juin/juillet 2015

Jim Gowans

Accro à l’adrénaline

Peter Braul | Traduit par Karen Rolland

 Jim_Gowans

Photo par Riccardo Cellere

Loin de vouloir se vanter, Jim Gowans affirme que c’est une chose bien simple qui le distingue de ses pairs de l’industrie minière : sa grande expérience. Si l’on suit son raisonnement, on peut dire qu’il suffit de demeurer 40 ans dans l’industrie pour se hisser à la tête de la plus importante société aurifère du monde. Cependant, le succès de M. Gowans est la preuve que c’est ce que nous faisons de notre temps qui compte : jusqu’ici au cours de sa carrière, il a réussi à bâtir six mines importantes. Maintenant coprésident de Barrick Gold, il est revenu au Canada après avoir passé plusieurs années au Botswana à la direction de Debswana, le plus important producteur de diamants au monde, et il est toujours enthousiaste à l’idée d’entreprendre un autre grand projet.

CIM : Y a-t-il une mine de Barrick qui vous stimule?

Gowans : Il y en a deux, pour des raisons différentes. Pueblo Viejo, en République dominicaine, qui est une nouvelle exploitation : j’étais avec Placer Dome lorsque nous cherchions à faire l’acquisition de cette mine. C’est la seule exploitation qui produit plus d’un million d’onces par année. Elle a une longue durée de vie et un potentiel élevé. Sa métallurgie est très complexe et, en tant que métallurgiste, son schéma de traitement m’intéresse beaucoup.

La mine de Cortez faisait partie de mes chantiers avant que je quitte Placer Dome, et c’est agréable de constater à quel point elle a évolué depuis l’époque où elle faisait partie des projets en développement, sachant que l’exploration que nous menions dans les montagnes de Cortez constitue maintenant le coeur du corps minéralisé et qu’il y en a deux autres à proximité que nous continuons de mettre en valeur; tout cela est donc très stimulant.

Il y a aussi quelques-uns de nos projets liés à des propriétés à un stade d’exploration avancé auxquels j’aimerais prendre part et que j’aimerais éventuellement bâtir.

CIM : Selon vous, comment votre personnalité s’intègre-t-elle à l’équipe de Barrick?

Gowans : Je travaille du côté de l’exploitation, de l’exploration et des projets, tandis que l’autre coprésident, Kelvin Dushnisky, oeuvre du côté des permis d’exploitation : relations avec les gouvernements, environnement, obtention de permis et autres activités de ce type. Lui et moi formons une bonne équipe parce que nos compétences se complètent très bien et nous nous entendons bien. Je ne dirais pas que nous sommes nécessairement d’accord sur tout, mais nous avons très à coeur le succès de l’entreprise, de sorte que, même si nous pouvoir avoir beaucoup de discussions, nous cherchons toujours à obtenir un résultat qui fonctionne pour l’entreprise. Il s’agit de nous inciter mutuellement à nous dépasser; il en va de même pour le reste de l’équipe.

CIM : Qui considéreriez-vous comme un mentor?

Gowans : Hank Giegerich, de Cominco, a été un excellent mentor. J’ai bâti Red Dog et Polaris avec lui. Sandy Laird, à Placer Dome, a fait un merveilleux travail de mentorat et de formation auprès des jeunes. Tous deux sont actifs au sein de l’ICM depuis des années. Nous avons besoin de telles personnes-ressources que nous pouvons appeler pour leur demander leur opinion. Nous avons besoin de gens qui nous parlent franchement et nous donnent de bons conseils.

CIM : Qu’aimeriez-vous apporter à Barrick de vos expériences passées?

Gowans : WJ’ai bâti deux mines dans chacune des trois autres entreprises au sein desquelles j’ai travaillé. J’y ai appris la discipline et la rigueur nécessaires à la mise en valeur des mines. Je pense que c’est quelque chose dont je peux faire profiter Barrick. J’en vois déjà certains aspects, mais ce sera l’un des succès qui définiront notre avenir

CIM : Votre rémunération personnelle a été dévoilée dans la presse récemment. Comment composez-vous avec ce type de publicité?

Gowans : Je prends cela avec un grain de sel parce que je connais les faits. Les chiffres exposés dans la presse n’étaient pas techniquement exacts parce la rémunération totale qui y était rapportée reposait sur les actions et d’autres titres similaires. Il s’agit donc d’une valeur projetée dans l’avenir. La rémunération que je reçois n’en est qu’une petite fraction. Si je recevais le salaire dont la presse a fait mention, je serais vraiment heureux!

CIM : Comment gardez-vous le contrôle quand la vie devient mouvementée?

Gowans : En fait, j’adore cela. Certains jeunes qui m’accompagnent dans les Andes sont exaspérés quand l’altitude leur donne des maux de tête alors que je suis le seul membre de l’équipe à avoir une bonne nuit de sommeil. Je ne perds pas l’appétit et je ne souffre même pas du décalage horaire! Quand j’arrive quelque part pour voir une mine, que ce soit en Zambie, à la mine de Lumwana, ou en Arabie saoudite ou encore dans les Andes, au Chili et en Argentine, j’éprouve un sentiment d’euphorie à l’idée de voir une exploitation et de parler avec mon équipe sur ce que nous devons faire pour l’améliorer. Cela me donne une dose d’adrénaline.

Une enseignante au sommet

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