juin/juillet 2015

L'industrie en bref

Par Christopher Pollon, Kelsey Rolfe, Katelyn Spidle, Michael Yang

Alamos et AuRico fusionnent

Deux sociétés minières établies à Toronto ont annoncé leur fusion amicale dans le but de faire passer la nouvelle société au rang des producteurs aurifères de taille moyenne. En avril, Alamos Gold et AuRico Gold ont signé une entente évaluée à 1,5 milliard de dollars américains en avril avec pour objectif de devenir une seule société dénommée Alamos détenant des actifs en exploitation en Ontario et au Mexique ainsi qu’une participation minoritaire dans une société essaimée.

« La combinaison de la production diversifiée des trois mines et d’une réserve de projets axés sur la croissance à faible coût dans des territoires sécuritaires en font une société aurifère de taille moyenne de premier plan », a déclaré le chef de la direction d’Alamos, John McCluskey, qui sera le chef de la direction de la nouvelle société. « Nous sommes convaincus que la nouvelle société Alamos sera l’un des véhicules d’investissement les plus attrayants parmi les producteurs d’or de taille moyenne. »

Cette récente transaction reflète la tendance des petites sociétés minières à unir leurs forces pour réduire leurs dépenses pour faire face à des coûts plus élevés et à la baisse du prix de l’or, lequel oscillait autour des 1 200 $ US l’once à la fin du mois d’avril. Selon un rapport de RBC Marchés des Capitaux publié fin mars, comme le secteur de l’or connaît un ralentissement, il faut s’attendre à une hausse importante des fusions et des acquisitions dans le secteur minier au cours des prochaines années, laquelle se traduira par « des sociétés moins nombreuses, mais mieux financées. »

Au début de l’année, Tahoe Resources et Rio Alto Mining se sont regroupées dans le cadre d’une entente amicale évaluée à 1,2 milliard de dollars américains, et les sociétés minières canadiennes Centerra Gold et Premier Gold Mines se sont entendues pour développer conjointement le projet aurifère phare de Premier et d’autres propriétés dans le nord de l’Ontario.

Le chef de la direction d’AuRico, Scott Perry, qui deviendra le président exécutif de la société essaimée AuRico Metals, a déclaré que la décision d’avoir des sociétés distinctes était logique, car le projet Kemess est un projet de développement cuproaurifère.

« Si vous regardez tous les actifs en exploitation et les projets de mise en valeur dans la nouvelle Alamos, ce sont tous des projets purement aurifères », a souligné Scott Perry lors d’une conférence téléphonique avec des analystes. « Nous avons examiné le projet Kemess et jugé qu’il ne leur correspondait pas parfaitement. »

La nouvelle société Alamos devrait produire de 375 000 à 425 000 onces d’or en 2015, avec une production potentielle de 700 000 onces d’or.

– Michael Yang

Sudbury finance l’innovation dans le secteur de l’exploitation minière ultra-profonde

Le Centre d’excellence en innovation minière (CEIM) reçoit un bon coup de pouce sous la forme d’une subvention publique afin de poursuivre ses travaux de recherche et développement sur l’exploitation minière ultra-profonde.

En avril, le conseil municipal du Grand Sudbury et son organisme de développement économique, la Société de développement du Grand Sudbury (SDGS), ont voté à l’unanimité l’octroi, au cours des cinq prochaines années, d’une subvention de fonds publics d’une valeur totale d’un million de dollars destinée au programme d’accès à la commercialisation du CEIM.

Cette subvention vise à soutenir le Projet d’exploitation minière ultra-profonde d’une valeur de 47 millions de dollars, axé sur les entreprises, et à trouver des solutions aux défis posés par l’exploitation minière à des profondeurs de plus de 2 500 mètres. Des possibilités de financement seront offertes à de petites et moyennes entreprises de la région afin de les aider à trouver, mettre au point et tester des outils et des technologies d’exploitation minière ultra-profonde.

Selon Eric Maag, directeur de l’innovation et de la prospérité au CEIM, les fonds aideront à soutenir financièrement 29 projets différents dans quatre principaux champs d’innovation : réduction du risque de contrainte sur la roche, réduction de l’énergie, efficience opérationnelle et confort des travailleurs dans les mines en profondeur.

« La plupart des projets auxquels nous travaillons ont un objectif à court terme, visent un marché solide et sont sur le point d’être commercialisés », a déclaré Eric Maag. L’un d’eux, celui de Jannatec Technologies, porte sur un équipement de protection individuel qui comprend un dispositif portable connecté permettant aux mineurs de réguler leur température corporelle, de surveiller leurs signes vitaux et de communiquer avec un opérateur en surface lorsqu’ils travaillent à une grande profondeur. Jannatec, qui a dévoilé son équipement de protection individuel au Congrès 2015 de l’ICM, en mai, prévoit le commercialiser au cours des deux prochaines années.

« L’exploitation minière ultra-profonde présente un grand intérêt pour les résidents de Sudbury », a déclaré le maire de Sudbury, après l’approbation de l’aide financière par le conseil municipal. « Par sa décision de soutenir le programme d’accès à la commercialisation, le conseil municipal souligne le rôle vital du secteur des mines, de l’approvisionnement et des services miniers pour notre prospérité économique. »

L’an dernier, le gouvernement fédéral a octroyé un financement de 15 millions de dollars au projet d’exploitation minière ultra-profonde.

– M.Y.

PwC dévoile son enquête sur l’exploitation minière en Colombie-Britannique

Comme le montre l’enquête réalisée par PwC pour 2014 sur l’exploitation minière en Colombie-Britannique (C.-B.), l’année qui vient de s’écouler a été difficile pour le secteur dans cette région. Le réseau de services professionnels a publié son nouveau rapport annuel et l’a présenté lors du petit-déjeuner rencontre organisé le 5 mai dernier à l’occasion de la B.C. Mining Week (la semaine de l’industrie minière de la Colombie-Britannique), à laquelle ont pris part 150 membres de l’industrie et des médias.

D’après le rapport, le ralentissement économique continu de la Chine et la saturation de l’offre qui l’a accompagné ont tous deux contribué à décimer la production de charbon métallurgique. Le prix du charbon métallurgique est tombé en dessous de 100 $ US la tonne, aussi les jours heureux de 2011 (lorsque les prix atteignaient 330 $ US la tonne) sont depuis longtemps passés aux oubliettes ; en effet, de nombreuses mines de Colombie-Britannique, dont les mines Wolverine de Walter Energy et Trend d’Anglo American, ont dû suspendre leurs activités en 2014.

Le cuivre n’a pas connu autant de déboires. En 2014, il représentait 32  %du revenu net de l’industrie de Colombie-Britannique, très proche du charbon métallurgique, et son prix est resté supérieur à 3 $ US la livre pendant une bonne partie de l’année, avec un prix record de 3,20 $ US la livre dans l’été. À la fin de l’année cependant, les prix ont chuté en dessous de la barre des 3 $ US (un déclin considérable par rapport aux 4,60 $ US atteints en 2011) en raison des craintes liées à l’offre excédentaire.

Cette période de marasme liée au prix des marchandises s’est accompagnée du déclin en 2014 des revenus et des marges de profit pour les sociétés de C.-B. Le revenu net avant déduction des impôts a chuté de 1,4 milliard $ en 2013 à 288 millions $ ; quant aux dépenses en immobilisations, elles sont passées de 1,8 milliard $ à 1,5 milliard $.

Par ailleurs, les petites sociétés d’exploration minière avaient encore du mal à recueillir des capitaux. Un rapport complémentaire de PwC (lancé le même jour que l’enquête sur la C.-B.) passait en revue les 100 petites sociétés minières les plus influentes cotées à la bourse de croissance TSX et montrait que le financement par capitaux propres n’avait permis de récolter que 685 millions $ durant l’exercice prenant fin le 30 juin 2014, ce qui représente un déclin de plus de 100 millions $ par rapport à l’année précédente.

Bill Bennett, ministre des mines et de l’énergie de la Colombie-Britannique, faisait partie des conférenciers invités à l’événement et a fait de son mieux pour remonter le moral des participants. Le prix des marchandises reste un sujet relativement douloureux, mais il a rappelé aux participants de l’industrie que la Colombie-Britannique avait parcouru beaucoup de chemin depuis l’effondrement de l’industrie en 2008, et qu’elle avait affiché ces cinq dernières années une augmentation de ses revenus miniers bruts, de ses revenus nets, de ses actifs totaux et de l’embauche par rapport aux niveaux de 2010.

Le gouvernement continue de soutenir activement l’industrie, ajoutait

M. Bennett. Les impôts sur les sociétés dans la province restent parmi les plus bas au Canada (en deuxième position) et le budget octroyé aux mines et à l’énergie par le ministère dirigé par M. Bennett augmente de 40  %cette année. La délivrance rapide de permis reste une priorité, et le gouvernement de Colombie-Britannique continue d’investir dans des infrastructures portuaires, routières et aéroportuaires, ainsi que dans des réseaux électriques. L’achèvement l’année dernière de la ligne de transport d’énergie du nord-ouest, associé au développement de l’infrastructure qui a permis à la mine Red Chris d’Imperial Metals d’entrer en phase de production, est de bon augure et permettra aux rapports de PwC d’être plus optimistes à l’avenir, concluait M. Bennett.

« La ligne de transport d’énergie du nord-ouest représente une fraction particulièrement importante de notre infrastructure », déclarait-il, « car environ 25  %des plus grands projets d’exploitation minière se trouvent dans la partie nord de la province et auront désormais accès au réseau électrique. »

– Christopher Pollon

Vol d’or à main armée à la mine McEwen

En avril, environ huit voleurs lourdement armés, ont pénétré par effraction dans la mine à ciel ouvert El Gallo 1 de la société McEwen Mining, dans l’État mexicain du Sinaloa, où ils se sont emparés de quelque 900 kilos de concentré aurifère renfermant 7 000 onces d’or. Le chef de la direction, Rob McEwen, a confirmé que la valeur du concentré volé était de 8 millions de dollars américains. Aucun employé n’a été blessé pendant le cambriolage et les équipements n’ont subi aucun dommage.

M. McEwen, à qui on a demandé comment la société allait se remettre de l’incident, a répondu que c’était déjà fait. « La capacité de production s’accélère et est en bonne voie d’atteindre les prévisions de l’exercice », a-t-il dit. El Gallo 1 devrait produire 50 000 onces d’or en 2015.

Le concentré volé représentait une partie importante de la valeur d’un stock excédentaire de 30 jours, alors que la production était en hausse de 60  %au premier trimestre. Bien que le montant de la perte soit considérable, M. McEwen a confirmé que l’assurance de la société en couvrira la plus grande partie, mais pas la totalité.

Les autorités mexicaines ont ouvert une enquête, mais aucune piste n’a été signalée dans les semaines qui ont suivi le vol. M. McEwen a mentionné que la société ignore pendant combien de temps l’enquête va se poursuive.

El Gallo 1 a atteint la production commerciale en janvier 2013. Elle a produit environ 38 000 onces d’or et 26 000 onces d’argent en 2014.

– Katelyn Spidle

Le lourd coût associé au développement minier dans le Nord

L’exploitation des vastes richesses minérales du Nord canadien est un projet d’édification nationale coûteux qui, pour être mené à bonne fin, nécessitera la mise en place d’importants allégements fiscaux et le soutien du gouvernement au chapitre de la construction d’infrastructures.

Voilà la conclusion d’un rapport publié en avril, qui souligne que le coût lié à l’exploration et à la construction de nouvelles mines est jusqu’à 2,5 fois plus élevé dans le Nord canadien – défini comme englobant les territoires canadiens et les régions nordiques des provinces – que dans les régions du sud. Parmi les plus gros défis, mentionnons les conditions météorologiques difficiles, la faible densité de population et le manque d’infrastructures, notamment les ports, les centrales et les routes.

« Des investissements judicieux et un régime d’imposition avantageux destinés à pallier les obstacles propres à ces régions seront la meilleure façon d’attirer d’autres investissements pour des projets miniers », a affirmé Pierre Gratton, président et chef de la direction de l’Association minière du Canada et coauteur du rapport intitulé Corriger les inégalités – Soutenir les activités d’exploration et d’exploitation minières dans les régions éloignées et nordiques du Canada avec l’ACPE, la Chambre des mines du Yukon, la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, ainsi que l’Association des firmes d’ingénieurs-conseils (Canada).

Le rapport renferme une série de recommandations en matière de politiques visant à tenir compte du surcoût lié à l’exploitation minière dans le Nord. Ces recommandations comprennent l’augmentation du crédit d’impôt pour l’exploration minière (qui passerait à 25 %) et la mise en place d’un programme incitatif inspiré du modèle australien qui subventionne les coûts de forage des entreprises admissibles à hauteur de 50  %(80  %du coût étant payé au moment de l’achèvement des travaux de forage et 20 %, au moment de la réception du rapport final).

En ce qui a trait à la mise en valeur des mines, les auteurs recommandent d’offrir à toutes les entreprises un crédit d’impôt à l’investissement de base de 10  %pour toutes les dépenses en immobilisations (pas seulement les infrastructures) associées à un projet et d’offrir un crédit d’impôt à l’investissement supplémentaire de 15  %pour certaines infrastructures (p. ex., routes, ponts, ports, barrages et lignes ferroviaires).

Le rapport recommande également la mise sur pied d’une nouvelle société d’État fédérale – analogue à l’Alaska Industrial Development and Export Authority – pour assurer le financement à long terme nécessaire aux projets d’infrastructure.

– C.P.

Décès d’un cadre de Noront

Paul Semple, chef de l’exploitation de Noront Resources et vétéran cumulant 30 ans d’expérience dans l’industrie minière, est décédé le 15 avril dernier, à l’âge de 55 ans, à la suite de complications rénales.

Considéré depuis cinq ans comme le visage et la voix de la jeune société minière du Cercle de feu, M. Semple avait aidé l’entreprise à revendiquer sa place dans les basses terres de la baie James et avait piloté la mise en valeur de son gisement Eagle’s Nest de nickel-cuivre-platine, aujourd’hui une mine phare de classe mondiale.

Toutefois, pour un grand nombre de personnes qui ont travaillé avec lui, il était beaucoup plus qu’un partenaire d’affaires. « Paul croyait sincèrement en l’importance de nouer des relations transcendant la simple relation d’affaires », a expliqué Mark Baker, vice-président responsable des projets à Noront. « Il comprenait que beaucoup pouvait être accompli, par les deux parties, quand une relation repose sur des bases solides. »

Selon M. Baker, Paul Semple avait un don inné pour comprendre et établir des liens avec les gens de son entourage et s’en occuper. « Peu importe qui vous étiez ou les circonstances, Paul trouvait toujours le temps de discuter et vous donnait toujours l’impression qu’il vous parlait comme à un ami », dit-il.

Avant de se joindre à Noront en 2009, Paul Semple avait consacré une bonne partie de sa carrière à des projets internationaux de mise en valeur de mines à titre de vice-président et de directeur général de Kilborn Engineering, puis plus tard comme vice-président de SNC-Lavalin jusqu’en 2001. Auparavant, il avait cofondé Penguin Automated Systems et était vice-président responsable des projets de Western Goldfields. M. Semple était également un membre actif de l’ICM et en 2005, il avait reçu la médaille de l’ancien président.

Pour honorer sa mémoire, des amis proches et des membres de sa famille ont décidé de s’associer à DAREarts, organisme de bienfaisance au sein duquel il œuvrait depuis 2007, et l’ICM afin de créer un fonds de bourses d’études, le Paul Semple Scholarship Fund for Innovative Mines. Les bourses d’études soutiendront les jeunes du nord de l’Ontario qui manifestent un sens de l’innovation et un intérêt marqué pour les pratiques et les technologies liées à l’exploitation minière. « Les bourses d’études font partie des choses que Paul aimait bien : les collectivités du nord de l’Ontario avec lesquelles il sentait une appartenance, le brillant avenir de leur jeunesse, l’innovation et l’industrie minière », a raconté M. Baker. Les parties intéressées à faire un don sont invitées à communiquer avec DAREarts.

– M.Y.

Traduit par CNW et Karen Rolland

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