du secteur des projets », dit-il.

Le lancement de l’ouvrage à couverture rigide de 200 pages se fera dans le cadre du congrès annuel de l’ICM, qui se tiendra cette année à Montréal, du 9 au 13 mai.

ICM : Pourquoi était-il important de publier cet ouvrage?

M. Twigge-Molecey : Nous estimions qu’il existait une lacune importante sur le plan de la documentation, surtout dans le domaine de la métallurgie, où il semble ne rien exister du tout. De nombreux ouvrages traitent des principes fondamentaux de l’ingénierie, de la gestion de projets et de la gestion de construction de projets, mais il s’est écrit très peu de choses sur la fonction de la conception elle-même liée au transfert de connaissances de base dans une usine exploitable.

ICM : Comment expliquez-vous cette lacune?

M. Twigge-Molecey : C’est une lacune par défaut. De façon générale, la conception d’usines n’est pas un domaine de recherche que privilégient les professeurs; ils se concentrent plutôt sur les principes fondamentaux. Et les professionnels dans le domaine rédigent rarement des ouvrages.

ICM : Pourquoi cet ouvrage est-il particulièrement pertinent maintenant?

M. Twigge-Molecey : Nous y travaillons depuis quelques années. La méthodologie que nous énonçons dans ce livre est bien connue et a fait ses preuves à maintes reprises. Il est temps de faire le point des enseignements tirés. Il est également temps pour les différents intervenants et spécialistes dans le domaine de les assimiler avant de passer au prochain cycle, étant donné que la métallurgie doit actuellement composer avec d’importantes contraintes sur le plan de l’accès aux capitaux.

ICM : Qu’espérez-vous accomplir avec ce livre?

M. Twigge-Molecey : Favoriser une meilleure compréhension. De nombreux projets ont échoué au cours des dernières décennies parce que des personnes ont pris des décisions sans en mesurer les conséquences. Ce livre s’adresse aux personnes qui prennent les décisions, mais qui n’ont pas d’expérience concrète de projets. Elles ne mesurent pas l’influence que le volet ingénierie – même s’il ne représente qu’une petite partie du coût – a sur le projet global : son coût en capital, son exploitabilité et sa capacité à se conformer aux normes de rendement attendues, comme la sécurité, la productivité, l’impact environnemental et la durabilité.

– K.S.

Le tribunal décrète que Pascua-Lama n'a causé aucun dégât

Le projet Pascua-Lama de Barrick Gold, qui a traversé de grandes difficultés, a eu de bonnes nouvelles récemment.

Le 23 mars dernier, le tribunal de l'environnement du Chili a décrété que le projet Pascua-Lama, établi dans les hauts plateaux andins, n'avait causé aucun dégât aux glaciers situés dans les aires d'influence immédiates.

« Nous sommes heureux que le tribunal ait confirmé aujourd'hui ce que les preuves techniques et scientifiques démontrent, à savoir que les activités menées dans le cadre du projet Pascua-Lama n'ont pas endommagé ces masses de glace », expliquait Eduardo Flores, directeur exécutif de Barrick pour le Chili.

En octobre 2013, suite à des problèmes financiers et juridiques, Barrick avait suspendu la construction à sa mine d'or, d'argent et de cuivre, qui se trouve à la frontière entre le Chili et l'Argentine. Au début de cette même année, la Cour suprême du Chili avait déclaré que la société devait régler le problème de son système inachevé de gestion de l'eau à Pascua-Lama. Le déclin des prix de l'or, associé à la hausse des coûts, avaient également pesé dans la décision de la société de suspendre le projet, dont la production devait initialement commencer l'été dernier.

La société, basée à Toronto, a maintenu qu'elle était décidée à développer sa mine de 8,5 milliards $ dans le plus grand respect de l'environnement. Outre sa collaboration avec les communautés locales pour être sûre de répondre aux exigences environnementales, Barrick a aussi mis en œuvre un programme de surveillance sur le site de Pascua-Lama qui recueille des données de 27 points différents et envoie directement les résultats aux autorités réglementaires.

Une fois en activité, le projet Pascua-Lama devrait produire en moyenne entre 800 000 et 850 000 onces d'or par an durant ses cinq premières années d'activité.

– Michael Yang

Le rite minier du printemps

Tout comme le cours de l’or au cœur de l’événement, le nombre de participants présents au Congrès annuel de l’ACPE a baissé par rapport aux niveaux historiques d’il y a quelques années. Toutefois, le congrès a tout de même rassemblé 23 500 personnes début mars.

Joe Oliver, ministre fédéral des Finances, a profité de l’occasion pour prolonger le crédit d’impôt pour l’exploration minière pour une autre année. Ce crédit permet aux entreprises qui émettent des actions accréditives de transférer un pourcentage de leurs dépenses d’exploration à leurs actionnaires, qui peuvent à leur tour les déduire de leur revenu imposable.

Ce crédit, créé pour la première fois en 2000, est intéressant pour les investisseurs qui autrement ne prendraient pas de risques sur des projets d’exploration en phase initiale. Le renouvellement annuel du crédit est devenu un rituel du printemps depuis l’expiration de son délai initial de trois ans. Toutefois, le ministre des Finances a proposé quelque chose de nouveau, en ajoutant les coûts de certaines consultations environnementales et auprès des Autochtones nécessaires avant que les permis d’exploration soient admissibles à la déduction des dépenses d’exploration au Canada.

Cet ajout « est assez important parce que ces coûts augmentent. Il y a vingt ans, ils n’existaient pas », a fait remarquer Rodney Thomas, président de l’ACPE, dans une entrevue donnée à CIM Magazine. Le gouvernement fédéral s’est aussi engagé à partager le coût d’une étude de 785 000 $ avec le gouvernement de l’Ontario visant la construction d’une route permanente est-ouest qui relierait le Cercle de feu avec un certain nombre de communautés autochtones à la route existante qui se termine à Pickle Lake – à environ 300 km vers le sud-ouest.

Le marché actuel tendu a diminué le nombre d’entreprises membres de l’ACPE, mais certains spécialistes ont remarqué un accroissement des activités commerciales. Par exemple, cette année de nombreux exposants commercialisaient les services de véhicules aériens sans pilote (les drones). Mike Reed, directeur commercial, industrie minière, pour le fabricant de drones Leica Geosystems, a expliqué que l’imagination des sociétés minières s’enflammait une fois qu’elles constataient ce que l’équipement d’imagerie fixé sur les drones pouvait faire, que ce soit pour surveiller des parois hautes auparavant inaccessibles, fournir une solution de rechange aux inspections coûteuses et chronophages ou procurer un système de surveillance économique.

Toutefois, les observateurs du marché n’ont pas vanté 2015 comme une année exceptionnelle, bien qu’ils demeurent optimistes pour les prospects à plus long terme sur le marché des métaux.

Martin Murenbeeld, économiste en chef chez Dundee Capital, a suggéré que certaines forces motrices, comme le ralentissement de l’économie mondiale et la vigueur du dollar américain compenseraient les hausses de prix possibles, et maintiendraient les cours de l’or dans la fourchette de 1 250 $US à court terme. En évoquant le marché des métaux dans son ensemble à l’occasion d’un forum très suivi, M. Murenbeeld a déclaré : « nous sommes dans un cycle des matières premières à très long terme. Aujourd’hui, on observe une correction de milieu de cycle. »

À l’occasion d’une séance distincte, Patricia Mohr, spécialiste du marché des produits de base à la Banque Scotia, a prédit que « les prix des matières premières seront à leur plus bas cette année, mais ne remonteront pas. Il va falloir attendre 2017 ou 2018 pour que le marché reprenne. »

Rodney Thomas, de l’ACPE, a évoqué la prise de contrôle amicale de Probe Mines par Goldcorp, en soulignant que ce projet de développement pourrait dynamiser les petites sociétés minières. Le projet Borden de Probe Mines, près de Chapleau, en Ontario, a fait l’objet d’une offre de 526 millions de dollars de cette importante société aurifère plus tôt cette année.

Le congrès de l’ACPE de l’an prochain aura lieu du 6 au 9 mars au Palais des congrès du Toronto métropolitain.

– Ryan Bergen

Évaluation de territoires attrayants pour les minières

L’Institut Fraser a publié récemment son enquête annuelIe sur les sociétés minières. L’Institut a reçu plus de 480 réponses au sondage envoyé à des sociétés oeuvrant dans le secteur minier, en particulier dans l’exploration et le développement, afin d’évaluer 122 territoires dans le monde. Dans le but de déterminer les attraits présentés par chacun pour y investir, l’Institut Fraser a combiné son indice d’évaluation des territoires selon leur attrait géologique et son indice de perception des politiques visant à mesurer l’incidence des politiques gouvernementales sur l’attitude des sociétés en matière d’investissement dans l’exploration. Voici certains des résultats de cette enquête :

– T.D.

Fraser Institute findings


Traduit par CNW et Karen Rolland

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Le Québec souhaite raviver l’enthousiasme pour les projets miniers dans le Nord


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