mars/avril 2015

« L’exploration intelligente » au Congrès AME BC Roundup 2015

Une stratégie déterminante pour découvrir la prochaine génération de gisements miniers

Par Vivian Danielson

Traditionnellement, les chefs de file de l’industrie minière prennent la parole au Congrès Mineral Exploration Roundup afin d’encourager les entreprises à trouver de meilleurs moyens de faire de l’exploration minière. Cette année, dans cet esprit, Chuck Jeannes, chef de la direction de Goldcorp, et David Harquail, chef de la direction de Franco-Nevada, ont exhorté les entreprises à concentrer davantage leurs efforts sur la qualité des ressources plutôt que sur leur quantité. Ils les pressent de réduire les coûts des découvertes grâce à l’innovation et à une meilleure répartition du capital limité.

« Si votre productivité augmente de façon spectaculaire et que vous avez découvert un camp minier, vous disposerez de capitaux illimités pour cette innovation », a expliqué M. Harquail. « Mais si on procède toujours de la même façon, le marché ne pourra plus financer ces projets parce qu’on connaît les résultats sur le plan financier. »

Son message s’applique tout particulièrement à la Colombie-Britannique qui, selon l’organisateur du congrès, AME BC, regroupe 58 % des 1 500 sociétés d’exploration et minières cotées en bourse. Ce message est aussi tout à fait adapté, puisque les dépenses d’exploration minière en Colombie-Britannique ont totalisé 338 millions de dollars en 2014, soit une baisse par rapport au sommet de 680 millions de dollars des vingt dernières années atteint en 2012. Ces chiffres moroses font écho à la chute de près de 50 % des dépenses d’exploration minière dans le monde au cours de la même période.

Toutefois, l’ambiance du congrès n’était pas uniquement pessimiste. M. Jeannes a redonné le moral aux délégués quand il a prédit que le secteur aurifère « va retomber sur ses pieds » pour les investisseurs, en raison des facteurs fondamentaux de l’offre et de la demande et du délai prescrit moyen qui est de 20 ans pour les permis d’exploitation. Selon lui, cela devrait permettre aux entreprises d’aller de l’avant et aux multiplicateurs de marché de se rétablir après un creux de 30 ans.

La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a transmis ses encouragements au secteur en difficulté en faisant remarquer que la province avait atteint plus de la moitié de son objectif de 2012 qui est d’ouvrir 15 nouvelles mines ou agrandissements de mines d’ici 2015. Elle a cité un événement majeur en 2014, soit la construction de la mine de cuivre et d’or Red Chris d'Imperial Metals, ainsi que l’achèvement de la Ligne de transmission Nord-Ouest qui alimentera Red Chris en électricité à faible coût ainsi que d’autres projets miniers du nord-ouest de la Colombie-Britannique.

Mme Clark a également annoncé un investissement de 10 millions de dollars visant à améliorer la coordination de l’obtention des principaux permis de prospection minière et à restaurer la confiance à la suite du récent déversement de résidus miniers de la mine du mont Polley, près du Lac Williams. « Nous augmentons nos ressources afin de disposer de plus d’effectifs sur le terrain et d’effectuer plus d’inspections », a expliqué Mme Clark.

Avec Red Chris, qui se trouve maintenant au stage final de la mise en service, la liste de nouvelles mines potentielles en Colombie-Britannique inclut le projet minier d’exploitation minière d’or et de cuivre KSM de Seabridge Gold, le projet aurifère Brucejack de Pretivm Resources et le nouveau projet aurifère Blackwater de New Gold. Plusieurs anciens producteurs de la Colombie-Britannique sont aussi sur le point de renaître, notamment Chieftain Metals et sa mine polymétallique de Tulsequah Chief ainsi que la mine aurifère Blackdome de Sona Resources.

Le congrès Roundup 2015 a aussi donné aux entreprises la possibilité de mettre de l’avant « l’exploration intelligente » – le thème du congrès de cette année à Vancouver – dans les phases initiales de développement de projets qui deviendront éventuellement de nouvelles mines. Un exemple de cette stratégie consistant à se concentrer sur les ressources à marge élevée est le projet aurifère Red Moutain de Lac Minerals, pour lequel 40 millions de dollars ont été investis dans l’exploration depuis sa découverte en 1989.

La société IDM Mining, dirigée par Robert McLeod, a opté pour ce projet du nord-ouest de la Colombie-Britannique en avril 2014. La jeune société minière a depuis fait état de ressources mesurées et indiquées de 1,45 million de tonnes, dont la teneur moyenne est de 8,15 grammes par tonne (g/t) d’or et de 29,57 g/t d’argent, plus des ressources présumées supplémentaires. M. McLeod a expliqué que le recul des glaciers avait exposé de nouveaux indices qui feront l’objet d’autres explorations cette année. Le permis d’exploitation minière devrait être délivré prochainement.

« Nous sommes enthousiasmés à l’idée de mettre en service une mine ayant du minerai à teneur élevée, un faible CAPEX et une exploitation souterraine abordable près de Stewart, ma ville natale », a expliqué M. McLeod.

Dans le territoire voisin du Yukon, Kaminak Gold a fait progresser son projet aurifère de Coffee, détenu en propriété exclusive, de mine à ciel ouvert utilisant le procédé de lixiviation en tas. « C’est un nouveau style de gisement pour le Yukon », a expliqué la présidente de Kaminak, Eira Thomas. Nous pensons que ce sera un tout nouveau district aurifère. »

Eira Thomas a souligné les aspects économiques solides du projet, basés sur une évaluation économique préliminaire qui projetait des coûts tout compris de 688 $ US par once, des coûts en capital de 305 millions de dollars et la production de 167 000 onces d’or par année au cours de la durée de vie de la mine de 11 ans.

Les dépenses d’exploration de 80 millions de dollars en 2014 se situent toujours à de bons niveaux au Yukon, malgré une baisse de 13 % par rapport à 2013. L’Alaska a enregistré une baisse considérable l’an dernier, atteignant 92 millions de dollars comparativement à 180 millions de dollars l’an dernier.

Ce sont les Territoires du Nord-Ouest qui ont créé la plus grande surprise avec une hausse de 32 % des dépenses d’exploration et d’évaluation des gisements de 103 millions de dollars l’année dernière. Cette hausse était largement attribuable à la résurgence de l’exploration de gisements diamantifères près de trois mines de diamants en production et d’agrandissements proposés à Ekati et à Diavik.

Traduit par CNW


Profil de projet : Kirkland Lake | Article de fond : Sous haute tension 
Projets et Construction | Voyage : Sudbury, Ontario
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